‹ Histoire de la colonie française au CanadaChapitre 39 sur 182 · LES PUÊTIBS DB VIL- I.BMAUB ET LA COM · texte numérisé non relu

LES PUÊTIBS DB VIL- I.BMAUB ET LA COM

M. D'aVAUGOUR hT MM. DE MONTRÉAL. t662. 3j

(r^AnnitetdelYlA'

« cela comme aurait pu le faire un fervent novice (i). » ^;' ^ pW

* ^ ' ^ par là Sœur Mona.

Les prêtres du Sénùnaire de Villemeriey «jui, à m. d'avaugour nu

l'exemple de TÉvêque & des Jésuites, défendaient à leurs paroissiens la traite des liqueurs fortes, furent aussi Tobjet du ressentiment de M. d'Avaugour. C était apparemment wewwwiioirraéAi, pour les en punir qu'en 1662 il voulut, par le moyen du Conseil qu'il avait établi à Qucbec, lever une taxe sur les denrées qu'on leur envoyait de France sur les autres effets nécessaires à leur entrelien, en exigeant qu'ils payassent un prétendu droit de deux, sous par livre* M. de Laval, choqué d^une mesure si arbitraire & si odieuse^ qu*on aurait pu étendre bientôt à tout le clergé, s'en plaignit à M. d'Avaugour lui-même. En vertu des lettres du Roi données à Fontainebleau le 24 mai de Tannée précédente 1661 (2), ce prélat aurait dû avoir entrée & voix (j) Archives jc vardélibérative au Conseil de Québec ; mais il paraît que, le ;^r5'„'';/;i,.^766,'' Gouverneur l avant composé de personnes toutes dispo- cnregian^c le Kp> sées à entrer dans ses propres vues, l'Évêque s abstenait 'cmbrc suivant, de paraître aux séances. Il adressa donc au Gou\ erneur une requête, le i3 du mois de juin, pour se plaindre du tribut imposé aux prêtres de Villemarie. « Ce procédé, • qui n'a encore été pratiqué jusqu'à présent dans ce i pays, disût-il, eft injufte & contraire à tous les droits & « privilèges de l'Église ; À nous avons )ugé à propos de K vous demander Ja cassation des aâes qui ont été don- « nés sur ce sujet par le Conseil que vous avez établi (3). i> (3i Archives de rar- Nous ignorons le résultat de cette démarche; mais tout ciicvccUc Je Q.uébec.

' ^ ol. A, p. 30, i3 jtiin

porte à croire qu elle dut avoir son effet, ou qu'au moins ,66a. elle fut l'occasion d un édit rendu par le Roi le 24 décembre de l année suivante eu faveur non-seulement des Ecclésiafliques, mais de tous les colons en général. 11 défendit de rien exiger, ni en argent, ni en espèces, sur les boissons & les autres denrées, sous peine de concussion & d*être contraint à la reftitution des sommes ou des den- 1, Archives <.lu s6rées extorquées de la sorte (4). Outre ce que nous venons î?'^ij**i„^^"ÎJ| de dire, M. d'Avati^our, ou par surprise, ou autrement, iC63.

suscita une querelle également injulle à la Compagnie de Montréal, en lui disputant la propriété du magasin qu'elle avait à Québec, ou plutôt en renouvelant ce qu'avait déjà fait M. de Lauson sur le même article. Celui-ci, comme on Ta raconté, attribua à CouiUard de Lespinay, son parent, un titre de concession pour une partie du terrain sur lequel ce magasin était bâti ; & M. d Avaugour, de , . „ . son côté, donna, par un autre titre, au sieur Pierre Nor-

wàuatioM du cojueil niand, taillandier, une portion de ce même terrain, quoi- Muverun. Reg. A, ^q^; depuis vingt-deux ans la (Compagnie de -Montréal hi/ji^ l^^ût possédé d'une manière confiante & publique (i;.

xn.

Jl. MC LAV4L VA «B Cependant les désordres occasionnés par la vente PLAiNDHE A LA . 01 » boissons enivrantes allaient toujours croissant, tant

DE I.A CONDUITE t>V , 11.1 .

oouvBkNBini. uu côté des Français que de celui des sauvages, malgré

le zèle des Jésuites pour en arrêter le cours. <■ Il y a « eu des conteflations très-p'andes sur ce sujet, rapporte « la Mère Marie de 1 Incarnation, 8: je ne parle de cette " affaire, qui m'oppresse le cœur plus que toutes les hofti- M lités des Iroquois, que parce que j'y vois la majellé de - « Dieu déshonorée, TÉglise méprisée, & les âmes en dan- « ger imminent de se perdre. Notre Prélat a pensé mourir a de douleur à ce sujet, & on le voit sécher sur pied. Les « afiaires étant en cette extrémité, il s'embarque pour « passer en France, afin de chercher les moyens de pour- « voir à ces désordres qui tirent après eux tant d'acd- 0 dents funelles. Je crois que, s'il ne peut venir à bout de « son dessein, il ne reviendra pas, ce qui serait une perte irréparable pour cette nouvelle l 'i^li^e pour tous les a pauvres Français. 11 se fait pauv re pour les a.-!»:5iller, & (2) Lcurc oj' is> u porte les niartjue.s ^v; le caraclcie d un saint (2). M. de aoAi i66i. p. 57i. L^yal partît, en clfet, pour la France le 12 du mois , , , , d'août 1662, avec le P. Ragueneau, par le bâtiment du

(.') Journal des iv

àùttt», ta aoAt 166;:. capitaine Poulet (3). xm.

IL ikc MAisoNM i VI Le mois suivant, M. de Maisonneuve dcsira d aller twAOTM iîlsci.^ lui-même en France pour représenter, de son côté, les

M. D^AVAUGOVR ET M. DB MAISONNEUVE. 1662. 3j

besoins de ia Colonie, toujours harcelée par les Iroquois; & il était plus capable que personne d'inspirer toute confiance à la Cour, & d'obtenir entin 1 envoi des troupes réglées que le Roi avait promises. Son intention était aussi d'engager la Compagnie de Montréal à exécuter la résolution qu'elle avait prise depuis l<M%teinps, de subflîtuer à sa place le Séminaire de Saint -Sul'pice; & mademoiselle Mance résolut de raccompagner dans ce long voyage, pour ménager^ de son côté, le succès de cette subftitution qu'elle avait grandement à cœur. Mais comme il crai{^nait que, durant son absence, les hoftilités des Iroquois n'obligeassent ks colons d'abandonner la culture de leurs terres, il donna à M. Du Puis, qu'il établit commandant en sa place, le même pouvoir de disposer des terres du domaine qu'il avait conféré autrefois au brave Glosse, son major, en semblable occasion. A cette fin, il rendit l'ordonnance suivante : « Étant obligé « de faire un voyage en France pour le secours de cette • habitation, où beaucoup de personnes ont le désir de a demeurer & de cultiver des terres ; & considérant que u c'eft le vrai moyen de procurer l'établissement solide « de ce lieu, à quoi nous désirons de contribuer de tout M notre possible, nous donnons poii\ oir à toute personne, « durant noire absence, de dclricher ou de faire défricher « des terres dans le domaine réservé pour MM. les sei- « gneurs de Montréal, suivant Tordre qui leur en sera fl donné, par écrit, par le sieur Zacharie Du Puis, que c nous établissons pour commandant en notre place, à « condition qu'ils jouiront de ces terres jusqu'à ce qu'on (' leur en ait donné une pareille quantité mise dans le « même état, sur les concessions qu'ils possèdent prcsen- « tement, ou sur celles qui leur seront délivrées dans la '< suite. » Cette ordonnance fut lue, publiée & alTichée le même jour, à l issue de ia messe paroissiale, par Bénigne j)t;iciic uc Mtmt- Basset, gr^fier des sdgneurs (i). î^?âr*"***

xtv

M. de Maisonneuve partit immédiatement pour Qué- «vrAucouft emps.

ciiK H. »E KAîsox. bec, où il arriva le lô seplL-mbre ii\ ce M. Souart 8c made-

j^vttDC r«Nw F-N j^(-,j<;^.n^ Mance; mais M. d Avaugour, qui peut-être prit ombrage de son voyage en France, l'enipeclia de passer outre. Il lui commanda de retourner à Villemarie, sous

{t) jouniri des Jé- prétexte dHnformer contre les auteurs d'une séditbn (i), «uiiea, i6Kpt. io6a. ^ aurait eu. lieu au mois de juillet précédent, au sujet ^ »5 »p*- d'un magasin public qu'on voulait y établir (2), comme

* *' le désiraient les agents de la grande Compagnie, afin

(?) Fmpiois du vi- d'alimenter par ce moyen le prix du caftor (3} ("j. Nous cornu; dArgenson, j^'^y^j^g frouver aucuue trace de cette mutinerie, ni

lettre du 5 sept. 1 Or», - i ^ '

à M. de Morangit, dans les acles de M. de Maisonneuve, ni au f;rcfTe de Villemarie, ni ailleurs, si ce n'eft dans le Journal des Jésuites, où elle efl mentionnée en passant. Q^o* il en soit, si elle eut lieu réellement, & qu'on dût informer contre les auteurs, il n'était pas nécessaire que M. de Maisonneuve renonçât pour cela à son voyage de France, puisque M. Du Puis, son lieutenant, qu'il avait établi commandant en sa place, aurait pu procéder lui-même à cette information. M. d'Avaugour fit plus encoie : M. Jacques le Her avait conduit M. de Maisonneuve dans sa barque, & arrivait ainsi à ( )uebec avec lui ; crai- • gnant apparemment qu'il ne partît aussi pour la France, i! le fit arrêter prisonnier, comme s'il eût été l'un des auteurs de la sédition, & ordonna uicuie de saisir ses biens. Ln traitement si étrange à Végard de M. le Ber, l'un des hommes les plus honorables de la Nouvelle-France, élu en 1660, par le suffrage de ses concitoyens, conseiller de Québec, & enfin Tordre abusif de saisir ses biens, peuvent

(*) « Notre pauvreté procède, en partie, de l'avilissement de la « traite, écrivait M. d'Argcnson. Il faut Mèsobment y remédier,

(41 Lctt.dcM.d'Ar- « ajoutait-il, 01 ublt^cant de faire Ja Imite en eominun (4). i> Ces genson, (61. 38. dernières paroles pourraient peut-être donner à penser que M. d'A- TMgour, chargé des intérêts mercantiles de la grande Compagnie, avait voulu de son chef en venir absolument à l*exécutk>n de ce dessein, en obligeant !es colcns f^. n/!"ptcr ce nouveau moJc de traite; ôk. qu'ayant éprouve de leur paî t uac julle rcsillance, il les accusait

pour «da de rébellion.

DÉSORDRES PUBLICS. 1662. Jg

jeter quelque doute sur la juftice du pnxédé de M. d'Avaugour en cette rencontre^ & donner à penser que le motif allégué par lui, pour les arrêter Tun & Tautre» n'était qu'un prétexte dont il voulut se servir pour colorer cet a&B arbitraire 8: violent. Néanmoim, M. de Maisonneuve renonça sur-lc champ à son voyage; il repartit même de Québec le lendemain de son arrivée (i\ & se sépara de (0 J^imni des jjmademoiselle Mancc, qui lit voile, le 20 du même mois, «rt. iC(52.

par le dernier vaisseau de cette année (2). icfo/***"* *** ******

Après le départ de M. de l^val, les désordres ocça- DtsoRDRM dak» la sionnés par la Irûte des boissons persévérèrent, & peut- couwi». être avec plus d^excès qu'auparavant (3). Les Jésuites de (3) Mariedeiinctr- Québec, voyant que le mépris de rexcoramunicatîon lan- T^'"""- ^^""^ cee par ce Pr^t commuait toujours, jugèrent à propos de la renouveler, mais il s'ensuivit peu d'amendement; ou plutôt, d'autres désordres, non moins détedables, déshonorèrent alors la Colonie. La nuit du 23 au 24 janvier i663, la maison d\in particulier de Québec lut ^ olce, &, pour couvrir son crime, le voleur osa bien y mettre le feu. Il fut saisi, convaincu <k condamne à la potence. Dans le même temps on découvrit d*autres vols, dont les auteurs, quoique convaiocns, furent cependant peu châtiés. Enfin, les moyens ordinaires ne suffisant pas pour faire reidier les coupables en eux-mêmes, on regarda généralement dans le pays comme un avertissement salutaire du Ciel un épouvantable tremblement de terre (4), qui fut plus '» J- urnal des puissant sur les consciences que ne Tavaienî été toutes les *""">i»"^foudres de TÉglise & toutes les menaces des prédicateurs, '

Ce qu'il faut considérer avant tout dans ce phéno- teemblembht de te«mène, quoique naturel, ce sont trois circonstances fort iî'c,*"*"*^!!!!^ extraordinaires, bien propres à établir dans tous tes esprits S»< ÉTENDUE, la conviélîon qu'elles 7 laissèrent, que Dieu ne Tavait or- . donné que pour opérer la conversion des cœurs, savdr : le temps que dura ce tremblement de terre; Tétendue de pays où il se fit sentir; enfin, la pioeeâion visible de Dieu

sur le$ sauvages & les Français, au milieu de ce désaltre. Il dura depuis le 5 février jusque dans les mois d*80ût & de septembre, quoique les secousses ne fussent pas toujours également rudes. £n certains endroits, le mouvement de la terre fut continuel pendant un temps considérable; dans d'autres, il se renouvelait d'ordinaire deux ou trois fois le jour, avec grande violence, surtout dans les pays plats. Quanta retendue de terres quil agita, il se fit bciitir depuis l îlc Percée &Gaspé, qui sont à rembouchure du fleuve Saint-Laurent, jusqu au delà de l'île de Montréal, comme ausû dans la Nouvelle-Angleterre, dans rÀcadie & en d*autres lieux fort éloignés. De sorte que la terre fut agitée, au même jour êc aii même moment, sur deux cents lieues de longueur & sur cent de largeur, ce qui fait une étendue de vin^t mille lieues en superficie. Enfin, la protei^ion visible de Dieu sur les habitants, au milieu de ce bouleversement, eft un fait aussi inconteÛablement démontré que la vérité du tremblement de terre lui-même.

PROTÊCTION Ut DItU « Pas un n'y a perdu la vie, écrivait cette même an-

« née le P. Lalemant (i) ; nous voyons proche de nous de I grandes ouvertures qui se soat faites, 9l une prodi- (0RetitMKidfti669. « gteuse étendue de pays toute dévaftée, sans que nous y « ayons perdu un eitfant, non pas même un cheveu de « nos têtes. Nous nous voyons environnés de bouleverse- « ments 8c de ruines, Se toutefois nous n'avons eu que « quelques cheminées démolies, pendant que les mon- (a)Reiauondc i6«>3, « tagncs d'alentour onl été abîmées : '2). « Ce que ce religieux attelle ici, la Mère de l lncarnation le conlirme dans sa lettre du 20 août i663 : « Un honnête homme de « nos amis, dit-elle, avait fait bfltir une maison, avec un « fort beau moulin; sur la pointe d'une roche de marbre : « la roche, dans une secouse, s^eft ouverte, & la maison « & le moulin ont été enfoncés dans l'abîme qui s'est « creusé; mais, ce qui eft admirable, parmi des débris si « étranges & si universels, nul n'a péri, ni même n'a

•mt LU DANS CB T«E)m,ENIirT DB

mon.

TREMBLEMENT DE TEERB. l663. 4I

• été blessé. Ceft une marque toute visible de la protec- I tion de Dieu sur son peuple, qui nous donne un jufte

• sujet de croire quil ne se fâche contre nous que pour a nous sauver. » M. Boucher, gouverneur des Trol ; Rivières, en rendait, de son côté, ce témoignage à Coibert, dans l'épître dédicatoire de son Hifïoirc naturelle de la Nouvelle-France, du 8 octobre de la mèjnc année : « Depuis environ trente ans que je suis dans ce pays, je « n'avais jamais rien vu de semblable à ce tremblement de « terre, qui a duré plus de sept mois; nous en avons eu « des atteintes aux Trois-Rivières, dès le conunencement; « mais Dieu nous a tellement conservés au milieu de ce « désalh'e, que pas une seule pérsonne n'en a reçu la

« moindre incommodité (i). » Il en fut de même à Ville- ^ ') véritable &

« * m »^ t -n j 1 naturelle de la Nou-

mane, où, comme on le voit par les regidres de la pa- vciu-France. raHi» roisse, il ne mourut personne depuis le 3 février, deux ><»H 'p-'*- ^P**** jours avant le tremblement de terre, jusqu'au 25 mai suivant,

xvm.

Ajoutons ijuc, pour disposer les esprits a reconnaître, signes «iui pA»tREjrr dans ce phénomène, un avertissement miséricordieux de ^ '"^'^ ^^^^ sa juitice, Dieu fit paraître auparavant des signes extraordinaires dans le ciel. Ce fiit la conduite qu*il tint autrefois sur les Juifs de Jérusalem, avant leur do-nièrc cataHrophe, comme Notre-Seigneur le leur avait prédit dans FÉvangile, 8c comme Thiftoricn Josèphe Ta montré en détail après l'événement (■2\. Pareiîlement, du temps des Mâcha- c*}J«««ipi> t>eBeilo bées, il avait donné aussi des sicnes avant-coureurs des

' cap» xii>

massacres dont Antiochus, le fléau de sa jullice, devait remplir Jérusalem ingrate & crinnuelle : « On vit pendant « quarante jours, de tous les points de cette ville, des t hommes à cheval, qui couraient dans les airs, richet ment vêtus & armés de lances, comme des troupes de « cavalerie; des chevaux, rangés par escadrons, qui cou- « nûent les uns contre les autres; des combattants qui en « venaient aux mains; des boucliers a^tés; une multitude « de gens armés de casques et d'épées nues; des dards

« lancés, d«s armes d*or écïncelantes & des cuirasses de « toute espèce; c'eft pourquoi, remarque rhifiorien sacré, t tous priaient Dieu que ces prodiges tournassent à leur

( I Dcuxicmc livre « avantage (i) • » Avant le tremblement de terre dont noitt tm^it^' parlons, on vit, en Canada, des signes extraordiiuiires qui tinrent aussi tous les esprits en suspens; & le P. Lalemant, entre autres, en parle ainsi dans sa relation de cette année, répandue bientôt après parmi les colons, qu il donne pour témoins oculaires de la plupart de ces signes. « Le ciel 8c la terre nous ont parlé bien des fois depuis « un an : c'était tm langage aimable & inconnu, qui nous « jetait en même temps dans la crainte & radmiraticm. « Le del a commencé par de beaux phénomènes : dès t rautomne dernier, nous avons vu des serpents embra- « sés, qui s'élançaient les uns dans les autres en forme « de caducée, 8c volaient par le milieu des airs, portés « sur des ailes de feu. Nous avons vu sur Québec un « grand plobe de flammes, qui faisait un assez beau jour « pendant la nuit, si les étincelles qu'il dardait de toutes « parts n eussent mêlé de irayeur le plaisir qu on prenait « à le voir. Ce même météore apparut sur Montréal, mais c il semblait sortir du sein 'de k lune, avec un bruit qui c égalait cdui des canons ou des tonnerres; & s'étant promené en Tair, fut se perdre enfin derrière la mon- « tagne dont cette àe porte le nom. Le 7 de janvier suivant, une vapeur presque imperceptible s'éleva du fleuve, fk, frappée des premiers rayons du soleil, devint transparente; de sorte, néanmoins, qu'elle avait assez de corps pour soutenir deux parhélies, qui parurent aux deux côtés de cet altre. Ainsi I on vit, en même temps, comme trois soleils rangés sur ime ligne parallèle à Thorizon, éloignés les uns des autres en apparence de quelques toises, & cbaotti avec son iiis, dont les couleurs, variant A chaque inihuit, tantôt étaient sonMables à celles de rarc-en-ctel^ &.tantôt d'un blanc lumineux, comme s 'il y avait eu un grand feu derrière. Ce spedlaclc dura dknnt heures entières; il recommença le 14, mais fut moins sensible ce jour-là.

Uiyuizeo by GoOglc

TREMBLEMENT DE TERRE. l663. 43

Outre ces signes & d autres encore, on demeura per- CONNAISSANCE DUTREU-

suadé que plusieurs personnes avaient eu une connais- «"""it « m« sance surnaturelle du tremblement de terre, qui arriva le 5 février suivant. On cite Texemple de deux femmes sauvages qui Fannoncèrent avant qu^il commençât (i). v0^i«tion<iei66?. L'une d'elles, très-bonne & excellente chrétienne, étant éveillée dans sa cabane, le troisième jour de février (*), entendit une voix dlftinde & articulée qui lui dit : Dans deux jours il doit arriver des choses bien étonnantes & merveilleuses; 8c le lendemain la même femme, étant dans la forêt, a\ ec sa sœur, pour faire sa provision journalière de bois, entendit la même voix qui lui dit diffinâement : I Ce sera demain, entre cinq & six heures du soir, que la terre sera agitée & tremblera d*une manière étonnante. • Elle rapporta ce qu'elle avait entendu à ceux de sa cabane, qui le prirent avec indifférence, comme un effet de son imagination; & cela avec d'autant plus de raison, que le temps fut assez calme ce jour-là, & encore plus le jour suivant, jusqu'au moment du tremblement de terre (2). (») Marie de rinear-

nâtlon, lett. 65«, ii ■ofrt i663, p. S75.

Parmi les 1 rançais, on cite le témoignante d une personne rccommandable & d'une vie irréprochable, qu*on croit être Marie de Tlncarnation, qui, ayant eu les mêmes pressentiments de ce qui arriva, s'en était ouverte, comme le remarque le P. Lalemant, à qui elle était obligée de le faire; c'eft de lui-même que parle ici ce Religieux. « Le i cinquième jour de février, jour du lundi gras, vers cinq « heures & demie du soir , elle se sentit porté*e à dcman- « der jufiice à Dieu contre les péchés qui se commettaient

Dans Tédition des Lettres de Marie de l'Incarnation, publiée A Paris, en 1696, il s'eQ glissé une omission dans la date de ce récit. An Utn de ces mots : Le troisième jour de cette année 1 663, on doit lire : Le troisième Jmr de férrier de cette année i663 ; la preuve en eft que, dans la même page 575, où l'on a fait de nouveau la même omission, on lit ces mots ; Le cinquième jour^/éte de sainte Agathe^ ce qai suppose manifeftement qu'il 8*8git du mots fiSvrier, cette Sttt tombant le cinqoîinie yo/ar de œ moia.

44 ir PARTIE. LES CENT ASSOC. ET LA COMP. DE MONTRÉAL.

« alors; & pendant qu'elle offrait ses prières, afin que la

« juftice ne fût pas sans miséricorde, elle eut une assu*

« rance certaine que Dieu était près de punir le pays pour

li les péchés qui s'y commettaient, surtout pour le mépris

<i qu'on y faisait des ordonnances de l Église. Quoique

« cette personne n'eût aucune vue de ce que pouvait être

«t ce châtiment, incontinent après, & peu Je temps avant

« que le tremblement arrivât, elle crut apercevoir quatre

« speâres effroyables, qui occupaient les quatre côtés des

« terres voisines de Québec, & les secouaient fortement,

• COTunes voulant tout renverser. U lui semblait même

« qu*i!s en fussent venus à bout, si un personnage d'une

« beauté admirable & d'une majefté ravissante, qu'elle vit

<r ai! milieu d'eux, & qui de temps en temps lâchait la

(I ) Marie de rincar- « bride à leur lureur, ne l'eût retenue lorsqu'ils étaient

îSrV * " P*^^"' ^^^^^ ^0- »

EFFETS DU TRKiiBL£- Au mêmc iuftant, c'était le 5 février i663, parconsé- «K^M TMMt A quent au coeur de rWver, le pays étant alors couvert de neige & toutes les rivières gelées, on entendit dans toute Tétendue du Canada un bruit sourd confus, quoique le temps fût parfaitement serein ; & ce bruit, assez semblable à celui du feu qui aurait pris aux maisons, en fit sortir tout le monde pour fuir un incendie si inopiné. Mais, au lieu d'apercevoir la fumée 8c la flamme, on fut bien surpris de v^oir les murailles se balancer, toutes les pierres se remuer, comme si elles se fussent détachées les unes des autres, & les toits s incliner d un coté, puis se renverser de 1 autre; d'entendre les cloches sonner d'elles-mêmes, les poutres, les soliveaux & les planches craquer en même temps ; de sentir enfin que la terre bondissait & faisait sautiller les pieux des palissades d'une étrange manière. Chacun sort • de chez soi, les animaux s'enfuient, les enfants pleurent dans les rues, les hommes & les femmes, saisis de frayeur, ne savent où se réfugier, pensant à tout moment devoir être ou accablés sous les ruines des maisons, ou ensevelis dans quelque abîme qui allait s'ouvrir sous leurs pieds.

TREMBLEMENT DE TERftE. l663. 45

Les uns, profternés à genoux sur la neige, crient miséricorde; les autres passent en prière le rcde de la nuit : car la terre continua d'être agitée d'un certain branle assez semblable à celui des navires sur mer.

xu.

\VTkn VPtTS DU TREMBLEMKNT DANS

Le désordre était bien plus grand encore dans les forets, où il semblait qu U y eût combat entre icb arbres. Non-seulement leurs branches se heurtaient ensemble, ^ wnkm. mais on eût dit que leurs troncs mêmes se détachaient de leurs places pour se jeter les uns sur les autres avec un fracas & un bouleversement qui firent dire aux sauvages que toute la forêt était ivre. La guerre semblait être même entre les montagnes, dont les unes se déracinaient pour se jeter sur les autres, laissant de grands abîmes aux lieux qu'elles quittaient, 'rantot elles enfonçaient leurs arbres bien avaiit dans la terre <k jusqu'à la cime, 8; tantôt elles enfouissaient les branches dans la terre, laissant paraître les racines en haut, en sorte qu'on ne voyait plus qu'une foret de troncs renversés.

Pendant cette confusion générale sur la terre, les glaces épaisses de cinq ou six pieds se fracassaient, sautant en morceaux; & sou^•ent, de ces glaces ainsi rompues, s'élevaient ou des fumées épaisses, ou des jets de sable & de boue qui montaient fort haut dans l'air. Les fontaines ne coulaient plus ou n'avaient que des eaux engoutlVces. Les riviùres ou quittaient leur lit, ou changeaient la couleur de leurs eaux, les unes devenant jaunes, les autres rouges, & le grand fleuve Saint-Laurent parut tout blanchâtre, pendant huit jours, jusque vers Tadoussac, prodige bien étonnant & capable de surprendre ceux qui sa\ ent la quantité d'eau que ce fleuve roule au-dessous de rile d'Orléans & ce qu'il fallait de matières pour les blanchir (i\ A cinq nu six lieues des Trois-Rivières, (i)Rciitiondei663, les crêtes de montagnes d une prodigieuse hauteurqui bordaient de part 8c d'autre le fleuve Saint-Laurent s abaissèrent jusqu au niveau de l eau, en sorte que ces deu.\

montagnes, avec toutes leurs forets ainsi déracinées &. renversées dans la rivière, y lornièreat une puissante digue qui obligea ce fleuve à changer de Ut

BFTETS DE Cl TIIEltBLE-

MCNT AUX MALIN» MTItm.

« Si la terre nous donnait tant d'alarmes^ dit la Mère « Marie de riocamation» le ciel ne nous en donnait pas « moins, tant par les hurlements & les clameurs qui c retentissaient en Tair que par des voix articulées qui « donnaient de la frayeur à tout le monde. L'on entendait « des bruits tantôt comme de canons, tantôt comme de « tonnerre. On a vu dans Tnir un feu en tomic d homme « qui jetait des flammes par la bouche, Ton a vu des (i) Marie de rinctr- « spedres épouvantables 't\ " Le P. Lalemant ajoute,

nation, lettre 65-, , i..» i, ...J

P de son cote : L on a vu Ue.s luntomes Uc leu portant des

• flambeaux en main. L'on a vu des piques & des lances « de feu voltiger, & des brandons allumés se glisser sur « nos maisons, sans néanmoins iaire d'autre mal que de t Jeter la frayeur partout où ils paraissaient. On entendait « même comme des voix plaintives & languissantes se « lamenter pendant ie silence de la nuit, 8c, ce qui efl bien « rare, des marsouins blancs jeter de hauts cris devant « les Trois-Hivières, faisant retentir l'air de meuglements

(*) « L'on voit de nouveaux lacs, dit encore le P. Lalemant, lA

* <^ùi il n'y en avait Jainais eu. Certaines montagnes, que l'on voyait, « ne paraissent plus aujourd'hui ; plusieurs sauts sont aplanis, des « rivières ont disparu, la terre s*eft fendue en bien des eiidroits & a " cHU'crt des prtxipiccs iloiit on ne trouve point le fond. Vers la baie « dite de Saint-Paul, il^- avait une petite montagnej sur le bord du I fleuve^ d'un quart de lieue on environ de tour, elle s*efl abtmée; & « «omme si elle n^At dit que plonger, elle cl\ rcssortie du fond de € l*cau pour se changer en isict. & faire d'un lieu tout bordé « d'ccut'ils, comme il ctait auparavant, un havre d'assurance contre c toutes sortes de vents. Et plus bas, vers la pointe aux Allumettes, « une foret entière, s'érant détachce Je la terre ferme, s'ell glissée dans « le rieuvc, elle lait voir de grands arbres droits & verdoyants qui < ont pris naissance dans l'eau du jour au lendemain. Enfin il s'ell « fait une teîle confusion, qu'on voit à présent des campagnes de plus (s)IlfiUUon de iCo?, • mille arpents tout unies, &. comme si elles avaient été laboup> S. • Têts fraîchement, là où auparavant il n*y avait que des fbvéts (2). »

TREMBLEMENT DE TERRE. l663/ 47

« pitoyables; & soit que ce fussent de vrais marsouins « ou des vaches marines, comme quelques-uns l'ont

« ertimé, une chose si extraordinaire ne pouvait pas arri- « ver d une cause commune (i;. » Ceft ce qui lait dire à ^)Rebitioa4ei6(iJ. la Mère Marie de Tlncarnation : « Comme les démons se p- 4- • mêlent quelquelois aux clFets naturels, on a facilement I cru qu'ils se sont mêlés dans ce tremblement de terre « pour accroître les frayeurs que la nature agitée devait « nous causer (2). » Remarque pleine de sagesse & de (t)Mutodtrutafsolidité, puisque les esprits de ténèbres^ que saint Paul jJ^'^^Jn'appelle pas sans raison les puissances de Vair (3), peu- (3)Ep;tre«iisephé' vent, par la permission de Dieu, user de leur pouvoir »»««•, ch. u,v. a. naturel sur les choses matérielles pour nuire à l'homme ainsi que le montre l'hifloire des épreuves du saint homme Job ^4). Dans ce sens, ils peuvent exciter des tempêtes 8c (4);ob,cb.ï, faire tomber le {eu du ciel; les prières de l'Église supposent certainement en eux ce pouvoir (5). Bénedi^!!?.

xxui.

On fut si effrayé à Québec, au moment où la terre w*» Qu^ner» m» trembla, et à la première secousse qui dura près d'une

, , * ' , ■ DLSMENT DE TERBK.

demi-heure, que Ion crut être à la veille du jugement de Dieu, h en voir déjà les signes effrayants. Cet accident si

inopiné, dans un temps où les jeunes gens se préparaient à passer le carnaval dans des excès, fut un coup de tonnerre, ou plutôt ce lut un coup de la iniséricorde de Dieu sur tout le pays 6;. On courut aussitôt aux églises, (6) Lciirc* de u qui ne désemplirent pas ni le jour ni la nuit, les contes- m*«<*«ï'*»<m»««'«b, seurs étant sans cesse occupés à entendre les pénitents; car^ sur les huit heures du soir, le tremblement de terre recommença, flc se renouvela deux fois dans l'espace d'une heure. Enfin, le concours des pénitents aux confessionnaux dura depuis la nuit du 5 février jusqu^au milieu du mois suivant fy', les secousses continuant tou- (7) Journal des Jéjours. quoique avec inégalité entre elles. « Parmi toutes ^^"^ a ces terreurs, on ne savait à quoi tout aboutirait; quand « nous nous trouvions à la fin de la journée, dit Marie « de i iacarnation, nous nous mettiuub dans la disposition

OkAMk KOMBHB DE

oniviiitiioNa.

« d*être ensevelies durant la nuit dans quelque abîme ; & « le jour étant venu, nous attendions la mort continucl- « lement, ne voyant pas un moment assure à notre vie. - « mal ne nous quittait que pour fondre sur nous de « nouveau : à peine avions-nous eu le loisir de faire « réflexion sur le malheur qui nous avait menacés, qu'il K nous surprenait tout d'un coup. En un tnot> on séchait « dans Tattente de quelque malheur universel. Un mois se « passa de la sorte, dans la crainte & dans incertitude « de ce qui devait arriver; mais enfin les mouvements (!) Marie ckiiiuar- « vinrent à diminuer, étant plus rares & moins violents, nation, lettre 68-, 18 à l'exceotion de deux ou trois qui furent très-forts (i). »

«oOt p. 5y2. ^ ^ '

,vr Ces fravcurs turent le nioven elficace dont Dieu se i/ocrARioN DUS servit pour exciter dans les pcciiciirs des sentiments de pénitence : Franijiais sauvages, fidèles 6». inliUcles, tous, à Québec, donnèrent aux Missionnaires les plus jufles sujets de consolation par la vivacité de leur repentir. « On ne saurait croire, rapporte la même Religieuse, le « grand nombre de conversions que Dieu a opérées, tant « du côté des infidèles qui ont embrassé la foi, que de la « part des chrétiens qui ont quitté leur mauvaise vie. En « même temps que Dieu ébranlait les montaî^ncs 8c les « rochers de marbre de ces contrées, on eût dit qu'il pre- «( nait plaisir à ébranler les consciences. Les jours de caru naval ont été changés en dc.s jours de pénitence 8c de « triftessc ; les prières publiques, les processions, les pèle- « rinages ont été continuels; les jeûnes au pain & à Teau, « fort fréquents; les confessions générales, plus sincères « qu'elles ne l'auraient été pendant l'extrémité des mala- « dies. Un seul Ecclésiaftique, qui gouverne la paroisse « de Chàteau-Richcr, nous a assurés qu'il a fait faire, lui " seul, plus de huit cents confessions générales. Je vous laisse à penser ce qu'ont dû faire les Ké\ érends Pères, » qui, jour et nuit, étaient dans les confessionnaux. Je ne " crois pas que, dans tout le pavs. il y ait eu un habitant « qui n ail lait, a celte occasion, une confession générale.

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tt On a vu des réconciliations admirables, les ennemis se

« mettant à genoux les uns devant les autres pour se

« demander pardon avec tant de douleur, qu*il était aisé

« de voir que ces changements étaient plutôt des coups

a du Ciel & de la miséricorde de Dieu que de sa juftice.

« Au Fort de Saint-François-Xavier, qui eft à un quart de

« lieu de la paroisse de Sillery, un soldat de la garnison,

« le plus abominable & le plus méchant homme dn monde,

« fut saisi d une frayeur si étrange lorsque le tremblement

K de terre commença, qu'il s écria devant tous ses cama-

«■ rades : « Qu'on ne cherche point d'autre cause de ce

« que vous voyez que moi; c'efl Dieu qui veut châtier

K mes crimes. » Il confessa ensuite tous ses péchés, avant

« même de faire sa confession à un prêtre; & Dieu a fait

« en lui une si heureuse & si entière conversion, que cet

« homme eil aujourd'hui un modèle de vertu (i) (*;. » ^oMaric de rinçai

Les sauvages Algonquins & les reftes des Hurons, anciens

habitants de Sillery retirés à Québec, ne furent pas moins

sensibles que les colons à ces avertissements du Ciel. Il

n'était pas nécessaire de les inviter à se confesser. Ils y

allaient d eux-mèmes, avec des sentiments qui donnaient

bien à connaître que la grâce parlait ù leurs cœurs.

Uég^ise était leur asile ordinaire, où ils se tenaient en

(*) On eut cependant la douleur de voir que ce ft«cas, quelque épouvantable qu'il eût paru, avait été trop doux encore pour porter dans le cœur d'un misérable colon l'horreur du mal, par la crainte des jugements de Dieu. Le 2ij mai, sur les neuf ou dix heurcsdu soir^ le sieur de Bcaulieu fut brûlé dans sa maison^ à Pile d'Orléans, avec un de ses domeniques. On crut d'abord que Finceniiic était arrivé par accident, & que l'un 6c l'autre étaient morts de cette sorte^ au milieu des flammes (a); mais btent<yt Ton reconnut qu'ik avaient été joumat des Jeassassinés par un valet qui, pour couvrir son crime, mit ensuite le agîtet^s^mai 166}. feu à la maison. Ce scélérat, ayant été saisi & convaincu, fut con* damné à avoir le poing coupé, à être pendu, & son corps jeté aux flammes; le gouverneur général, M. d'Avaugour, se contenta pourtant de la potence & de k fusillade (3). Mais ce fait particulier n'em- journal de« pécha pas que ce boulevmement ne fut très>aalataire« par le change- suites, ibid. ment général dans les mœurs qui s opéra à cette occasion.

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