SERMON DE M. DE FÉMELON
d'improbation & toute cette scène indécente, dont le prédicateur était tout à la fois l'objet & le témoin, purent bien faire sur lui quelque impression pénible; du moins le brigadier des gardes de M. de Frontenac assura que M. de Fênelon avait changé de couleur en exposant ces dé- , ^ ^
•1 XV • . ^ m n v/^iii* (0 Archives de la
tails (t). Mais ce qui eit assuré, ceft que La Salle obtint mirine, v-> mai 1674. tout le succès qu'il s^était pronûs; car si plusieurs des as- ^JjjjJ"
siftants ne firent aucune réflexion particulière à ces paroles ^ ^ ,e ^^^j du prédicateur, d'autres, en plus grand nombre, jugèrent '674. Dédaratk» de qu'elles étaient une allusion aux corvées & aux charrois 0^^^^^* j*"m* ordonnés aux habitants Tannée précédente par M. de Duih^r. 7 mai. D&k- Frontenac, pour bâtir sua i ort de Katarakoui (*) (2). ^'Bcaul^JÎ*"''**
La Messe étant terminée, M. le Curé (3), en rentrant «aaamnttiiôiiitnrAnK dans la sacrifiie» rencontra M. de Fénelon, qui allait à son blâment m. de iè. confessionnal, & ne put s'empêcher de lui dire, avant ÏS«uiïrïi^!!ïS même d'avoir quitté sa chasuble : « En vérité, monsieur, dans bon skrvon. t vous êtes entré dans des détails qui m'ont fait bien de (3) Arciùvc» de u
1 • / N , ^ • j ,• , marine, ■SnMii^4.
« la pcme (4). » I es autres otnciers de I autel étaient tous ncciamtion de M.
aliectes de la même laçon, & M. Cavelier, l'un d eux, se ^"«-ot. rendit immédiatement a 1 Hôtel-Dicu pour rendre compte ig^^ D&laration de de cette scèiic a M. DoUier (5 Celui-ci craigaii a son tour M. Le Ber. qu^on n'appliquât la fin du sermon aux corvées oidon- ciarau^n de m. nées par M. de Frontenac Tannée précédente ; & voulant Ber. prévenir les suites de cette atiEûre, il envoya aussitôt M. Cavelier che? M. Le Ber, pour dire à celui-ci & à M. La Salle que la Communauté du Séminaire était entière» ment étrangère à ce sermon ; qu'elle n'en avait eu aucune communication avant que M. de Fénelon le prêchât, Si. qu'il les priait d en assurer M. de La N'auguère, pour qu'il pût informer lui-même M. de Frontenac de la vérité (6j. (6; md,, 2 moi.
Sdie.
f*) Demers, commandé apparemment pour ces corvées , &quî ne pouvait oublier le traitement injufle & cruel que lui avait fait subir le sieur de La Frcdiérc, Demers, entendant quelqu'un improuver r--) Hfia ,5 ma? ce diftcottfs, comme dirigé contre M. de Pronteiutc, répondit qu'au Déclaration de ciaudê contraire c'était un ton sermom {y).
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Mais pour donner là-dessus au Commandant une ccrtimde plus entière encore, M. Dollicr, quoique alité, résolut de se lever & de se transporter chez lui. Informé de cette résolution, M. de La Nauguère s'efforça de le prévenir &
entra d'abord au Séminaire, où il trouva M. Dollier, qui s'y était déjà rendu. Là, ils curent une longue conversation, pendant laquelle M. Dollier lui témoigna le déplaisir que tout le Séminaire avait de ce sermon, rassurant qu aucun des autres messieurs n'y avait contribué en rien, & (i) Archh-cs de la tant qu'il Serait Supérieur, M. de Fcnelon ne prêchemarine, a mai 1Ô74. rait plus à Villemarie (1). Enfin, l'après-midi, s'étant fait &SIrôéii.icn d! accompagner de M. Souart, il alla trouver M. de La Nau- M. dé u Mnwièic. guére & lui réitéra encore ce désaveu.
'"^ FéNELos puo. Le même jour, il alla aussi à la salle où les prêtres w!il*»Àni*Au»- Séminaire prenaient d'ordinaire leur récréation, & tira «nv A M. M mm- à part M. de Fénelon pour lui faire connaître le tort qu'il avait eu en parlant ainsi dans ces circonOances. l/autre protefta, foi d'homme d honneur de prêtre, qu'il n'avait (a) Archives de la pas eu intention de faire allusion à M. de I^Yontenac (2;, iVcîa™tioi»'"de*^ ^ donna aus^i les mêmes assurances a d autres de ses s^ie. confrères ; ajoutant qu^il avait voulu parler à tous ceux
qui étûent revêtus de Tautorité dans le pays, comme aux seigneurs de Montréal, à M. de La Nauguère, à M. Perrot, Gouverneur, aussi bien qu'aux autres; & que si le Gouverneur général eût été présent à son sermon, il n'aurait pas laissé d'entrer dans les mômes détails, la chose étant
(3) Archivw delà énoncée en général 8c très-bonne en soi (3); 8c qu'enfin
dwi£id«M*pêrRrt' ^^^^^ ''l^'' ''^ppli^l^-'^i'cnt à M, de Frontenac ce qu'il avait dit dans son sermon, lui faisaient plus d injure que lui, qui
(4) Jbid., 2 mai. n'avait parlé que d une manière générale (4). Après des Dédaratton de u assurances si formelles données à ses confrères dans l'intimité, on ne peut pas douter que telle n'ait été Tintention réelle de M. de Fénelon. Mais ces assurances mêmes montrent manifeftement que, malgré son zèle, son parfait détachement, son esprit de pauvreté ^ de sacrifice, & toutes les autres vertus qu'on admirait en lui, M. de Fé'