II. La physique ^ et la chimie
Xomière. — Les savants du temps discutèrent les deux hypothèses sur la nature de la lumière et se partagèrent entre la théorie de Vémission, soutenue par Newton et qui suppose que la lumière est lancée comme une flèche par les corps ignés, et la théorie des ondulations, défendue par Huyghens, Euler, Young, suivant laquelle la lumière se propagerait, comme le son dans Tair, par des ondes.
On découvrit que la lumière a des propriétés chimiques : l'Allemand sgheele, en 1781, constata que le chlorure d'arr gent noircit à la lumière. C'est le point de départ de la future invention de Niepce et Daguerre.
La lanterne magique, qui n'était qu'un amusement de physique, donna naissance au microscope solaire, inventé en 1748, par Lieberkuhn, de Berlin, et qui allait donner un grossissement prodigieux.
Chaleur. — L'Anglais Black découvrit la chaleur latente, c'est-à-dire celle que le thermomètre n'accuse pas et qui s'emploie à modifier l'état physique ou chimique d'un corps. Le Suédois Wilcke, Laplace, Lavoisier, étudièrent ceDe qu'absorbent les corps pour élever leur température et qui, étant variable suivant les divers corps pour produire la même température apparente , étant spéciale à chacun d'eux, s'appelle choeur spécifique.
Les thermomètres furent gradués comme nous le voyons aujourd'hui : les plus connus sont alors celui de fahrenher (1724), qui, entre les deux points fixes marqués par Tébullition de l'eau et la fusion de la glace, se partage en
1. Vers 1784, Atwood, physicien anglais, invente la machine dCAtwood jfwa mesurer la vitesse de la chute des corps. ^
LES SCIENCES AU XVIIP SIÈCL 481
180 degrés; cehii de rêiumob (1730), qui se divise, pour le même espace, en 80 degrés: ^nfin celui du Suédois CELSIUS (1742), qui est le therm<y]nètre centigrade.
LAMBERT et PiGTET distinguèrent une chaleur lumineu$e et une chaleur obscuare ou rayonnante, Bénédict de sauSsube, au moyen d'un boulet très chaud placé au foyer d'un miroir, montra que la chaleur obscure suit, comme la lumière, les lois de la réfleasion,
HERSGHEL prouva qu'il y a un spectre calorifique, comme il y a un spectre lumineife.
Les aérostats. — Saussure, Prieur, Laplace, étudièrent la dilatation des gaz, principalement sous Faction de la chaleur. Ce fut Torigine des aérostats. Dès 1755. le p. 6ALIBN, dominicain d'Avignon, avait publié « TArt de naviguer dans les airs, amusement physique et géométrique ». Il mourut en 1782, avec la réputation d'un visionnaire. Or, l'année suivante, une jupe de Mme de Mongolfîer, sous laquelle pénètre l'air chaud d'un foyer, en est soulevée : les frères Joseph et Etienne de mongolfîer s'emparent de ce phénomène accidentel, construisent un globe de toile ou de taffetas, sous lequel ils allument un feu de paille, et la montgolfière s'enlève dans les airs. En 1783, le 5 juin, la première ascension de montgolfière eut lieu à Annonay, pays des deux inventeurs, en présence des États provinciaux du Vivarais.
Le physicien chables remarque que 1 air ordinaire, chauffé par un foyer, se refroidit trop facilement pour permettre de longs voyages aériens. Il le remplace par le gaz hydrogène, et ferme la mongolfière par une soupape ; il enduit de caoutchouc le tissu pour le rendre imperméable; il enveloppe le globe dans un filet qui soutient une nacelle; il munit l'aérostat d'un baromètre qui permet au voyageur de calculer les hauteurs; il remplit la nacelle d'un lest que l'on conserve ou que l'on jette, suivant qu'on veut modérer ou accélérer l'ascension. Dès lors, la mongolfière devient le ballon. Le 19 septembre, en présence de Louis AVI, Etienne de Montgolfier enlève un ballon avec un panier d'osier contenant un mouton, un coq et un canard. Le 21 novembre, pilatre de rozier fait en personne la première ascension. En 1785, blanchabd ose traverser la Manche es
491 GITILISATION FBAKÇAI^
telioiu Les voyages se mnltipiieiit et les hardis yoy^gean payent soavent de la vie leur audace; la même année, ROMAIN et FZLATiuB DE BOBEi périrent à Boulogne-sor-Mer.
Les auielilBes à Tapeur. -> L'invention de Denis Papin se développe. James watt, Écossais (1736-1819), est le vrai créateor de la machine à Tapeur. A la chaudière, qoi produit la vapeur, il ajoute, pour réduire celle-ci ea. eau quand il faut supprimer sa tension, Le Goadensatenr. Il trouve moyen d'envoyer la vapeur dans le corps de pomipe, tour à tour au-dessus et au-dessous du piston : de sorte que c'est la vapeur elle-même qui fait à la fois monter et descendre celui-ci. On a ainsi la machine à double effet. Dès 1775, WATT construisait en grand dans son usine de Soho, près de Birmingham.
En 1759, un autre Écossais, BOBunov, proposa d'appliquer ces machines à la traction des voitures et des wagons de minerais. Cependant le premier essai de ce genre a été fait par un Français : «n 1769, le Lorrain fiVGifOT fabriqua un chariot k vapeur qui aurait pu, assurait-il, remorquet des trains d'artillerie. Mais les chaudières étaient alors À faiMe pi^ssion et ne donnaient pas une fofce de tmctiou suffisante; on ne savait oi modérer la production de ht vapeur, ni diriger la voiture. La machine de Cugnot, expérimentée à Paris, alla donner contre un mur de l'Arsenal et le démolit. En 1784, l'idée fut reprise par Watt.
Il semblait qu'il fût plus aisé d'appliquer la vapeur à la locomotion par eau qu'à la locomotion par terre. En 1753, l'Académie française des sciences mettait au concours cette question : « Des moyens de suppléer à l'action des vents pour la maivhe des vaisseaux ». Bemouilli répondait en écartant l'emploi de la vapeur, comme ne pouvant donner qu'une vitesse insuffisante. Pour obtenir une vitesse supérieure, il fallait, en effet, trouver des machines plus perfectionnées que celles d'alors.
Cest à un Français, un Fraoe-Gomtois, le comte de iDUFFEOT D*AHBARS (175^-1832), que revient l'honneur, après Denis Papin, d'avoir résolu le problème. Un moment associé avec PÉMER, il s'en sépare. Il fait fabriquer au marteau par ma chaudronnier de Baume-lies- Dames le cylindre de sa masàine. Il navigue sur le Doobs avec mi bateau k
LES Sa&NGBS AU XVIIl« SIÈCLE ^d
pevn qui marchait au moyen de roues à paletteB (juin et juillet 1776). £n juillet 1783, il navigue sur la Saône, à Lyon, devant dix mille spectateurs, stupéfaits de voir un grand bateau marcher tout seul, sans que personne parût sur le pont, et remonter même le «ourant. L'expérience B'ayant pas été faite à Paris, l'A-eadémie des sciences, inspirée par Périer, qui était jaloux de TinveûteiU', la tint pour non avenue. Le ministre Galonné déclara qu'il ne pouvait accorder à de Joufifroy un privilège que si, « au moyen de la pompe à feu, il réussissait à faire remonter sur la Seine, r-espaoe de quelques lieues, un bateau de trois cents milfiers ».
De JoufiCroy était pauvre : ses ressources étaient épuisées ; il ne put construire le bateau qu'on lui demandait. Sa découverte lui valut les railleries des ignorants, qui rappelèrent Jouffroy la Pompe, et les dédains de la cour, pour laquelle il était « un fou qui prétend faire accorder le feu et l'eau ». La Révolution vint; de Jouffiroy émigra et la France perdit la gloire de cette grande initiative *.
■ai^nétisme. — Pour mesurer la puissance de Faction ^nagniëtique exercée par un aimant, oouiem inventa la balance de torsion, U put alors formuler cette loi : « L^action magnétique est en raison inverse du carré des distances » Il montra que Faction électrique suit la même loi. Dès lors, on sut que la loi de la gravitation universelle régit également les phénomènes du magnétisme et de Féiectricité.
ÉleeMcUé. — En 1709, F Anglais HAWESBEfi avait substitué eu globe de soufre d'Otto de GuMc^e un globe de verre et fait quelques observations curieuses. Puis, pendant vingt années, on n'entendit plus parier d'électricité.
En 17â9, l'Anglais ORAT reconnut que l'électricité, déve-
1. Les étrangers reprirent Vidée. En 1789, trois Anglais na'dgnèrent sur Fémg de Dalsi^intoii avee un petit baiteati à vapeur «t à roues. En 1788, ua horioyer américain, Jonathan Fitcb, aavigoa sor le fleuve Delaware : au lien de roues, la vapeur mettait des rames en nLOuvement. fitch annonçait iftx'xm Terrait « un jour les bateaux à vapeur naviguer sur l'Atlantique. » -*- « Onel dommage qu'il soit ttiaimtenant eonplètement foa «f se disaient les anditeurs. Fitcb ne trouva auoun «ppui ni en Amérique, ni en Fraooe, où la Convention nationale l'applaudit, puis l'oublia. Il revint en Amérique ^e^ id« ehagrin, se noya dans la Délavai*.
484 CIVILISATIOlf FKANÇAISB
loppée sur certains corps par le frottement, p^ut se transmettre à d'autres corps par le contact. Quand on adapte un tube de Terre à une tige de bois ou de mêlai, si longue qu'elle soit, et qpiand on frotte irivement le tube de yerre, Tautre extrémité de la baguette attire les corps comme le ferait le tube de verre lui-même. (IRAT et wieeler avaient constaté que certaines substances peuvent ainsi transmettre Tèlectricité à distance, et que d'autres ne le peuvent pas : les uns conduisent Félectricité, et les autres ne la conduisent pas. Ceux-ci ont, au contraire, la propriété d'intercepter l'électricité, d'isoler Fun de l'autre des corps qui seraient bons conducteurs. Précisément, les corps qui dégagent Félectricité par le frottement se refusent à la conduire. Le fer et les autres métaux, les liquides sont des corps bons conducteurs; au contraire, l'ambre, le soufre, le Terre sont des corps isolants, desagduebs, de la Rochelle, identifia (vers 1739) les corps qu'on appelsdt alors non électriqueSj parce qu'ils ne dégagent pas d'électricité par le frottement, et les corps bons conducteurs; les corps appelés alors électriques et les corps mauvais conducteurs.
Le Français dufat entra en relations avec Gray et] Wbee- 1er : ils se communiquèrent mutuellement leurs expériences. Dufay eut l'idée de se suspendre lui-même par des fils de soie et de se faire électriser par la machine : « J9 n'oublierai jamais, écrit l'abbé nollet, qui assistait à cette expérience y la surprise de M. Dufay que je partageais moi-même, quand je vis, pour la première fois, du corps humain sortir une étincelle électrique! » Dufay distingua entre l'électricité vitrée^ qui s'obtient en frottant le verre, et l'électricité résineuse^ qui s'obtient en frottant la résine. On n'a pas conservé ces deux dénominations : on admet que c'est le même fluide qui existe à l'état latent dans tous les corps et qui, une fois dégagé par le frottement, se décompose en deux électricités contraires. Ce sont ces deux électricités que Franklin a nommées post^ve et négative et qu'il a figurées par les signes -{- et — . Dufay formula cette loi, qui a subsisté : « Les électricités semblaJbles se repoussent et les électricités différentes s'attirent. »
Cependant la machine électrique se perfectionnait. SUAUD DE LAFOND (1756] Construisit la machine actuelle, qui
LES SaENGES AU XTIIl* SIÈCLE 485
se compose d'un disque de verre tournant au moyen d'une roue, et y ajouta les coussinets qui produisent le frottement. Avec rétincelle obtenue par cette machine, on put enflammer de Téther, de l'alcool, de la poudre, mettre le feu à uii mousquets eruqbr constata les effets chimiques de l'étincelle et remploya à décolorer les objets, nollet remarqua son action sur la végétation et s'en servit pour activer la croissance des légumes dans son jardin *.
En 1746, MusscHBNBROCK, de Leyde, avait imaginé de remplir une bouteille en verre, corps isolant, d'un liquide, corps bon conducteur; il avait mis ce liquide en contact avec une machine électrique, et il avait vu qu'on pouvait emmagasiner l'électricité dans la bouteille. Ayant mis, par hasard, sa main en contact avec une tige métallique plongée dans le flacon, il reçut un choc formidable ^. U avait découvert la bouteille de Leyde. Plus tard, on la remplit non avec de Feau, mais avec de minces feuilles de métal. La bouteille de Leyde pouvait foudroyer ainsi de petits animaux. En accouplant plusieurs bouteille? de Leyde, on augmenta la puissance des décharges électriques, la longueur, Téclàt et le bruit des étincelles. C'est ce qu'on appela des batteries de Leyde. Franklin montra com-
1. L'électricité était alors à la mode et tout le monde s'amusait à fair* des expériences : l'expérience de la pièce de monnaie électrisée et que les doigta contractés ne peuvent saisir; les aigrettes lumineuses qui paraissent sur la chevelure d'un homme éleotrisé par la machine et placé sur a» tabouret isolant ; la béatification^ c'est-à-dire l'auréole autour de la tète da sujet, obtenue par Bose, en 1750; \ecarreau électrique du docteur Bevis (1747); le elaoeein et le carillon électrique du P. Laborob (1761); les tableaux à illuminations électriques de Bcrtholon (1776). Tous ces faits, qui n'ont pas donné de grandes conséquences pratiques, mais qui agissaient fortement f ar les imaginations, défrayaient alors les conversations.
En même temps, on se préoccupait des propriétés singulières d'une pierre appelée tourmaline, que les Hollandais avaient apportée de l'Inde, et qui s'électrise quand on la chauffe. On étudiait curieusement les poissons électriques, dont l'un, la torpille, était déjà connu des Anciens, mais dont les deux autres avaient été découverts récemment : la gymnote, àvCayenno, en 1671, par Richer; le silure, an Sénégal^ en 1751, par Adanson.
S. En 1752 et 1753, Lemonnier, à Saint-Germain-en-Laye, MazAas, à Maintenon, découvraient et mesuraient l'électricité qui est toujours éparso dans l'atmosphère, même quand il n'y a pas d'orage, et qui exerce une telle influence sur la végétation et la vie animale.
3. « U m'est arrivé, écrivait-il à Réaumur, de faire une expérience à laquelle, pour tout l'or du monde, je ne voudrais pas m'exposer uns seconde fois. »
486 CIVILISATION FRANÇAISR
ment, en suspendant plusieun de ces bouteilles Tane aadessous de Tautre, ou simplement en les faisant communiquer, on pouvait opérer la charge par cascades.
FRANKLIN, en Amérique, mit hors de doute un fait déjà pressenti par d'autres savants : l'électricité dégagée par la machine électrique à disque de verre est de même nature que rélectricité des nuages. En d'autres termes, il coocluait à l'identité de l'électricité et de la fondre.
JALABERT et HOLLBT avaient démontré une propriété des pointes, celle de faire écouler l'électricité. Ce fut Torigine d'une nouvelle découverte deTranklin.
Franklin émit cette hypothèse qu'une verge de fer pointue élevée dans les airs et communiquant avec le sol pourrait soutirer l'électricité des nuages, la faire écouler dans la terre et par conséquent prévenir les orages. Les expériences accomplies, en mai 1752, par BOntm à Montbard, par SAUBARD et oelor à Marly, vérifièrent cette hypothèse. <}uand la verge de fer communiquait avec le sol, l'électricité s'écoulait, invisible et silencieuse, dans la terre; quand la communication était interrompue, des étincelles, avec un grand éclat et un grand bruit, se produisaient, franhik et un Français, boxas, eurent en même temps, en juin 1753, sans s'être consultés, l'idée d'aller chercher l'électricité jusque dans les nuages à l'aide d'un cerf-volant. Toutes ces expériences n'étaient pas sans danger : en 1753, le phyncien RnaMANH, à Saint-Pétersbourg, fut foudroyé par son appareil.
La première application de cette découverte fut la construction par Franklin, en 1760, du premier paratonnerre. L'invention nouvelle ne s'introduisit pas chez nous sans quelque résistance. En 1783, un gentilhomme de Saint- Orner, ayant planté un paratonnerre sur sa maison, le peuple lit une émeute et la municipalité ordonna d'abattre l'appareil suspect ; mais le tribunal de Douai donna raison au gentilhomme ^. Dès lors, le faite des édifices, les mâts des navires commencèrent à être munis de paratonnerres.
1. C'est en 1784 que le Parlement de Paris, slnspirant des découvertes noQTelles, rend Tarrèt interdisant de sonner les cloches pendant les orages : 'usage ancien qui avait pour bot d'éloigner la foudre, mais qui avait poor unique résultat de faire quelquefois foudroyer les sonneurs.
Le& femmes portèrent des toilettes à la paratonnerrey carac^ térisées par an long fil qui, partant du chapeau, traînait jusqu'à terre *.
Toutes les expériences faites jusqu'alors ont porté sur rélectricité statiqrie ou de tension, celle qui est en équilibre dans les corps et qui, gr&ce à la rupture de cet équilibre par le frottement^ se décompose en électricité positive et négative. L*âge de rélectricité dynamiqitey celle qui est produite par une action chimique et qui est d*une puissance incomparablement plus grande, va commencer *. Le xvni* siècle, si enthousiaste des nouvelles découvertes, ne pouvait encore en soupçonner les incalculables conséquences. L'électricité et la vapeur, ces deux forces maitresses de la nature, ces deux grandes révolutionnaires du monde moderne, n*en étaient qu*à leurs débuts.
Première idée d'un télégraplie ^eetriqne. — A la suite des découvertes de Dufky, l'abbé Nollet, en 1746, transmit le choc électrique à 2 kilomètres de distance au moyen d*une chaîne de personnes qui se tenaient toutes par la main : elles ressentirent en même temps la commotion. LBBOimiER renouvela l'expérience au moyen de deux fils de fer, ayant chacun 2 kilomètres de longueur, mais repliés pour n'occuper qu'un faible espace. Une même personne tenait dans chaque main une extrémité de chacun des deux fils; une bouteille de Leyde, à l'autre extré- . mité, produisait le choc électrique : la personne qui le recevait éprouvait au même moment la double commotion dans les deux mains, et elle pouvait constater que ce moment était identique à celui auquel elle voyait
1. Un passage de l'abbé Nollet montre l'impression que ces découvertes prodnisitent sur les imagioations : « L'admiration monta jnsqa'à Tenthoufliasme. La pli^art de ceaz qui apprirent la nouvelle (celle des expériences de 1752) crurent de bonne foi... que les foudres du ciel seraient désormais en la pnissance des hommes et que, pour se garantir du tonnerre, il ioffirait d(n>énavant de dresser des pointes sur le sommet des édifices. Quelques personnes assuraient même, d'un ton fort sérieux, qu'un voyageur en rase campagne pouvait s'en défendre en mettant l'épée à la main contre la nuée ; les gens d'Église, qui n'en portent pas, commencèrent à se plaindre de n'avoir pas cet avantage. »
2. Car, en 1790, Gajlvani, à Bologne, en observant les contractions d'une grenouilla, fondera le galyanisme, et un autre Italien, Volta, de Pavie^ en 1799, construira la première plie électrique.
488 CIVILISATION FRANÇAISB
s*allumer Tétincelle. H fut dès lors admis que la transmission électrique est instantanée et, en outre, qu'à une si grande distance, Télectricité ne perd presque rien de sa l'orce. Franklin, dès 1 756, imagina qu'on pourrait, au moyen de fils de fer, transmettre des chocs qui, diversifiés, pourraient devenir des signaux télégraphiques. En 1774,lesags, de Genève, essaya de faire Tapplication de cette idée. U Imagina un appareil composé de vingt-quatre fils, autant que de lettres de l'alphabet. Suivant que la décharge électrique passait à travers un de ces fils, elle agissait, à l'autre bout de l'appareil, sur un pendule de sureau, correspondant à une des vingt-quatre lettres. De 1780 à 1800, des recherches en ce sens furent faites par salva en Espagne, BÉTSANCOïïRT en France, bbiser en Allemagne. Peu s'en fallut que le xvffl« siècle, avant de finir, ne nous dotât de la télégraphie électrique.
Chimie. — Ce qui avait retardé les progrès de la chimie, c'est qu'on connaissait mal ces substances impalpables et invisibles qu'on appelle les gaz, qui entourent, enveloppent, pénètrent tous les autres corps et produisent avec eux des combinaisons à l'infini. Surtout on ne connaissait pas le plus actif de ces gaz, Toxygène.
En 1719, un certain moitrel D'iiiMENT afficha dans Paris l'annonce d'un cours où il se proposait de démontrer « )a manière de rendre l'air visible et assez sensible pour le mesurer par pintes..., de faire des jets d'air qui sont aussi visibles que des jets d'eau ». Il n'eut aucun succès, car les académiciens d'alors n'admettaient pas qu'on pût mettre les gaz en bouteilles.
L'Allemand stahl fit d'importantes découvertes ; mais son hypothèse sur le phlogistique, fâcheux retour aux procédés de l'ancienne scolastique, risquait d'égarer la science. Cherchant à saisir cet agent universel, insaisissable et cependant visible partout dans ses effets, il imagina que tous les corps étaient composés de matière terreuse et de phlogistique. Ce phlogistique, ce serait précisément ce qui donne aux corps leur éclat métallique. Seulement ses nombreux disciples et lui ne s'accordaient pas sur la nature de cette substance imaginaire : car tantôt il semblait qu'elle ajoutât un poids aux corps, et tantôt qu'elle fût
impondérable. Ils imaginèrent une terminologie chimique : ce que nous appelons oxygène, c'était Vair dépMogistiqul, D'autres gaz étaient de Fair plus ou moins phlogistiqué.
Dans cette période, on fit donc des découvertes chimiques, mais on ne put fonder la science, sboffrot aîné (1672- 1731), successeur de Fagon dans la chaire de chimie au Jardin du Roi, formula la loi desaffînitôs-chimiques; obop- FROT jeune (1685-1752) étudia les huiles essentielles des plantes; boulduc (1675-1742) simplifia la préparation du sublimé corrosif et analysa les eaux minérales; rouelle (1703-1770) a été le maître de Lavoisier et aussi de Rousseau ; Louis LEMERT fit des recherches sur le plomb ; baron, sur le borax ; duhamel du monceau, sur la soude et sur Féther; hacquer, sur le bleu de Prusse; tulet, sur la litharge.
On considère comme les fondateurs de la chimie moderne le Poméranien Scheele (1742-1786), l'Anglais Priestley (1733-1804) et surtout le Français Lavoisier (1743-1794).
SCHEELE a énormément travaillé : il a découvert le ohlore, qu'on appelait alors u acide muriatique déphlogistiqué », et un corps simple, le manganèse. Il en devina deux autres, le tungstène et le molybdène ^.11 produisit les acides manganésique, molybdique, tungstique, fluorique, tartrique, arsénique, prussique, citrique, oxalique, gallique, lactique, urique, la baryte, la glycérine, etc. Il a pu profiter des travaux de Lavoisier. Il a connu l'oxygène presque en même temps que Priestley.
PBIBSTLET, qui devait être un des partisans les plus ardents de la Révolution française, a le premier obtenu l'oxygène (1774). Il reconnut quelques-unes de ses propriétés : celles de ne pas se dissoudre dans l'eau, d'activer la combustion et la vie animale, de former avec « l'air inflammable » (hydrogène) des mélanges détonants *. Il
1. Parmi les autres oorps simples ou èléments, le nickel fat découvert, en 1731, par le Suédois Gronstedt; le tungstène fut constaté, en 1781, par les frères d'EIuyart ; le molybdène, en 1782, par Hielm. La même année, un autre corps simple, le tellure, fut découvert par Muller de Reichenstein. Le platine^ dont les applications sont devenues si nombreuses, avait été introduit en Europe, dès 1740, par Wood.
2. Il a produit également l'acide chlorhydrique, l'ammoniaque, Tazote et le biozyde d'azote, l'oxyde de carbone, Taoide sulfureux, l'hydrogène bicar*
490 aTILISATION FBAirÇAISE
découvrit, en 1772, le proUayde Saxotty qu^il appela ooesrde wUreux.
lATOisiBR n*a donc pas décoaTert Foxygène : mais e*est loi qui a donné à cette découverte toute sa valeur et (pu a reconnu le rôle immense que ce gaz jone dans la natoie. Le premier, il établit nettement que Fair n*est pas un corps simple, mais qu'il se compose de deux éléments, qu'il appelait d*abord la « portion insalubre » et la « portion salubre » de l'air. On nomma le premier caoUj c'est-à-dire « impropre à la vie » ^ ; et le second, appelé auparavant otr dépjàogistiquéy au* du feu, air fut^ air vUaly effrps oombwranty s'appela désormais oxygéme, c'est-à-dire a engendreur d'acides » (1775). C'est l'oxygène, en effet, qui, se combinant à l'infini avec tons les corps, a engendré la plus grande partie des acides et oxydes, et presque tous les sels de la terre et de la mer, où il entre presque toujours quelque acide; c'est lui qui produit cette augmentation dans leur poids que révèlent les métaux calcinés à l'air libre; c'est lui qui est l'agent de la combustion, de la respiration, de tons les phénomènes de la vie animale et végétale, et, en un mot, la substance maîtresse dans le grand laboratoire de la nature. Son action, expliqoe tous les faits qu'on avait jusqu'alors attribués à un prétendu phlogistique : la fameuse théorie de Stahl était donc anéantie. En 1783, Lavoisier décomposa l'eau et montra qu'elle se compose essentiellement à!oxygéne et d'Aydrogéne ^. Maintenant qu'on connaissait Foxygène, la chimie devenait une science. Assisté de Guyton de Morveau, Fourcroy et BerthoUet, Lavoisier établit, en 1787, la nomenclature chimique : il dota la science nouvelle d'une langue précise, sourde, se prêtant à tous les perfectionnements, et qui fut adoptée par l'Europe entière.
boaé, qui est déjà le gaz d'éclairage. Son proiozyde d'azote a été employé depuis comme on puissant aoesthésique. Avant Scheele et Priestley, on n'arait pu prodoire que deux gas : l'acide carbonique, qu'on i^ftpelait air fixe, et l'hydrogène, qu'on appelait gtu inflammabU»
1. L'azote avait été découvert, en 1772, par l'Anglais Rutherford. Avant Lavoisier, on l'appeiait air vicié on wuofetU atnuuphérique.
2. L'hydrogène, connu au moina depuis le xvu* siècle, avait été étudié spécialement par le physicien anglais Cavendish en 1776. C'est Lavoiaier qui substitua le nom nouveau {hydrogènet engendreur de l'eau) à l'ancien.
Lavoisier rendit d*autres services encore. Directeur gér nérai des poudres et salpêtres (1776), il perfectionna la poudre ^ et augmenta sa force de près d'un quart. U fabriqua le salpêtre avec des procédés nouveaux, et, par là, affranchit les paysans des recherches vexatoires dans le sol de leurs étables, quintupla la production nationale, nous affranchit du tribut que nous payions à PAngleterre pour les salpêtres de l'Inde. D consacra son opulence de lerinier général à de nombreuses et coûteuses expériences. Par dévouement pour la science, on le vit renoncer au monde; une fois, il s'enferma six semaines dans une chambre fermée et tendue de noir, afin de donner à sa yne plus de sensibilité et d'aptitude à évaluer l'intensité des différentes ûammes. En 17S9, il publia son fameux « Traité de chimie m.
ouTTOR DE ■ORYBAu, BERTHOiLBT, FOUBCBOT, même après la grande découverte de Lavoisier, restèrent d'abord, comme Scheele et Priestley, des phlogisticiens; mais bientôt ils se rendirent à révidence et furent des adeptes de la nouvelle chimie. Avant la Révolution, le premier avait déjà publié ses recherches sur les chnents propres à bâtir, sur la composition des terres, sur les dissolvants du quartz, etc. ; le second, sur le principe de l'acide prussique, qui est le ey«nogéne^ sur l'argent fulminant ou fulminate d'argent, sur la nature de l'acier, sur l'emploi du chlore dans le blanchiment des étoffes; le troisième, qui fut professeur de chimie au Jardin du roi, sur la chimie pharmaceutique et l'analyse des eaux d'Enghien.
6INGEHBBE, en i783, avait trouvé Vhydrogéne pJwsphoré, qui s'enflamme spontanément à l'air; batbn, en 1765, le mercure fulminant ou fulminate de mercure; darcbt, l'alliage fusible Darcet, et des procédés nouveaux pour la fabrication de la porcelaine, l'extraction de la gélatine des os, l'extraction de la soude du sel marin, parmentier avait fait l'analyse chimique de la pomme de terre et des divers farineux servant à l'alimentation.
La chimie, à peine constituée à l'état de science^ se
1. A^VBO BerthoUet, il çssaya d'utiliser le chlorate de potasse et manqu» de périr dans une explosion de poudrière.
tournait donc vers les applications utiles aux arts techniques, et Ton voyait poindre des branches nouvelles : chimie pharmaceutique, chimie organique, chimie agricole, chimie industrielle.
m. Les sciences naturelles.
Toyasres de naturalistes. — Le domaine des sciences
naturelles s'accrut alors par des explorations méthodiques de la faune et de la flore dans toutes les parties du monde. Les Russes explorèrent surtout la Sibérie, et c'est dans une de ces missions que Pallas découvrit, conservé dans les glaces et encore intact après des milliers d'années, le mammouth, ou éléphant fossile. À la suite des voyages de Gook, on eut connaissance de ces animaux si étranges de la Nouvelle-Hollande \ qui renversaient toutes les classifications, toutes les idées admises sur un centre unique de création à la surface de notre planète. Les plus célèbres voyages de zoologistes français sont ceux d*AOANS0N au Sénégal (1749-53); de levaillant au cap de Bonne-Espérance (1771-83); de sonkbrat (1771-1805) à Madagascar, aux Moluques, aux Philippines, aux Indes, à la Chine.
Parmi nos botanistes, ouvier explora l'Asie Mineure et l'Arabie; Louis feuillet, les Antilles et l'Amérique du Sud; MICHAUX, l'Amérique du Nord; aublet, la Guyane; aoanson, le Sénégal ; Pierre poivre, gouverneur de l'île de France, l'intérieur de cette lie; la billardière *, le Gap, la Nouvelle- HoUande, Java ; richard, les Antilles et la Guyane.
Zoologfie. — Le zvnP siècle abonde en savants qui, renonçant aux prétentions d'universalité qu'affectaient ceux du moyen âge, dévouèrent leur vie entière à une branche spéciale de la zoologie. Aussi ont-ils rendu de grands services :
1. Le kangurooy type gigantesque de la famille des Marsupiaux ; Véehidni, un mammifère qui n*a pas de mamelles ; Vornithorhynque, un quadrupède qui a un cloaque et qui pond des œufs comme les oiseaux, etc.
2. La Billardière fut capturé, en 1793, par un navire britannique, et ses collections envoyées à Londres. Le naturaliste anglais Banks, par un beau trait de fraternité scientifique, les lui fit restituer : « J'aurais craint, dit-il, d'enlever à un homme une des idées botaniques qu'il était allé conquérir an prix de sa vie. »
LES SCIENCES AU XYIIl* SIÈCLE 493
Jacques brisson, par son <c Ornithologie » (1760), où il étudia 1500 espèces d*oiseaux; dufat, par ses recherches sur les salamandres ; lagéfêde, par son « Histoire des reptiles » (1788) et plus tard par son « Histoire des poissons »; D'ARGEimiLB, SBUoniÈRES, GïïETTARi), le médecin GEOFFROY, par leurs recherches sur les animaux à coquilles. Outre les études générales de réaumur, de latreillb et d'oLiviER, sur les insectes, on voit Réaumur décrire les araignées; ouvibr se consacrer surtout aux coléoptères; brullé aux névroptères (papillons); bonnet aux pucerons, ltonnet mit vingt années à étudier une seule espèce de chenille : celle du saule.
Les mollusques étaient à peine connus des Anciens : on les étudia, au zviiio siècle, pour la première fois. On ne savait comment classer les crustacés ; Linné lui-même en faisait des insectes privés d'ailes; Brisson les rangeait dans la même catégorie que les millepatfes et les araignées : LATREULE en fit une classe à part, qu'il divisa en trois ordres^
On ne savait si les zoophytes, dont le nom grec signifie animaux-plantes y appartenaient au règne animal ou au règne végétal. Linné crut d'abord à la nature végétale de Téponge, puis la classa parmi les mollusques à coquilles, avec les oursins, les étoiles de mer, les coraux. G*est
surtout PETSSONEL, TREMBLAT, BÉAUHUR, BORY DE SAINT-VINCENT,
GUViER, qui, après des études patientes, la rattachèrent aux animaux, tremblât étonna son siècle en montrant que le polype d*eau douce j découpé en un certain nombre de morceaux, donne autant de polypes vivants qui se reconstituent intégralement : en sorte que le polype peut, comme une plante, se reproduire par bouture (1744).
A rétranger, l'Italien spallanzani étudia (1776) le roUfére de la mousse, dont la vie est intermittente : après des années de mort apparente et de dessèchement, il suffit qu'on rhumecte d'eau pour le ressusciter, needham (1747) commençait les recherches sur les infusoires : le microscope simple ou composé, plus tard le microscope solaire, révélèrent le monde fourmillant des infiniment petits, aussi étonnant que ce monde des infiniment grands que nous montrait le télescope d'Herschell.
Passons aux grands travaux d'ensemble. Le Suédois
R. Civil. T. IL 28
494 avnjSATiOH fbançaïsk
UHHÉ (1707-1778) publiait» en 173^, son « Système de la. nature » et donnait la (M^mière classification scientifique des animaux.
BUiroii (1709-1788), nommé intendant du Jardin du roi, commençait 8agrandeHi8toiieiuitarallo.Del749 àl767, il publiait, en collaboration avec nauBSimni, ses quinze Tolumes sur les quadrupèdes. De 1770 à 1780 paraissait, en neuf volumes, Y « Histoire des Oiseaux», avec la collaboration de suteEàu DB MOHTsftuABD^rabbé BSZOR. sommn, m Mosoifconiff. Puis vint r « Histoire des Minéraux ». La suite de ce vaste ouvrage, ReptUes, Poissons, Cétacés, sera rédigée par LACiPfiDK,
En i788, avait paru le chef-d'œuvre de Buffon : les Époques de Im Nature. C'est là que sont exposées ses grandes théories sur VunUé de plan de la nature, qui procède « d'après un dessein primitif et général » ; sur YécheUe continue des êtres, qui va du zoophyte à Thomme ; sur la mutabilité des espèces j qui peuvent modifier leurs organes pour s'accommoder à des milieux nouveaux ; enfin sur la répartition des espèces à la surface du globe ^ C*est la première fois qu'on voyait ces grandes vues philosophie ques appliquées à l'histoire naturelle.
Le style pompeux de Buffon, un certain goût de la périphrase noble substituée au mot propre, une certaine ten« dance à la généraUsation , exposèrent Buffon aux critiques de quelques-uns de ses contemporains. Béaumur lui reprochait de trop raisonner, ^ Buffon, critique assez singulière, reprochait à Réaumur de trop observer. Dau*benton se sépara de Buffon, parce que celui*ci avait mutilé son exposé anatomique. U raillait certaines phrases trop
1. Baffon montre que, tandis qu'il y a analogie antre les espèeas animales de l'Ancien et du Nouveau Monde dans la rôgioiy polaire, il n'y #n ^ aocooe dans la région torride. Dans le nord, les espèces d'onrs, de baffles, de rennes sont presque similaires ; au contraire, tandis que les régions torrides de l'Ancien Monde ont le lion, le tigre, la panthère, le léopard, celles du Nonveaa Monde ont des espèces toutes différentes de félins : le pnma, le jag^oar, l'oncelot. Le tapir et le lama d'Amérique semblent des diminutifs liliputiens de l'éléphant et du chameau. L'Amérique n'a rien qui rappdle l'hippopotame ou la girafe. Donc, plus on n'éloigae du berceau comoum des espèces, qui semble avoir été U région du çord, pins la fanne tm4 à être distincte et dissemblable. On dirait que les réglons torrides, dans les deux mondes, étaient des centres' distincts de création, ainsi que parait tUre la Nouvelle-Hollsnâfl.
LES SCtÉNCËS AU XYIIP SIÈCLE 4M
classiques, comme « le lion est le roi des animaux », disant que les animaux n*ont pas de roi.
C'était cependant une magnifique entreprise que d'avoir fait entrer dans le grand courant littéraire et philosophique du xviiï» siècle des notions précises sur les êtres. Buffon, Fauteur du « Discours sur le style », n'eût-il rendu que ce service à la science, aurait bien mérité d'elle.
BoiAnlqu^. — LINNÉ, à propos de la flore de Laponie, atait publié, en 1736, ses Fundamenta botanica. Il donna la première classification fondée sur les organes essentiels des végétaux, c'est-à-dire sur les organes de reproduction. Il divisa les plantes en phanérogames^ où ces organes sont apparents, et en cryptogames, où ils sont invisibles *. Les plantes phanérogames furent subdivisées, à leur tour, en hermaphrodites ou monoclifteSf où le pistil et l'étamine sont réunis sur la même tige ■> et en unisessuelles ou dlcUnes^ où ils sont placés sur des tiges distinctes '.
flttiNABB DK JussiBu (1686^1758) et son neveu lavrcntM jtJssîÈtJ (1699-1777) reprirent et complétèrent cette classification. Seulement Bernard prit pour base les cotylédons et divisa les plantes en acotylédones (privées de cotylédons), qui correspondent aux cryptogames de Linné, et en monocotylê^ dones et dicotylédones, qui correspondent à ses phanérogames. Comme caractères secondaires, il tint compte des diverses positions ou formes affectées par le pistil et l'étamine. Laurent, poussant plus loin les subdivisions, reprit, mais comme caractères tout à fait accessoires, ceux que Tournefort avait admis comme essentiels et tint compte des corolles et des pétales. La cladsifioation botanique des Jusfiieu est encore admise aujourd'hui en grande partie.
L'anatomie des plantes fut poussée très loin par guettarI), le r. SAfiRABAT, Charles bonnst, suhahcl do moncxait, dïï petit- THOUAAs, GAUDiG&AïïD, qui expliquèrent les mouvements de la sève, le rôle des feuilles, la formation des bourgeons, etc.