LE CRÉDIT
révolutionnaires et le prix du rachat de toutes les charges de financiers, magistrats, officiers ministériels, officiers militaires, maîtrises de corporations, etc., abolies par suite des réformes.
£n 1793, sur la proposition de Gambon, la Convention institua le Grand-Livre de la dette publique,
£« tiers consolidé. — Loin qu*on fût en état de payer toute cette dette, on ne pouvait môme pas en servir l'intérêt. En 1799, le Directoire prit une mesure radicale : il la réduisit des deux tiers, mais garantit de nouveau Tautre tiers, qui prit le nom de tiers consolidé. Les intérêts s'élevaient encoire à 40 millions par an : on fut obligé de payer les créanciers de l'État en bons d'arrérages.
Cette banqueroute partielle, qui rappelait celles de Tancien régime, fut la dernière qui ait compromis le crédit du pays. Le tiers consolidé est resté le noyau de notre dette puhlique ; les rentes inscrites au Grand -Livre ont été sacrées pour tous les gouvernements qui se sont succédé depuis 1799, et pas une seule fois on n'a amis d'en fitayer, à jour fixe, l'intérêt. Dès lors les rentes sur l'État oiit été considérées comme les plus solides des valeurs mobilières. L.e orédit publie sons Napoléon. — Le Directoire , en prenant sur lui l'odieux de cette mesure, avait facilité la tâche de ses successeurs. Bonaparte n'eut pas de peine à inspirer confiance aux détenteurs de rentes sur l'État. Le taux de ces valeurs s'éleva rapidement ; mais, sous FEmpire, il n'alteignit jamais le pair, c'est-à-dire qu'un titre de rente à 3 p. 100 n'atteignit jamais au taux de soixante francs, ni un titre de rente à o p. 100 au taux de cent francs. C'est seulement sous la monarchie de Juillet que le pair fut atteint et dépassé.
La Banque de France. — La Convention, qui avait proscrit les compagnies de commerce, proscrivit également les associations de capitalistes ^ Les rares banques particulières que nous avait léguées l'ancien régime périclitèrent. Le Mont-de-Piété disparut. Sous le Directoire, quel-
1. La loi du 25 octobre 1795 ayant décrété la liberté de l'intérêt, les parti- •oliers prêtèrent à 12 et & 20 p. 100 par mois, ne se hasardant guère à prêter à l'année : c'était une usure de 144 à 2i0 p. 100,
ques maisons sérieuses se constituèrent, comme la Caisse d'escompte de commerce, la Caisse des comptes, le Comptoir Jabach, etc. Il n'y avait toujours pas de Banque dïtat.
Bonaparte fut le créateur de la Banque de France. En 1800, il détermina un certain nombre de banquiers parisiens, dont le plus notable était Perregaux, à s'associer et à former un capital de 30 millions. Lui-même, les membres de sa famille et ses principaux dignitaires furent au nombre des souscripteurs. Il accordait à l'association le droit d'émettre des billets de banque. La Banque de France est donc une compagnie d'actionnaires se réunissant pour former un capital, faire des opérations de Banque, émettre un papier payable à vue et au porteur. En 1803, l'État lui garantit un privilège, celui d'émettre seule des billets, mais pour Paris seulement *, et lui imposa une nouvelle constitution. La Banque, aux termes de cette même loi de 4803^ était gouvernée par un comité de trois membres, élus parmi quinze régents et trois censeurs formant le conseil général, nommés eux-mêmes par les actionnaires. En 1806, Napoléon garda le conseil général, mais substitua au comité trois gouverneurs nommés par l'État. Pendant la durée de l'Empire, la Banque se montra très timide dans ses opérations : elle se borna à établir hors de Paris les deux succursales ou comptoirs de Rouen et de Lyon.
Ouvrages a consulter. — Rougier de la Bergerie, Bist. de Vagrieulture française (1810). — H. Doniol, La Jiéiol. fr. et la féodalité et Les classes rurales en France. — Baudrillart, Les populations agricoles de la France. — A. de Foville, Le morcellement {de la terre). — Chaptal, De l'industrie française {\.^i9). — D'Avenel, La fortune privée à travers sept siècles. — A. Biaaqui, Hist.
de l'économie politique. — F. Routier, La liberté commerciale. — Batbie, Bist. du crédit populaire. — Richard-Lenoir, Mémoires. — Baudrillart, Vie de jacquard. — Silvestre, Notice sur Philippe de Girard, 1836.
— Gh. Du pin, Eloge de Philippe de Girard, 1836. — Figuier, Exposition et Bist. des principales découvertes mo-
1. Oa craignait qu'en province le souvenir des assignats n'eût frappé d'un trop prand discrédit tout papier-monnaie. Tl n'y avait pas alors de billets au-dessous de 50U francs.
demes et Les Merveilles de l'industrie. — Magnin et De a» Dict. des productions de la nature et de Vart (1809). — Thurston, Bist. de la machine à vapeur. — L. Simonin, L'or et l'argent. — Biollay, Les prix en i790. — A. Courtois, Bist. de la Banque de France, etc. — V. de Swarte, Les vitwt prem. annéee de la Banque de France. — Le comte Mollien, Mémoires d'un ministre du Trésor public, 1780-1815 (1845). — Gaudin, Mémoires. — Levasseur, Bist. des classes ouvrières en France depuis f789. — D'Avenel, Paysans et ouvriers.
Musées a visiter : Conservatoire des arts et méliers à Paris, le Musée d'art et d'industrie à Lyon.