‹ Histoire de la civilisation française (volume 4)Chapitre 48 sur 116 · RESTAURATION DU POUVOIR ROYAL · texte numérisé non relu

RESTAURATION DU POUVOIR ROYAL

Sous Charles VU, le bâtard de Bourbon, un des chefs de la Praguerie, est cousu dans un sac et jeté à la rivière. Sous Louis XI, le duc de Berry est empoisonné ; Charles le Téméraire, entouré par Louis XI d'ennemis et de pièges, vient se faire tuer sous les murs de Nancy (1477); le duc d'Alençon est condamné par le Parlement et périt en prison; Jean d'Armagnac est poignardé dans Lectoure, sa capitale, et toute sa famille exterminée avec lui ; le duc de Nemours, un autre Armagnac, est décapité aux halles de Paris; un membre de la famille d'Albret, un comte de Saint-Pol, meurent également sur Téchafaud. Et combien d'autres exécutions parmi les nobles de second rangl

Accroissement do domaine royal. — Le domaine royal s'accroît avec une rapidité inouïe, par les conquêtes sur les Anglais, par les confiscations faites sur les rebelles, par des achats, par des héritages.

Les Anglais ont reperdu tout ce qu'ils avaient acquis au traité de Brètigny, et perdu les provinces autrefois cédées par saint Louis. Ils ne conservent plus en France que Calais. En conséquence, la Normandie, le Poitou, la Saintonge, FAngoumois, l'Aunis, le Limousin, la Gascogne, la Guyenne avec toutes leurs dépendances (Agénois, Périgord, Quercy, etc.) sont réunis au domaine royal.

Philippe VI a acheté Montpellier au roi de Majorque et le Dauphiné à Humbert II, comte de Vienne et dauphin du Viennois.

Louis XI acquiert le Roussillon et la Cerdagne comme gage des sommes prêtées au roi d'Aragon. Il réunit au domaine les États des maisons d'Alençon, Armagnac, Nemours, Saint-Pol, anéanties par lui. A la mort de Charles le Téméraire, il met la main sur quatre de ses provinces : Picardie, Artois, Bourgogne, Franche-Comté. S'il avait été plus habile ou plus honnête, il aurait pu réunir tout l'héritage, c'est-à-dire la Flandre, la Belgique et la Hollande. Le testament de René II lui donne les terres de la maison d'Anjou : Anjou, Maine, Provence.

Malheureusement Charles VIII, au moment de s'engager dans les guerres d'Italie, restitue à l'Espagne le Roussillon et au gendre de Charles le Téméraire, Maximilien d'Autriche, l'Artois et la Franche-Comté.

Outre ces trois provinces, il ne reste plus, comme pays de la future France non soumis au roi de France, que la Flandre qui va passer à la maison d'Autriche, les duchés de Bretagne, de Lorraine, de Savoie, qui ont leurs ducs indépendants, l'Alsace et les Trois-Evéchés qui relèvent de l'empire d'Allemagne, la Navarre française, le Béam et le comté de Foix qui appartiennent à la maison d'Albret, et enfin les vastes possessions de la maison de Bourbon dans le centre de la France : Bourbonnais, Marche, Auvergne, Forez, Beaujolais.

Dès la fin du xv« siècle, la France se présente déjà comme un État compact qui borde presque complètement les rivages de l'Océan et de la Méditerranée, qui touche aux Pyrénées, aux Alpes, à la Meuse, à la Somme.

Entre les réunions opérées sous les Capétiens directs et celles qui furent opérées sous les Valois, de Philippe VI k Charles VIII, il y a une diflTérence essentielle. Sous les Capétiens, on s'était borné à grouper autour du domaine royal des provinces et des États, qui ne tenaient au roi que par un lien féodal; les Valois s'étudièrent à fondre toutes ces Frances diverses en un seul État, au moyen d'une centralisation administrative. Saint Louis et Philippe le Bel avaient été comme les suzerains d'une vaste confédération d'Etats souverains et de corporations indépendantes, duchés, comtés, baronnies, évêchés, abbayes, républiques municipales, universités, etc. ; Charles VII et Louis XI sont les souverains d'un État homogène, au sein duquel les anciens États ont conservé des privilèges, mais ont presque perdu leur autonomie et leur souveraineté.

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