LA GRAVURE
connaît de lui près de 300 pièces. A côté de ces deux noms, il faut citer ceux de Jean mobih^ admirable graveur de portraits ; — LA FATE) pour sa& Bacchanales, ses Batailles, sa « Vie de Moïse » ; — simon thomassin, pour sa « Transfiguration » (de Raphaël), son Recueil des statues du château de Versailles; — iseuan, pour sa « Sainte Face »; — Michel O0RI6NY, pour ses sujets religieux et mythologiques; — LBCLERG, de Metz, qui fut professeur aux Gobelins, publia des traités sur la géométrie, la perspective, l'architecture et laissa plus de 4000 pièces; — Gérard auduan (1640-1703), qui s'illustra surtout en traduisant, en de magnifiques estampes, les Batailles d'Alexandre ; — F. de poilly, Jean
PESNE, ROULLET, MASSON, etC.
La faveur que témoignait le public à ces reproductions de portraits ou de tableaux était déjà telle que la gravure formait, sous Louis XIY, une branche très importante de rindustrie et du commerce françeiis. Des collectionneurs, les uns sérieux, les autres vrais maniaques, commencèrent à recueillir tout ce qui paraissait en ce genre. On illustra les calendriers, les livres, les thèses de la Sorbonne et de la Faculté de médecine. Des graveurs illustres se faisaient éditeurs de leurs propres œuvres et de celles de leurs confrères : Abraham Bosse tenait sa boutique au Palais de Justice, Gérard Audran et Français de PoiUy, rue Saint- Jacques, l'un à l'enseigne des Deiix PilierSj l'autre à l'enseigne Saint-Benoit. On comptait plus de trente éditeurs de gravure rien que dans la rue Saint-Jacques.
La graTore au XVIII« siècle. — - Au xviue siècle, les trois DREVET perfectionnent les procédés pour pouvoir suivre la peinture dans le détail infini où elle commençait à se complaire. — cochin (1715-1790), dont le chef-d'œuvre est une « Mort d'Hippolyte », publia « les Batailles de la Chine », édita avec Bfellicard les « Antiquités d'Herculanum » et grava le frontispice de l'Encyclopédie. — Laurent GABS illustra Molière d'après les dessins de Boucher. On commence à enrichir de vignettes les romans nouveaux, les recueils de fables et de chansons. La vogue n*étant plus aux sujets sérieux, ni aux grandes estampes, une nuée de graveurs reproduisent Watteau, Lancret, Boucher, Fragonard. ncûnsT, savabt, gbateloup exécutent
des estampes presque microscopiques. Joseph vernet forme toute une école de graveurs-paysagistes, avec ozannb, BALEGHon, VIVARÈS, etc. LEMiRE etMOREAU illustrent les œuvres de La Fontaine, Corneille, Voltaire, Rousseau, même de Marmontel et de Saint- Lambert. Richard de saint-non publie le « Voyage pittoresque à Naples et en Sicile » (1781-1786), François david les « Antiquités d'Herculanum » et les « Vases étrusques ». Ainsi la gravure vient en aide non seulement à la peinture, mais à la statuaire, à la littérature, à Tarchéologie. Les gens de la cour s*en mêlent : le régent Philippe d*Orléans, la reine Marie Leszczinska, Mme de Pompadour, une foule de grands seigneurs, de grandes dames, des magistrats manient agréablement le burin.
Cependant, à côté de la gravure proprement dite, d'autres procédés de reproduction commençaient à s'introduire. La gravure en manière de crayon^ qui donne aux estampes l'aspect de dessins au crayon, était, en 1757, l'objet d'un rapport favorable à l'Académie de peinture. J.-B. LEPRiNCE (1780) inaugurait la gravure au lavis (en lavant le cuivre à l'eau -forte), que les Anglais ont appelée gravure àVaquatinta. leblond inventait la gravure en couleur, combinaison ingénieuse de la gravure et de la chromolithographie, qui donnait des estampes coloriées. Leblond était un novateur : il mourut à l'hôpital (1741). Dès 1728, le physicien dufay imaginait de graver sur la pierre au moyen d'un acide : c'est ce procédé qui, perfectionné, en 1793, par Senefelder, de Prague, devait nous donner le procédé le plus économique et le plus populaire de reproduction : la lithographie.
VL La musique K
La musique semble être le seul des arts pour lequel nous ne devions rien aux Anciens, car les Grecs ne paraissent même pas avoir connu l'harmonie. La musique hasmonique est née dans l'Europe chrétienne du moyen âge ^ ;
1. Nous novLA occuperons surlout de la musique de théâtre, dont llÛBtoirt louche d'ailleurs à celle des autres branches de la musique.