IV. Superstitions diverses
Les êtres surnaturels. — Toute la vie du moyen âge fut imbue de superstitions : aucune éducation scientifique ne garantissait de la crédulité les esprits même les plus éclairés. La distinction entre le naturel et le surnaturel n'existait pas ; on vivait en plein miracle. Personne ne doutait que les habitants du ciel ou ceux de l'enfer ne se mêlassent librement à notre existence. Nous avons parlé des superstitions relatives à la religion, aux sciences, à l'agriculture, aux naissances, aux mariages, aux funérailles. Il en est d'autres encore, qui semblent, comme celles-là, un reste des anciennes religions celtique, romaine, germaine, et que la religion nouvelle n'a pu extirper.
Malgré la multitude innombrable des êtres surnaturels que le ciel chrétien a admis à ses honneurs ou que l'enfer chrétien garde en ses gouffres de flamme, il en est d'autres qui ont échappé à toute classification et qui persistent à hanter le séjour des mortels. Les fées, armées de leur baguette magique, secourables ou malfaisantes, immortelles dans leur brillante jeunesse ou leur vieillesse difforme, habitent les grottes, les forêts profondes, les landes désertes. En Bretagne, il y a les korrigans, qui vivent sous les anciennes pierres païennes, en sortent la nuit pour s'ébattre au clair de lune, entourent le voyageur attardé, l'enveloppent dans leurs rondes et l'obligent à danser lavec eux jusqu'à la mort. Dans les eaux, se ca-