‹ Histoire de la civilisation française (volume 3)Chapitre 7 sur 185 · X PREFACE · texte numérisé non relu

X PREFACE

En même temps je crois qu'il résultera de ces études qu'à aucun moment, sous aucun de ces régimes, on n'a réalisé complètement l'idéal, à la fois de liberté, d'égalité, d'ordre public, que tous les partis dignes de ce nom doivent avoir en vue.

Arriver à constater cette double vérité, n'est-ce pas une condition d'apaisement? Si l'on veut sincèrement atteindre cet idéal, ce n'est donc pas vers le passé qu'il faut se retourner : c'est vers l'avenir qu'il faut regarder. Il ne sert à rien de renouveler les querelles d'autrefois : c'est à un effort combiné qu'il faut tendre. Aristophane nous montre, dans une de ses comédies, les peuples de la Grèce, naguère ennemis, unissant enfin leurs bras pour tirer la gtatue de la Paix du fond d'un puits où leurs discordes l'ont plongée. Ne pourrait-on imaginer les divers partis de France s'inspirant chacun du meilleur de leurs traditions respectives et tirant fraternellement sur les câbles pour achever de mettre hors du puits cette statue radieuse d'une France libre et égali taire, prospère et puissante, qui est le rêve, Téblouissement et l'espérance de tous?

Après douze ans écoulés, cet ouvrage exigeait une revision totale et des additions assez considérables. J^ai revu, complété et corrigé, quand il y avait lieu, tous les chapitres; j'ai refondu entièrement le livre 111. L'ensemble, mis à jour jusqu'en 1900, se trouve ainsi augmenté d'environ 80 pages. J'espère que cette sixième édition pourra rendre de nouveaux services au public qui a bien voulu assurer le succès des précédentes. A. R.

Mars 1901.

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