Par exemple les mousses, les lichens, les champignons
t. Par exemple la rose, le lis et la plaput des flears.
3. Par exemple le palmier, le clMiivre, etc. On sait qu'il 7 a les pieds /emelles de chanvre, qui donnent la graine, et les pieds mâleSy qui n'en donnent pas : les paysans se trompent en appelant mâle le chanvre qui â<»)ine là graine.
496 cnriLiSATiOH française
pBnnur avarlt remarqué que les plantes peuvent TÎYre dans l'adde carbonique, où lies animaux périssent. Le chimiste anglais ne put donner l'explication de ce phénomène et de quelques autres, parce qu'il ne connaissait pas alors la composition de l'air. Quand la^bieb eut enfin déterminé le rôle de l'oxygène, il lui fut aisé de démontrer que, sous l'action de la lumière, les plantes absorbent l'acide carbonique de Pair, dont elles s'assimilent le carbone et dégagent Toxygène; au contraire, pendant la nuit, elles exhalent un air chargé d'acide carbonique. Il découvrit ainsi les lois de la respiration des plantes.
Cvéolof^e. — L'abbé haut, frère du célèbre instituteur des aveugles, et simple régent de seconde au Collège du Gardinal-Lemoine, remarquant que toutes les fleurs d'une même espèce ont toujours les mêmes pétales et les mêmes feuilles, fut amené à supposer que tous les minéraux d*une même espèce doivent présenter, dans leur structure interne^ les mêmes cristaux. Un jour il laissa tomber un échantillon de spath calcaire qui se brisa : il vit que tous les cristaux dont il se compose ont la même figure. Frappé d'une lumière subite, il saisit son marteau et mit en pièces sa collection. Il trouva que, invariablement, le grenat a des cristaux tétraèdres, le spath fluor des cristaux octaèdres, etc. Haûy comprit qu'on pouvait remonter aux lois de la formation des minéraux, mais que pour cela il fallait être géomètre. Avec une ardeur étonnante chez un homme de plus de quarante ans, il se mit à étudier la géométrie. En 1781, il lisait son premier mémoire à l'Académie des sciences ; en 1782, il en était nommé membre. « Lagrange et Lavoisier, BerthoUet et Laplace, raconte M. Joseph Bertrand, comprirent que ce prêtre, hier encore ignorant et obscur, devenait tout à coup leur égal par la gloire comme il l'était par l'esprit d'invention, et le collège du Gardinal-Lemoine les vit plus d'une foiâ réunis autour du modeste régent de seconde qui, humblement confus de captiver et d'étonner de tels génies, leur démontrait, dans toutes les suites d'un seul principe, toutes les richesses et les harmonies de la géométrie des cristaux. »
Restait à expliquer la formation de notre globe. Il faUut revenir aux idées de Leibnitz, si longtemps méconnues»
BUFFON les reprit et les développa dans sa « Théorie de la terre » (1749) et dans ses « Époques de la nature » (1788). U expliqua les soulèvements de Técorce terrestre et la formation des roches primitives par V action cPun feu central. Dès lors il se forma en Europe deux écoles de géologues. Les vulcaniens expliquaient tout par l'action du feu; iJs dominaient en France et avaient pour principaux représentants DESHARBST et BOLOMiEU. Lcs neptunicns expliquaient tout par l'action des eaux et les dépôts formés par elles; ils dominaient en Allemagne et avaient pour chef
¥7ERNER.
Chacune de ces deux théories était trop exclusive. L'Allemand BUSCH, étant venu visiter nos volcans éteints de l'Auvergne, constata qu'il était impossible de s'en tenir exclusivement à la théorie neptunienne. La fusion se fît entre les deux écoles : on tomba d'accord que les grands soulè-» vements ont pour origine l'action du feu central et que les roches primitives, granit, quartz» laves, porphyre, sont de formation ignée : au contraire, les^ calcaires, les grès sont des sédiments déposés par les eaux des océans primitifs.
Parmi les explorations qui firent progresser la science géologique, il faut citer celles de guettabo, en -I 751 , sur le sol volcanique de l'Auvergne , et celles de Bénédict de saussube. à partir de 1780, dans les Alpes.
lY. Les sciences médicales.
Physiologie et médecine i.— La médecine du xvni^ siècle acheva de ruiner les autorités du passé, leur reprochant surtout leur esprit de système. Cependant elle inventa ellç-même de nombreux systèmes. Les plus fameux furent Vanimisme de stahl, le chimiste allemand, et le vitalisme de
1. Noas ne parlerons plus de Tanatomie, car ses gr&ndes découvertes datent du siècle précédent : il faut cependant signaler les travaux de PouRFOUR DU pETrr, sur les yeux et le nerf intercostal ou grand synqtatkique; Oemours, sur la membrane Demours on vitreuse de TcbU; Sénac, ma les maladies du cœur ; Chaussikr, sur la nomenclature des muscles ; Bos* Dku, de Montpellier, sur les glandes et les muqueuses; Lieutaud, Saba« nsK, PoRTAL, sur l'anatomie ou rUstoire de l'anatomie.
i98 CIVILISATION FRANÇAISE
BAATHiB, médedû de Montpellier. Stahl enseignait que Te corpâ n'est qu*un agrégat de matériaux, dont Vdme seole fait un organisme vivant. C'est Tâme qui digère, sécrète, excrète, au moyen dei organes de digestion, de sécrétion, d'excrétion; c'est elle qui veille à la conservation du corps; les maladies, les corruptions du corps ne sont dues qu*à des distractions, à des défaillances de Tâme. Stahl faisait exécuter à Vdme des besognes bien subalternes, dont on voit d'ailleurs qu'elle s'acquittait assez mal. Barthez remplaça Tàme par le principe vital : c'est une pure hypothèse, qui n'est guère plus nécessaire, ni même plus utile, que la précédente.
L'Anglais saowN inventa le $UmuHsme. H divisa les maladies en sthénique$ ou asthéniques : les premières produites chez l'homme par un excès de force ; les secondes par la faiblesse. Or, celles-ci seraient à celles-là dans la proportion de 97 contre 3. Donc, c'est Yasthénisme qu'il faut surtout combattre par des sUmwiantê qui réveillent les forces endormies ; il faut exciter, aiguillonner, enflammer le sang ; Browu proscrivait la saignée et abusait des toniques et des échauffants. Il régna jusqu'à Broussais *.
La grande découverte physiologique du xvitl* siècle fuc faite par lavoisier. H expliqua (1766) le phénomènd de la respiration '. On savait déjà que le cœur envoyait le sang dans la région des poumons ; mais qu'allait-il donc y faire? Lavoisier montra qu'au contact de l'air inspiré par les poumons le sang des veines s^oxygéne à nouveau : c'est pour cela qu'il redevient d'un rouge vif. Envoyé jusqu'aux extrémités du corps par le système des artères, il s'y dépouille de son oxygène : c'est pour cela qu'il redevient noir, et il faut que la circulation le ramène au contact des poumons pour s'y renouveler. La respiration a pour effet d'inspirer dans les poumons un air riche en oxygène et d'en expirer un air vicié, chargé d'acide carbonique. D'où vient
l. BnousftAiB (177f-183S), au contraire, {>r4tebdit qa'il fallait Mliter, atténuer^ éUftindre; il en revlmt aux fréquente» 8ai|^ées et purfatioo».
£. Expériences »ur fa fvipîrûtioH d9ê ftkimaxue et sur les ekan^emtmts qui arrivent à l'ait en passant pat ietit» pàumùns. — Altération» fm'éprwêe Vair respiré, 1*785. ^ Méinoirt sw la rMjltftbeton de» «mémou», 1780, «d collaboration avec Ségain<
Cet acide carbonique? De la combustion qui se fait, dans l'organisme animal, des matières carbonées. La vie animale n>st donc qu'une combustion continuelle, et ce sont les poumons qui sont le foyer et comme le fourneau où s'accomplit ce phénomène. Cette découverte de Lavoisier, c'est, dit M. Daremberg, « la plus grande des temps moderneis après celle de la drculation du sang ^ »
rûimcftûY analysa les éléments constitutifs des corps organisés : il apprit aux médecins quelle est la composition de la fibrine, de la gélatine, de l'albumine, du chyle, du lait, de la bile. Avec Lavoisier, il créa la chimie médicale.
Fondation de la SoeléCé voyale de médecine. <^ lassonb» premier médecin de Louis XYI, eut l'idée^ en 1776, de réunir en une société les médecins qui se préoccupaient d'études vraiment scientifiques. D'abord en butte aux jalousies et aux tracasseries de la Faculté, l'Académie nouvelle groupa des • savants éminents , publia de précieux mémoires et ent une grande influence sur le progrès. Elle compta parmi ses membres pàtrtET, qui étudia le venin de la vipère, les épidémies de petite vérole *, les épizooties; CAHRËRfi, qui publia Une « Bibliothèque de la médecine ancienne et moderne » ; THOtTHiiT, qui rendra tant de service à l'enseignement médical pendant la période révolutionnaire ; vica D'AZTB, connu surtout par les « Éloges historiques » de ses confrères défunts.
{■"ondadon de l'Académie de chirurgie. — Le premier (^imrgien du roi, chef de la corporation des ^irurgien»' barbterSy prêtait encore serment entre les mains du premier médecin; ses prévéts, le lendemain de la Saint-Luc, allaient prêter serment à la Faculté de médecine et, en signe de sujétion, lui remettaient un écu d'or. C'était là une des conséquences dégradantes qu'avait amenées l'association des chirurgiens avec les barbiers.
1. C'est au milieu de ces recherches sur la combustion et là respiration qjàe Lavoisier fut impliqué dans le célèbre procèê des fermiers géMraux : traduit deraut le tribvmal réTolutimiiMiire., il fat ooodamné à mort et «zéo«Aé 1« 8 mai 1794.
2. La science s'émaùcipait k peine, car, ohopre en 1*7S5, Paulet s'était Ytt meuiiiôé de la Bastille pour aroir «nscâ^é qtié U petite vérole est eonta-
En 1724, Louis XV affranchit les chirurgiens de Tohli galion d'aller étudier chez les médecins et de se faire inscrire sur les registres de leur doyen : il établit au Collège de Saint-Gôme cinq places de démonstrateurSj dont les titulaires étaient nommés par son premier chirurgien.
En 1731, MABÉCHAL, premier chirurgien de Louis XY, obtint Tautorisation de fonder une société académique s'occnpant uniquement de science chirurgicale. Elle comprenait 70 membres titulaires^ tous choisis parmi les « maîtres chirurgiens jurés » ; mais, pour atténuer Fenvie que cette création devait exciter chez les autres maîtres, elle les admit à ses travaux avec le titre d^ associés.
Ce fut le signal de l'émancipation de la chirurgie. En 1743, rassociation avec les barbiers fut rompue. On exigea des postulants, pour être admis à exercer, le grade de maître es arts. L'ordonnance de 1750 établit que le cours d'études durerait cinq ans, rétablit les dénominations de collège et d'écoZe, supprima le serment et le tribut à la Faculté de médecine, mit ainsi la chirurgie, auparavant confondue avec les arts mécaniques, au rang des arts scientifiques et libéraux. L'ordonnance de 1751 plaça les chirurgiens sous la protection immédiate du roi et* leur réserva quatre places de chevaliers dans l'ordre de Saint- Louis. Nous avons vu plus haut le comte de Saint-Germain organiser la chirurgie et la médecine militaires.
Les plus célèbres chirurgiens du xvm^ siècle furent CROISSANT DE 6AREN6E0T, qui inventa la clef pour l'extraction des dents ; de la faye, dont « les Principes de chirurgie » (1738) eurent six. éditions; ouesnat, qui écrivit sur la suppuration, la gangrène, les effets de la saignée, les plaies du cerveau et la trépanation; goulaio), de Montpellier, qui préconisa l'acétate de plomb; allies et le gat, fameux 11thotomistes; ledran, ravaton, sabatier, qui étudièrent les plaies d'armes blanches et d'armes à feu ; j.-l. petit, ghqpabt, dont les ouvrages spéciaux ont une grande valeur; loubet, qui simplifia les opérations et les pansements ; pergt, qui allait s'illustrer dans les guerres de la Révolution et de l'Empire; desault, très habile opérateur, qui perfectionna les instruments et fut le maître de Bichat; lassus, qui donna en 1783 une histoire générale des découvertes anatomi-
LES SCIENCES AU XYIII* SIÈCLE 50i
ques; portal, dujardin, petbilhe, historiens de la chirurgie; LOUIS, qui prononça les Éloges des membres de rAcadémie nouvelle. Tous ont contribué à élever Tart chirurgical à un très haut degré et à préparer les fameux chirurgiens de la période suivante : les Larrey et les Dupuytren.
L'art du dentiste, avec FAncHARD, mouton, leglusb, Jourdain, BOURDET. fit dés progrès importants.
Réforme de la pharmacie. — Cette réforme fut due surtout à BAUME (1728-1804), professeur de chimie et membre de l'Académie des sciences. U inventa Varéométre Baume pour mesurer la densité des liquides, publia les « Éléments de pharmacie » (1762) et le « Manuel de chimie » (1763). « U montra, dit Cabanis, toute l'absurdité de plusieurs préparations, l'inutilité d'un p]us grand nombre et les manœuvres peu déhcates des droguistes et pharmaciens. »
Réforme de l'art vétérinaire. — BOURGBLAT, de Lyon, (1712-79), fut le fondateur des écoles vétérinaires de Lyon (1762) et d'Alfort. Il entra à l'Académie des sciences. Il écrivit plusieurs ouvrages spéciaux estimés encore aujourd'hui.
L'Inoealatlon et la vacelne. — Tandis que les générations en Europe étaient décimées presque annuellement par la variole ou petite vérole, il y avait longtemps que Vinoculation proprement dite, celle qui consiste à insinuer dans le corps humain du virus pris à un varioleux, était connue en Orient. Les Circassiens, soucieux de la beauté de leurs filles qu'ils vendaient aux harems de Constantinople, la pratiquaient de temps immémorial. Leurs filles, devenues grandes dames turques, répandirent ce secret dans tout le Levant *. En 1713, Timoni, médecin grec, en 1715, Pylarini, consul de Venise à Smyrne, publient des livres sur l'inoculation. En 1721, lady Montague, ambassadrice d'Angleterre à Constantinople , fait inoculer son fils. De retour dans sa patrie, elle persuade la princesse de Galles d'inoculer ses enfants (1724). En 1746, l'évêque anglican de Worcester fait un sermon où il recommande la nouvelle pratique.
1. En Orient, rinoculation se faisait an front, an menton, aux deax jouée, de mani6re à figarer une croix.
M2 CnriLISATION FRANÇAISE
LA coHDAMiiiB paraît l'aToir introduite en France, car, en 1754, 0 publiait un mémoire sur ce sujet. En 1784, la Faculté de médecine fut invitée par le Parlement à se prononcer : par 52 voix contre 26, elle se prononça en faveur de rinocidation. D'Alembert démontra que, parce procédé, la mortalité pouvait être réduite à moins de 3 pour 100.
Tous les philosophes firent une campagne énergique en ce sens. Perfectionnée par les médecins anglais Sutton et Dimsdale, l'inoculation fit le tour de l'Europe. Louis XY, plus conservateur que Catherine n, préféra mourir de la petite vérole (1774) : cela était « bien wekhe », comme disait Voltaire; mais cette mort royale contribua à populariser le remède.
Cependant l'inoculation proprement dite avait ses inconvénients. Le virus de la variole rendait très malades les inoculés. En puisant ce virus sur des sujets plus ou moins sains, on pouvait y puiser aussi le germe d'autres maladies. Le grand service rendu à l'humanité par jehmbe, médecin anglais (1749-1823), fut de lui avoir substitué la Taccina tion (du mot latin vaccoy vache). H remarqua que le pi& de certaines vaches et les doigts des vachères habituées à les traire portaient des espèces de pustules. Il apprit que ces femmes étaient toujours indemnes de la petite vérole. Sa découverte est de 1776. Ce ne fut que vingt ans après qu'il osa vacciner un garçon de dix-huit ans. C'est seulemetid vers 1801 que, sons les auspices du duc de Larochefouoauld-Liancourt, le médecin thovrit fit chez nous les premières vaccinations. La découverte de lenner a peutêtre préservé plus de vies humaines que les guerres do la Révolution et de l'Empire n'en ont détroit.
Outrages a gonsulter. — CalMH Bis, Coup d'œil sur le» révolution» et tur la réforme de la médecine (1804).
— Gavier, Eloge» historique» des membre» de l Académie de» tciences (1819). Eloges de Fourcroy, Berthollet, Haûy, Parmentier, DaabentoD, Darcet, Adanson, Ch. Bonnet, Bénédicl de Saussure, Priestley, Davy. — Ilourens, Eloge hi»torique de Cuvier.
— E.Saigey,Z<;« sciences au xvm*«té- €i«, la physique de Voltaire. — Lalande, Notice sur Lavoisier (1796). — H. Nndault de BiUron, Duffon. sa \
famdliB, te» tcUahoratewr» et te» famlier». — Flourens, Fte de Buffon. — Eloge» de Buffàn, par Vicq d'Axyr «ft Condorcet. — E. GriinaaZv2^at)Ottter.— Robinet, Condorcet. — Ârago, Eloge hi»toriquê de J. Watt. — L. Figaier, Le» meroeiUe» de Flnduttrie (l'électricité, la vapeur, etc.). — TharstoOf Èi»t. de la machine à vapeur. — A.
Belloc, La télégraphie historique. — Bertheiot, La révolution ehimiqv».
— Lavisse et Rambaad, Histovrt générale. Voy. la bibl. do chap. XX.