‹ Histoire de la ColombieChapitre 19 sur 30 · JUILLET · texte numérisé non relu

JUILLET

« Âu ifOM VU Ddeu TODi^pf7n&AMT, N0V8, les reprësen-

tans des provinces unies de Caracas, Cumana, Varinas, Margarila, Barcelona , Merida et Truxillo, fomiant la confédération américaine da YenesiidU ^ au continent da sud , assemblés en congrès ]

« Considérant la pleine et entière possession de nos droits , que nous ayons justement et légalement recouvrés depuis le i9*aoùl iSio^parsinle desëflj^emensde Bayonne , et de l'occopation du trône d*£spagne , ducdk à la conquête , aînsi que par la succession dV^e nou- TcUe dynastie constituée sans notre consentement^ nous voulons , avant de faire usage de nos droits, dont nous avons été privés par force depuis plus de trois siècles [ faire connaître au monde les motifs qui , émanés de ces mêmes éTénemens , nous autorisent dans le libre usage ^ue nous sommes prêts à faire de notre souveraineté.

«Nous ne voulons point néanmoins commencer. par alléguer les droits, înhérens à toute contrée conquise , de recouvrer son état depropriélié et son indépendance : nous oublions généreusement cette longue série de maU benrs, d'injures et de privations , que cette conquête a Indistine^emênt causés à tous les descèndans de ceux

qui ont déconrerl, conquis , elkt premSerf citftlrëces

contrées , plongées dans une sitaatîon rendue pire par la cause qui aurait du les favoriser. £n jetaut un voile • sur lea trois cents ans de la dominationi espagnole en , • Âmëriqoe ^ nous voulons seulement avjonrd'lim offrir des faits autlientiques et bien connus , qui aunaient^A enlever à un monde sgn droit sur l'autre , à la suite du renTersement , du désordre , et de la coiiquét#, qui aY«ient d^ dissous la nation espagnole .

m Ce désordre a accru les malbeurs de FAmérique, en rendant vaines sa réclamation et ses remontrances j en mettant les goiv^emeurs espagnols en état d'insulter et d*opprimer cette partie de la nation , et en la lais^nC ainsi sans le secours et la garantie de la loi.

a 11 est contraire à Tordre , impossible au gouvernement de r^ppagne , et fatal au bien-être derAmérique, que celle-ci , qui possède une étendue de terre inûi^meut plu§ grande , et une population considérablement plus nombreuse, dépende et soit sujette d'uu coin péniosulaire du continent européen.

« Les cessions et les abdications faites à Bajonne, les vérolutions de rEscnrîal et d*Âranjues , et les ordres du substitut royal , le duc de Berg , envoyés en Amérique , sufûseut pour donner de la force aux droits que^ jusqu'^ ce moment» les Américains avaient sacrifiés à l'unité et à Vintégrité espagnole.

«Venezuela a été la première à reconnaître et défendre généreusement cette intégrité j à ne pas abandonner la cause de ses frères , aussi long-temps qn'dle a pu conserrer la moindre espérance de salut.

« L'Amérique a été appelée à une nouvelle existence depuis qu'elle a pu et dii prendre sur eUe-méme le soin de sa propre destinée et de sa défense, et l'Espagne de son c6té peut leeonnattre ou ne pas reconnaître les droits d'un roi qui a préféré sa propre existence à la dignité de la nation sur laquelle il régnait.

a Tons les Bourbons (de l'Espagne) ont concouru a rinvalide stipulationBeBayonnCy aliandonnë l'Espagne contre la volonté du peuple : Ils ont violé, dédaigné, foulé ayx pieds les devoirs sacrés qu'ils avalent contractés enfers les Espagnols des» deux Blondes, quand cenx-ci , aux dépens de lenr sang et de leurs trésors, les avalent placés sur le trône malgré la maison d'Autriche. Par une semhlable conduite ils ont perdu leurs titres , et se sont rendus incapables de gduTemèr un peuple libre qu'ils ont Ktré comme un troupeau d'es* claves.

« Les gouvememens intrus qui se sont arrogé la représentation nationale ont pris avantage des dispositions que la bonne foi , l'éloignement , l'oppression et rignoraûce «raient créées en Amérique contre la nouvelle dynastie entrée dé force en Espagne. En opposi* tion à leurs propres principes , ils ont soutenu pamd nous rillusion en fareur de Ferdinand; et cela |foQr nous, dérorer , nous accabler avec impunité : ils nous ont aussi promis la liberté , l'égalité , la IVaternité, par des diâcours pompeux et des phrases étudiées , et couvraient le piège en nous offrant une illusoire, inutile et dépendante représentation.

« Dès qu'ils eurent été dissous , et qu'on eut détruit

a68 HISTOIRE

parmi eux les dÎTeraes fonnes du goQfenieniem de

TEspagne j dès que l'impérieuse loi de la nécessité eut diclé à Yenesoela Turgenee de se sauver elle-même , pour oonserrer et maintenir le droit de son m, et offrir on asile k ses frères européens contre les malheurs qu» les menaçaient, leur première conduite a été divulguée^ ils ont changé de principes , et donné les noms d'In- •nmction de perfidie , et d'ingratitude aux mêmes actes qui ayaient servi de modèles aux gouTememens de TEspagne. La raison en est, que ces actes fermaient la porte au monopole de radministration, qu'ils se préparaient à perpétuer sous le nom d*un roi imaginaire.

«Sans égard à nos protestations, k notre modération, à notre générosité , à rinviolabilité de nos principes; et en opposition aux vœux de nos frères d'Europe , no^s avons été déclarés en état de rébellion; nous avons été bloqués; la guerte nous a été déclarée. Des agens ont été envoyés parmi nous pour nous exciter les uns contre les autres, et nous faire perdre notre crédit auprès des autres nations de TEurope , et l'on a imploré leur assistance pour nous opprimer.

« Sans qu'on ait pris la moindre connaissance de nos motifs , sans qu'ils aient été présentés à l'impartial jugement du monde , sans autres juges que nos propres^ ennemis, nous sommes condamnés à une douloureuse sépai alion d'avec nos frères : et , pour ajouter le mépris à la calomnie , des agens revêtus de pouvoirs sont nommés pour nous , contre notre volonté expresse , et ces agens , dans les cortès, disposent arbitrairement de nos intérêts soll> l'Iuiluence de nos ennemis.

«Dans le àuaein die rainer et si^frimer les effets de notre représentation, quand on a été obligé de nous Taccorder, nous avons été assujëtisà uno petite et cliétive échelle^ la forme d^ëleclion a été soumise à la Tcix passÎTe des corps municipaux dégradés parle despotisme des gonterneurs ; et cette conduite a été plutôt une insulte faite à noire franclilse , à notre bonne foî , qu'une considération de notre incontestable importance politique.

« Toujours sourds aux cris de justice que nous je* tiens, les gouTernemens de TEspagne ont tenté de dccrédîter tous nos efforts; ils ont déclaré criminelle , ils ont noté d'infamie, et puni de Téchafaud et de la cou- 6scation, cluupie entreprise faite k diyeraes périodes par des AmérÎQains pour le bonheur de leur patrie. Âu moyen de celte atroce politique, ils sont parvenus à rendre nos frères, insensibles à nos malheurs , à les armer contre nous , à e£focbr de leurs cœurs les douces impressions d*amitiéy de consanguinité, et ils ont changé en ennemis une partie de notre grande famille.

a Dans le temps que , iidèles à nos promesses ,* nous sacrifiions notre sAreté et notre dignité ciyile pour ne pas abandonner leè droits que nous ayioA généreusement conservés à Ferdinand de Bourbon , nous avons vu qu'à ses rapports forcés avec Fempereur des Français, il avait ajouté les liens du sang e^ de Vamitié; et déjà même les gouvernemens de TEspagne avaient dé* claré leur résolution de ne le reconnaître que con^trônnellement (i). '*

(i) <cll fut une époque où l'on snpposail que Ferdinand avait épousé aoe parente de Bonapapie. »

t70 HISTOIRE

« Penduit cette craeDe alternatiTe y nous eoBunes

demeurés trois aus dans un état d'indécision et d'ambiguïté politique * fatal et dangereux -, Il eût suffi seul pour %ptoriser la résolution que la fidélité à noe pro- * messes, et les liens de la firaternitë nous décidèrent k différer jusqu*à-ce que la nécessité nous eût obligés d'aller au delà de ce que nous nous étions d'abord proposé. Noos fûmes alors ponssés^par la conduite hostile et non naturelle des gouTernemens de l'Espagne , qui nous ont déchargés de notre serment conditionnel ; et c*est cette circonstance qui nous a appelés à l'auguste iqvésentatîon que nbus exer^nt aujourd'linî,

« Mais nous qui donnons pour bases à nos procédés de meilleurs principes , et ne prétendons pas établir notre félicité sur les malbeurs de nos semblables , nous considéfong et traitons comme «mis les oonqpagnons de notre sort, et voulons faire participer à notre félicité eeux qui , unis à nous par les liens du sang , du langage et de la religion , ont souffert les mêmes Infortunes' dans ûn ordre de choses antérieur. H suffît qu'ils reoonnaissênt noire absolue ùMpeodancê de cet ordre de choses , ou éfe tonte autre puissance quelle qu'elle soit; qu'ils nous aident de leurs yles , de leur fortune , de lem sentimensi nous les déclarons et les reconnaissonsi comme toute antre nation 9 ennenus pendant la guerre» «t pendant k pak amis , Mres et compatriotes.

« En conséquence de tous les motifs politiques, solides.et incontestables qui nous ontsi puissamment pressés de recouvrer notre dignité naturelle que l'ordre des érénemensnons a rendue^ conformément aux droits imr

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liregcnptîbles qu'om les nations de détfnfre font pacte,

accord ou association qui ne répondent pas aux desseins •jp^ur Itotpiiels les gouTemen^eng furent établis , nous croyons que nous ne pouvons ni ne éerons conserver les liens qui nous ont jusqu'à ce jour unis avec le gouyemement de TEspagne ; et que y comme toutes les autres nations du monde, nous sommes libres, et autorisés à ne dépendre d'aucune autorité que de la nôtre propre; à prendre, parmi les puissances de la terre, la place d'égalité que rÉtre-Supréme et la nature nous assignent , et à laquelle nous sommes appelés par la succession des éTénemenshumains pour notre bien et notre «kOité.

«Nouspréroyons, néanmoins, les diffienltésqninons attendent, et les obligations que doit nous imposer le rang que nous sommes près d'occuper dans l'ordre politique du monde; nous reconnaisspns la puissante fnr flnence des formes et des Habitudes auxquelles mallieureusement nous avons été accoutumés ; nous savons aussi qu'une )ionteuse soumission à ces formes et k ces liabitudes , quand nons pouvons les rejeter, serait pour nous plus ignominieuse et plus fatale à notre postérité que ne l'a été notre long et pénible esclavage , et que c'est un indispensable devoir de pourvoir à notre con- MTfation, k notre sûrelé , à notre bonbeur , en «ba»geantessentieUementtfMiteslesformes de notre ancienne constitution.

c Considérant que, paries motifs allégués ci-dessus, nous «Tons satisfait ap respect que nous dercms anx opinions de la race humaine et à la digmtë des antres na-

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