TOME m
Jean Gervaise.
Urbain Tesster, dit Lavigne.
Jacques !.c Ikr.
Charles Le Moyne.
Jacques Mousnier, caporal.
Jacques RouUeau.
.Edienne Champeaii.
Francis Tardivel.
Antoine Brunet.
François Le boulanger.
Robert de Nuemance (Hollan-
dais>.
10* ESCOUADK
Jacques Teftard, dit Laforest,
caporal.
Charles Teftard, Jacques Millot.
Laurent Archambault.
Jacques Dufresne.
André Chaily, dit Saint-.\ngc.
Pierre Oagieneft, dit Lespine.
1 1* SSCOUAOB
Jacques Le Moyne, caporaL
Jean Quentin. ^ Julien Blois ou Benoilt.
Grégoire Simon.
Laurent Glorv.
Michel André, dit Saini-MichcL Guillaume Gtenet.
la* ESCOUADR
Louis Prudhomme, caporaL
Henri Pcrrin.
Hugues Picard, dit Lafortune.
Louis Chevallier.
Jacques Beauvais^ dit Saint'
James.
Jean des Carryes.
Jacques Mousseau, dit Lavio*
lette.
I HAtaONNCnVI
FAIT r.ABOER Sun ET JUUa LU HEDOUTE* iTAtUiS DAMS IM CMAMPI.
Ib 11" PARTIE. L£S CENT ASSOC. ET LA COMP. DE MONTRÉAL.
jugea qu'il était nécessaire encore de tenir en bon ordre les redoutes. condruites çà et là dans la campagne, et de
les faire garder nuit 8c jour par des hommes armés. Dans ce dessein, il donna la propriété de ces redoutes à des
habitants connus pour leur courage et leur valeur, qui comnicncèrcnt à y faire leur résidence ordinaire. Ainsi,
li'' i sr.oL AUi:
Mathurin Gu^cfj dit Laviokttc, caporal.
Jean Leduc.
François Roisnay.
Pierre Gagnicr.
Guiliaume Eftienne.
Pierre Piîîcnn. Laurent Bury.
14' KSCOUADB
! c sieur de Sailly, caporal.
Gilles Lauson.
Guillaume Gendron.
Jean Clicvnlicr.
Antoine Courtcmanche.
Pierre Tcssier.
Pierre Saulnier.
l5* ESCOUADE
Pierre de Lugerai, dit Desmoulins, capotMl.
Jean Lcnicrcher, dit Laroche.
Mathurin Langevin, dit Lacroix .
Simon Galbrun.
Michel Paroissien.
Pierre Chicouanne.
Antoine Renault.
Honoré Dasny, dit le Touran-
Rcau, caporal.
Mathurin Thibaudcau.
Jean Rcnouil.
Charles Ptolomet.
Mathurin Jouaneaux.
Michel Théodore, dit Gilles.
Jean Sceller.
17* ESœUADB
Nicolas Hubert, dit Lacroix, ca-
poral .
Pierre Lorrain, (.cuis Loisd.
Marin .Ijnn -t, .lit LachapeUc Mathurin Lorion.
Jean Chaperon.
Nicolas Milet, dit le Beauceron.
Jean Cicot, caporal, .Mathurin Joussct.
Jacques Reauchamps.
Klie Bcaujean.
Fiacre Ducharmc.
Simon Cardinal.
Jean Valliquctj caporal.
Urbain Getc.
Jacques DelaportC.
Piètre Gaudin.
Simon Despres.
Henc Fillasircau.
Lonis Guertin.
20* i5f:r)i Ani:
Descoulombtcrs, caporal.
Brossard.
Brunîer.
1 i-u'cr Hcbert.
Lav.iUcc, l^icrrc Cliaroo.
René Féxeret.
4*^ GUEARÈ. MlUCE DE LA SAINTE'FAMILLE. 'l663. 19
trois d'entre eux, qui s'étaient diUingués dans plusieurs faits d'armes, Urbain Tessier dit Lavigne, Jacques Ar^ chambault & François Bailly, eurent pour leur partage celle dite de Y Enfant Jésus, située à une des extrémités de la concession de Lavigne, & voisine du lieu appelé aujourd'hui la place d'Armes, comme il a été dit. Les trois propriétaires, ayant désire ensuite de se fixer ailleurs, substituèrent à leur place Jean Auger dit Baron, n qui ils donnèrent In propriété de la redoute, ^v, afin qu'il la tint en assurance cuuii e lc> incursions des Iroquois, lui imposèrent toutes les charges qu'ils avaient eux-mêmes acceptées. « Le sieur Baron sera tenu, a disent-ils dans l'ade de cette cession, a de la garder ou de la fieiire garder à « ses frais et dépens, incessamment, tant de jour que de « nuit, et cela de telle sorte qu'elle puisse être défendue « en cas d'attaque. Si la redoute ell prise, démolie ou « brûlée, il sera obligé de la rcconftruirc au même lieu, à « ses dépens, & il ne pourra la vendre ni la transporter ■ ailleurs, qu'au préalable il n'ait bâti sur la concession t qui est au bout de celle de Lavigne une maison qui soit « de défense contre les ennemis. » Au rcfte, la plupart des maisons que les colons conflruisaient pour leur usage étaient, ainsi qu'on Ta dit, comice autant de redoutes où Ton pouvait se défendre. Le 4 mars de cette année i663, ^ ^ .^^
le sieur Ducharme, voulant faire bâtir une maison, il fut mule, màrciïd entre ftipulé, dans le compromis entre lui et Tentrepreneur, Ntcoins mîici & Fiacre qu'elle serait conftruite avec des mâchicoulis ( 1) (*). Sw^f ™' '
xvit.
Pour 6ter aux Iroquois le moyen de s'approcher trop l*um m» «luantt m
LA tAUm'PAtttUM
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(*) On comprend assez qu'mi milieu de ces hollilitéi continucllcsj les colons pouvaient, chaque jour, être blessés ou tués, & û n'ell pas étonnant que, dans leurs contrats, ils prévissent les cas d'acrîdMts auxquels fis se voyaient exposes sans cesse. Nous avons sous les yeux Vadc de société, par lequel Jean Chevalier & Guillaume Pinchon s'unirent entre eux ; il y ell déclare : que, si l'un des deux r^. c^^.,^^ y-y^ vient à être Vk%U, i\ fera pansé & médicamenté aux liraii d«leur m^ric, acte de société, & que, si Pun tneurt, ses bieni appartiendront A 1 autre (a). 3o jimr. hî«i«
près des travailleurs, en se cachant dans les broussailles ou derrière les arbuÔes qu'on voyait çà et là, à côté des champs cultivés, qui n'avaient point encore de bornes ni de démarcations fixes, M. de Maisonneuve ordonna, le 14 juin de cette année i663, que Bénigne Basset mesurerait les terres de tous les particuliers, 6c poserait des bornes à chacune, afin que les h.ihitants, sachant l'éjtendue précise de leurs concessions respectives, fissent dispa- (i)Grcfle iic vulc- ruitrc tous les arbulk's qui s'y trouvaient i^O. Cette pré- ^^nm^'"'^'^'' caution était d'autant plus nécessaire que, le 12 mai précédent, v^Ue de la Pentecôte, une trpupe de quarante Iroquois, les uns d'Agnié & les autres d'Onneiout, profitant de la facilité de se cacher que leur donnait cette disposition des champs, fondirent à Timproviste sur les travailleurs. Poussant, selon leur coutume, un cri effroyable pour jeter la terreur dans l'esprit de ceux qu'ils attaquaient, ils tirent une décharge de fusils & saisirent deux de ces colons. L'un de ces capitfs, qui eut un œil crevé en cette rencontre, venait de s enrôler dans la milice de Irt Sainte-h amille, & il ne lut pas plus tôt saisi, qu élcvanl les mains au Ciel, il adressa à Marie une prière pleine de foi et de ferveur, la conjurant de ne pas permettre quHm des enfants de sa famille périt par le feu des Iroquois (*). Cette
(') Le P. Lalemant, dans la Relation de cette année, dit que cet homme s'était associé depuis peu à plusieurs autres. fiiinUles des plus dévotes & des plus exemplaires de N1nntré:i!. pour se mettre tous en- .. - semble sous la protection particuhcrc de la hanuc Famille de Jcsus,
(s)IU]atîoBdet6u3, Marieet Joseph (a). Cet écrivain nous a servi de guide,' dan s ce que p. 1^ nous avons dit sur le mcme sujet, dans la Vie de inaJenuyiscllc Mancc,
quoique nous eussions de la peine à comprendre comment 1 homme, dont il s*agit avait pu être reçu de la Sainte-Famille avant le 1 2 mai i663, attendu que cette confrérie ne fut établie pour les familles dévotes que le 3i juillet suivant, comme nous le dirons bientôt. Cell qu*alon nous ignorions encore que M. de Maisonneuve eût inftitué la milîoedtt même nom dès le mois de janvier précédent. Il faut donc conclure que cet homme était, non de la confrérie, mais bien de la milice de la Saintc-I- ainille ; & comme la confrérie prit naissance immédiatemcot après & se répandit partout en peu de teflips^le P. Laie* mant aufa confondu Tune avec l'autre.
4* GUERRE. MILICE DE LA SAINTE-FAMILLE. l663. 21
prière achevée, il se trouva rempli d'une parfaite confiance au secours de sa Protectrice, 8c se mit à suivre ses bourreaux aussi volontiers que s il eût été dans la compagnie de ses concitoyens. Le soir, lorsqu'on l'ctcndait sur la terre & qu'on le liait à des pieux par les pieds, les bras & le coi, pour reinpêcher de s^enfuir durant la nuit, il présentait aux sauvages ses mains & ses pieds & leur disait : • Les voilà, liez, serrez : Jésus>Qiri(l en a souffert pour « moi bien davantage, quand on Tétendit sur la croix; je « suis content de vous obéir, & d'imiter ainsi l'obéissance « que mon bon Maître a rendue à ses bourreaux. » Quoiqu'on fît à Villemaric beaucoup de prières pour lui, & que lui-même, par un elret de sa grande contiance, regardât sa délivrance comme assurée, il ne voyait cependant aucun moyen humain de s'échapper des mains des Iroquois. Ils le tenaient toujours également serré, et faisaient nuit & jour, autour de lui, une garde continuelle. Cependant, pour jouir plus tôt du plaisir cruel de brûler les deux captifis a petit feu, dans leur pays, ces barbares se séparèrent en deux bandes, qui se dirigèrent vcrs leurs villages respeâifs, par le plus court chemin, chacune emmenant avec elle l'un des deux prisonniers. Celui dont nous parlons était en la possession des Agniers, qui, étant en bien plus grand nombre que ceux d'Onneiout, lui laissaient moins d espérance de s'échapper; aussi n'y pensait-il pas, voyant que la chose était naturellement impossible, quoique pourtant il se confiât toujours à Tassillance de sa puissante Prote^rice; & sa confiance ne fut pas trompée.
l.:S AGMERS ATTAOUf's
rr BATrus paii des Ataowi/miM,
Des Algonquins chrétiens de la Mission de Sillery, qui s'étaient retirés au cœur de Québec (i), dans le Fort conftruit par M. d'Aillebouft, appelé depuis Fort des AI- (OReUtwodoifiCS,
f^onquins (2\ avaient conçu, depuis quelques iours, le des- ^'J' „. . ^ ^ sein d aller tenter quelque coup contre les Iroquois. Apres 1(164. avoir remonté, au nombre de quarante, la rivière de Richelieu et être arrivés au lac Champlain, à peine s éiaient-
22 II* PARTIE. LES CENT ASSOC. KT LA COMT. DK MONTKKAL
ils mis en embuscade, qu'ils aperçoivent les Agnicrs, au milieu desquels était notre captif. Ils les suivent des yeux, remarquent leur gî:e, & prennent aussitôt la rc^dlution d'aller tomber sur eux, à Timprovifle, pendant la nuit. Ils s'approchent, en effet, à la faveur des ténèbres, environnent sans bruit le lieu où les ennemis étaient campés; mais, quelque précaution qu*ils prennent^ Vun des chefs Iroquoîs nommé le Fer, en grande réputation pour son courage & ses exploits, s'éveille soudain, donne Talarme à tous les siens, qui prennent à Tindant leurs armes, & sont aussi prêts à combattre que les assaillants. Aussitôt les Algonquins font brusquement sur les autres une décharge de fusils, puis, se précipitant Tépéc ^ la hache à la main, frappent à droite 8c à gauche. ^\ font couler le sang de tous côtés. An milieu de ce carnage, le chef des Algonquins reconnait dvuis la mclée le fameux le Fer, le saisit par sa grande chevelure, & veut l'obliger de se rendre; 1 autre résifle avec fierté & saisit à son tour par les cheveux son adversaire; mais^ comme il était prêt à lui porter le coup de ta mort, il elt prévenu par TAlgonquin, qui lui décharge sa hache sur la tête, si rudement, que Tlroquois tombe à terre, & sa mort fait prendre la fuite à tous ceux de sa nation,
i>t'uvBA.N,B DU mv- Pendant cette scène d'horreur, le milicien de la Sainte- MKCKcxvn'TïirM^ ^'î^nii'lc, étendu parterre, les pieds & les mains liés, n'attendait plus que le coup de la mort, & il allait le recevoir de la main d'un des Algonquins, qui frappait en aveugle, lorsqu'il s'écrie : « Je suis Français! » A ces mots on s'arrête, on se hâte de le délivrer; et à peine voit-il ses liens rompus que, se jetant à genoux sur la terre trempée du f ang ennemi, il rend à sa puissante Libératrice ses juftes avions de grâces. La protection du Ciel ne parut pas avec moins d'éclat sur les Algonquins. Quoiqu'ils eussent tué dix Iroqnois 8c fait trois prisonniers, ils ne perdirent pns un seul homme; et, ce qui cû plus extraordinaire encore, .aucun d eux ne reçut la moindre blessure dans ce furieux