‹ Histoire de la colonie française au CanadaChapitre 145 sur 182 · MORT DE MADAME DE LA PELTERIE, 167I · texte numérisé non relu

MORT DE MADAME DE LA PELTERIE, 167I

était de le renvoyer dans la colonie. Nous avons vu qu'en 1671, il lui avait fait don de la seigneurie des Islets ^ de ses trois bourgs, qu'il érigea en baronnic, pour le récompenser de SCS services. I /année 1675, en considération des marques éclatantes de /.ùle et d'afTcction que M. Talon lui usait données en Canada, le Roi changea le nom des Isîets en celui d'OrsainpUle, 61 le titre de baronnie en celui de comté : voulant que M. Talon & tous ses successeurs, portassent le titre de comtes d'Orsainville, & jouissent de tous les honneurs, alors attachés à cette dignité. Il déclara même, par une clause expresse, que ce comté ne pourrait jamais être réuni au domaine de la couronne, pour quelque cause que ce fût; & que cette clause était même une condition, sans laquelle M. Talon n'aurait pas accepté cette grâce (i). Sans doute qu'il voulait l'attacher au (i) Pii^es & docu- Canada, par un motif d intérêt personnel qui pût l'attirer temire, de nouveau dans ce pays. Quoi qu'if en soit, M. Talon, *** ^ ^ qui craignait peut-être de se trouver en contact avec M. de , , , . Frontenac, ne repassa plus rOcéan, & le 5 du mois sui- tint. ~ compliment vant, M. Duchesneau fut enfin nommé pour aller occu- ^^^^^ r i<mnances ^

™«anW«»<'a'i iugemcnu. Québec,

per sa piacc {2), , ^

vin.

La perte que fit ainsi le Canada de M. Talon & de houtdf u^mMEDEiA M. de Courcelles avait été précédée d'une autre, vivement psitebie. sentie, surtout à Québec, dans la personne de madame de la Pelterie, décédée le 18 de novembre 1671 (3). Cette (3)Rciationdei072, vertueuse dame, retirée dans le Couvent des Ursulines de p* ^7- Québec, y exerça pendant dix-huit ans le modefle office de Jingère, à la grande édification de cette Communauté^ « L'esprit d'abaissement & d'humilité qui régnait dans son « cœur, rapporte l'auteur de la Relation de cetîe année, « lui rendait facile la pratique de toutes les vertus. Son « plaisir était de se voir dans les offices en apparence les « plus méprisables, de laver la vaisselle, de balayer la . « maison, & de rendre aux malades les derniers services : •1 ce qu'elle faisait avec tant de douceur, d'humilité de « charité, qu'elle ravissait tout le monde. Elle était en pos-

« session de prendre partout la dernière place> au chœur, « au réfeéloire, à la communion, & aux autres assemblées

« de la Communauté. Ces bas sentiments qu'elle avait c d'elle-même faisaient qu'elle parlait peu, Se jamais de soi, 0 sinon pour se confondre s'humilier. C'était lui faire « de la peine que de lui donner la qualité de fondatrice. « Hélas ! disait-elle alors, je ne suis qu une pauvre misé- « rable. qui n'ai fait qu'ofî'enser Dieu; 8c elle le croyait « ainsi, quoique devant Dieu sa conscience fût très-pure, « & que sa vie oflFrît un exemple continuel de vertu. Enfin, • son extérieur, quoique assez majefhieux, était humble : « il portait à Tamour de la modeftie, au recueillement inté- (i)R«i«tioiidei673, « rieur & à la dévotion (i). »

Le 12 du mois de novembre 1671, elle fut atteinte d'une pleurésie, 8c le quatorzième jour de sa maladie, elle fit son tefiament, auquel M. Talon, qui était encore à Québec . voulut se trouver présent , tant pour honorer madame de la Pelterie, que pour autoriser ses dernières volontés. Il serait dillicile d exprimer avec quelle dévotion Si quelle joie elle reçut les derniers sacrements. Le jour de sa mon, ayant demandé quel jour il était, & apprenant que c*était le mercredi : Dieu soit béni» dit^elle, ah! que je serab heureuse de mourir aujourd'hui! Ceft un jour defliné pour honorer saint Joseph. En effet, elle entra dans Tagonie en priant Dieu, 8c expira doucement deux heures après, sur les huit heures du soir, âgée de soixantehuit ans. Le lendemain de sa mort, on l'inhuma dans le chœur des Ursulines. 8c ses obsèques furent honorées de la présence de toutes les personnes considérables de la ville p.'âT"*""- & Je» «-'nvirons (2).

Six mois après, mourut la Mère Marie de Tlncama' ~ tion, sa chère compagne, (k la première Supérieure de ce Monaftère. L'esprit de Dieu, dont elle avait paru toute possédée, était la source de ce grand courage & de cette confiance inébranlable qui la firent passer en. Canada, pour y établir un Monaflère, & triompher de toutes les

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