‹ Histoire de la ColombieChapitre 18 sur 30 · CHAPITRE XIII · texte numérisé non relu

CHAPITRE XIII

SiftnatioD générale.

Lseotm des aiiccès ne fut pbia ialmôiDp«« L'opiniâtre gouverneur de Garthagène , TorreSy

après six mois de siège depuis la reprise dem hostilités, capitula enfin le 5 octobre iSai , laissant la population de cette héroïque cité daus un épinsement presque égal à celui de la pre* mière reddition mais fièr^ de ses nôuivemM.

désa&tres, et transportée d'une joie vive et touchante àia vue do ses libi^tam : plnsisuni d*entre eux, uotammeut Montilia, qui les commandait- en chef ^ avaient souteén le .gloriens siège de i8i5. La ville de Gumana toiilba au pouvoir des républicains le j 5: du.nieme4nois : elle avait été aoMtwrtnent ôoeopée par leaEsf. paguols depuis rinvasionvle Mouteverde. Les garnisons de ceS'places, privées de l'appui dy

Oigitized

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habUans, s'élaient distinguées par tma grande

constance décourage; des conventions hono»

rables leur permirent de se transporter Tune à Cuba, l'autre à Porto Rico.

L'année se termina par une réunion de terri* toire non moins importante, et plus fawraUe encore à la cause nationale : la force de l'opinion suffit pour entraîner les provinces de Tisthme, jusqu'alors inébranlables dans leur soumission d'iiabitude à la métropole, et qui n'avaient connût de toute la révolution , que la folle entreprise de Mac Gregor deux années auparavant;. A Panama le a8 novembre, et sept jonra plus tardà Porto Bello, les citoyent, réunis sans troubles , insurgés sans haine, mais noblemeni; jaloux d\ine liberté conquiae par leurs compatriotes , déclarèrent aux autorités royales qu^'ils icessaient de les reconaaitre, et l'indépendance du pays fut aussitôt proclamée; Les ^E^spagnols , ne pouvant essayer aucune ré« aîstance^ s'embarquèrent pQi|r le Quito.

Cette dernière province , ainsi que celle du I^astp , qui iui ^$t . conûguë , étaient les ;^uies qu'oQL <9Ût i délivrer dana les conDcées méridio* naleSb Venoemi s'y trouvait nombreux, et bien appravisipnné. Im TesMx seimts du Quito ap* pelaient l'indépendance; mais Pasto la répons-

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^sftity et les deux pays, favorables à la défensm,

étaient périlleux pour Tattaque : les andes, par leur élévation, leurs embranchemms, leurs irrégularités, les entourent de fortifications inexpugnables. Néanmoins les Espagnols ne purent y soutenir avec avantage la campagne de 1822 ; ils avaient à combattre Bolivar et le général Sucre, l'un parti de Bogota , l'autre de Gnayaquil , où il s'était rendu par Esmeraldas, en suivant les côtes de l'ouest.

Le libérateur ne pouvait guère ajouter à sa gloire; mais une haute renommée s'attacha dès

. lors au' nom de son jeune lieutoqant : Sucre fit la conquête du Quito. Il entra dans la capitale de cette riche province le a5 mai, après une bataille mémorable, gagnée sur le vieux général Aymerich, au pied du volcan de Pichiricha. Les * garnisons espagnoles fiirent conduites àla 9a-^ vane aux frais de la république : telle était la clause d'une çapitulatipn oiferte par ic vain»

' queur lui-même , qui ajoutait'à son tjpompbe en honorant le courage.

De son côté Bolivar avait aussi; ïieiôii son expression, vaincu la nature et les hommes :

poussé -de rocher en rocke^f l'ennemi s^était renfermé dans Pas«o^ doift' on coiiwiebçMit le siège. Le commandant espagnol don Basilic

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Garcia , reconnaissant l'impossibilité de s'y défendre avec succès, veut sauver à cette ville la lionte et les maux d'une défaite ; il propose de capituler. Les habitans s'y refusent , et prëtendciit rester fidèles à la métropole. On allait poursuivre les hostilités, lorsque l'évéque de Popayan parvint à éclairer cette population sur ses propres intérêts, et elle se rendit, le 8 juin, . mais à condition qu'on ne lui ferait supporter aucune charge de guerre , et que chacun conserverait la faculté d'émigrer. Bolivar garantit sans peine ce qu'il aurait lui-même proposé.

Bientôt on crut voir les préventions et les craintes se dissiper dans l'esprit de la multitude ; les eréoles , qui faisaient partie de la |[ar* nison , demandèrent à passer sous les drapeaux de la république , et les habitans parurent s'honorer du titre de citoyens libres.

Cependant le peuple de Paslo^ jeune pour la révolution, se laissa circoiivenir par des moi-* nés séditieux, et, peu de mois après la réunion, affecta des regrets pour les lois de la métropole* Trompé sans doute dans ses vues ambitieuses, le même éivêque qui avait prêché la concorde, exerçait alors, touffe son influence pour provo-* quer la dissension et le meurtre. La garnison colombienne fut massacrée par la populace. A

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cette horrible^ nouvelle, qu'il reçoit dans le» premiers jours de mars iSaS, Bolivar se met

en marche de Popayan à la téte de cinq mille hommes; il surmonte dé nouveau, non sans, de grands périls, les obstacles que la nature a prodigués sur cette chaîne de montagnes; il atteint les rebelles ; il les combat, les poursuit jusque sous les murs de Pasto, et, pour la seconde fois, met le siège devant cette ville dé* loyale. Le guerrier avait résolu de punir la trahison; mais une multitude fanatique lui aupait-elle jamais pardonné Péloignemenf de quelques uns de ses prêtres? Homme d'état, ^ Bolivar conjura la guerre civile par un grand acte de clémence : une amnistie pleine, entière, générale, fit rentrer tout le pays dans l'union constitutiMneHe, et l'évéque de Popayan, ainsi vaincu par le libérateur, ne prêcha plus dès lors que ramoiùr de la république et Fobéissance à ses lois.

Une seule placé résistait encore dans toute l'étendue de la Colombie ; c'était Puerto Ca* beiio, toujours si fatale à l'indépendance par sa force militaire et par S6$ coipmimiications maritimes. Le général espagnol Morales, actif, courageux, intrépide, soldat féroce quand il succéda à Boves, lieutenant distinguié sousMo-

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rillo et Latorre, se montrait avide de renommé<^ depuis qu'il remplaçait ce dernier dans le oomraandenient en chef : Latorre avait été appelé à la capitainerie de Porto Hico peu après .ia mémorable bataille de Carabobo. Enflammé de l'espoir qu'il pourrait recueillir seul Thonneur de la pacification, pour laquelle il combattait depuis douze années, Morales , privé des ressources de ses deyanciers, prolongeait avec ta- . lenC une lutte inutile, ^désastreuse,. mais qui flattait son amour-propre.

Ilinquiétaitsanscesse,ilharcelaitles républicains, forcés d'entretenir plusieurs corps d'armée pour repousser se^ attaques ou pour sur-v veiller ses mouvemens ; il bIo([uait des ports , s'emparait brusquement de quelques places, et , bientôt contraint de les abandonner, il avait du moins protesté contre raffranchissement du soL Enfin , dans le mois de septevibre i 8m , il réussit à s'emparer de la ville de Maraoaibo, et la conserva pendant près d'un an* Il avait alors essayé de renouveler ces enrôlemenis du i8i4 qui ont rendu si affreusement célèbres les noms du nègre Palomo, de Rosette, de Pujr, de Bove^ déjà phisieUrs bandes de vagabonds désolaient les campagnes du Veueweia : le général Bermudez {>anrint promptement à les dissiper.

iQuant mx TÎtles, que Morales cherchS aussi à soulever, il ne put y trouver d'aliment pour la guerre civile.

La gloire d'avoir vaincu ce redoutable adversaire, après un grand nombre de combats et plusieurs sièges, est due particulièrement au générai Paez et au commodore Padilla, successeur deBrion. Les Espagnols ne furent définitivement chassés de Puerto Cabello qu'en novembre i8a3u II n'y avait plus à cette époque un seul ennemi à combattre sur le territoire de la Colombie.

Mais les armes de la république , illustrées sur un autre §ol, accomplissaient le serment de Bolivar en i8ao : « Je jure que nos projets

' embrasseront l'Amérique entière. » Ce peuple qu'on apercevait à peine sous le régime «olo-

baial , si long-temps malheureux dans ses efforts pour l'indépendance i^seul pendant dix années contre toutes les forces de la métropole, dédaigné du monde entier tant qu'il ne fut pas' victorieux:, s'élevait maintenant comm^ un phare protecteur au milieu de* vingt peuples désunis, ou encore esclaves : il leur montrait la concorde, la liberté; il leur o&aît son' exemple, son appui pour les conquérir.

San Martin, le héros de l'Amérique subéqua-

torialet aussi grand , moins heureux que le

héros du Venezuela , avait commencé l'éducation patriotique du Buenos-Ayres, du Chili, du Pérou; trop affligé des dissensions et des injus« tices qui sont si communes chez de jeunes nations, il résolut de confier à Bolivar Fachèvement de ses nobles desseins , qui d'ailleurs se liaient intimement à la politique du Libérateur, car il ne pouvait 7 avoir de sécurité pour per^ sonne tant qu'une armée espagnole foulerait le continent américain. D*après une entrevue que San Martin eut à Guayaquil avec le prési* dent de la Colombie, et de Taveu du Congrès de chaque pays, le général Sucre, alqrs vainqueur du Quito, se rendit à Lima à la téte de trois mille hommes. Bolivar , arrêté quelque temps par les affaires du Pasto, le rejoignit l'année suivante , en septembre 1 823 , avep un corps de troupes plus considérable, et. qui depuis s'est souvent augmenté.

Cette autre guerre de la liberté eut d'abord des chances diverses : les troubles intérieurs ajoutaient aux forces de l'ennemi. Mais le Congrès péruvien, plaçant le salùt commun au dessus des rivalités particulières, et pénétré de cette vérité que le d^^uement des peuples naît de leur enthousiasme pour les grandes re-

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nommées , remit enfin la dictature suprême au président de la 'république colombienne , et Fantiqué empire des Incas eut bientôt secoué le joug des oppresseurs. Son indépendance fut définitivement proclamée le 9 décembre iStk^^ sur le champ de bataille d'Ayacucho, ou six mille patriotes alliés, sous le commandement du général Sacre , restèrent vainqueurs * de dix mille royalistes. Rodil, le Morales du Pérou, ne se défendait plus que dans le Gailao , forteresse de Lima, qu'il retenait au mépris des traités (i). • . '

Bolivar retraçait ainsi les différentes situations du pays qu'il venait de délivrer :

« Péruviens, le temps est arrivé où je dois accomplir la promesse que je vous ai faite d'abdiquer la dictature le jour même où la vicaire aurait cimenté vos destinées. Le Congrès du Pérou s'assemblera le i o février prochain , anniversaire du jour où un décret m'investit de cette autorité suprême. C'est alors que je retournerai au sein de l'assemblée législative qui m'a honoré de sa confiance. Ces paroles ne sont pas vaines.

» Péruviens, votre pays a souffert.de grands

(1) Un^enaAtf dia«t^iiii*m(ionimenc«iD«nl d« iM,

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désastres militaires. Les troupes qui le gardaientoccupèrent les proyiaces libres du nord^ et fifcnt la guerre au Congrès. La marine cessa d'obéir au gouvernemeot. L'ex président Hiva Aguero , tour à tour usurpateur, rebelle et trai* tre , combattit contre sa patrie et contre vos alliés. Les troupes auxiliaires du Chili, par une déplorable défection, nous privèrent de leur secours. Celles de Buenos-Ayres, s'étant révoltées dans la place de Gallao contre leurs chefs, livrèrent cette forteresse à l'ennemi. Le président Toire-Tagle , en invitant les £spa<* gDols k occuper cette, capitale (Lima), acheva la desiruction du Pérou. La discorde, la misère^ le mécontentement, les intérêts personnels avaient étendu leur funeste influence dans chaque partie du pays. Le Pérou ne semblait plus exister. Tout était dissous.

» Ce fut dans ces terribles circonstances que le Congrès me nomma dictateur, poursauvev ses dernières espérances. La loyauté, la constance et la valeur de l'armée de Colombie ont achevé cette étonnante entreprise. Les Pédi* viens , pendant les fureurs de cette guerre civile, reconnurent le gouvernement légitime, et rendirent d'immenses services à leur patrie, tandis que les troupes qui les protégèrent se

coavrirent de gloire dans les champs de Juiiia et d'Ayacucho. Les factions dnt disparu pour toujours du sol péruvien. Cette capitale a recouwé pour toujours sa liberté. La place dA Callao est investie, et doit nous être liyrée dV près la capitulation.

» reviens, la paix a succédé à la guerrè, Tuniou à la discorde , l'ordre à Tanarchie , le bonhçur à la mauvaise fortune. Mais n'oubliez jamais, je vous en conjure, que vous devez ces avantages aux illustres vainqueurs d'Ayacucho.

» Péruviens, le jour où s'assemblera votre Congrès sera un jour de gloire ; ce sera le jour qiii couronnera tous les veaux de mon ambition. Ne me demandez plus rien. »

Cependant Bolivar, disputé aux Colombiens comme le seul homme de l'Amérique à qui la reconnaissance des peuples ne permît plus d'être libre, fut pour ainsi dire contraint de garder quelque temps encore 'le pouvoir suprême : les Péruviens voulaient aussi que le législateur garandt l'ouvrage du héros. De son côté le général Sucre, resté à la téte de ses phalanges indomptables, marcha sur le Haut-Pé^ rou, en chassa Fennemi, y proclama l'indépendance, et c'est là que, par une sorte d'hommage filial, les peuples consacr^^t leur naissance

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comme nation en donnant au pays le nom de ses libérateurs (i).

L'union républicaine, ainsi fondée par les armes, se fortifiait par des traités. Les États de Washington, le Mexique, le Guatimala,» le Pé-» rou, le Chili, le Buenos-Ayres, devenus les alliés respectif» de la Colombié, posaient déjà les bases de cet acte plus solennel, plus auguste, dans lequel tous les peuples de l'Amérique se garantiront à toujotm leur indépendance particulière et générale : le congrès de Panama , . idée noble et grmde du Libérateur, renouvellera dans le Nouvéau-Monde l'antique assemblée des Amphictyons. - . • .Mais ce dessein'd'une haute politique ne pou** vait s'accomplir qu'après raffranchissemeut to- • tal des contrées américaines, et Cuba, Porto- Rico, les îles Chiloë (2) , subissaient encore le joug espagnol, tandis que le Brésil restait soumisà un prince portugais (3). Aussi laColoAibie,

(i) Six provinces , réunissant environ un millipu d^habiians , et de'pen« dantes autrêfois tk Buenos-Ayres, formeiu U MâpHbUqua dà Bolitar. Sa capitale portera le nom de Sucre. ( i8a6. )

(s) L^archipal dm Chiloë, entièrenwDl dAÎTT^'dai» la* premicn «oi» de 1836, a an^enté la république du Chili dVnvîron cent mille habitant. Alors il n^y avait ))his un seul K»pagnol arme dans le contiiieni du sud ; maii le gouverDemeui de Madrui poruit des lorce» à Cuba al à Porto Rico, et meoaçail waàm» CarlhafèM.

(3) Vers la même e'poqiin (mai i8a6) Tempercur du Rrc'sil donnait une ^eonstitulion libérale ii ses peuples. Mai* le sénateur colombien qui, pau da lanap* avant la publication de cette Charte , ne voyait qu^une anomalie dam reuMenca d^im oAiia an milieu d« tau dlBlats libiea, m ponnaii-îl pa» dira

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coofttante dam la double tâche qu'elle s'était imposée y trop empressée peut-être dans son ièle continuait-elle d'armer pour affermir sa propre liberté par *la, conquête de l'indépendance g(énérale, en même temps qu'elle nëgocTait au dehors pour venger tout , un hémis- • phère des mépris du vieux continent. ^

Le roi d'Angleterre, chef d'une nation libre, s'est hautement proclamé Tallié de la République, et il a reçu ses ambassadeurs. D'antres monarques de l'Europe laissent ^ux besoins, du ooBuneroe a préparer les concessions d'une, politique surannée (i). Quant à l'Espagne, •humiliée, pauvre et divisée, au dessous d'ellemême depuis qu'en i8a3 elle s'est rendue au • pouvoir absolu et au despotisme monacal, désormais impuissante par les armes , arrivée au point de n'avoir plus que l'idiome castillan pour unique témoignage de sa domination au delà des mers, elle appelle en vain des secours étrangers contre ses prétendues colonies; un empire déchu ne compte point d'aUiés, et si la gloire espagnole, dès long-temps éteinte en Europe,

aajoardlini que la consliiatinn de don Pedro n^apporte qùhiM ttèfc 4»m la loUe du système r^ublicaio conlre le système monarchique?

(i) La reeonnaiaMnce. officidte de la Republique par TADgletcm «1 éa. s jauTier 1 8) 5. La HoUasda a ua uaM de commerce aTec la Gokuabia de> puis 1 8i4. La France et plusieurs antns monarckiat aai des agvM eaaaaer* ciaox accrédites auprès de la R^aibliqntw *

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doit renaître plus graode et plus piire« c'est aux lieux mêmes où Font portée ses premiers fon* dateurs î vaillans comme eux, mais magnanimeSt leurs fils honorent enfin la mémoire de

Colomb en élevant cette république ^léjà puissante 9 admirée de l'ancien monde, respectée dans le nouveau, dont elle est l'orgueil , dont elle tient les destinées.

£t c^est alors que la guerre de l'indépendance est portée au loin par l'illustre Libérateur, ce modèle si nouveau du véritable héroïsme, toujours fier du titre de citoyen , trop grand pour jalouser celui de maître, qu on voit la Colombie ,

..forte de ces institutions qui n'attachent point le salut d'un état à la fortune d*un homme, heureuse dans son intérieur, et recherchant les triomphes de la paix : l'instruction s'y répand dans toutes les classes; les mœurs s'épurent; les préjugés se dissipent; une noble émulation inspire les vertus publiques et privées; l'agriculture, le commerce, l'industrie, révèlent à tous les esprits

^ le secret de la puissance nationale. Ici tout commence sans doute, et rien encore n'appartient à l'histoire; mais partout se pressent et se dé« veloppent les germes d'une longue prospérité, que fécondent à l'envi les citoyens et le gouvernement, et ces riches contrées, naguère lè sol

xieresclavage, aujourd'hui la flonssaate patrie d'an peuple qui saurait défendre ea liberté comme il a su la conquérir, n'attendent plus de TEuTope que le bienfait de ses lumières.

Ainsi Rome appela les arts de la Grèce quand elle n^eutplus d'ennemis à vaincre (;).

(l) Diflcreniet circootlances avaient retarde la publication de ce livre, doat riinpre»ion ëlait terminée en décembre t8a5. ▲ cette époque les journaux firent entrevoir des changenent ou des d^doppanem procliaîiu dans le lystine politique de TAmérique du Sud, et Ton attendit encore , afin de fiiin excuser la icme'riic d'une hisloire oontomporaine par le mérite de Pà^propos. Mai» les cvéuemens n^ont amené aucun re&ultal majeur, et le congres de Panana, qnf promeltaH «nrtout de grande» pages à rhistoiref aemble ajonnid indeïinimeni : 1rs lenteurs et les dîJlcaltdi d« Sa téomtm a^apptrtiaiMMnt Oi* core qu'aux simples brochures.

La p^ode qne non» aTom retmde resta comi)Icte , et se prdMnia sons le jour qui lui convient.

Mais , en nous déterminant » publier celte histoire de la Colombie , nous de« vons mentionner respêce d^insnmeUoii ^ ^ient dWatcr dans le Vaneraeh contre la loi fondamentale du pays. Un gôieral illustre, Paex, comme A^il était fatigué d'une gloire sanstacbe, se montre Pimtrumml docile d'utie faction de /édêrulistes i la Colombie subit aui^si les erreurs du patriotisme. Ce diou- Tcnent ««que soutiennent de petites prAentions , qn^enveniment des jalousies et

des haines persoiiiiollos , ii'ri pourtant qne deux causes fort aisées à tleïruire : d^aberd l'élonuaule indilférence du Libmleiir, qui depuis trois ans abaudoune les hautes foocliotts dont Te revétn la patrie pour se rc|>oser dans une dictature étrangère; puis la neirligencc apportée à IVxeeution du décret de 1819, lequel ordonne qu'une ville capitale sera élevée entre les deux grandes diTisions ét la r^blique; de sorte que Bogota, restés le siège du gonTencBMOt, semble emAr ressaisi ses enciennes prérogaiiTcs, tandis que Cakmeaa, berceau de Unrvolulion , Se croit déshéritée de ses bienfaits.

L*intérèl national ne laissera pas se dévelopi>er le germe de dissolution qui menace rddifice commun. Que Bolivar, plus colombien qne citoyen du monde, revienne affermir ce qu'il a fondé, ou bien , héros aventureux après avoir «té grand homme, s'il adopte d'autres empires, que la présidence de l'Etat soit remise en del mains plus soigneuses de la chose publique, et le respect de la loi jurée désarmera les dissidens. Ils se rappelleront que la révolte des dis* tricts , la guerre civile et les ti'iomphes sanglans du despotisme sont nés de la

^Kfisioii fédérale , adoptée dans les premiers jours denndqwndance. Bdairé» par de si douloureux souvenirs, et bientôt solennellement assemblés dans la

ville qui doit transmettre à la postérité le nom du Libérateur, les Colombiens nltésiteronl sans doute pas à saluer d'un nouveau serment, d'un serment una«

nime, cette Constitution dont Punitécst la baie, que rex()érience a pour ainsi

d;re volée cnmmr la plîis favorable au pajs, et qui déjà lui a p r o cur é tant de

fui ce cl tant de gloire. (Juillet i8a6.)

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