‹ Histoire de la civilisation morale et religieuse des GrecsChapitre 8 sur 29 · Xaoaa6oç (if. 128.) foiçiyçta (Paus. IX. 17. 2 J · texte numérisé non relu

Xaoaa6oç (if. 128.) foiçiyçta (Paus. IX. 17. 2 J

mentûrent jamais. La prudence et rhumaïutë modéroient son courage. Jamais Minerve n'est représentée comme une divinité qui se plait au carnage; jamais son nom n'est usutr pé , comme celui de Mars , pour désigner quelque grande calamité , comme la peste ou la famine , et jamais la Victoire , dont le nom devint même un épithète de Minerve , n'eut aucun rapport spécial avec Mars. Tandis que Mars est à la tête des Troyens ^ Minerve conduit Tarmée des Grecs (^^). Mars protège le sacrilège Cyonus, Minerve le vaillant Hercule (^^). Quelquefois même ces deux divinités s'engagent entr'elles dans un combat particulier (^^). Mars représente les calamités de la guerre et la force brutale qui écrasç l'ennemi ; Minerve est la déesse de l'art militaire , de la guerre conduite avec prudence et humanité , de la guerre entreprise non pour détruire , mais pour obtenir Une paix honorable et garantir la sûreté et le bonheur des élats ('^^).

Pouvoir étendu Une divinité aussi élevée , (tui par sa prusous d'autres dence surpassoit toutes celles dont elle partarapporu. geoit les fonctions, et qui étoit aussi supérieure

à Mars , dans les occupations de la guerre , qu'à Yulcain , dans les arts de la paix , devoit bien avoir un rang très, distingué parmi les habitants de TOlympe. Quoique inférieure en dignité à Junon, dont elle exécutoit les ordres('^')y elle la surpassoit infiniment en modération ('^^); et, dans les fonctions propres à Minerve , Junon lui prétoit à son tour son service : c'est elle qui mène le char de guerre de la fille de Jupiter (^®*). Aussi chez Homère Jupiter parle souvent d'elle avec amitié et , même avec respect (*°^).

(^') Hom. II. ^. 439. (*«) Hes. Se. Herc.

(^^) Hom. 11. E. 765 s(i. <P. 391 sq. C^^) Mars et Bellone sont appelés nxokLTtoqd-oi; , Minerve içvai- «ttoAk. Hom. il -C. 333.* 2. 305.

("') Hom. 11.^. 194 sq. B. 156 sq. cf. 166. ('<»«) Hom. II. e. 30 sq. (»«») Hom. IL E- 748 sq.

('^^) Hom. II. 0. 38 sq. On peut voir que la résistance de Mi-

Comme Jnnon , Minerve saisit quelquefois la foudre , Tanne du souverain de TOljmpe ('®') ; les vents lui obeis-> sent('^^); à son ordre les tempêtes agitent la mer('^^) ou se dissipent ('^') ; le sommeil ('^^) et l'amour même sont soumis à sa volonté ("^) ; elle peut allonger la nuit , et , par respect pour elle , TAurore n'ose commencer sa course journalière 9 lorsque Minerve le lui défend C'). Et, comme elle pouvoit ainsi étendre son pouvoir jusques dans la sphère d'action de presque toutes les autres divinités , Neptune ne lui envioît pas qu'elle se mêlât de ses fonctions , en montrant à BelléropUon l'usage de la bride (' ' ^)y

nenre à sa Tolonta lui fait de la peine. Il se soncie bien moins de Topinion de Junon , ib. 406 sq. Être honoré comme Minerte et Apollon ëtoit une expression qui étoit presque passée en proTcrbe, ib. 540. a: 827.

('^') Hom. II. ^. 45. Yojez aussi le bel endroit de Quintus de Smjrne , cité plus haut, XI Y. 449. Il j est dit de Jupiter:

Viç tÎTtày çtçoTrijv Tt &oi^if , oXobi' rt ntqavifov ^ Kal fiqoyitjif çovofaaav àzà^fitoq àyx^^^ xéçiyç

{^^<^} Hom. Od. B. 420. cf. E^ 382 sq. ("î') Hom. Od. E. 108 sq.

{'^*) Il j avoit à Môthone un temple de Minerve Anémotis, fondé, à be que Ton disoit, par Diomède, parcequ*à sa prière Minerve avoit calmé la fureur des yents qui règnoient sur ces côtes. Paus. IV. 35. 5.

(*«»^) Hom. Od. B. 395 sq. Z. 491 sq.

C°) Parthen. 27. Comme des auteurs plus anciens attribuent ce pouToir à Jupiter et à Neptune , je crois que nous ne hasardons rien en accordant la même faculté à Minerye , déesse qui au moins ne le cédoit à Neptune ni en pouvoir ni en dignité , quoiqu'il n*en soit fût mention que dans un auteur beaucoup plus récent. ("') Hom. Od. 4P. 242 sq. cf. 344 sq.

(»") XaX^yiT^ç. Paus. II. 4. 1. Sur Minerve Hippia,. fille de Neptune et inventrice des quadriges , voyez Davisius et Creuzer ad Cic. N. D. III. 23. Selonlescholiasted*Homère(adIl. Z. 311.) elle est même déesse marine. Il y parle d'un peuple qui portoit des images de Pallas sur la proue de leurs vaisseaux, qu'ils adoroient avant que d'entreprendre un voyage. Voyez encore les endroits cités , à l'égard de Minerve Hippia , chez Vôlcker , Mythol. des Jap. Geschlechts, p. 155 : je dis les endroits des auteurs; car je suis bien loin d'approuver tous les raisonnements de cet écrivain»

ni Junon ou Lucino que les Éléens lui eussent consacré un

temple , sous le titre de Mère , parcequ'ello avoit rendu

la fécondité à leurs femmes C^), ni Apollon qu'elle

inventa l'art de jouer de la flûte (" *) , ni Cérès ou Bac-

chus enfin qu'elle enseigna aux hommes la culture de

Folivier("*).

Son influence Qn voit qu'à l'exception de Jupiter aucune

8ur le sort de« j. . ., . , .^ . « . /

hommes. divmite n avoit une mnuence aussi marquée

et aussi étendue sur le sort des hommes que Minerve , et que , si jamais on put comparer le soin que les divinités grecques prenoient des intérêts du genre humain 9 d'après les opinions de leurs adorateurs , à la Providence , telle que nous la connoissons , ce seroit dans b personne de Minerve qu'on devroit en chercher l'image* Il suffit 9 à cet ^ard, de nous rappeler le r Aie que joue cette déesse ^ dans les anciens poèmes , comme protectrice de Persée , d'Hercule, dUlysse, de Télémaque. La my« thologie nous ofire à chaque page les exemples de héros favorisés par Minerve , animés et encouragés par elle dan» les combats , doués de sagesse et de prévoyance dans le malheur, protégés et préservés dans les périls, tandis que lesAonneurs que lui rendirent dans la suite des nations entières , comme à la déesse protectrice de leurs états (' ' ^), sont des preuves de la haute idée qu'on se formoit de son pouvoir et de sa bienveillance. .Ce ne fut donc pas sans raison qu'elle dit à Diomède : » Ne crains pas ce Mars ni

(^'') Paus. Y. 3. 3^ Ifous ne parlons pas maintenant de tant d'autres attributs que Minerve partageoit ayec les autres dieux, du pouvoir de changer la forme des hommes , de les rendre inyisibles etc. , dont on trouve une fonle d*exemples dans TOdyssée. -

(»i4) pind. Pyth. XII. 12 sq. cf. Schol. Chez Diodore (T. I. p. 370.) elle fit présent d'une flûte à Cadmus et Harmonie ; chea^ Ptolemée (Hist. poët. scr. p. 332.) à Pelée et Thétis. cf. Ëpicharm.^ ap. Athen. lY. 84.

("5) Apollod. m. 14. 1. cf. Diod. Sic. T. I. p. 389. ("^) içvaùnzoX^ç. Hom. ILZ.305.

auouii des autres dieux , tant que je te prot^rai(' ' ^)V' Son caractère» Minerve , qui rëunissoit en sa personne tant de qualités qui la rendoient digne du nom de divinité , nom que plusieurs habitants de l'Olympe méritoient à peine , Minerve n^étoit pas moins remarquable par sa moralitë. Gomme Yesta et Diane , elle fut toujours inaccessible à Tinfluence de Venus ('' ^). Elle étoit la Vierge par excellence , et son temple à Athènes empnmta son nom à cet ëpithète. Voilà pourquoi l'on exigeoit la même pureté de moeurs dans les femmes attachées à son service C^) f voilà pourquoi l'audace sacrilège d'Auge , qui osa déposer dans son temple le fruit de son amour illégitime ('^^) , aussi bien que l'insolente témérité d'Ajax , qui rendit Cassandre victime de sa brutalité jusques sous les yeux delà statue de la vénérable déesse , furent punies par elle d'une manière exemplaires^'). Et, cependant, ce, fut Minerve qui , par le moyen d'un songe , attira ^thra sur l'ile de Sphérîa , pour procurer à Neptune Toccasion d'abuser de sa séparation religieuse. A nos yeux Minerve est ici encore plus méprisable que Vénus , qui s'offirit elle-même à Anchise. Les Grecs, qui regardoicnt l'union avec un dieu comme un insigne honneur pour une mortcl^^ dévoient en juger autrement , et , bien que cette supercherie fit donner à Minerve le nom de trompeuse (Apaturia), elle n'empêcha pourtant pas que les vierges de Trézène consacrassent leur ceinture à Minerve avant leur mariage, et que l'ile même reçut le nom d'ûe sacrée ('**). Et , s'il nous est permis de regarder comme une tradition ancienne

("^) Hom. IL £' 827 sq. L'accusation injuste même du sauvage Mars fournit des preuves du pouvoir étendu de Minerve, ibw 875 sq. ("«) Hy^"- Hom. m. 7 sq.

C^j Des Vierges célébroient en Afrique la fête de la déesse de la guerre par des combats qu^elles se livroient entr*elles. Herod. IV. 180. ("o; Apollod. IL 7. 4.

('") Hom. Od» r. 134 sq.

("^) Paus.IL33. 1.

que Hëduse devint la victime de la jalousie de Minerve, qui ne put souffrir qu'elle osât prétendre que sa beauté égaloit la sienne , Minery); se manifcsteroit par là , dès répoque qui nous occupe dans ce moment, non seulement comme une femme , mais spécialement comme une femme grecque ('**) ; tandis que le conte qu'elle auroit renoncé à la flûte , pour ne pas déparer ses traits , par la position peu gracieuse de la bouche que nécessite cet exercice , ne paroitra pas incompatible , même avec la dignité de Minerve , à quiconque a fait une connoissance même légère avec les divinités des Grecs (**^). La pari qu'elle Après les réflexions qu'on vient de lire , il justice dirioe. ne sera certainement pas nécessaire de démontrer que Minerve avoit le pouvoir de récompenser ceux des mortels qui la respectoient et de punir les téméraires qui osoient insulter à sa majesté divine. Cependant il ne paroit pas que Minerve fut spécialement chargée du soin de maintenir l'ordre dans la société des mortels , <M)mme Jupiter , Pluton et quelques autres divinités ('^^).

0*») ApoUod. IL 4. 3. (^^^) ApoUod. I. 4. 2. ('^') Minerve avoit à Sparte un temple, sous le nom dVl*^- ^oH^oç , bâti, à ce qu*on disoit, par Hercule, en reconnoissance du secours qu'elle lui auroit prêté pour châtier les fils d'Hippocoôn. Paus. III. 15. 4. Le récit absurde de son combat avecle géant Pallas, dont la peau lui auroit servi ensuite de vêtement (Apollod. L 6.2.), n*est autre chose qu'une explication ridicule du nom Pallas, qu'elle portoit elle-méiAe. Selon Tzetzés (ad Lyc. 355.), Cicéron (N. D. III. 23.) et Clément d'Alexandrie (Protr. T. L p. 24.) ce Pallas étoit son père, et elle l'auroit tué parcequ'il avoit voulu la forcer à un commerce incestueux. Chez Denjs d'Halicarnasse (p. 26.) ce Pallas étoit quelqu'un qui avoit pris soin de son éducation, par ordre de Jupiter. Suivant d'autres Pallas est une femme , fille de Triton. Voyez la relation de l'origine du p$illadiura , chez Apollodore, III. 12. 3. Selon Phérécyde le palladium n'est pas seulement une image de Pallas , mais tous les âbïTtêxij , này t6

• iJt èçayô , Ttçbq T^y y^y 7taXX6i*ëVoy, TzetZ. ad LyC. 355. Tout

ceci d'ailleurs est d'une date trop récente pour pouvoir être rangé parmi les anciennes traditions. Le récit de Partiiénius, dont nous avons parlé plus haut (cap. 27.), où Minerve punit Aldnoé, fille

Son origine. U parott difficile de croire que des attributs aussi variés que ceux de Minerve aient été réunis dès le commencement dans un seul et même personnage; la quantité aussi bien que la variété de ces attributs font présumer que l'assemblage de notions aussi différentes qui compose Tétre de cette déesse, tel que nous le trouvons chez les poëtes les plus anciens , n'aura été que la suite d'une accumulation successive d'attributs dont on aura décoré la primitive idée qu'on s'en éloit formée , observation qui le rend extrêmement probable qu'une partie au moins de ces attributs soient d'origine étrangère. Prétentiont des Néanmoins les Grecs ne manquoieut pas de

s'attribuer l'honneur de l'originalité à l'égard de Minerve « comme à l'égard de tant d'autres divinités. Les habitants de la petite ville d'Aliphères en Arcadie prétendoient que Minerve naquit et fut élevée dans leur canton, et ils montroient même l'endroit où eUe sortit de la tête de Jupiter ('^^). Les Alalcoméniens en Béotie avoient les mêmes prétentions ('^^). Il sera à peine nécessaire de l'assurer relativement aux Cretois (***)• Rapports con- Mais les rapports d'une origine étrangère

cernant l'ori- ^ , i i »

^ne de Miner- ^^^ beaucoup plus nombreux. Je ne crois ^t'A^ '* ^®^"" pas qu'il soit besoin de parler de la Minerve

Asia , dont les Dipscures auroient transporté le culte de la Golchide en Laconie('^^). Quand même cette relation auroit plus de poids qu'elle n'en peut avoir , dans des recherches historiques , il suffiroit de faire ob-

dtt roi de Corinthe , ponr avoir maltraité une ouTrière , semble mieax mériter notre attention , et pourroit ser?ir de preuve que Minerre s'occupoit aussi de T exercice de la justice divine en général ; cependant il ne faut pas oublier que Jes ouvrières furent toujours regardées comme placées sous la protection de la déesse des surts.

(<^^) Paus. YlII. 26. 4. On y avoit consacré un autel à Jupiter Léchéates. cf. Dion. Hal. p. 26.

("^) Strab. p. 634. A. Paus. IX. 33. 4.

(»*•) Diod. Sic. T. L p. 388. ("^) Paus. IIL 24. 5.

server que le culte de Minerve a été certainement connu en Grèce longtemps avant les Dioscures.

de la Libye. L'origioe libyenne de Minerve , dont parlent Hérodote et quelc^ues autres, ne paroit pas mériter une plus grande attention. Hérodote , bien qu'il n'exclue pas Minerve des divinités dont les noms vinrent de l'Egypte en Grèce , est cependant de l'avis que Minerve avoit été adorée en Libye , dans le voisinage du lac Tritonis , avant l'arrivée des colonies grecques dans cette partie du monde, et il croit que les Grecs ont reçu des Libyens l'égide^ l'usage de faire entendre des vociférations dans les fêtes religieuses et les attelages de quatre chevaux (' ^^) 9 tandis que Pausanias croit que la couleur connue des yeux de Minerve (la déesse aux yeux pers) n'est autre chose que du vert marin , qui indique son origine de Neptune et du lac Tritonis, qui furent ses parents selon les Libyens (' ^ ')• Cette dernière explication , qui certainement n'est pas très naturelle , semble à pÀie mériter qu'on s'y arrête , surtout lorsqu'on se rappelle la grande variété d'explications qu'on a données de cette couleur des yeux de Minerve. Quant à l'égide, nous 'avons vu qu'on se servoit anciennement en Grèce de peaux de chèvre pour se mettre à couvert des traits de l'ennemi , aussi bien qu'en Libye. Mais d'ailleurs il suffit de faire observer qu'Hérodote parle des Libyens de son siècle , et qu'il avoue lui-même que les vierges qui

{'»«) Herod. IV. 180, 189. ef. ApoUod. I. 3. 6. Voyez encore le récit siagulier du monstre Égis, tué par Minerve, ce qui donna occasion à la Terre, sa mère, de faire naitre les Géants. Diod. Sic. T. I. p. 238 , 239 , 242 fin. , 243 in. Il suit ici en partie Dénys de Milet, qui puisa dans les écrits de Pronapide (cf. Diod. fr, 14. ex Libr. VU. (T. II. p. 640.}. cf. Tzetz. ad Lyc. 355.). Ces relations ne sont autre chose que de mauvaises imitations des anciennes traditions , mêlées d'explications euhémériques.

('**) Pans. I. 14. 5. cf. Herod. 1. 1. Eschyle a déjà ce récit de Torigine de Minerve de la Libye (£um« 288 sq.) , et on le retrouve fréquemment chez les poètes plus récents , p. e. chez Apollonius , IV. 1309 sq.

célébroient la fête de Hinerve étoient vêtues à la grecque , ce qui rend très probable que les femmes libyennes aient fiiit usage des cérémonies usitées à Gyrëne et dans les au^tres colonies grecques pour le culte d'une de leurs déesses qui leur sembloit avoir lé plus de rapport avec la Minerve des Grecs. Au reste je crois qu*il est très possible que les quadriges aient été inventés à Cyrène et que les Grecs aient adopté cet usage à l'exemple des Cyrénéens. S'il en est ainsi , je crois pouvoir en conclure quet la Minerve Hippia ne date que des siècles qui ont suivi l'établissement des colonies grec({ucs sur la côte d'Afrique. Il se peut aussi que l'origine de cet épithète dérive d^ cette particularité que la déesse jugée par les Africains être la même que Minerve étoit , selon eux , une fille de Neptune , qui chez les Grecs avoit inventé l'art de dompter les chevaux (»**).

de l'Egypte. Nous en sommes donc encore réduits à l'Egypte et à la Phénicie. On veut que Neith , déesse égyptienne , ait ét^ le prototype de Minerve , et on raconte que les filles de Danaû» firent bâtir un temple de Minerve dans rile de Rhodes , ce qui donna lieu à Amasis , roi d'Egypte , d'envoyer des présents à ce temple , comme originaire de l'Egypte ('**). On dit encore que Danaûs consacra un temple à la même déesse sur le mont Pontinus en Argolide('^*). Quant à ces relations, nous n'avons qu'à faire observer que , d'après les traditions des Rhodiens eux-mêmes. Minerve étoit déjà connue dans leur lie avant l'arrivée de Danaûs (^**) , si jamais cette arrivée

(ïaa) i^ scholiaste d'Homère (ad IL 0. 39 fin.) regarde le récit de la naissance de Minenre dans le Toisinage du lac Tritonis comme d'origine récente.

("3) Herod, II. 182. cf. ApoUod. II. 1. 4. (p. 83.). Strab. p. 967. C. Diod. Sic. T. I. p. 377 in.

("*) Paus. III. 36 fin. 37.2.

C^^) Diod. Sic. T. I. p. 375. Les Rhodiens et les Athéniens se disputoient Thonneur d'avoir offert les premiers des sacrifices à Minerve. Pind. Pyth. XII. Schol. Hom. II. B. 670. éd. Wassenb.

a eu . lieu .< Quant à l'id^tite de . Minerve avee Neith , ki > déesse tutélaire de Sais , il est très difficile d'en juger^. parceque nous oonnoissons à peine cette déesse ^gyptieiiAe« ChatnpoUion trouve , il est vrai , la ressemblance é frappante quil ne doute pas un moment que Minerve et Neith ne soient un seul personnage: mais aous : avons vu, dans notre examen des découvertes de ce savant par ^ rapport à la mythologie égyptienne ^ qu'il a'est pas même démontré que la déesse que.GhampoUioaap*; pelle une déesse de la guerre, et qui , à tout prendre -^^ n'est qu'une déesse tutélaire des princes ou des héros , s6it la même que Neith , tandis , que tout ce qu'il. ^oute de Neith , syipbole de la sagesse divine , inventrice dea arli^ et des sciences etc. ne se fonde que sur les expli6ati(mâ de Produs, qui certes ne pekvent pas avoir une grande autorité , où il est question des antiquités égyptiennes (' ^ ^)ir de U Pbéoieie, Nous avons vu avec quel droit 00 à cru avoir retrouvé Minerve dans la déesse de £al)ylone. Si Mi-; B^ve est d'origine étrangère , ce qui me pemble assez prôr bable, parceque les arts qu'elle àurvettlôit ne sôntpascexer-" ces d'abord par des nations ignorantes et barbares , .telles que nous connoissons les premiers habitants de la Grrèeé , si doqp Minerve est d'origine étrangète > je crois qu'il n'y. a aucun peuple de l'antiquité qui puisse s'attribuer avec, plus de droit l'honneur d'en avoir suggéré l'idée aiux Grecà^

que les Phéniciens. En effet, qneUe autre nation a surpasséî

,('3*) lels oTer ÇhampoHion, p, ^6 — 50. J^ ne crois pas qu'on m'accuse de né»ligence si je ne m'arrête pas ici à des preuves comme celle apportée [)ar M. Glaner, dans son Histoire àes premiers temps de la Grèce, que le nom grec Athéné n'est autre chose que le nom égyptien Neith ^ par transposition des lettres {Njjd-a, *jàd-fjv). Nous ferons bien , je crois , d'atte^idre le résultat des recherches actuelles sur la laug^ne ei l'antiquité égyptienne, ayant d'analyser des mots que nous ne savons pas même épeler et que nous ne oonnois* sons que par l'intermède des Grecs qui ordinairement n'estropipient pas moins les noms d'autres peuples que nos voisins n'estropient les nôtres. • •

1m PtiënicieB»^ toit dans l'art de tisser et de broder soit dans lia constmction des Taisseaux. Or ce sont jaste^ ment oes denx arts qui sont placés de* préférence sons la surreîllanoe de Minerve. Encore, des nations aussi barbares qoe celtes qui peuplèrent d'abord la Gtèoa , û*ifà auroient-eUes tiré l'idée d'une tléesse delà guerre. Aussi cette notion n'est*elle pas la notion primitive et essentielle» Minerve est la déesse de l'adresse , de l'habileté , des t»* lents, dans Texercice des arts et des métiers. Je eroia donc que les Phéniciens, qui sans doute auront été les premiers à faire connaître aux Greos l'art 3e tisser , de broder et de ooiistruiffe des vaisseaux , leur auront appris en même temps le culte de la déesse qui , chez eux , président à l'exercice do ces mêmes arts; et, comme il dut paroltre très naturel d'attribuer k la même déesse ioutesJes inventions^ utiles , et par conséquent aussi celle de se prémunir oo»* tre Vattaque des bêtes féroces (^^^) et en général tout ce qtA appartient à l'art. militaire, on conçoit comment la déesse*des arts a pu devenir une divinilé guerrière, etcom» ment à la fin- une déesse à peiue. connue <des habitants de^ Sidout et. de Tyr a|^ devenir , séus^ les makis des Crreos.; cette divinité sublime et humaine qui., scn^passe autant les> objets du cidtéxleB PMaiciens efedeemitnes peuples de> FanlîqQité que le christianisme. surpasse* le polythéisme déa 6rees> : Or, pour nous- eonvakicfe que le&néfltniions qu'on vient de fire ne-sontpas entiècieâientJsansïfondiMnent, o» n'a qu'à se rappeler que Minerve est appelée quelquefois , même par les Grecs , Oàca{^^^) , nom qui , d'après les interprètes du poète chez le quel on trouve ce titre »

C^) Il est eoi Affet remarquable que U prin<^ipale arme de Minerv^e est une. arme défensiTe, et que chea le» Gr4)c&il était beaucoup plus flétrissant pour les guerriers de jeter le bouclier qael» lauceu

(»»«) P. e* par Eschyle, VII. c Theh. 1.49, 486. te Pseudo- Sanehosiathoh fait mention d'une Minerve phénicienne, fiUe de Sft*> turne. Enseb. P. £. I. 10. p. 36. D.

^toit le nom qu'on donnoit à la même déesse en Phënide('*^), à qui Gadmus auroit consacré un autel et une statue (^♦°) , tandis qu'à Coi^tothie Mîûcrve portoit le nom de déesse Phénicienne (**').

f^*^> Scîiol. Msch. VIL c Theb. 149. ef. Sehol. Éur. Phoe», 1069. Il faut donc aussi lire 'Oyya , au lieu de JSiya , dans Ten* droit' de Pau^aniaâ (IX. 13. 2.) où çli^t atiteur allègue ee nom |ioor prouver que Gadmus yint de la Ph^DÎcie et non de TÉgJpte. Les savants veulent' fivUOhga oii Onca signiEe prbminens^ èxceUa\ à%çin^ imTHf^yirïÇ'^^ Tt^XHaq ^ fçvifC'TrrxtX't'^. V^yét^ lâ'rfè^le de Sijl^*

he^ au passage de Pausanias ^ où Ton peut .trouver ^^on^ 4*^^r^. témoignages à l'appui de ce que nous avançons ici. Selden^ qui. Veut dëdliire' Oiicâ d'A'staYte', avoué son ignorance sur la sigiimca^ ttoU de ce Tûôïy, tft'par^olt'^sezportéàd^ndi^ret^iefttîKtfordii'* naire de Pausanias, oudeJii^eau moins '^fjjETf^^.f^^NnrjqueÇ^vétiu^ donne à Beltis oii Astarte. Cependant ce savant circonspect ternllne ses conjecturés jfaf cres p'arbfes: Sed vèniam conjeèturOè' pètintuà' htic gcêpticf, parioks' qu^il fatidroft''^l^qtie' iéti^&titi^ mettre à la tête de recherches aussi difficiles et aussi obscures que celles dont nous nous occupons dans ce moment, deDis^Syr. p.^ 294—296. ('-^«') Pàus. it. 12. 2.

('*.') Tzetz. ad Lve. 658.. Lycophron appelle le pàllâdii^ri g) o*vmij &fà» US:. Millier (Orchom. pi 121.) veut que le nom Onca dérite du bourg béotien Oîk^e: mais le nom dé ce bourg ne peut-il pas avoir en la même origine que Tépithète de la déesse F'

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