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la maréchaussée. Le droit qui régit les relations entre les États n'a pas de sanction : où trouver les tribunaux européens, et surtout la maréchaussée européenne?
Aussi, en face de ce droit des gens, avoué de toute l'Europe, s'en était-il établi un autre, que personne n'avouait, mais que tout le monde pratiquait. A Grotius ou à Pufendorf on empruntait les grands mots de justice, ibien des peuples, droits des couronnes; mais, au fond, le droit que l'on appliquait, c'était celui qu'avait formulé, au xvi« siècle, l'Italien Machiavel : c'était la règle suprême de Yintérêt et le droit du plus fort. On les déguisait sous le nom pompeux de raison d'État,
Cet autre droit, on le trouve formulé dans les mémoires de Louis XIV et de Frédéric II, dans les instructions des rois et des ministres à leurs ambassadeurs et à leurs généraux d'armée. On le trouve plus discrètement indiqué dans l'ouvrage du baron allemand bielfeld *.
Bielfeld semble admettre qu'il y a deux morales, l'une pour les particuliers, l'autre pour les rois. « En matière de politique, nous dit-il, il faut se détromper des idées spéculatives que le vulgaire se forme sur la justice, l'équité, la modération, la candeur et les autres vertus des nations et de leurs conducteurs. Tout se réduit finalement à la puissance. »
Aux xvn® et xviii® siècles, dans l'Europe presque entière, les souverains étaient arrivés au même degré d'absolutisme que Louis XIV; ils tendaient à l'imiter et à se modeler sur lui. S'ils étaient au-dessus des lois civiles, ils se croyaient également au-dessus du droit des gens. Dans aucun des grands États du continent, le peuple n'avait part à la conduite des affaires extérieures : partout elles étaient les affaires du roi. Lui seul décidait de la paix et de la guerre. Il n'y avait pas alors, comme aujourd'hui, les discussions des Chambres, les informations et les indiscrétions de la presse pour éclairer l'opinion, la soulever contre les guerres injustes, avertir les plus faibles du danger qui les menace. Tout se passait dans le plus grand secret. Peu
1. Rédigé en Irançais, pour rinslruclion du prince royal de Prusse, et publié, en 1760, sous ce titre : « Les institutions politiques de l'Europe »,
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importait alors l'opinioa ou les sentiments des peuples de France, d'Espagne ou d'Allemagne : ce qui importait, c'étaient les vues des cabinetSy c'est-à-diré des souverains ou des ministres dirigeants. Dès lors, le prince interprétait le droit des gens suivant son intérêt, sa passion, son caprice. H nous reste à rechercher quelles sont les idées dont s'inspiraient alors les rois de France.
Principales causes des guerres: la rellg^ion. — La politique avait perdu son caractère religieux. On avait vu, au xvi® siècle, le roi très chrétien s'allier avec les Turcs, ennemis du nom chrétien. Richelieu et Mazarin, cardinaux de la sainte Église, cherchèrent leur principal appui contre la catholique maison d'Autriche et d'Espagne dans les États protestants d'Allemagne, d'Angleterre, de Hollande, de Danemark, de Suède. Louis XIV et Louis XV suivirent, le plus souvent, les mêmes traditions. Le premier humilia cruellement les papes Alexandre VII et Innocent XI; le second exerça une pression menaçante sur le pape Clément XIII, quand il tut question de lui arracher la suppression des jésuites, et *>aisit le comtat d'Avignon.
Pourtant, comme le règne de Louis XIV est marqué par un retour à la politique religieuse, certains de ses actes portent l'empreinte de préoccupations catholiques. Il se crut obligé, lui qui avait besoin des Turcs pour contenir l'Autriche, d'envoyer contre eux des troupes, soit en Hongrie (bataille de Saint Gothard, 1664), soit dans l'ile de Candie (166S-1669). En Orient, tandis que ses prédécesseurs avaient étendu leur protection sur tous les chrétiens indistinctement, iJ restreignit la sienne aux catholiques et abandonna ainsi une importante fraction de notre clientèle poUtique. Dans la guerre de Hollande, ce furent en partie ses exigences religieuses qui amenèrent la rupture des négociations et la résistance désespérée des vaincus. La guerre de la ligue d'Augsbourg (1588-97) eut presque le caractère d'une guerre de religion, tant la révocation de l'édit de Nantes et les barbaries exercées contre les réformés de France avaient exaspéré l'Angleterre, la Hollande et, les princes protestants d'Allemagne.
Le» droits des couronnes : les ^erres de succession. — Les rois étant alors considérés comme propriétaires de
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leur couronne, la politique admettait que les provinces et les peuples pussent être achetés ou vendus, donnés en dot, acquis par héritage, cédés par testament, partagés comme une succession. Une naissance, un mariage, un décès dans une famille royale décidaient du sort des nations. Le droit public suivait ici de très près le droit privé. Or, celui-ci était fort incertain à cause de la variété des législations et des coutumes. Les procès devenaient des guerres. Quand Mazarin fit épouser à Louis XIV l'infante d'Espagne (1659), ce fut avec la pensée que celui-ci pourrait revendiquer, comme l'héritage de sa femme, toute la monarchie espagnole. Le roi d'Espagne avait eu soin de stipuler que rinfante renoncerait à tous ses droits, en échange d'une dot de cinq cent mille écus une fois payée; mais cette dot ne fut pas versée, la renonciation fut considérée comme annulée ; et, à cause de ces cinq cent mille écus, l'Europe eut à soutenir cinquante-cinq années de guerres, dont la France sortit ruinée et l'Espagne démembrée. Les peuples, qui fêtaient naïvement ces alliances royales, ne se doutaient pas de tout ce que pouvait contenir de malheurs pour eux une corbeille de noces.
Louis XIV, gendre du roi d'Espagne Philippe IV, considérait donc tous ses royaumes comme devant lui appartenir; mais, comme son beau-père eut pour son successeur (1665) Charles II, il résolut de s'emparer au moins d'une partie de la succession Dans certaines provinces des Pays- Bas espagnols, la loi civile, la coutume du pays, reconnais- . sait un droit de dévolution, en vertu duquel, si un particulier, ayant des enfants d'un premier mariage, en contractait un second, certains de ses biens étaient dévolus aux enfants du premier lit. Or, la femme de Louis XIV était issue du premier mariage de Philippe IV ; Charles II était ^ssu du second. Le roi de France prétendit que les provinces dans lesquelles la coutume locale reconnaissait le droit de dévolution devaient être immédiatement dévolues Àsafemme. Ainsi commença la guerre de la Dévolution (1667- 68), qui nous donna une partie de la Flandre.
Louis XIV fit deux autres guerres à son beau-frère, sans pouvoir invoquer de droit précis, et lui enleva encore d'autres pays, notamment la Franche- Comté. Toute sa*
politique eat pour but principal cette succession d'Espagne, qu'il convoitait tout entière, mais dont il cherchait, en attendant, à enlever des lambeaux. Quand celle-ci s'ouvrit réellement, par la mort de Charles II (1700), les priaccs d'Europe qui étaient fils ou maris de princesses espagnoles firent valoir leurs droits : les droits de la maison de France primaient ceux de la maison d'Autriche. Les ennemis les plus acharnés de Louis XIV, l'Angleterre et la Hollande, reconnaissaient si bien la validité de ses prétentions qu'ils lui offrirent des transactions. Louis XIV avait même consenti à signer deux traités qui partageaient la monar» chie espagnole entre les divers concurrents. Puis, quand il apprit que Charles n, pour empêcher le démembrement, avait légué toute sa monarchie au duc d'Anjou, il rompit ces arrangements, accepta l'héritage ^ au nom de son petitfils et courut les risques d'une guerre désastreuse contre toute la coalition européenne.
La guerre de la succession d'Espagne (1700-1714) dura quatorze ans et fut la plus longue et la plus sanglante des guerres de succession. Elle ne fut pas la seule. L'héritage du roi Auguste II donna lieu à la guerre de la succession de Pologne (1733-35). L'héritage de l'empereur d'Allemagne, Qiarles VI, donna lieu à la guerre de la succession d'Aur triche, qui dura sept années (1741-48). A la fin du xviii« siède, la paix de l'Europe fut encore mise en péril à propos de la succession de Bavière (1779).
Louis XIV essaya de faire vaJoir des droits d'une autre nature. Après la paix de Nimègue (1678), il chargea ses cours souveraines de Metz, d'Alsace, de Besançon, de statuer sur les prétentions qu'il élevait sur des territoires qui avaient autrefois fait partie des provinces actuellement possédées par lui. Ces cours souveraines instituèrent, à cet effet, des chambres spéciales, qu'on appela Chambres de réunion : elles ne manquèrent pas de décider en faveur
1. Cette succession, même après les conquêtes de Louis XIY, était encore immeoBe : elle comprenait, oatre l'Espagne : en Europe, la Belgique, le dnehé de Milan, le royaume des Deux-Siciles, les ports ou présides de Toscane, rile de Sardaigne; hors d'Europe, les vice-royautés du Mexique, da Pérou, de la Plata, les Antilles espagnoles et de vastes établissements en Afrique et en Océanie.
du roi et lui adjugèrent de vastes domaines, entre autres Deux-Ponts, Sarrebriick et la principauté de Montbéliard. Les puissances européennes ne voulurent pas admettre que Louis XIV pût, par arrêt de ses propres juges, faire des conquêtes en pleine paix : ce fut une des causes de la grande guerre de la ligue d'Augsbourg (1688-97).
Les çaerres de convenance, d'agrandissement, etc . — Encore, dans les cas que nous venons de passer en revue, Louis XIV pouvait-il invoquer, sinon le droit comme nous l'entendons aujourd'hui, au moins des droits comme ceux que , l'on reconnaissait alors. Souvent la politique, pour colorer la conquête, ne recourait même pas à ces déguisements. On invoquait alors la convenance qu'il y avait pour le roi à acquérir telle ou telle province, la bienséance ou l'utilité qu'il y aurait à la garder, la « gloire du roi » qui le poussait à V agrandissement de son état. Machiavel n'avaitil pas dit : « C'est chose fort naturelle que de désirer d'étendre et d'amplifier ses limites et, quand les hommes le peuvent et l'entreprennent, ils en sont grandement loués ou pour le moins non repris»? Au xvm® siècle, Montesquieu fait cette simple constatation : « L'esprit de la monarchie est la guerre et l'agrandissement ».
Le système des frontières naturelles. — Parmi les principales raisons de convenance figurait la préoccupation de rendre à notre pays ses « frontières naturelles », c'est-àdire les territoires qui avaient autrefois fait partie de la Gaule. L'idée de donner à la France le Rhin pour limite a deux origines : i^ Depuis la période franque, on avait conservé le souvenir du royaume d'Austrasie. 2<» A la Renaissance, quand on se mit à lire les « Commentaires » de Jules César, on fut très frappé de ce passage : « La Gaule a pour limites les Pyrénées, les Alpes, l'Océan et le Bhin, » Ce furent alors les lettrés, les humanistes, qui se passionnèrent pour cette revendication : aussi donne-t-on à ce système le nom de système classique. Henri II s'était déjà accordé la satisfaction, après l'occupatioil de Metz, Toul et Verdun, de faire boire ses chevaux dans le Rhin. Sandraz de Courtilz; qui écrivait en 1688, sous Louis XIV, attribue à Henri IV le dessein de porter sa frontière au Rhin. Un des publicistes aux gages de Richelieu écrivait :
€t L'Empereur n'a aucun droit sur les terres qui sont en deçà du Rhin que par usurpation, d'autant que f-ette rivière a servi de borne à la France cinq cents ans durant * ». La même théorie est soutenue par Chantereau-Lefèvre, en 1642 2, par Jacques de Gassan ^, en 1643, et par beaucoup d*auti^s, soit au temps de Richelieu, soit au temps de Mazarin. Cependant Louis XIV eut des possessions au delà du Rhin, comme Vieux-Brisach, aussi bien qu'en deçà. Il paraissait moins se soucier de fixer sa frontière que d'étendre son influence sur toute FAI lemaghe. Sous Louis ÏV, on se rendit assez vite compte de Timpossibilité, sinon de conquérir, au moins de conserver, la Belgique, avec l'hostilité de l'Angleterre et de la Hollande, la^ rive gauche du Rhin, avec l'hostilité de TAllemagne. Le système classique ne reparaîtra qu'à l'époque classique par excellence, celle de la Révolution.
Politique de nationalité. — Une autre idée moderne, celle de la nationalité, en vertu de laquelle tout ce qui parle français doit être à la France, fut un moment entrevue par Henri IV; mais nous voyons ses successeurs aussi avides de territoires catalans (Roussillon) , germaniques (Alsace, Vieux-Brisach), ou italiens (Casai, Pignerol, Corse), que des territoires de langue française.
Les guerres d'inflaence. — Nos rois firent encore la guerre pour établir leur influence sur certains pays : de là, les acquisitions de Philippsbourg, Kehl, Vieux-Brisach, pour assurer l'influence en Allemagne, de Pignerol ou Casai, pour l'assurer en Italie. De là, les interventions répétées dans les aflaires de ces deux pays et dans les affaires de Pologne.
Politique de famille. — Les Bourbons eurent une autre préoccupation : celle d'asseoir leur famille sur le plus grand nombre de trônes possible. Alors il y eut les Bourbons de France, d'Espagne, de Parme, de Naples. Choiseul les réunit tous, en 1761, par une sorte d'alliance perpétuelle
1. Dans l'ouvrage intitulé : « Quel est le plus sûr moyen pour réunir à la Franci' les duchés de Lorraine et de Bar ? »
2. Considérations historiques sur la généalogie de la maison de Lorraine^ avec une carte de Vaiicien royaume d'Austrasie, le vrai et primitif héritage de la couronne de France.
3. La recherche des droits du roy et de la couronne de France sur les royaumes, duchés, comtés» villes et pays occupés par les princes étrangère.
appelée le Fade de famille. Â plusieurs reprises aussi, on essaya d'établir sur le trône de Pologne, soit un prince du sang, Gonti (1697), soit le beau-père de Louis XV, Stanislas Leszczinski (1733).
Les guerres pour Téquilibre enropéen. — Louis XIV avait été accusé de vouloir détruire Véquilibre européen pour établir la monarchie universelle; Louis XV s'appliqua à le maintenir. Ce souci de l'équilibre fut une source de guerres aussi abondante que l'esprit même de conquête. On fit la guerre de la succession d'Autriche (174i-48), pour rétablir l'équilibre, menacé par la prépondérance des Hapsbourg; on fit celle de Sept ans (1756-63), pour le défendre contre les empiétements de Frédéric II. Il est vrai qu'on laissa s'accomplir le partage de la Pologne (1772), qui porta une mortelle atteinte à l'ordre européen.
Une préoccupation sœur de celle-là, c'est le maintien dt la. liberté des mers ^ ; elle a surtout en vue l'accaparement des colonies et la tyrannie maritime pratiqués par l'Angleterre. C'est alors qu'on fait la guerre de l'Indépendance américaine (1778-83) ; on espérait, en favorisant la constitution des États-Unis, rétablir, à l'aide du Nouveau-Monde, la balance politique anéantie dans l'Ancien.
Les guerres eommereiales et eoloniales. — Le commerce, qui semblerait devoir rapprocher plutôt que diviser les nations, occasionna des luttes sanglantes. La guerre de Hollande (1672) fut une guerre en partie commerciale; Colbert même l'approuvait, parce qu'il comptait imposer aux Hollandais une diminution de leurs tarifs de douanes. Le commerce, à cette époque, était étroitement lié à la possession des colonies; aussi toutes les guerres où intervinrent les Anglais eurent pour théâtres l'Amérique du Nord, les Antilles, les côtes d'Afrique, l'Indoustan. Elles furent des guerres universelles.
Pas de guerres de principes. — Les guerres de la monarchie ne furent presque jamais des guerres de principes, comme la coalition européenne dirigée contre la France révolutionnaire en 1792, ou l'expédition française
1. Tel esl le titre de Touvrage que Grotius avait publié en 1609. L'Anglais Selden y répondit par un autre, intitulé Mare clausum, h la mer fermée •.
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contre l'Espagne constitutionnelle en 1823; elles n'eurent jamais pour objet d'anéantir un système politique reposant sur d'autres principes que la monarchie française. Louis XrV et Louis XV reconnaissent au même titre les monarchies héréditaires et absolues, comme l'Espagne, constitutionnelles, comme l'Angleterre, électives, comme la Pologne, les républiques aristocratiques, comme Venise, Gênes ou Berne, ou démocratiques, comme certains cantons suisses. Les transformations, les révolutions des antres pays ne les touchent que quand leurs intérêts sont en jeu. Un brasseur anglais, Cromwell, a détrôné, condamné, supplicié un roi d'Angleterre (4648), oncle de Louis XIV. La raison d'État l'emporte cependant. Non seulement Mazarin recherche, mais il solliciter alliance du rebelle et du régicide. Louis XIV, si jaloux du droit des rois, n'hésite pas à s'allier aux sujets révoltés de ses confrères couronnés : il donne la main aux insurgés de Catalogne, de Naples, de Sicile, û' Angleterre, d'Irlande, de Hongrie. La politiqpie s'inspire non des principes, mais des intérêts.
Inséeiirité imtTerseile. — Avec toutes ces raisons oa tous ces prétextes pour se battre, la paix n'est jamais assurée. Le règne de Louis XIV n'est qu'une longue série de guerres et celui de Louis XV compte quatre grandes guerres. On ne se décide à rester tranquille- que quand les années, le trésor, le pays sont épuisés. Alors le prince déclare vouloir accorder à son peuple les bienfaits de la paix, et ses flatteurs, après avoir glorifié ses exploits, exaltent sa modération. Les traités ne sont conclus que pour être violés à la première occasion. L'empereur d'Allemagne, Charles VI, a obtenu de tontes les puissances européennes l'adhésion à sa Pragmatique sanction , c'est-à-dire la reconnaissance des droits de sa âUe à sa succession ; à peine a-t-il expiré (1740) qu'une coalition générale se forme pour la dépouiller. La parole d'honneur d'un roi n'est pas davantage une garantie : « Il est mal de violer sa parole sans raison », disait Frédéric n. Or, des raisons, on en trouve toujours. On ne dépouille pas seulement les rois; mais la vie même des peuples n'est pas épargnée : la Pologne, une des grandes nations de l'Europe, est partagée (1772). Personne ne se sent en sûreté; de là, ces pro-
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digieux armements, ces grandes armées permanentes, que les siècles précédents n'avaient pas connus, et, dans la paix même, sous le nom dé paix armée, toutes les charges et toutes les angoisses de l'état de guerre.