‹ Histoire de la colonie française au CanadaChapitre 132 sur 182 · VILLEMARIE HAUTE-VILLE · texte numérisé non relu

VILLEMARIE HAUTE-VILLE

meacement tous les habitants étaient renfermés dans le Fort, & qu'ensuite ils sortirent de là & se bâtirent des maisons proche de rHôpital, parallèlement à la Commune qui était située entre ces maisons & le fleuve Saint-Laurent. Comme le terrain de la Commimc, protép;c par les canons du Fort, pouvait devenir un jour utile au commerce, les seigneurs s'étaient réservé le droit de le reprendre, quand le bien général l'exigerait, ët d'assigner alors un autre terrain pour commune. Plusieurs particuliers désirèrent, en effe^ de s'y conllruire des maisons, dès que les troupes furent arrivées en Canada, d'autres colons imitèrent cet exemple. Mais depuis longtemps on avait résolu de bâtir la ville sur la hauteur qui, par sa position naturelle, pou\ait faciliter avec plus d'avantage les moyens de se défendre en cas d'attaque ; & pour attirer les colons dans ce lieu, le Séminaire forma le dessein, de concert avec les habitants, d y conftruire l'église paroissiale, dont celle de l'Hôpital tenait toujours lieu en attendant. Enlin, comme plusieurs particuliers a\aient déjà pris des concessions de terrain sur la hauteur, pour s'y bâtir des maisons, M. DoUier de Casson, alors Supérieur du Séminaire, résolut de tracer les premières rues de la Vilte-Haute, afin que, dans ces conftruâionSfChacun suivît les alignements qui auraient été donnés. 11 se transporta donc sur les lieux, le 12 mars 1672, accompagné entre autres de Bénigne Basset, arpenteur & greffier de la justice on nous permettra de rapporter ici le détail de cette opération pour faire connaître les usages de ces premiers temps & i origine de la Ville-Haute de Villcmarie.

Sur la partie la plus élevée, il fit d'abord tracer la paEMtàRKsttijEsoEviL. grande rue, qu'il appela de Notre-Dame, à cause de "«««™^w«t réglise, qu'on avait dessein de conllruire vers le milieu de tatsMo»^. cette rue, & qui, selon le premier dessein de M. Olier & de tous les Associés de Montréal, devait être dédiée à Marie, Dame de Tîle & patronne des habitants. 11 fit partir cette rue d'un puits, qui avait appartenu à Gabriel Le

m* PARTIE. LOUIS XIV.

Sel dit Le Clos ou Du Clos, autrefois syndic, & la prolon* gca jusqu a un petit édifice, qui servait de reposoirpour les processions du Très-Saint Sacrement, situé à l'extrémité du coteau, où Ton avait conllruit un moulin servant de redoute. Ce coteau, comme on l'a dit, occupait le sol de la place appelée aujourd'hui d'Halousie. Sur chacune des deux lignes que devait suivre cette rue, Basset posa, de diftance en diftance, huit bornes, & mit sous chacune du mâchefer, avec une eftampille de pJomb, marquée aux armes du Sémin airo La rue Notre*Dame, alors la plus grande de Vilkmarie, ne devait cepcn^dant avoir que trente pieds de larc;eur; c'eft que, dans ces premiers temps, où 1 on se voyait dans la nécessité de clore les villes & les \ illages, on ménageait ainsi le terrain, pour n'avoir pas une trop grande enceinte à garder. Aussi, M. Dollicr ne donna-t-il que dix-huit ou tout au plus vingt-quatre pieds aux autres rues. Ainsi, il fixa à dix-huit pieds la largeur de la rue Saint-Joseph, qui devait se trouver derrière le chœur de tIÈglise paroissiale projetée, & comme cette rue était déjà nommée de la sorte, il se contenta d'en marquer la largeur & d*en déterminer les alignements. 11 donna pareillement dix-huit pieds à une troisième rue, qu'il traça & qu'il nomma de Saint-Pierre, en l'honneur du Prince des Apôtres, patron de M. le baron de Fancamp, si généreux pour la fondation de Montréal. Il la fit partir de la rue Notre-Dame, Se aboutir à la rue de la Commune, qu'il appela alors rue i^ai/ii Paul, du nom de l'Apôtre des Gentils, patron de M. de Maison^ neuve, Tinfirument de la Providence dans la fondation du pays. Parallèlement à la rue Notre-Dame, il en traça une autre, qui commençait à la rue du Calvaire, & se terminait à une autre qu'il appela de Saint-Charles, comme nous allons le dire, 8c cette quatrième rue, il la nomma de Saint- Jacques, patron de M, Olier. Tne cinquième rue parallèle à celle de Saint Pierre & pareillement de dix-huit pieds de largeur, il la nomma de Saint-Z^ rançois, en l'honneur de son propre patron, & la lit passer le long du jar-

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