‹ Histoire de la colonie française au CanadaChapitre 136 sur 182 · KVX, T ES HOMMES NUI · texte numérisé non relu

KVX, T ES HOMMES NUI

uBLEk A LA coLOHiB. dliommcs honiietcs relimeux. il se trouvait parmi eux de.s libcrUiis qui dcvaieiU eUc luneiles au pays; ^ il était difficile qu'il en fût autrement, puisqu'on y fit passer à la fois jusqu'à trois cents & même cinq cents hommes. Cétait la judicieuse remarque de la Mère de Tlncarnation : « Il « eil vrai, dit-elle, qu*il vient ici beaucoup de monde de « France, & que le pays se peuple considérablement. Mais « parmi les honnêtes gens il en vient d'autres de l un ik « de l'autre sexe, qui causent beaucoup de scandales. Il « aurait été bien plus avantageux à cette nouvelle Église a d'avoir peu d'habitants Se de bons chrétiens, que d'en a avoir un si grand nombre qui nous causent tant de trou- (0 Letir«»dc Mîiric a bles (i). » Déjà, en 1UL14, uu la pupuiauon s'était consi-

?« 8r^b«'i6^; dérablement accrue à Québec & dans les environs, on

p. «4*! ' ressentait les effets de ce trifte mélange. L'un des sauvages

ayant fait les derniers outrages à une honnête femme de nie d'Orléans, il fut saisi Sl condamné à être pendu. Mais les chefs de ces barbares firent observer dans leur défense, par Nicolas Marsolet, interprète, que la jeunesse Française (i) Arrcis & règle- '^^^ taisait pas moins ; 8^ comme cette allégation devait

menti du Coiu«ii sou- ctrc malheureusement fondée, le Conseil souverain finit

««fa.QMébec,i855, absoudrc le coupable (2).

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pLU'iEURs ^LDÀTâ DU Lcs troupci raiiçaiscs qui unis ei euLl année suivante portèrent Tatteinte la plus funeile aux bonnes mœurs. Pour prévenir ce mal, il eût fallu choisir les soldats & les officiers, comme on Tavait fait autrefois pour Villemarie; mais en envoyant le régiment de Carignan dans son entier, sans dinin<flion d'hommes, on devait semer fit on sema en elfet l'ivraie parmi le bon grain. Quelques-uns des chefs militaires furent même un grand sujet de scandale, surtout dans la colonie de Montréal, qui ne comprit jamais mieux qu alors i immense ë.: irréparable perte qu'elle avait laite par le renvoi de iM. de Maisonncuve en France, t.elui qui tint sa place dans le gouvernement donna en effet des

KÉCIMENT DE CAVII- CNAM NUMtBLGS AUX ■ONKIt liOKUllI. LA

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exemples étranges d injuflicc, de dureté, & même de scélératesse, qui firent le plus hideux contrafte avec la conduite toujours irréprochable, douce, cdiliatite^ chrétienne de son prédécesseur. Nous voulons parler ici, non de M. Zacharie du Puy, nommé pour remplacer momentanément M. de Maisonneuve avant Tarrivée des troupes, nî de M. de Latnothe, qui eut aussi le commandement à Viilemarie, ni enfin de M. Pérot, qui ne vint que plus tard, mais du sieur de La Frédière, neveu de M. de Salières, & major du régiment de Cari^nan, qui, étant envoyé avec sa compagnie en garnison à Villerriaric, y commanda aux habitants au.ssi bien qu'aux soldats, à cause de Tétat de guerre où était alors le pays.

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Ciel homme, dcjà di.sgracic au ph\ sique par la perte muiTict chhnu; di: d un œil. cachait sous cet extérieur repou^.sa^t une ànic asservie aux passions les plus avilissantes, auxquelles il se mi uoi>. faisait un jeu de sacrifier non-seulement sa conscience, mais encore sa réputation & son honneur. Nous avons raconté qu'au mois de juillet 1G66 les habitants de Villcmarie avaient reçu ordre de M. de Tracy de fournir chacun trois journées de travail , pour contribuer ainsi de leur part à la conltruction de redoutes, qui devaient fortifier le pays contre les Iroquois. L'un des colons, nommé Claude Jaudoin , charpentier, se présenta pour accomplir Tordre intimé à tous; ^ après .ses trois journées voulut se retirer, afin d'aller serrer du blé qui était encore sur sa terre & qui ne pouvait souffrir de retard. La Frédière s'y opposa, il, abusant de son autorité, le retint malgré lui, prétendant qu'il n'y avait pas à Villemarie de plus habile charpentier pour ces sortes d'ouvrages. Cette allégation était fausse; & quoique Jaudoin lui nommât plusieurs autres ouvriers plus capables que lui^ & représentât que .son blé serait perdu s'il n'allait le recueillir, La Frédière l'obligea de traNaillcr à ces redoutes pendant dix-neut jours, sans lui donner aucun salaire pour le^ seize journées de surplus, malgré la grande gène de Jaudoin, qui lui

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(OGreilc de Ville-

marie. Archives judi- était parfaitement connue , ni sans le dédommager non «mi^ lie^." P*"* P*^"' son blé, qui fut perdu en partie (i).

sciLùiATEwe i>K L* Uoc conduitc si dure Si si injudc était inspirée à La '^^^^^ioni^KT^w ^^^'-^^^^^ P^r niorit détfllable , qui ne montre que trop la vérité de ces paroles déjà rapportées de M. Dollier, au sujet du départ de M. de Maisonneuve: « Nous tombâmes • aton dan^ d'autres mains; & de^niis les vices ont pris a ici racine êt accroissement, avec beaucoup d^autres mi- « sères auparavant inconnues. » Jaudoin avait épousé depuis peu une fille âgée de dix-neuf ans, arrivée récemment de France, 8c La Frédiére voulait le garder ainsi au travail, afin de le tenir éloigné de sa femme, pour laquelle ce misérable avait conçu la pins infâme passion. Ce qu'on a honte d'écrire, il ne craii^'nait pas d'aller se mettre en embuscade dans les lieux où il prévoyait qu elle aurait à passer, de se cacher la nuit Juni» un bois voisin pour la surprendre, & même de lui envoyer publiquement son tambour pour Tinviter à aller le trouver. Cet indigne commandant, voyant que, par Tarrivée iles troupes, dont les forines s'étaient gâtées en mer, les deux moulins de Villemarie, les seuls qu'il y eût alors, pouvaient difficilement moudre assez de grains pour suffire tout à la fois aux soldats & auXL habitants, osa bien, pour venir à bout de ses fins, profiter du besoin extrême où se trouvait alors cette jeune femme, & la réduire à manquer elle-même de farine, bi elle sV)bllinait davantage à se refuser à ses iniques désirs. Ce trille dénuûniciit jeta Jaudoin dans un bi violent excès de désespoir, que, s'étant d'abord séparé d'avec elle & étant ensuite allé en guerre dans Texpédition contre les Iroquois, il avait formé le dessein de déserter Tarmée fk de se donner à Tennemi; ce qui! eût fait, dit-il lui-même dans sa déclaration , si Pteu ne l'eût mieux comeillà. Il revint en effet à Villcmarie; 8c comme il avait une afiis^on sini'^^ G a.nc Je Ville- cèrc pour sa femme, Si qu'il sa^'ait tous les combats viomarie, iS sept. 1667. jents qu'cllc avait eus à soutenir, il se remit avec elle , 8c FWd^'**"*""*" ' *iî» lurent depuis très-unis (2). Enfin, par d",autres scm-

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