‹ Histoire de la colonie française au CanadaChapitre 125 sur 182 · FORMATION DE PAROISSES · texte numérisé non relu

FORMATION DE PAROISSES

faisait des concessions de terres; sur son refus, ils pou* vaient en bâtir un, & acquérir par là le privilège exclusif de moudre les grains de la seigneurie. Mais la conftruc-

tion & Tentretien d'un moulin étaient alors une charge très-onéreuse ; & si Ton en juge par les termes de Tarrêt du Conseil souverain de Québec, du 20 juin 1667, les moulins en Canada coûtaient deux 8: même trois fois plus qu'en France, tant pour les conftruire, les réparer & les entretenir, que pour gager & nourrir les meuniers; & pourtant le prix de la mouture était le même que fixait la Coutume de Paris, savoir : la quatorzième partie des grains (1). Avant d*étabtir un moulin^ il fallait d^abord (■) Arrêts & rcgtrfaire venir de France, non-seulement les meules, mais "^^iç^** jç^^^'oujl^Jc"" encore tous lesinftrumcnts de fer & l'appareil nécessaire, î«Ï5,"^.3*g. " ainsi que les cordaî^es 8c les voiles ; ensuite faire conftruire le moulin; enfin, gager entretenir un meunier qui fût toujours prêt à moudre le grain des censitaires; comme il n'y avait d abord qu'un petit nombre d'habitants dans chaque seigneurie, il s'écoulait bien des années avant que le produit de la mcMiture pût suffire à l'entretien du meunier. En attendant, le seigneur était tenu de lui payer des gages; &, en outre, de faire réparer tout ce qui veniût à se détériorer dans le moulin. Il eft vrai que, par la suite, le priinlége d^un moulin banal poux ait devenir une source de revenu; mais ce n'était qu'après que le seigneur avait fait de grosses dépenses; & ces dépenses, d'abord excessives, eu égard au petit nombre des censitaires, persévéraient quelquefois les mêmes pendant bien des années.

Aussi, en accordant de petits fiefs nobles de deux cents arpents de terres à divers officiers militaires dans Ttle de Montréal, le Séminaire de Saint-Sulptce, pour ne pas leur imposer cette charge, avait ftipulé que ces ofiicim & leurs censitaires moudraient leurs grains aux moulins des seigneurs de rîle; & si M. de Queylus en avait usé différemment h l'égard du sieur La Salle, c'eft que le fief concédé a celui-ci était beaucoup plus considérable que TOMF. lu. a3

MOULUt DB LA CHINE,

m' PARTIE. LOUIS XIV.

les précédents, puisque La Salle > axait mis deux cents arpents de terre en commune, y avait tracé l'enceinte d'un village, & s'était encore réserv é quatre cent vingt arpents pour son domaine seigneurial. Mais ayant ncgiige d établir un moulin & même vendu son li^ à Jean Milot^ Tun des nouveaux habitants de cette côte, conune on Ta raconté, celui-ci proposa à M< de Queylus de Tautoriser à confiniire, à ses propres frais, un moulin A vent, à condition quHl en jouirait seul pendant dix années con^ sécutives; & qu'ensuite il le céderait aux seigneurs de iMontréal, moyennant trois mille livres tournois, pour le dédommager de ses avances. iM. de Queylus, qui ne cherchait que l'avantage des particuliers, accepta la proposition Si désigna remplacement, en ftipulant que le moulin serait de même matière & de même forme & hauteur que celui du Fort de Montréal. Les moulins que le Séniinaire avait fait conflruire étaient établis dans une tour en pierre qui pouvait servir de redoute> & ce fiit ainsi que Mibt 0) Grciïc de Ville çonflruisit le sien (i), qui coûta mille écus. Mais il se ïSVBiiïii'^'*' repentit bientôt de son entreprise, ^ mécontenta même les censitaires qui n'avaient pas toute la facilité désirable pour faire moudre leur blé. C'eft pourquoi le Séminaire, en \n.\ù de procurer l'avantage des habitants déjà établis dans ce lieu, consentit, le 2 novembre 1673, sur la demande expresse de Milol, à reprendic le moulin, moyennaiii la iomme qu'il avait dépensée pour le cons<^ (3)/MA,aoof«iii. tniire (*)

hrt 1673.

(•) Dans !• contrat dont nous parlons ici, il eft dît que les seigneurs consentent à cet accord pour faciliter la mouture des grains des habitants du lieu, & de ceux qui s'dtabliront au-dessus & au-dessous dudit village. Ceft que ce lieu était plus favorable qu^aucun autre aux cdlons qui ilJsiraicnt de trafiquer avec les sauvages; &, au fond, c'était moins l'agriculture que cette sorte de commerce qui les attirait pour la plupart. Parmi ceux qui allèrent «'y fiieren 1672, nous remarquons les sieurs Nicolas Boyer, Pierre Chedepots, Jean Grcnct. Magdcleine Vivier, dit La Douceur, Lamottc, George Alaii, Pierre Masaud, François Lenoir, dit Roland, qui s'y

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