Arnaud publia sa Profession de foi en musique
2. Grimm, qui avait d'abord dénigré Orphée, proclamait, dix ans après, que c'était « la 'musique la plus sublime que Von eût peut-être jamais entendue en France » .
3. Marmontel écriyit son Essai sur les révolutions de la musiquey sa Poiymnic, poème en Thonneur de l'Italie, où il traite ainsi le grand Glûok :
11 arriva précédé de son nom, U arriva, le jongleur de Bohème ; Sur les débris d'un superbe poème, n fit beugler Achille, Agamemnon ; Il fit hurler la reine Clytemnestre ; 11 fit ronfler l'infatigable orchestre
Harpe ^. A chaque exprésentation, les interpellations les plus yives s'échangeaient entre spectateurs : << Ah ! mademoiselle, criedt à Tactrice un Picciniste enragé, vous m*arrachez les oreilles. — Ah! monsieur! repartait un Glûckiste, quelle fortune, si c'est pour vous en donner d'autres ! » Un troisième disait : « Je ne salue point un homme qui n'aime pas la musique de Gluck. »
Gltick lui-même intervint pour exposer au public les principes de sa réforme. Ce qu'il voulait, c'était « ramener la musique à sa véritable fonction, celle de seconder la poésie, de fortifier l'expression des sentiments et l'intérêt des situations, sans interrompre l'action et sans la refroidir par des ornements superflus; je crus que la musique devait apporter à la poésie ce qu'ajoutent à un dessin correct et bien composé la vivacité des couleurs et l'accord heureux des lumières et des ombres. »
La conciliation des écoles s Hoaarl. -^ L'apaisement se fit, et l'art se trouva avoir profité de ce nouveau choc des écoles rivales, salibri, de Legnano (Yénétie), se vit, après le départ de Gltick (1784), en possession de la faveur des Parisiens et de la protection de Marie-Antoinette» Quoique Italien, ses « Danaïdes » (1784) furent prises d'abord pour une pièce de Gluck, sagchini, Napolitain, donna plus de trente opéras, d'abord en Italie, à Munichi à Londres, puis à Paris. Dans son Œdipe à Colonae (1787), qui fut composé pour l'Académie, il retrouva l'accent tragique de Gluck. Qui ne connaît l'air si dramatique : « Filles du Styx, terribles Ëuménides ! »
MOZART, de Salzbourg (1756-1791), fut à la fois l'élève de Haydn et de l'Italie, où il séjourna longtemps. Il eut la mélodie limpide, suave et pénétrante de l'école napolitaine, l'harmonie profonde et colorée de ses compatriotes. Il donna pour devise à l'art : « Émouvoir l'àme en l'ennoblissant ».
1. La Harpe publia une série de couplets satiriques qui se terminaiefit invariablement par ces deux vers :
Mais tout cela n'empêche pas Que votre Armide ne m'ennuie.
A quoi on lui répondit par des coaplets du même style, avec ce refrain i
Mais, ma foil La Harpo m'ennuie.
Mftlgré les progrès récents de la science harmonique, on ne Fa pas surpassé eh suavité et en pathétique. Avec lui achève de se fondef cette tnusique moderne qui n*est ni italienne, ni allemande, ni française, mais dans laquelle chacun de ces trois génies nationaux, les trois Muses de l'art européen, a confondu ses mérites, originels. Désormais, c*est la musique universelle, la grande patrie commune aux artistes de tous les pays, qui n'a pas de lois exclusives et qui, sur la scène française, aura des couronnes pour Weber ou pour Rossini, comme pour Auber ou Hérold.
Mozart donna successivement, en Allemagne ou en Italie, « Idoménée» (1781), Y « Enlèvement du sérail », <( Gomme elles font toutes », les <c Noces de Figaro » (1786), sur un livret tiré de Beaumarchais, Doli Jùan (1786), la Flûte enchantée (1791), la « Clémence de Titus ».
Mozart avait fait son apparition à Paris, en 1778 : un deuil cruel l'en éloigna. U n'y revint pas. Ce fut un malheut* pour lui, car il ne trouva pas en Allemagne la fortune qui l'attendait chez nous : il y languit dans des situa* tionà inférieures, organiste de l'archevêque de Sdzbourg, donnant des leçons pour vivre, toujours aux prises avec le besoin. Ce fut aussi un malheur pour l'art français, car son influence sur nous fut tardive. La plupart de ses chefsd'œuvre, si français par certains mérites j ne furent connus en France que postérieurement à la Révolution. Les « Noces de Figaro », jouées en 1793, n'ont été sérieusement montées qu'en 1858; la «Flûte enchantée », jouée sous lé Consulat, n'a été intégralement exécutée qu'en 1865 ; « Don Juan » ne parut sur notre scène qu'en 1811.
La nouvelle g^énératloii musidcale. — L'ancien régime léguait à l'âge révolutionnnaire et impérial Dalayrac, Champein, Rigel et Gossec, déjà en pleine possession de la lio-^ toriété. Une autre génération s'élevait : Cherubini, de Florence, qui vint à Paris en 1787, allait y donner, aprè^ avoir fait une dizaine d'opéras de second ordre, ses premiers chefs-d'œuvre. Méhul, de Givet, allait débuter en 1790; Lesueur, en 1793; Kreutzer, de Versailles, en 1791; Berton en 1799. Au jnoment de la Révolution, Choron, Catel, Boïeldieu, Nicole, Auber, avaient entre vingt-neuf
itiO CIVILISATION FRANÇAISE
ans et neuf ans. C'était à quelques-uns ae ces jeunes hommes que la France, qui, au xvni* siècle, est surtout le champ de bataille entre les écoles étrangères et qui ne possède en propre qu'un grand nom (celui de Rameau), allait être redevable d'une gloire vraiment originale : c'étaient çux qui allaient mettre enfin la musique française au niveau de notre littérature et de nos arts plastiques.
Outrages a consulter. — Léon Château, Bist. de l'arehiteciitre en France. — Ad. Lanoe, Dictionnaire des architectes français, — Bauchal, Dict. bibl. et crit. des architectes français. — Viollet-le-Duc, Hist. d'un hôtel de ville et d'une cathédrale. — Louis de Laborde, Le PalaiS'Masarin et les habitations au XVII* siècle. — Alph. de Gi- Bore, Le Palais du Luxembourg. — L. Vilet, Le Louvre et le nouveau Louvre. — AJb. Babeau, Le Louvre et son histoire. — L. Dussieux, Le château de Versailles, — Louis Courajod, Les origines de Vart moderne.
Louis GoDse, La sculpture française depuis le xiv* siècle. — Louis et René Ménard, De la sculpture ancienne et moderne, — D'Argenville, Vie des fameux architectes et sculpteurs depuis la Renaissance (1787). — L. Lagrange, Pierre Puget^ — Tessier, Documents inédits sur Pierre Puget. — Corrard de Brék ban. Notice sur Girardon. — Quatremère de Quincy, Becueil de notices historiques (Houdon, Roland, etc.). — P. Tarbé, La vie et les ceuvres de Pigalle. — Arsène Honssaye, JEfist.
de Vart français au xvni* siècle (Coustou, Bouchardon, Houdon, Pigalle).
D'Argenville, Abrégé de la vie des plus fameux peintres (1745-52). — E.
Michel, Rembrandt. — Lemonnier, Lart français au temps de Richelieu et de Masarin. — Vies des premiers peintres du roi depuis Le Brun (1752) (anonyme). — Charles Blanc, Sist. des peintres de toutes les écoles (in-4° avec des estampes) : Ecole française^ t. I et II. — Fr. Villot,
Notice des tableaux exposés dans les galeries du Louvre : Ecole française.
— E. et J. de Goncourt, L'art du xviii* siècle. — P. Mantz, François BoticheTf Lemoine et Natoire. — A.
Michel, Fr. Boucher. — Ch. Normand, Greuxe.
Vicomte H. Delaborde, La gravure: précis élémentaire de ses ori' ginesy de ses procédés et de son histoire. — G. Doplessis, Les merveilles de la gravure, — Lostalot, Les procédés de la gravure. — G. Bapst, Etude sur Vorfèvrerie française : les Germain, — H. Havard, Hist, de l'orfèvrerie. — D. Guilmard, Les maîtres ornemanistes,