‹ Histoire de la colonie française au CanadaChapitre 38 sur 182 · TOME m · texte numérisé non relu

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34 li*^ PARTIL. L£S CENT ASSOC. ET LA COMP. DE MONTRÉAL.

déclaration que M. de Maisoimeuve y avait faite, de défendre le commerce des boissons en vertu des pouvoirs

qu'il tenait du Roi, avait surtout blesse M. d'Avaugour, qui, en permettant ce même commerce, semblait opposer son autorité à celle du monarque. Aussi, étant monté ensuite à ViUcmarie, il s tniblia un jour jusqu'à dire à M. de iMaisonneuve qu il ne pensait pas que le Roi lui eût jamais donné aucun pouvoir. Surpris de cette demande, l'autre ne crut pas, dans un défi si déplacé, devoir produire ses lettres de commission & garda le silence. De là M. d*Avaugour conclut qu'il n*en av^t aucun; 6c quoique plusieurs personnes de mérite rassurassent que les pouvoirs de M. de Maisonneuve étaient en bonne forme & signes du Roi, il ne voulut rien en croire: il n'avait même aucun égard pour sa personne, saisissait tontes les occasions de riumiilier. « M. le baron d'Avaugour, dit la «• S<ijur Alorin, que nous laisserons ici parler, lui fit de « grandes peines; il ne lui donnait pas le rang qu'il devait « avoir, quoique M. de Maisonneuve fût très-assidu a auprès de lui lorsqu^il montait à Viliemarie, & se rendit « complaisant à tout ce qull souhaitait sans jamais le con- « trader en rien. 11 se contentait de lui faire remarquer « les choses qu il n'approuvait pas, & puis lui laissait

< faire tout ce qu il lui plaisait. De sorte que M. d'Avau-

< gour crut qu'il ne savait pas se défendre, ou qu'il le

< craii^nait; sur cela il se rendit plus hardi à le uiépri- « ser en sa présence, & même devant les colons de Ville- « marie, il faisait faire dans ce lieu des publications à « rinsu de M. de Maisonneuve, 6c même contraires aux « sentiments de ce dernier bien connus des colons; ce « qui n'était propre qu a lui attirer leurs reproches & à « faire perdre tout respeâ pour son autorité. Toute- « fois M. de Maisonneuve ne fit jamais aucune plainte « de procédés si offensants, & les reçut toujours avec t les sentiments d'une hvimilité vraiment chrétienne, i Cette persécution dura deux ans, pendant lesquels « il ne perdit rien de sa belle humeur, & soulirit tout

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