ACTE DIPLOMATIQUE
LoASQVB le gouTernenent espagnol sollicite la mé* dîation des hautes puissances européennes /'à reffel de rétablir, à titre de réconcfliatîon , son autorité sur les
peuples libres et indëpendans de l'Amérique, ilconyîent de déclarer à la face du monde les sentimens e% la résolution duYenesuela; et quoi^ ces seutimens et celle résolution aient été manifestés par la répuUique dès le 5 juillet 1811, et plus particulièrement depuis les^ premiers indices des Intentions du cabinet de Madrid» tl est du deyotr du gouTemement, en qui céside la représentation nationale, de les réitérer et de les dédarer; légalement et solennellement j , C
Considérant que non seulement cette, déclaration franche et sincère est due aux hautes pu^Bsaisces en t^, moignage de considération et de respect, mab encoro indispensable pour calmer Tinquiétude des citoyens du Venezuela^
,^tant réunis en junte nationale^ le ooiiBeil d'état, ia haute cour de justice, le gouyemeur, le Yioaire génjéral dérévéché, Tétat major général, les autorilés civile^ et
milîtaircs , après avoir examiné atteutivemenl la confluile du gouvernement espagnol , il a ëlé reconnu :
I" Que l'idée d'une réconciliation cordiale n'est jamais entrée dans les vues du gouvernement espagnol j
2° Que, depuis les premières discordes, ila deux fois refusé la médiation de la Grande-Bretagne;
3** Qu'alors cju'on traitait de réconciliation il bloquait nos porls, envoyait des armées contre nous, et tramait des conspirations pour nous détruire j
4** Que le Venezuela s'étant soumis par une capitulalion solennellement jurée (en i8i 2), à peine eut-il déposé les armes, que le gouvernemenl espagnol en viola toutes les conditions, et sacrifia des milliers de citoyens dont il avait promis de respecter les droits j
5* Que , nous faisant une guerre d'extermination , sans respect ni pour le sexe , ni pour l'âge , ni pour le rang , il a rompu tout lien social, et excité une haine juste et implacable;
6° Que cette haine s'est augmentée par les atrocités qu'il a commises , et par la mauvaise foi dont il a constamment usé envers nous;
Que toute l'Amérique , et surtout le Venezuela , est intimement convaincue de l'impossibilité al)solue où se trouve l'Espagne de rétablir sou autorité sur le continent ;
8* Que l'Amérique connaît maintenant ses forces, ses moyens, les avantages naturels qu'elle possède, cl qu'il n'iy a pas sur 1.1 terre un pouvoir capable de la livrer de nouveau h l'Hspîigne ;
y" Que, lors même que ce pouvoir existerait, l'Amé-
riqae 08t rtiblne à përir plutôt que de se soumettre de vouTeau à un gouTernement de sang , de feu et d*eA-
lermînalion; '» •
lo** Que, possédant la liberté el riudépendance que la nature nous a données, et que leé lois même d'Espagne et les exemples de son liistoîre nous autorisant à recouvrer par les armes, ce serait on acte de démence de nôus soumettre au gouTcrnement espagnol à quelque condition que ce soit ;
Paf tontes ees considérations, lé gouvèl^nisment de Venezuela, interprète de la volonté nationale, a résolu de faire à la face du monde la déclaration suivante :
La répuUique de Venezuela, par droit divin et humain, est affirancliie de Fautorité de la nation espagnole, et est constituée en Etat indépendant, libre et souverain.
a** L'Espagne n'a point le droit de réclamer Tobéiss^ce k son autorité, ni l'Europe celui de la soumettre par force au gouremement espagnol j
3** Le Venezuela n'a point sollicité et ne sollicitera jamais son incorporation à la nation espagnole 1
4* U n'a point sollicité la médiation des antres puissances pour se réconcilier aTec l'Espagne ,
5° U ne traitera jamais avec TEspague, sinon d'égal k égal, en paix comme en guerre, ainsi que le font entre ^lles toutes les nations;
6* Le Venezuela ne désire point la médiation des puissances étrangères, si ce n'est pour qu'elles interposent leurs bons offices en faveur de rimmanîté^ en inritant FEspagne h conflnre un traité de paix et d'à*
a;C HISTOIRE
nutiëy à recoonaitre le YeneEuela poar vmm nÊS&onVànf^ indépendante et touTeraine; .
y® Enfin la république de Venezuela déclare que, depab le 19 arrîl 18 10, elle combat pour tes droks; qu'elle a répandu la plua grande partie du sang de aea fils j qa*dle a sacrifié ses biens, son repos^ et tont ce qut est cher et sacré aux hommes, pour recouvrer son indépendance telle que la nature la lui a donnée |
Qu'en conséquence, le peuple du Yenesnela est résolu k s'enserelir au milieu de ses ruines, quand même rEspagne, TEurope, le monde entier se réunirait pour la replacer sous le joug de la métropole.
Donné à Angostura le ao mmmbre 1818, bulUème année de l'indépendance.