‹ Histoire de la civilisation française (volume 3)Chapitre 6 sur 185 · PREFACE IX · texte numérisé non relu

PREFACE IX

depuis longtemps, condamnés par Texpérience la plus concluante. On voudra, par exemple, nous imposer, comme choses nouvelles et excellentes, ou la propriété collective, ou le gouvernement d'une assemblée unique, ou Télection des juges par les justiciables, ou le système religieux des Hébertistes : nous n'avons qu'à renvoyer aux expériences déjà faites, comme nous renverrions à l'explosion de la poudrerie d'Essonnes (1788) ceux qui s'oflfriraient, avec l'air d'inventeurs sûrs de leur fait, à charger nos canons avec la poudre Berihollet.

L'histoire, même contemporaine, possède, comme le disait M. Victor Duruy dans son Instruction du 24 septembre 1863, « une grande vertu d'apaisement ».

L'éminent ministre de l'instruction publique, l'éminent historien, ajoutait : « Aussi suis-je coavaincu que l'étude, faite avec bonne foi, des épreuves que nous avons subies depuis quatre-vingts ans, est plutôt de nature à apaiser les esprits, en les éclairant, qu'à les irriter ».

Dans mon examen des divers régimes que nous avons essayés, on verra que je ne méconnais aucun de leurs bons côtés : ni les idées généreuses et humaines de la Constituante, ni l'énergie patriotique de la Convention, ni le génie organisateur de Napoléon, ni la probité parlementaire de nos deux monarchies constitutionnelles, ni l'ardent esprit de justice sociale qui animait la seconde République, ni les grands progrès matériels accomplis sous le second Empire.

Page 1