‹ Histoire de la civilisation française (volume 4)Chapitre 88 sur 116 · Voir ci-dessus, page · texte numérisé non relu

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2. Né à Fontenay dans lo Poitou, mort à Paris en 1603, de religion calviniste. Un jour, l'envoyé de Hollande ayant soutenu devant Henri IV que la France ne possédait aucun géomètre capable de résoudre un problème proposé par le célèbre Adrien Romain « à tous les mathématiciens du globe », le roi ut appeler Vièle. Non seulement celui-ci résolut le problème en un tour de main, mais il montra beaucoup d'autres manières de le résoudre qui avaient échappé à Adrien llomain. Viète fut comme le créateur de lalgèbre moderne : il remplaça par des lettres toutes les quantités connues et inconnues. On lui doit aussi la création de la géométrie analytique.

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l'Espagne, Tédit de tolérance et la soumission du dernier gouverneur rebelle, celui de Bretagne. Le crime des Ravaillac le termine en 1610. Ces douze années, si courtes^ sont peut-être les plus belles de notre ancienne histoire. La monarchie est absolue en ce sens qu'elle gouverne sansle concours des États ; mais c*est une monarchie tempérée par la modération même du roi et la puissante vitalité de la nation. Henri IV sait « qu'un roi ne doit pas* faire tout ce qu'il pourrait faire ». Il demande les avis des notables de Rouen, tout en échappant aux entraves du Conseil de raison; il écoute les remontrances du Parlement, tout en r obligeant finalement à enregistrer des mesures nécessaires de pacification , comme Tédit de Nantes. Le gouvernement se trouve, par suite des circonstances, à une égale distance de l'anarchie des règnes précédents et de la centralisation à outrance des temps qui vont suivre. La France a déjà l'unité, et pas encore l'uniformité. La liberté politique reste grande dans le corps de la noblesse, dans les cours souveraines, dans les États provinciaux, dans les villes. La liberté de conscience^ malgré le frémissement des passions de sectes, est complète : un âge de tolérance intervient, entre les fureurs, des guerres civiles et la tyrannie religieuse du xvii* siècle. La liberté économique, dans le commerce des grains, dans l'organisation des corporations, constitue également une halte entre les servitudes du passé et la manie de protection qui va prévaloir sous Colbert. L'esprit français a encore toute l'heureuse audace de la Renaissance, et déjà commence, avec Malherbe, à s'imposer une salutaire discipline. L'armée devient nationale, et la royauté ne songe pas encore à exclure des grades les roturiers.

Pourtant la royauté apparaît déjà avec des tendances irrésistibles à l'absolutisme ; la nation est vivace, mais elle n'est point organisée, elle n'est point unie pour résister à des empiétements qu'on peut dès lors prévoir. Il y a bien une noblesse très indépendante et un parti politique qui occupe militairement deux cents forteresses du roi, mais il n'existe aucune institution propre à exercer un contrôle régulier sur les finances et la politique.

En Europe , la France est un État puissant , mais

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modéré : on ne la redoute pas, on l'appelle. Si Henri IV avait pu franchir la frontière, c'est en libérateur qu'il eût été accueilli aux Pays-Bas, en Allemagne, en Italie, par une foule de princes et de peuples, courbés sous la double oppression politique et religieuse de FEspagne et de TAutriche. La France en 1610, si le couteau d'un fanatique n'eût brisé son essor, aurait commencé la plus glorieuse, la plus heureuse et la plus profitable de ses guerres. Avec moins d'efforts que sous Richelieu et Louis XIV, l'unité nationale eût été réalisée et les provinces de langue française, Savoie, Belgique, Franche-Comté, rattachées à la mère patrie. Par surcroît, la liberté religieuse eût été donnée aux pays voisins par le seul roi du xvii« siècle qui ait pratiqué la tolérance. Le génie de Henri IV, si complet, si ouvert, si profondément humain, était autrement pondéré que celui de Louis XIV. La royauté ainsi comprise n'eût jamais lassé l'Europe et épuisé la France.

Ouvrages a consulter. — Poîrson, , Hist. du règne de Henri lY. — Guadet, ffenri ivl sa vie, ses ceuvres, ses écrits. — E. Jung, Henri IV considéré comme écrivain. — Mercier de la Combe, La politique de Henri IV, — Miron de l'Éspinay, François Miron ou l'adm. municipale de Parût sous Henri IV, — Lavisse, Sully.

— Benoist, Hist, de VÉdit de Nantes. — Faigniez, L'industrie en France sous Henri 77. — Boutaric, Institutions militaires de la France.

— L'abbé Légat, De la prédication sous Henri IV» — VoycLges du sieur de Champlain ou Journal is découvertes de la Nouvelle- France,

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