ÉTABLISSEMENT DU PORT KATARAKOUK 1073. 47I
rakoui, qui pa^ la suite a donné naissance à Kingston, aujourd'hui Tune ^es villes épiscopales du Canada. Le motif dUntérét privé qui détermina M. de Frontenac à cette entreprise servit d'exemple & de prétexte à un grand nombre d'autres officiers du Roi, pour établir, plus tard, de semblables poilcs dans des pays plus éloignés encore; & toutes ces trilles expériences faisaient dire au ministre de la marine, dans une lettre de Tannée lySS, adressée à M. Duqucsnc, gouverneur général, 8l à M. Bigot, intendant : « Ce sont les di\ ers polies établis dans la colonie qui occasionnent les excédants énormes de dépenses. Ces sortes d^établissements se sont multipliés peu à peu, « toujours sous le prétexte du bien du commerce, ou de la nécessité de contenir quelque nation sauvage; car ceux qui les proposent ne manquent jamais de couvrir du voile de l'intérêt public les motifs d'intérêt particulier qui les font agir. Si dans les projets qu'on en présente, M il doit en coûter quelque chose au Roi, on le tait tou- « jours envisager comme une dépense modique ou « même passagère. Mais dans l'exécution cette dé- « pense ell tout d an coup fort considérable; elle de- R vient permanente & augmente enfin tous les ans; & « ce qu'il y a encore de plus fâcheux, c*eft que très- (0 Archtwt de i* « souvent ces poftes ne servent qtfà occasionner des Tiî^^du 7 )um "jwi I désordres (i). •»
xvn.
Les dépenses que M. de Frontenac avait faites pour «J««««««*iifm«le compte du Roi dans l'établissement de son Fort s'élevèrent à la somme de dix mille livres, belles auraient été incomparablement plus considérables, s'il eût dédommagé les habitants de leurs frais ik de leurs travaux. Car ils avaient été obligés de faire, à leurs propres dépens, deux cents, & d'autres trois cents lieues d'une navigation aussi pénible que périlleuse, d'exécuter les travaux nécessaires à la conftruction du Fort, de transporter dans leurs canots tous les objets que demandait cette entreprise; & toutes ces corvées très-onéreuses & jusqu'alors sans exemple
ET DES DlÇpl-NSKS (^UK H. DE FRONTENAC
472 m" PARTIE. LOUIS XIV.
(0 Archives de la d^ns la coloiiie firent murmurer en secret plusieurs de
habitants (•) (i).
Migcon. !.'> mai, àé'
curation de Qaudc interrompre ce qui concerne i:établisse-
xviri. ment de ce Fort, nous dirons ici que, l'année suivante 1 674, M. M nwHiTEiuc FAIT M. La Sallc passa en l'rance atîn d'en demander la sopMT Au*îttu « propriété au Roi, 8t lui présenta des lettres de M. de Fron- LAMixE. tenac qui, de son côté, sollicitait cette faveur pour son
(a) Mémoire pré- protcgc^ ainsi que des lettres, de noblesse (2). Quoique le flmmla^slut"-^ Roi eût vu avec quelque peine la. formation de cet étabUsfei.. 7 pages diin> sèment & eût même mis en délibération s'il était conve* premoii, p. 2. nabït de le laisser subsifler : toutefois, pour ne pas rendre inutiles les dépenses déjà faites, il consentit à ce que de- (3) Archives de la mandait M. de Frontenac (3). Il parait que dans la supdépÊchcs' l^^!!-4^6-" plique que La Salle présenta en son propre nom à la Cour, i3mai 1675/ il avait donné au nouveau Fort le nom de Frontenac, par reconnaissance pour son bienfaiteur, ce qui fut cause que dans les lettres de concession données a (lompiègne, le i3 mai 1675, le Fort fut en effet appelé de la sorte, d où il arriva même que le lac Ontario prit aussi le nom de lac Frontenac. Le Roi accorda au sieur La Salle la pro> priété & le gouvernement du nouveau Fort, ainsi que quatre lieues de terres adjacentes avec des îles & des islets. Les conditions proposées par celui-ci & agréées par la Cour furent qu il porterait en Canada au moins pour dix mille livres en argent ou en ett'ets, qu'il rembourserait pareille somme employée à la conltruction du l ort. le mettrait en état de dclense 8c y tiendrait à ses frais une garnison, au moins égale à celle du Fort deVillemarie. La Salle s'obligea de plus à y entretenir & a y faire subsifler
(*) Un prêtre du Séminaire de Saint-Sulpicc, M. Ségucnot, arrivé de France i\ Villcmaric, peu apr^ , i uyagc de Katarakoui, entendit les hahitants se plaindre ilc l'injultKc de ces corvées; c*';. quelques-uns U) Itid. i5 mai ^^ioutaient nicir.c que, s'il n\ avait pas eu alors un Gouverneur par- 1674» djciâratîon de ticttlier à Villcmarie, M. de Frontenac aurait impoié bien d'autres (.taude Bracour. corvdes aux habitants (4).
ÉTABLISSEMENT- DU FORT KATARAKOUt. 1673. iffi
à ses frais vingt hommes^ ij^ndant deux ans, pour ie défrichement des terres, à y bâtir une église dans les six premières années; en attendant, à 7 entretenir un prêtre ou un Religieux^ pour y adminiflrer les sacrements, jusqu*à ce que quelque autre particulier fût établi au-dessus du Lone-Saut, a> ce une concession semblable à la sienne. , , , w a
o ' [ I ) Archives de
Qu'enfin il y lormerait des villages pour rassembler h l'Empire. RegiiitedM faire vivre ensemble des Français & des sauvages, à qui «rrtt» do Con«eii, «r* il donnerait des concessions de terres pour s y établir (i). Rcgiare des insinua- Il lut aussi stipulé qu au bout de vingt ans, à compter de lion» do Comeîi «ou- Tannée 1676, le Roi pourrait disposer de toutes les terres mJÎTi.foK^y.' de ce fief, qui n'auraient pas été alors défrichées. Enfin, (3) Doctunem» mt le même jour, i3 mai, le Roi donna en outre les lettres ' " J"""]'
' ' ' niuniqut* pur M. de
de noblesse à M. La Salle, sur le rapport avantageux Monruffct, archives qui lui avait été fait de ses bonnes avions dàns le pays de 3j**Sî|jj5^'*^îJ^'ï' Canada (2). w. S9& 3o.
Au moyen de ce Fort, M. I-a Salle se promettait "«« dise colode faire, par le commerce avec les sauvages, un^ immense ""n^B**" ,*"*^le fortune; &: sa iamilie, qui desirait beaucoup son avance- N>.ur jamais uuuj» ment, lui procura les fonds nécessaires pour qu'il pût remplir les conditions auxquelles il, s'était engagé. Avec ces avances, il remboursa d'abord les dix mille livres, le looAobre suivant (3); & ayant été reçu le 12 par M. de ^^^^^S^ Frontenac au gouvernement du nouveau Fort (4), il y con- **f4)i>!l:umenttc«n. duisit des ouvriers, démolit la circonvallation de bois & muniqucs par m. ae en fit conftruîre une autre plus considérable, avec cinq bail ion s de pierres de taille. On voit par le compte de ses dépenses que, dans un temps, il avait avec lui quarantequatre hommes, dont Tun, le sieur de la Forets, n enu de Villemarie, était sergent ou major du Fort de Frontenac, en outre un lieutenant, un chirurgien, onze soldats & trois maçons qui, en 1677, travaillèrent pendant trois mois A la confiruâion du Fort (5). Mais il parait que la plupart de ( s ) MéoiaiM préces hommes n'étaient là qu*en passant & plutôt employés aux affaires du propriétaire qu'établis à Katarakoui. Du ' " moins, dans la revue du Fort que M. de Frontenac fit le
mut.
7 septembre 1677, il n'y troiaya^ outre le Gouverneur, le Major, deux Récollets, les Pères Louis & Luc & quelques autres, que quatre habitants : Curaitlon, Jean Michaud, Jacques de la Métairie & Mathurin Grégoire, dont deux
seulement avaient femme & enfants. Et ce qui montre que ce Fort fut moins une colnnie que !>a Salle avait promis d'établir qu'un simple comptoir de commerce, c'eft que, pour le conliruire & pour gager les hommes qui y résidaient, les entretenir & les nourrir, il dépensa moins de trente-cinq mille livres, ainsi qu'il paraît par un mémoire que sa famille présenta au Roi après la mort de La Salle, pour demander quelque dédommagement : toutes ces dé- (0 Mémoire pré- peDscs étant devenues inutiles (i), comme nous le dirons
•enté au Roi. Docu> t ntntÊ, éttt deto dé. » «"«e.
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