PRÉFACE
' L'histoire de France était enseignée autrefois suivant une tout autre méthode que celle qui tend à prévaloir aujourd'hui. Je me souviens encore des petits manuels qu'on nous mettait entre les mains. Les rois se succédaient par règne, sans qu'on en omît un seul, même de ceux qu'on qualifiait de rois fainéants. Pour bien marquer l'importance qu'on leur attribuait, le texte était généralement illustré de leurs portraits, rarement authentiques; Phararaond avait une espèce de turban ; les autres Mérovingiens se reconnaissaient à leurs longs cheveux, ceints d'un diadème à fleurons. Même pour Glotaire lY ou Ghildéric II, il paraissait important de savoir la date de leur avènement et celle de leur mort. A date fixe, la seconde race succédait à la première, la troisième à la seconde; avec Napoléon !««•, commençait la « quatrième race ». Le corps du récit comprenait des batailles, des traités, des mariages. De temps à autre, on consacrait quelques lignes aux mœurs et coutumes, et alors les illustrations représentaient la francisque des Francs ou l'oriflamme de Saint-Denis.
11 y a déjà longtemps qu'il n'en est plus ainsi. W M. Duruy, à qui nous devons une des premières bon- (D nés histoires de France qu'aient possédées nos écoles, ÇQ rappelait, en 1863, que Y histoire-bataille n'est pas tout. ^ Les récents programmes ont fait, dans l'enseigne-