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Malgré leurs continuelles hofUlitcs, les Iroquois^ toujours semblables à eux-mêmes « ne laissaient pas d'envoyer de temps en temps des ambassadeurs, comme s'ils eussent désiré de faire la paix. Cette même année 1662, on en reçut quelques-uns, le 25 de mars, qu'on congédia, à la fin du même mois, avec des présents, pour les engager à ramener le P. Le Moyne & les autres Français encore détenus chez ces barbares. On demandait aussi qu'ils amenassent de petites filles sauvages, qui seraient élevées par les religieuses , qu'ils établissent le mai des conseils & un magasin à Villemarie, & on leur promettait que le P. Chaumonot serait présent aux pourparlers ( I ). Mais, quelque assurance qu'eussent donnée ces barbares d'accomplir leurs promesses, ils ne s'empressè- iW*, rent pas de les exécuter. « Le R. P. Le Moyne, qu'ik « avaient promis de ramener, écrivait, le 10 août de cette
lU. ' I
(1) Journal de* Jé«
2 11*^ PARTIE. LES CENT ASSOC. ET LA COMr. DE MONTRÉAL.
« année 1662, la Mère Marie de Tlncarnation, eft aussi tt captif parmi eux que les captifs eux-mêmes; & à pré- « sent on ne sait s^il ell mort ou vif. Au commencement « de Tété, on de leurs capitaines ramena un captif fran- « çais; on envoya à Québec ce capitaine, pour voir M. le « Gouverneur, qui reconnut à sa contenance & à celle de « ses gens qu'il y avait dans eux quelque fourberie cachée. <• Cela fit qu'on s'en défia & qu'oalcs traita avec réserve, M ce qu ils rcniarqucrent bien , K; fut cause qu ils s en « retournèreni assez méconlunts. Nous ne savons encore « ce qui eft arrivé au R. P. Le Moyne , ni à nos captifs « français^ non plus qu'au R. P. Mesnard, qui eft chez « les Outawais, avec lesquek il devait descendre dans nos « quartiers. Les Iroquois, qui en ont eu vent, se sont « cantonnés dans toutes les avenues, afin de tomber sur (1) uitrv oj% 10 , eux& d'enlever toutes leurs pelleteries (i). »
«tout tû6t, p. S69. ' * ^ ^
GASAcoirrii*iiAiit:v( I.E Garacontié, ce capitaine Iroquois, ami des Français, ». LE ■oYXE ET bit- Q^yQ nous avons vu ramener des captifs à Villemarie, s arreta a Agnie, en retournant a Onnontague, sa patrie. Dans son séjour à Agnié, il eut occasion d'y voir un crucifi.x, d'environ deux pieds de hauteur, que les sauvages de cette nation avaient enlevé, Tannée précédente, à Argen- . tenaï, dans Tile d*Orléans, quand ils y firent les dégâts que nous avons racontés. Sachant le respeâ que les FrançaL» portaient à de semblables images, Garaoontié n 'eut pas de repos, qu il n'eut retiré celle-ci des mnins des Agniers. L'ayant obtenue d'eux, au moven d un riche présent, il porta ce crucifix à Onnontagué, ^ le plaça honorablement sur l'autel de la petite chapelle, où tous les jours les cap-
(2j Relation de looj, tifs avaient la liberté de i»c réunir pour prier Dieu (2). 11 n'oublia pas de raconter aux siens le bon accueil quil avait reçu à Villemarie, & de se louer des présents qu'on lui avait faits, entre autres d'un beau collier de porcelaine, travaillé, disait-il, par les mains des Ursulines, toutes disposées à recevoir de petites filles sauvages à Québec, quand on voudrait leur en envoyer. Il ajoutait que, si les
4* GUERRE. CAPTIFS ItEMTOS. l663.
Onnontagués voulaient y aller eux-mêmes, ils troiu eraient encore d'îiutres filles saintes (c'étaient ainsi qu'ils nomnriaiciU Ic:^ 1 lo^piîalièrcs de Québec), qui les recevraient en leurs maladies, dans un grand hôpital bâti pour eux, & leur rendraient les mêmes services que les Hospitalières de ViUemarîe avaient prodigués tout récemment à. quelques-uns de leur nation (i). Enfin, Garacontié ménagea (ORdaiiond«io>3, si efficacement la délivrance des Français captifs, que dix- P* huit de ceux-ci obtinrent leur liberté, êc partirent d'Onnonta^é, accompagnés du P. Le Moyne, sous la conduite de vingt Iroquois de cette natioa, qui leur servirent de matelots.
ii ici uit diiii»-ilu d exprimer quels lurent les transports aiu«ivél orscAPTirs v de joie de ces captits, au sortir de la bourgade, qu'ils viu-m*»». avaient regardée jusqu'alors comme devant être leur tombeau; & surtout, lorsque, le dernier jour du mois d'août de de cette année 1662, ils aperçurent de loin Villemarie. L'un des canots, portant un pavillon blanc, en agne d'amitié, parut au-dessus du Saut Saint-Louis & annonça aux colons cette heureuse nouvelle, au bruit de plusieurs décharges de fusils. Ions les captifs débarquèrent aux acclamations des colons, qui leur donnèrent dc«; témoignages empressés de rallcction la plus vive; ^: unmcdialement ils se rendirent tous à I église paroissiale, pour rendre leurs aiftions de grâces à Dieu de leur délivrance (2), & (>} Relation 4e i64;2, témoigner à Marie leur reconnaissance de sa protection sur eux, car tous avaient ressenti les ciîcts à*une assistance tout extraordinaire, comme ils aimaient eux-mêmes à le raconter, ainsi qu'on en voit le détail dans la relation déjà citée. « II y a quelque chose de bien merveilleux, « dans leur délivrance, disait le P. Lalemant, les uns « ayant évité les feux, les autres les naufrages, par l'as- « siilance sensible de Marie. Ce ne fut pas sans merveille, « qu*en descendant d'Onnontagué, pour tirer à Villemarie, * « Tun des canots avant versé au milieu d'un saut, deux « Français, qui étaient dedans, demeurèrent un temps
il) Relation Je i60j.
p. 14. Ih.
siiauSGA»ES AUt co
*• notable sous les eaux, sans être étoulfcs. Et ce qui eft
« plus admirable encore, c'efl que l'un d'eux vint paisi-
« blement a terre par le milieu des précipices , pendant
«, que Tautre faisait, du dos du canot renversé, un ora-
« toire, & consacrait ces torrents, par la prière qu^il adres-
" sait à Dieu & à la Sainte Vierge^ au milieu de leurs
« bouillons (i). »
Malgré tous ces pourparlers de paix, les Iroquois, tou* jours acharnés contre Villcmarie, attaquaient les colons, ÏÔnÎ." ~ tantôt à force ouverte en fondant sur eux, tantôt en se
cachant durant la nuit auprès des maisons, pour faire main basse sur ceux qui viendraient à franchir le seuil de leurs portes. Dans l une de ces rencontres, quinze ou seize Iroquois s'étant approchés de la maison de Sainte-Marie, durant la nuit, se mirent en embuscade tout auprès-. Le sieur de Lavigne, qui se leva cette nuit, comme sans dessein, eut la-pensée de regarder dehors par une croisée, &, les ayant aperçus, il en donna incontinent avis à ses compagnons d'armes. Tous se lèvent aussitôt, s'approchent des fenêtres san?; bruit , 8c voient au clair de la lune les Iroquois se cacher proche de la porte de la maison. Ayant eu toute la nuit à délibérer à se concerter entre eux, ils prirent si bien leurs mesure.-» que le lendemain ils inveflirenl tous ces barbares, Sl que, les ayant fait prisonniers dans ce lieu même, ils les conduisirent au Fort de Ville- (i) Hi« ire ju Mo ,;- marie pour les mettre aux fers {2) . Les Iroquois dressèrent une multitude de fois de ces sortes d embuscades noaurncs, à côté des maisons des particuliers; & c*était pour prévenir leurs surprises que M. de Maisonneuve avait ordonné, le 18 mars i658, comme on l a dit, que chacun se retirât, le soir, dans sa maison, dès que la cloche du Fort viendrait à sonner, ^ fermât aussitôt sa porte, avec défense de sortir la nuit, hors le cas d'une absolue nécessité.
MBi'^cADrsAL'iiATEL- Lcs Fillcs éc Saînt-Joseph , quoIque renfermées à
r<îa!, ]\tT M. Uollicr tlo Cu&i>on, lôôi » ii-0:
4* GOERltE. HOSTILITÉS. 1662.