‹ Histoire de la civilisation françaiseChapitre 76 sur 135 · Où peat-oa être mieux qu'au sein de sa famille · texte numérisé non relu

Où peat-oa être mieux qu'au sein de sa famille

t. La garde passe, il est minuit :

Qu'on se retire, et plus de bruit.

3. Tout le monde connaît les airs : « O Richard, 6 mon roi 9, « Un bandeau eonyre ses yeux «, « Si Tunivers entier m'oublie », « Une fièvre brûlaiiUi M, eto.

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d'opéras-comiques ont une- science de rharmonie que n'avaient pas leurs devanciers. Gela tient à ce que, dans l'intervalle, une nouvelle révolution venait de s'opérer.

RévolotioB InnaoBl^ae par les AlleaiaBds : la naei'ge des Cilltddsies et des Piedalstes. — Le génie musical de l'Allemagne, si profondément différent du génie primesautier, ensoleillé et païen de lltalie, génie de méditation profonde, plus foncièrement religieux, plus enclin à la recherche de l'infini et de l'impalpable, avait à ce moment sa renaissance. EUe commença par trois Saxons, trois compatriotes du grand mélomane du xvi* siècle, Martin Luther. KEiSEB (1673-1739), fonda l'opéra allemand : il donna trente pièces, dont quatre ou cinq sont des chefs-d'œuvre, haehdel (1685-1739), de Halle, produisait vingt-deux opéras, dont le plus remarquable est « Rinaldo » (1711), et, avec ses Oratorios, créait la musique religieuse moderne, bagh (1685- 1750], né à Ëisenach, la ville natale de Luther, étonnait rEurope entière de ses Messes et de ses Oratorios et devenait populaire par ses « Préludes et Fugues pour le clavecin ». Un Autrichien, hatdn, composait ses Quatuors, ses Symphonies, ses Oratorios , dont le plus sublime est « la Création » (1798). La cour de Vienne, où l'impératrice Marie-Thérèse et ses filles étaient passionnées pour la musique, Frédéric II de Prusse, qui était un flûtiste distingué et un mélomane convaincu, toutes les petites cours d'Allemagne accordaient à l'art une protection qu'on ne trouvait pas en France sous Louis XY. C'est la reine Marie- Antoinette, qili, arrivant d'Autriche à la cour de YersaiUes, apporta chez nous la passion de la musique. Elle protégea impartialement l'école allemande et l'école italienne.

ôLDCK, de Weidenwang (Palatinat du Rhin) (1714-1787) avait déjà donné en Italie et à Vienne nombre d'opéras (1741-1769). Il se disposait à venir à Paris. De caractère tenace et résolu, mais homme d'esprit, fin diplomate, il préparait son arrivée par des annonces dans nos journaux, des hommages aux écrivains en renom. II ne parut cependant qu'après l'avènement de Marie-Antoinette, dont il avait été professeur de musique à Vienne. Son Iphlgénie en Aulide fut jouée à l'Académie (1774). Il avait eu d'abord à accomplir une réforme analogue à celle de LuUi, à former

orchestre et chanteurs, à raccourcir les ballets» à modifier la mise en scène. Il trouva chez nous de meilleurs éléments que Lulli : nos instrumentistes étaient alors excellents; il suffit de citer Rault, flûtiste; Rodolphe, qui avait substitué le cor d'harmonie au cor de chiasse ; Gaspar et Sadler, qui avaient introduit la clarinette à Forchestre de l'Académie. L* « Iphigénie » de Gluck excita un prodigieux enthousiasme chez les connaisseurs. U donna successivement « Orphée », « Alceste », où il trouva des accents d'une religieuse horreur (et qu'on a reprise en 4861 et 1866, à l'Opéra), Armide, qui exprime tant de tendresse, « Iphigénie en Tauride ». Une harmonie savante et riche, une instrumentation colorée, une expression pénétrante et dramatique, qui a fait comparer sa musique à la poésie du grand Corneille, font de Gluck un des fondateurs de la musique moderne.

Cependant l'art italien, depuis 1753 en possession de notre scène, ne se tenait pas pour battu. U eut alors pour représentant chez nous Piccnn, Napolitain , qui, dans ses grands opéras, comme « Alexandre aux Indes » (1758), « Olympiade », « Atys », aussi bien que dans ses opérascomiques, comme « Cecchina ou la Bonne fille » et « les Voyageurs », montra un génie de mélodiste élégant, de symphoniste brillant, plus apte cependant à exprimer les sentiments tendres et délicats que les passions violentes.

La guerre des coins reprit à l'Opéra entre les Glûckistes et les Piccinistes. Les héros de cette nouvelle guerre furent, du côté de Gluck, Suard, l'abbé Arnaud *, Grimm * ; du côté de Piccini, Marmontel •, d'Alembert, La

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