Voyez par exemple la pièce des Djinns
2. D'autres allèrent plus loin dans cette voie, se montrèrent à la fois plus sévères et plus indépendants. Banville proscrit ces inversions maladroites, pauvres expédients qu'on appelait autrefois des licences poétiques, comme sll éUit permis d'écrire plus négligemment dans la langue des dieux qu'en vile prose. Il voudrait que le rythme et l'harmonie fussent la règle suprême du vers, et que celui-ci ne fût pas seulement de la prose dont on a compté les syllabes, mais une musique, comme elle le fut chez les anciens. « Il pouvait, dit Banville en parlant de Victor Hugo, il pouvait, loi, de sa puissante main, briser tous les liens dans lesquels le vers est enfermé et nous le rendre absolument libre, mâchant seulement de sa bouche écumante le frein d'or de la rime J'aurais voulu que le poète, délivré de toutes les conventions empiriques, n'eût d'autre maître que son oreille délicate, subtilisée par
les plus douces caresses de la musique Ce que n'a pas fait le géant, nul
M le ferai »
37S OYILISATION FRANÇAISE
n. Le théâtre.
La révolotion du théâtre. — Les premiers vers de l'école romantique suscitèrent des colères très vives parmi les classiques*. Pourtant, tant qu'elle ne produisit que des odes et des ballades, la lutte, si acharnée qu*elle fût, resta circonscrite dans les salons et dans les feuilletons littéraires. Il n'en fut pas de même quand les novateurs osèrent aborder la scène dramatique. Voltaire, ses disciples, ses procédés, son école, y trônaient encore. En 1819, si le « Saint Louis » de Népomucène lemebcier était tombé sous une cabale, on avait applaudi des tragédies coulées dans le même moule : le « Louis IX » d' angelot ou « les Vêpres siciliennes » de Casimir delavuine. La « Marie Stuart » de PIERRE LEBRUN (1820), qui, bien que le sujet eût été emprunté à Schiller, était conçue et versifiée dans la manière classique ^, peut être considérée comme formant une transition entre les deux écoles. Classiques encore étaient c< le Paria » de Casimir Delavigne, « les Macchabées » de Guiraud, la « Clytemnestre x> et le « Saûl » de Soumet (1822). La tragédie se soutenait surtout gr&ce au génie de l'acteur Talma : or, il mourut en 1826.
La Préffaee de Crontwell. — L'année suivante (1827), Victor Hugo écrivit son drame de Crom'well. Lui-même reconnaissait qu'il était trop long et trop toufifu pour être joué, mais que, si les circonstances devenaient plus favorables, « on pourrait extraire de ce drame une pièce qui se hasarderait alors sur la scène ». Aussi, libre de toute préoc-