‹ Histoire de la civilisation française (volume 3)Chapitre 64 sur 185 · IV. lie erédU · texte numérisé non relu

IV. lie erédU

Les assignats. — La Révolution faillit retarder encore, par des combinaisons mallieureuses, rétablissement du crédit, déjà vainement tenté, en 1716, par la Banque royale de Law, en 1776, par la Caisse d'Escompte- Quaud les propriétés de l'Église et des émigrés furent déclarées biens nationaux, on émit des assignats, un papier- monnaie à Taide duquel Tacheteur de biens nationaux était autorisé à payer ses achats. Si la Convention avait pu mettre quelque modération dans l'émission, comme firent la Constituante et la Législative, qui se bornèrent à en émettre, l'une pour 1800 millions, l'autre pour 900, les assignats auraient pu conserver la valeur qu'on leur attribuait, et auraient joué à peu près le rôle du billet de banque. Malheureusement on en fabriqua de telles quantités qu'ils se déprécièrent rapidement. La Convention eut beau décréter le cours forcé de ce papier-monnaie et la peine de mort contre quiconque refuserait de l'accepter en payement : l^ moment vint, en 1794, où Dubois-Crancé avouait qu'on fabriquait pour cent millions d'assignats par jour et que cela ne suffisait pas pour la dépense quotidienne. Depuis qu'on en avait jeté sur la place pour plus de 48 milliards, il n'était pas étonnant qu'un louis d'or fût estimé 7200 francs en papier : ce qui supposait une dépréciation de 99 3/4 p. 100.

Les mandats territoriaux. — £q 1797, le Directoire cessa d'émettre des assignats. Il les remplaça par les mandats territoriaux j dont les biens nationaux continuaient à former la garantie et qu'on pouvait employer à acheter des terres. Au lieu de 24 milliards d'assignats, on eut pour 2 milliards 400 millions de mandats territoriaux : un tiers de ceux-ci furent consacrés à racheter les assignats au trentième de leur valeur, et la planche aux assignats fut brisée ; les deux autres tiers furent consacrés aux dépenses du gouvernement. Trois mois après, le mandat de 400 livres valait 7 livres iO sous, et, en février 1799, 1 livre.

Le Grand-Uvre. «- L'Etat restait surchargé d'une dette énorme, car à la dette de l'ancienne royauté étaient venus s'ajouter les emprunts contractés par les gouvernements

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