GAUTIER
Jacques callot, de Nancy (4593-1635), parait avoir introduit chez nous la gravure à Veau- forte, qui avait déjà donné des chefs-d'œuvre, en Allemagne, avec Albert Durer, en Italie, depuis le Parmesan. Ce procédé, qui ne fatigue pas la main de Tartiste, lui permet de dessiner avec l'outil comme il ferait avec un crayon, et de traduire directement ses idées sur le vernis qui recouvre le métal.
Jacques GaUot fut plus qu'un graveur, plus qu'un reproducteur des œuvres d'autrui : il fut un artiste de premier ordre, aussi grand avec son outil que les grands peintres avec leur pinceau. Il était possédé d'une telle vocation que deux fois il s'enfuit de Nancy pour aller étudier à Rome, deux fois fut ramené de force chez lui, et s'échappa encore, si bien que sa famille se décida à le laisser en Italie. Il eut pour maître, à Rome, le célèbre graveur Ganta-Gsdlina, et à Florence, Giulio Parigi. Il fut protégé par le grand-duc de Toscane et lui dédia quelques-unes de ses plus belles œuvres, comme les u Batailles des Médicis ». 11 parut un instant à la cour de Louis XIII et grava pour lui la n Prise de la Rochelle » et le « Siège de l'île de Ré ». Quand on lui demanda de graver la prise de Nancy, à titre de pendant à ces deux estampes, son patriotisme de Lorrain s'y refusa. Gomme on parlait de l'y con-
btarinj quand rartiste travaille sur le métal nu, cuivre oa acier, et agit direclement sur lui avec son instrument, et la gravure à Veau-forte^ quand le métal est enduit d'une coaohe de vernis qu'il suffit d'entamer avec la pointe de l'outil : c'est Teau-forte, répandue alors sur le dessin, qui entame les parties du métal mises à nu et produit la gravure. Que la matière gravée soit du bois ou du métal, que l'instrument employé pour graver soit la pointe sèche, le burin ou l'eau-forte, les creux sont ensaite remplis d'encre d'imprimerie ou de quelque autre matière colorante, et il ne reste plus qu'à faire l'impression.
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traindre, il répondit qu'il se couperait plutôt le pouce que de rien faire contre Thonneur de son pays. Dans sa jeunesse un peu vagabonde, il avait observé bien des scènes et des types humains, voyagé avec des bohémiens, coudoyé des gueux tout dépenaillés, assisté à des horreurs. Qui ne connaît ses « Misères de la guerre », ses « Supplices », ses M Gueux », ses « Bohémiens en voyage »? Il avait une imagination vive et singulière : à dix-neuf ans, il avait gravé sa fameuse Tentation de saint Antoine, dans le cadre de laquelle il a fait tenir, sans la moindre confusion, un nombre incroyable de figures : « des essaims de démons qui tournoient au soleil comme des mouches, des armées de diablotins marchant en caravane, passant le^ rivières dans des crânes de poissons, chevauchant sur des chameaux endieiblés ». Ce qu'il y a de remarquable dans son génie, c*est la précision, la netteté avec laquelle il traduit les idées les plus capricieuses et les plus fantastiques.
On peut considérer comme ses disciples Abraham bossb, de Tours, qui produisit de nombreux dessins k l'eau-forte, publia un « Traité sur la gravure », perfectionna les procédés, les presses d'impression, la composition du vernis, et ISRAËL siLVESTRE, de Naucy, qui grava près de 400 pièces et fut le maître d'Edelinck.
La plupart des graveurs du xvn® siècle employèrent concurremment les deux procédés, faisant d'abord mordre le métal par Teau-forte, puis ajoutant, sur le métal nu, des traits de vigueur ou de finesse avec le burin. Louis XTV protégea les graveurs et les af&anchit du joug des maîtrises. Aux Gobelins, à côté de Nanteuil, le plus célèbre de nos graveurs français, Colbert appelait de Flandre Ëdelinck.
NANTBUIL, de Reims, était si bien doué qu'à dix-sept ans il grava le frontispice d'une thèse de philosophie qu'il devait passer en Sorbonne. Il vécut d'abord tant bien que mal en gravant des portraits pour les étudiants, jusqu'au moment où le roi lui fit une pension et lui donna le titre de graveur et dessinateur de son cabinet. Il a laissé trois cents portraits de Louis XIV, Anne d'Autriche, Colbert et autres grands personnages, edelinck a surtout reproduit des tableaux de Raphaël, Léonard de Vinci> Philippe de Champagne; j>n