GIVZLlSATIOIf FBANÇAIfiB
dans son Spidlegium; labbe, dans £a « Bibliothèque des manuscrits » ; Labbe et sautosn), dans leur Collection des conciles; BALUZE, dans ses « Gapitulaires »; Dupm, dans sa H Bibliothèque des historiens »; les deux sairte-marthb, detns leur « Gaule chrétienne » ; iiabiuon, dans sa a Diplomatique », ses « Études monastiques >),ses ce Annales de Tordre de Saint-Benoit ». Mabillon eut pour collaborateurs Martène, Durand, Ruinart et autres savants bénédictins. En Belgique, le jésuite Bolland et ses collaborateurs les Bollandisies publiaient une immense collection des Vies des Saints.
Sur le passé des villes et des provinces de France commence une vaste enquête, avec Besly pour le Poitou, Ruffl pour Marseille, Farin pour Rouen, Guichenon pour la Bresse et le Bugey, Louvet pour le. Languedoc» Ghorier pour le Dauphiné, La Mure pour le Forez, la thaumassièbe pour le Berry, baluze pour FAuvergne, son lobinbau pour la Bretagne, DOM félibien pour Tabbaye de Saint-Denis, Dom Félibien et sauval pour la ville de Paris, etc»
Legendre ébauche une histoire des mœurs et coutumes de France; Dupuy expose les démêlés de Philippe le Bel avec Boniface YIII et le procès des Templiers; pébéfixe raconte la Vie de Henri le Grand, le nain de tulemont, en collaboration avec Lemaître de Sacy , nous donne sa grande Histoire de saint Louis. Le P. Menestrier étudie les origines des armoiries et fonde la science héraldique.
Gomme histoires spéciales, citons celle de TÉgJise penàiteat les six premiers siècles par le janséniste Le Nain de Tiliemont ; les « Annales ecclésiastiques » de Toratorien Leeointe ; « TAncienne et la nouvelle disciphne de TÉglise » de THOMASSiN »; les histoires de l'Académie française par Pellisson (4653) et Fontenelle (i699).
Parmi ceux qui ont tenté une histoire générale de la monarchie, comme les Sdpion Duplaix, les Souvigny, les Daniel, le plus illustre, c'est mézbbat a. Son « Histoire de France » est d'un format peu maniable (trois volume iu'lblio) et qui le condamnait à être plus connu des savants
1. Eudes de Mézeray (1610-lb.S3) a donné aussi un Abrégé chronologique «Q trois volumes, où il s'exprimaùt sur Torigioe des impôts aveo une -^vaeité qui amena sa disgr&oe.
qne des gens du monde; mais on y trouve beaucoup de bonne foi, une information exacte, des vues générales, une dialeur patriotique, un style énergique et même brillant.
Le XYi* siède avait retrouvé raatiquité; le xvii» siècle retrouvait notre passé national. Il s'est moins occupé de ht Grèce et de Rome. Citons un livre de Saint-Réal sur les Gracques et le igrend ouvrage de Le Nain de Tillemont sur les empereurs. Vaillant a étudié les monnaies romaines (1674-1693). Spon (1678), Lucas (1712), Antoine des Barres, ont publié leurs voyages en Grèce. Mais c'est un Allemand, Gruter (1601), qui a donné k premier recueil d'inscriptions latines*
Sur le Bas-Empire romain ou b^rzantin, nous avons d'importants travaux. Le laborieux mj ganse édite les cbroniqueurs byzantins, dresse le Glossaire de la basse latinité et de la basse grécité. Le P. Maimbourg a donné une étude sur les empereurs iconoclastes de Gonstantinople.
On s*est plus occupé de Phistoire moderne des pays étrangers : la Neufville, d*Ablancourt, dont Boileau vante le style, Vertot, Tauteur des « Révolutions », se sont attaehés au Portugal, BaiUet à la Hollande, Mézéray aux Turcs, Théodore Godefroy aux origines de la maison d'Autriche, Baudot de Juilly à la conquête de l'Angleterre parles Normands. Saint-Réal raconte la « Conjuration de Venise ».
Etienne de flagourt donne ime histoire de Madagascar et un Dictionnaire de la langue de cette île. ghamplain raconte ses voyages dans la Nouvelle^France; gharbih, dans la Perse (1686); taverniee, en Turquie, en Perse et dans les Indes (1676-1679). Choisy (1687), Nicolas Servaise et le P« Tachard nous révèlent le royaume de Siam (1688), qui «ivoyait alors une ambassade à Louis XTV. gaixand a commencé en 1704 la publication des <c Mille et une Nuits » et pÉns DE la croix, en 1710, celle des « Mille et un Jours », contes arabes, noel nous a fait connaître les livres classiques de la Chine et la philosophie des Chinois.
L'abbé horéri publie notre premier Dictionnaire historique (1674).
Si le xviie siècle a bien mérité de la science historique, c'est surtout en continuant une tradition du xvi« siècle : la rédaction de Mémoires par les personnages qui ont été
le plus môIés aux éyénements. Ils sont, en général, d'une grande vivacité dMmpressions, d'un style élégamment négligé, et d*une indépendance qui s'explique par le secret où Ton entendait les garder. Ceux de la ROCHEFOircAiTLD ont bien paru en 1662, mais à l'étranger (à Cologne), et Fau* teur s'est cru obligé de les désavouer. Quelques-uns des plus précieux n'ont été divulgués que plus ou moins longtemps après la mort du roi * : ceux du cardinal de ber, en 1717; ceux de Madame, en 1723; le Journal deDANOEAU, en 1770; les Mémoires de fléghier sur les Grands Jours d'Auvergne, en 1844; l'œuvre de saint-simon, en 1829 et 1856 ^ En revanche, le siècle de Louis XIV a pu savourer quelques-uns des mémoires dé la génération précédente. Ceux de 8UU.T, par exemple, où ses secrétaires lui racontent sa propre vie, ont été édités de 1634 à 1662. Citons aussi les Mémoires écrits au jour le jour, vives peintures de la cour, des événements, des mœurs et des modes du jour, qu'on appelle les « Lettres de Mme de Sévigné ' ».
Sur les limites de l'histoire et de la fantaisie, touchant parfois au roman et parfois au fabliau, constituant comme la chronique scandaleuse du temps, peu sûres à consulter sur les faits, mais précieuses pour la peinture des mœurs, il faut citer les œuvres d'un trio de médisants : les « Historiettes ' de Tallemant des Réaux »; « l'Histoire amoureuse des Gaules n (1665) de Bussy-Rabutin ; les « Mémoires du chevalier de Grammont » (1713) de Hamilton.
Un seul écrivain a osé tenter une synthèse des fastes de rhumanité : c'est bossuet, dans son « Discours sur l'histoire universelle » (1681). U est aisé de montrer ce qui manque & cette histoire pour être vraiment universelle. On peut aussi trouver un peu étroite l'idée maîtresse de Bossuet, qui fait converger tous les siècles et toutes les civili-
1. Ces mémoires reslèrent à peu près inconnus pendant plus d'un siècle. Voltaire, Duclos, Marmontel obtinrent seulement du gouvernement de Louis XV communication de quelques extraits de ce manuscrit, qui était déposé aux Affaires étrangères. Le marquis de Saint-Simon publia, en 1829, une édition inexacte et incomplète. La première édition complète, celle de 1856, est due à M. Chéruel.
2. Elles ont été fort lues du rivant de la marquise; et ont oonra de maia en main; mais elles n'ont été réunies et publiéee qu'en 172A