‹ Histoire de la civilisation française (volume 3)Chapitre 76 sur 185 · LE DROIT DES GENS · texte numérisé non relu

LE DROIT DES GENS

Louis-Philippe comprit que la France n'était plus assez puissante pour reprendre le grand rôle qu'elle avait joué sous la Convention et le Directoire. Il rompit avec le ministère Laffîtte, qui inclinait vers cette politique, et forma le ministère Casimir Perier; celui-ci tenait pour l'ancienne politique d'équilibre européen. Ce fut celle de la plupart des ministères qui suivirent jusqu'à 1848.

On laissa donc écraser la révolution polonaise. On se contenta, pour faire équilibre en Italie à T Au triche, qui occupait les États du pape, d'occuper Ancône. Dans les affaires de Belgique, qui intéressaient Téquilibre européen et la sécurité de notre frontière, on n'intervint que de concert avec les grandes puissances. La conférence de Londres montra, une fois de plus, l'efficacité du concert européen. C'est de ses délibérations que sortit l'organisation des provinces belges en royaume de Belgique.

C'est également le concert européen qui empêcha la France de soutenir le vice-roi d'Egypte contre son suzerain le sultan (1840), et qui, ensuite (1841), ordonna la clôture du Bosphore et des Dardanelles aux navires de guerre européens.

Caractère essentlellenieut pacifique de la période parlementaire. — Ainsi, de 1814 à 1848, pendant toute la durée de la monarchie parlementaire, l'armée française n'a agi en Europe que dans quatre occasions : l'intervention en Espagne (1823), l'intervention en Grèce (1826), Toccupation d'Ancône (1832), enfin l'intervention en Belgique, qui a été marquée par la prise d'Anvers (1832). Or, en Espagne, en Grèce, en Belgique, nous n'avons agi qu'avec l'assentiment des puissances : nous n'avons pris Anvers que pour obliger le roi de Hollande à se soumettre aux décisions de la conférence de Loudres. Donc, pendant trentequatre ans, nous n'avons pas fait en Europe * une seule grande guerre et nous n'avons pas ajouté un village à notre territoire.

Il en est de même de toutes les autres puissances européennes : elles se sont armées quelquefois pour réduire

1 . Hors d*Europe, nous avons fait la conquête de l'Algérie et des expéditions peu imporUnt^ au Mexique (1838). au Maroc (18^li)et aux îles Tahit (1846).

358 aVILISATION FRANÇAISE

leurs sujets révoltés; mais, sauf rannexion de la ville de Gracovie à rAutriche (1846), on ne peut signaler une seule acquisition faite en Europe par aucune d*elles.

C'est donc une période essentiellement pacifique, on pourrait dire eonserwUrice, dans Thistoire européenne. Les gouvernements parlementaires, comme ceux de France et d* Angleterre, et les gouvernements autoritaires, comme ceux de Prusse, d'Autriche et de Russie, se sont trouvés d'accord pour maintenir le statu quo et éviter les conflits. On a employé à cet effet deux procédés : d'abord, les congrès et conférences, ensuite les neutralisations. Aim de supprimer même pour l'avenir les causes de guerre, on a neutralisé des pays ou des passages qui avaient été ou qui auraient pu être disputés : ainsi la Suisse, en 1815, la Belgique, en 1832, les détroits des Dardanelles et du Bosphore, en 1841, ont été déclarés neutres. Cette neutralité a été garantie par toutes les puissances.

La monarchie parlementaire, et plus particulièrement la monarchie bourgeoise, a contribué à cette pacification de l'Europe, que nous avions tant agitée au temps de la Révolution et de l'Empire. Yéron raconte, dans ses Mémoires, qu'un ancien ministre de Louis-Philippe l'arrêta on jour devant le palais des Tuileries et lui dit : « U y a là un homme d'esprit et de beaucoup d'expérience; c'est un grand malheur qu'il n'aime pas la gloire. » Ce n'était pas seulement Louis-Philippe qui n'aimait pas la gloire, sachant par une dure expérience ce qu'elle pouvait coûter; c'étaient aussi les classes dirigeantes d'alors, dans leur grande masse, la majorité des deux Chambres, la plupart des ministres, Thiers aussi bien que Guizot. Us firent à la pcix du monde de gros sacrifices d'intérêt ou d'amour-propre, comme dans Taffaire de Belgique, l'affaire d'Egypte, l'affaire de l'indemnité Pritchard. Les seules satisfactions qu'ils accordèrent à l'humeur belliqueuse de la nation et à son enthousiasme pour les gloires napoléoniennes y ce furent des paroles et des monuments. Ils applaudirent au « Rhin allemand » d'Alfred de Musset et achevèrent l'Arc de triomphe. Un dérivatif plus sérieux, ce furent les longues guerres d'Afrique, qui ne nous faisaient courir aucun danger sériçux : elles furent une sorte de

1814-1848.' — l'armée 359

roman militaire qui consola la France de ne pouvoir c retremper ses armes > dans le Rhin, ainsi que Ty invitaient Béranger et les autres poètes. Sans être partisans, comme on les en accusait, de la paix à tout priXy les politiques sentaient que les forces réelles de la France et la situation générale de TEnrope n'étaient plus ceUes de 1793 ou de 1805, et qu'elles nous interdisaient les aventures. Ce n'est pas eux qui auraient aidé à faire Funité allemande ou Tunité italienne : ils comprenaient qpi^une bonne part de la puissance relative et de la sécurité de la France reposait sur rindépendance de ces petits États qui entouraient notre frontière, sur l'organisation fédérale de l'Allemagne, sur réquilibre des deux grandes puissances germaniques. Us savaient que la politique des nationalitéSy dont les assourdissait l'opposition, ne pouvait point nous être favorable, et que, dans l'incertitude de l'avenir, le statu quo était encore ce qu'il y avait de moins désavantageux pour nous. C'était une politique qu'on pouvait qualifier de terre à terre, mais qui eut l'avantage de laisser la France plus puissante en 1848 qu'en 1814, sans diminution de son territoire et sans augmentation du territoire de ses rivaux.

IL L'armée.

I/année sous la RestaorattoB. — Quand l'Empire tomba, la conscription napoléonienne avait tellement fatigué et épuisé la nation que Louis XVIII crut répoudre au cri de l'opinion en inscrivant dans la Charte de 1814 ces mots : « La conscription est abolie. »

La plus grande partie de l'armée napoléonienne fut dissoute : une foule d'officiers qui avaient conquis leurs grades sur les champs de bataille virent leur carrière brisée et furent mis à demi-solde; l'exil et les supplices décimèrent les généraux de l'Empereur. Louis XVIII, qui n'avait pas confiance dans ce qui lui restait d'armée, créa une garde royale S commandée surtout par des émigrés.

1. Elle comprenait 2 divisions d'infanterie, S d« oaralerie, S régimenti d'artillerie, l'an à eheval, l'autre à pied.

Il enrôla, comme ses prédécesseurs du xv* au xvm* siècle des régiments suisses *.

Eq dehors des Suisses, le senl corps étranger fut la légion de Hohenlohe, formée des débris de huit régiments étrangers, levés par Napoléon pendant les Cent-Joors.

On avait une telle horreur du système militaire de TEmpire, qu*an moment on supprima les régiment$ pour les remplacer par des légions départementales. Wles devaient se recruter, an moyen d'engagements volontaires*, dans les départements qu'elles occupaient, et en porter le nom.

Bien que Tarmée eût été réduite à 240 000 hommes, les engagements volontaires furent bientôt insuffisants pour maintenir ce chiffre. Alors le maréchal eonviOH saint-cti fit voter la loi de 1818 (10 mars), qui rétablissait partiellement et, en quelque sorte, timidement la conscription. Les engagements volontaires restaient le mode principal de recrutement pour Tarmée; les appels de conscrits ne devaient en être que le mode accessoire. En réalité, ils furent la ressource principale. La loi fixait le contingent annuel, une fois pour toutes, à 40 000 hommes. Tout conscrit « tombé au sort » pouvait fournir un remplaçant. La durée du service était de six ans. En outre, les sous-officicrs et soldats devaient, en temps de guerre, sous le nom de vétérans^ faire un service territorial de six ans.

La loi de 1824 vint modifier la loi de 1818 : elle éleva le contingent annuel à 60 000 hommes, porta la durée du service à huit ans et supprima le service territorial des vétérans. Les régiments furent rétablis peu de temps après.

En juillet 1829, on donna le pantalon rouge à Tinfanterie.

Cest avec cette armée qu^on fit les expéditions d'Espagne, de Grèce et d'Alger.

La g^arde nationale sons la Restanratian. — La garde nationale fut maintenue, mais seulement dans certaines

1. Deux régiments dans la ligne et deux régiments dans la garde, plus les Cent-Suisses. — Le 1*' jain 1816, une noayelle capitulation fut signée avec les cantons subses.

2. Elles furent formées d'abord avec les militaires licenciés et renvoyés dans leurs foyers, mais qui n'avaient pas encore fini leur temps de service.

1814-1848. — l'abmée 361

villes. Une commission de reeensementf composée du maire et de notables choisis par le préfet, dut choisir les citoyens qui en feraient partie. On ne prenait que ceux qui, par leur fortune ou leurs opinions, offraient des garanties de dévouement à la dynastie. C'est pourtant cette garde nationale, si soigneusement triée, qui se laissa gagner par Tesprit libéral. Celle de Paris, en 1828, à une revue passée par Charles X, fit entendre les cris : <c Vive la Charte ! Vive la liberté de la presse 1 A bas Villèle ! » Elle fut licenciée, et les gardes nationaux parisiens ne reparurent en uniforme que sur les barricades de juillet et dans les rangs des insurgés.

Umrnkée sons la MoBarehle de Juillet. — Pour Tarmée permanente, la loi de 1882 (21 mars), proposée par le maréchal soult, établit la conscription comme le mode principal de recrutement. Elle accrut le contingent annuel, qui fut porté à 80 000 hommes. Elle maintint le tirage au sort, avec faculté pour les conscrits porteurs de mauvais numéros de se faire remplacer ou de négocier avec un conscrit du même canton la substitution d'un numéro à un autre. La durée du service, soit pour les conscrits, soit pour les engagés, volontaires, fut fixée à sept ans. Les sol* dats qui avaient fait leur temps pouvaient contracter un rengagement pour une durée de deux à cinq ans, et les rengagés touchaient une haute paye. L'armée atteignit ainsi sur le papier le chiffre de 500 000 hommes; une partie seulement était présente sous les drapeaux : le reste était envoyé en congé et formait la réserve.

Les Suisses avaient été licenciés ^; mais de nombreux réfugiés italiens, espagnols, belges, allemands, surtout polonais, chassés de leur pays par les événements qu'y provoqua la révolution de Juillet, vinrent chercher un asile sur une terre qu'ils regardaient comme celle de liberté. On en forma, en mars 1831, une première légion étrangère qui fut aussitôt envoyée en Afrique et qui, en 1835, fut cédée à TEspàgne. Une seconde légion étrangère, formée également en 1831, fut e&vofèe en Afrique et y est restée.

1. Le corps de Hohenlohe fat naturalisé en masse et forma désormais on régiment français : le 21* léger.

R. Civil, comtkmp, 21

362 GIYIUSÂTION FRANÇAISE

La ^«rde natioBale sons la Hoiuureliie de Juillet. ^

Louis-Philippe, en sa qualité de monarque bourgeois et sans faste, n*eut pas de garde royale. La garde nationale lui suffisait. Il lui rendit Télection des sous-offîciers et des officiers au-dessous du grade de capitaine : au-dessus, ils étaient nommés par le roi sur une liste de dix candidats. Seulement Tobligation de Tuniforme, imposée à cette milice, en écarta l'élément populaire : elle se recruta uniquement dans les classes bourgeoises et devint le soutien de la nouvelle dynastie. Les citoyens les plus aisés y formèrent des compagnies d'élite^ grenadiers, voltigeurs, et composèrent surtout Yartillerie. Il fut établi qu'en cas de danger une partie de la garde nationale pourrait être mobilisée. Plusieurs fois par an, le roi la passait en revue, soit aux Champs-Elysées, soit sur les boulevards ^. Gomme elle avait conservé Thabitude de pousser des cris sous les armes, les revues étaient presque toujours l'occasion de manifestations dont le roi tenait grand compte. C'était aussi une occasion de distribuer des croix ^. Du reste, celte milice montra du dévouement et de la bravoure dans la répression des émeutes ^, notamment celles de 1832 (6 juin)

1. Il y a une lettre très curieuse de Louis-Philippe à La Fayette, après la revue de la garde nationale au 29 août 1S30 : « Témoin de la féd^ation de 1790 dans ce même Champ-de-Mars , témoin aussi de ce grand élan de 1798, lorsque je vis arriver à notre armée de Champagne quarante-trois bataillons que la ville de Paris avait mis sur pied en trois jours et qui contribuèrent si éminemment à repousser l'invasion, que nous eûmes le bonheur d'arrêter à Valmy, je puis faire la comparaison ; et c'est avee transports que je vous dis que ce que je viens de voir est bien supérieur à ce qu'alors j*al trouvé si bpau et que nos ennemis trouvèrent si redoutable. »

2. Les carieatures du temps représentent Louis-Philippe lançant à pleine pelle les croix sur les gardes nationaux, dont beaucoup en ont déjà cinq on six sur la poitrine : il puise avec sa pelle à un grand monceau, qu'alimente une file interminable de charrettes pleines de croix.

3. Après les émeutes des 5 et 6 juin 1832, dans lesquelles roi, ministres et soldats bourgeois déployèrent tant de bravoure, voici ce que la fille d'un des négociants importants de la rue Saint-Martin écrivait à son frère, qui habitait Rouen : « Dès que le rappel a battu, nous avons fermé le magasin. Papa s'est habillé pour aller joindre le bataillon, place des Petits-Pères. II a embrassé maman et moi en disant : « Il faut en finir avec ces misérables I » Jamais je ne l'ai vu si en colère. Dans la journée d'avanl-hier notre inquiétude a été mortelle, nous n'osions pas sortir. Nous entendions le canon, qui ébranlait les vitres. Des voisins nous apportaient les nouvelles, nous ne mangions plus.... Enfin, papa est arrivé tout pâle, couvert de poussière. Nous avons sauté à son cou. Il ne pouvait pas parler. »

Telles étaient les épreuves auxquelles se soumettait le bourgeois de Paris

et 1834 (16 ayril). Quelque chose de Tesprit belliqueux que nous avaient légué la Révolution et TEmpire revivait en elle. Plus de 2000 gardes nationaux, pour la plupart pères de famille, chefs d'industrie, riches commerçants, propriétaires aisés, succombèrent dans les émeutes de Paris et de Lyon et scellèrent de leur sang leur fidélité à la royauté qu'avait fondée la bourgeoisie.

A la fin, la garde nationale se laissa gagner, elle aussi, à la cause de la réforme électorale, et condamnait l'obstination du cabinet Guizot. C'est pourquoi elle refusa, en grande majorité, de combattre les insurgés de février 1848. Cette défection contribua à ôter tout courage à Louis-Philippe. Plus tard, dans son exil, il écrivait : « Lorsque j'appris que la garde nationale, cette force sur laquelle j'étais si heureux de m'appuyer, la garde nationale de Paris, pour laquelle j'ai toujours eu tant de bénévolence, qui m'avait porté au trône, qui m*avait défendu dans l'émeute, et au profit de laquelle on m'avait si souvent reproché d'avoir gouverné, abandonnait ma cause; lorsque j'appris que pas une de ces mains que j'avais si souvent pressées dans les miennes ne se levait en ma faveur, alors j'ai senti que mon règne était terminé, puisque l'opinion s'était retirée de moi et que j'avais cessé d'être apprécié. Je n'ai pas voulu verser des flots de sang pour une cause qui avait cessé d'être celle de la nation. »

Un corps d'élite de 3000 hommes, soit à pied, soit à cheval, fut créé pour la sécurité de la capitale. Il fut appelé, à cette époque, garde municipale, puis, en 1848, garde républicaine^ puis, après 1851, garde de Paris, et il est redevenu la garde républicaine.

Progrès de Fartaierle. — Après le système Vallière, le système Gribeauval, le système de l'an XI, nous avons eu le système de 1827. Comme pièces de campagne, on ne garda que deux canons, calibre 12 et calibre 8, et deux obusiers. Les premiers servaient toujours à lancer les boulets pleins et avaient une portée plus longue: les seconds étaient réservés aux projectiles creux et avaient une portée

pour maintenir le roi et la Charte. Il y avait de l'héroïsme dans la y'iê quotidienne da boutiquier censitaire, et il défendait vaillamment, le fasil à la main, son privilège électoral.

plus courte. On allégea encore le poids des pièces, celui des affûts, et Ton remplaça, pour Tattelage, la limonière par le timon. On emprunta aux Anglais le shrapnel, boulet explosif et plein de balles.

En 1822, fut constituée Yartillerie de montagne : il suffisait de dix-huit mulets pour transporter une batterie : pour chaque canon, un mulet portait la pièce, un autre Taffût, le troisième le caisson.

En 1829, on organisa des régiments d'artillerie comprenant à la fois des batteries à pied, des batteries à cheval et des batteries diartilleiie montée^ où les servants, assis sur les caissons, sont transportés avec la même rapidité que les pièces.

Pour mettre le feu au canon, Vétoupille fulminante remplaça, sous la Restauration, l'ancienne lance à feu.

PerfecUonnement du fusil. — Le fusil du modèle de 1777, le fusil à pierre^ est resté en usage pendant les guerres de la Révolution et de l'Empire et jusqu'à une époque assez rapprochée de nous. Deux grands perfectionnements furent successivement apportés : 1^ Le fulminate de mercure, inventé en 1774 par Bayen, fut employé en France dès 1819 par l'arquebusier degoubert à la fabrication des capsules pour fusil de chasse; en 1840, toute l'armée française fut armée du fusil à capsule ou fusil à percussion, 2o En 1826, Gustave oelvigne, alors sous-lieutenant d'infanterie, inventa une carabine rayée à balles forcées i. On en arma d'abord en 1838 le bataillon de tirailleurs de Vincennes. Elle fut perfectionnée par Ponchara, Minié, Tamisier, Nessler *.

Corps nouveaux ou modlflcation des anclensè — En 1838, furent constitués les tirailleurs de Vincennes, qui, après la mort de leur fondateur, le duc d'Orléans (1842),

1. C'était un progrès sur les carabines qu'avaient gardées certaines troupes étrangères, les chasseurs tyroliens, par exemple. Dans celles-ci, il fallait que le tireur fût muni d'un maillet pour enfoncer les balles; dans celle de Delvigne, la baguette en fer suffisait.

2. Avant Minié et Tamisier la portée de la carabine était plus courte que celle du fusil, le tir étant seulement plus précis. Alors on avait donné à quelques tireurs de grosses carabines, d'une grande portée et d'une grande précision, mais d'un poids énorme. L'adoption de la carabine Minié en. 1842 permit de les supprimer.

B^appelèrent chasseurs d'Orléans, et, depuis la chute de la dynastie, chasseurs de Vincennes ou chasseurs à pied.

En 1831 on constitua le premier bataillon de zouaves, nom emprunté aux Zouaoua, tribu kabyle d'Algérie. On le recruta, d'une part, de Turcs, Kabyles, Arabes, d*autre part, de Parisiens qui avaient combattu aux barricades de Juillet et qu*OB appelait volontaires de la Charte, en troisième lieu, d'étrangers. Puis on versa les Parisiens dans un régiment de ligne, les étrangers dans la légion étrangère. Le corps ne fut plus composé que d'indigènes algériens avec des cadres français et un uniforme d'un caractère tout orientaL En 1841, au contraire, on n'y trouve plus que des Français avec de rares indigènes. Ceux-ci disparurent bientôt pour aller dans les tirailleurs algériens. Les zouaves ne furent plus qu'un corps français avec un uniforme oriental. Ils étaient destinés uniquement au service d'Algérie.

La guerre d'Afrique donne naissance à d'autres corps équipés pour combattre sous ce climat : dans la cavalerie, les chasseurs d'Afrique; dans l'infanterie, la légion étrangère; des bataillons d'infanterie légère d'Afrique, composés de soldats ayant subi certaines condamnations avant leur arrivée au corps : ce sont ceux auxquels on a donné le sobriquet dt joyeux ou de zéphyrs; enfin des compagnies de pionniers ou de disciplinaires, composés de soldats ayant commis des fautes graves contre la discipline militaire.

Parmi les indigènes, on a recruté la cavalerie des spahis an manteau rouge, les goums, sorte de garde nationale à cheval, la gendarmerie indigène; comme troupes de pied, les « tirailleurs indigènes », qui datent de 1841 et qui s'appelèrent ensuite tirailleurs algériens.

La marine. — Les bataillons de marins, créés par Napoléon, supprimés à la Restauration, furent reconstitues, en 1822, sous le nom d équipages de ligne '. Depuis lors, ils sont répartis en cinq divisions, correspondant aux cinq préfectures maritimes : Cherbourg, Brest, Lorient, Rochefort,

Page 1