ULPICE SUCCèDB A MM. DE MONTBÊAI
« ptince dans ses lettres sar ce sujet, de donner la ^ptâx « è notre royatune, nous n'avons rien en pins fbileinent « à cœur que le rétablissement du commerce, comme « étant la source ^ le principe de Tabondance que nous « nous efforçons de procurer à nos peuples. C'eft ce qui « nous a porté à nous informer de l'état où eft le pays de . « la Nouvelle-France, dont le Roi, notre très-honoré sei- « pncur & père, avait fait don à une Compagnie composée « décent personnes par traité de l amuc i(528. Mais, au « lieu d'apprendre que ce pays était peuplé comme il « devait Tétre, vu te long temps de cette possession, « nous avons reconnu avec regret que non-seulement Je « nombre des habitants eft fort petit, mais même qu'ils « sont tous les )ours en danger d*en être chassés par les « Iroquois. Considérant d'ailleurs que cette Compagnie de « cent hommes était presque anéantie par le désiftcment « volontaire du plus grand nombre, 8c que le peu qui en « reliait n'était pas assez puissant pour soutenir ce pays « & pour y envoyer les forces & les hommes nécessaires, « tant pour Thabiter que pour le défendre , nous avons « pris la résolution de le retirer des mains de cette Com- < pagnie, qui en a fait démission à notre profit. A ces t causes, nous déclarons que tous tes droits de propriété, « juftice, seigneurie, accordés par notre trés-honoré sei- « gneur & père, en conséquence du traité du 29 avril i6a6, « soient et demeurent réunis à notre Couronne, pour être « dorénavant exercés en notre nom, par les oiiicier&que « nous nommerons a cet eliet (1). » mmet», 3i, $*,
Dans le même temps où ks associés de la grande lacoi»acibii«iioiii>. Compagnie se démirent ainsi de la propriété du Canada, l^^' * *" ceux de la Compagnie de Montréal songeaient, de leur câté, i dissoudre leur Société & à mettre à teur ptece le Séminaire de Saint-Sulpice. Les personnes de qualité qui avaient formé rétablissement de Villemarie « jugèrent « dès le commencement, dit la Mère Juchereau, que, « pour le rendre durahte^ elles oe ponrratent mieux faire
6o il'' PAKTlt;. LOLIS XIV, Clil F DE LA COLONIE. l663.
« que de donner l ilc de Montréal à cette communauté
« fondée par M. l abbé Olicr, qui était de leur associa -
(i; HiiioiredciHô- m tion (i). « C'était cc qui, en 1643, leur faisait dire dans ttl-Oku de Qpiébec, l'exposition des vrais motiis de cette Société : « Quant à la
« prophcWc que vous laites de la rupture de notre Com-
« pagnie, pensez-vous qu'une Société appelée de Dieu à
« rétablissement d^un dessein particulier ait besoin d'être «
« perpétuelle? Nous savons qu'elle se dissoudra quelque
« jour, & nous faisons des vœux à Dieu pour que cela
(.) l es vwtabies „ ^olt (2). » Ce fut donc Tannée i663 que leurs vœux
Mutifs de MM. et- . i n j i
damct de Montféai, lurent exaucés, & en partie sur les mltances de madenioi-
1^43, >iv4*«p> ta», selle Mance, venue à Paris pour ce dessein. Outre que
plusieurs des associés les plus zélés étaient morts, d'autres
s'étaient volontairement retirés depuis que le Séminaire
de Saint-Sulpice avait pris sur lui une partie considérable
des frais de l œuvre ik qu il entretenait des Ecclésialliques
à Villemarie; en sorte que, si Ton en excepte M. de Mai-
sonneuve & quelques dtre^eurs du Séminaire de Paris, la
Compagnie de Montréal ne se composait plus, en i663,
que de cinq membres (**). Voyant donc la difficulté quil
y aurait par la suite d'entretenir dans leur Société la pureté
d'intention é< le désintéressement parfait qu'elle s'était
(i) Mémoire de M. npoposés dés le Commencement 3 ; que d'ailIeur.-> plu- TroMOB pour lettKs • , • ^ , ■
patente!, 1677. sieurs, parmi eux, n avaient pas les moyens de >outenir
plus longtemps cette (euvre; persuadés enfin Je 1 inutilité
de leurs ellorts 6». des grandes dépendes nécessaires pour
la continuer, ils résolurent d engager les prêtres du Sémi-
(4) Dcscriptifm du
nidii.îc, par Davily, "■ in-fol. Paris, 1860,
t. V, p. 29. (*) Entre autres, noue voyons dans ce nombre M. de Vanta-
(5) Mcfmotn» de doiir. chanoine de Paris, qui avait clé dircLleur Je la Compagnie de M. D'AIlct. Montréal (4), M. le prince de Conty, qui occupa aussi ccUc place (5),
(ij Lettre de M de & jc rendait aux assemblées de la Compagnie que Von tenait dSXlïrdï'viM'" Séminaire de Seint-Sulpice, dans la chambre oti était mort
marie, do 17 m.» ^i'f . . , , ^ , ^ -u , -,
,0-6. ( ) Celaient M. le baron de Fancamp, M. JeanGarribal, maître
(7}Editt A ordon- des requêtes & président au grand Conseil, M. Antoine Rarrillon de
nancea, Québec, 180 7, Moranpis, conseiller d'État, M. Chinopho Duplessis, de MontbaFj
t.I,p.8i. 1854. p. 33. aussi conseiller, & M. Bertrand^Drouart, écuyer (7).
Uiyilizeo by GoOglc
•OLPiCBSrcriAftOK dj
LVMRiniE DE MONT-
S. SULPICE SUCCÈDE A MM. DE MONTRÉAL. 6l
naire de Saint^Sulpice à en prendre seuls la charge (i). (i) EtabiiMement
C'était le parti te plus sage, après rexpérience qu'on avait I^jj^'/^J ^
faite du zèle & de la générosité de ces Ecclésîaftiques '
depuis six ans qu'ils étaient établis à Viilemarie; ce qui fait
dire au P. le Clercq : * L'on aurait peine à croire, comme
« je Tai su de personnes dignes de foi. jusqu'à quelle
« somme se montent les fortes contributions de la com-
« munauté & des particuliers du Séminaire pour cette
fc bonne œuvre (2). » (») J»W., p. 79-
Ul.
Sur les inflances des associés de Montréal, les direc- uiiMouiMDRMnT-
teurs de cette maison tinrent entre eux plusieurs assem-
biées; êi considérant que M. Olier avait eu le dessein vuu d'accepter Tîle de Montréal, ils conclurent qu'ils ne pouvaient pas avoir de marques plus assurées de la volonté de Dieu que les vues de ce saint prêtre, Ils résolurent donc unanimement d accepter ToftVe qu'on leur faisait, en exigeant toutefois que l'affaire demeurât secrète, jusqu'à ce qu'elle fût entièrement consommée. En conséquence, le 9 mars suivant, les cinq associés de Montréal dont on vient de parler signèrent le contrat de donation de l'tle au Séminaire de Saint-Sulpice, du consentement de M. de Maisonneuve, quoique absent, & de celui de mademoiselle Mance, qui était présente. 1 Considérant, disaient-ils dans « cet aéle, les grandes bénédidions qu'il a plu à Dieu de <i répandre sur l'île de Montréal, pour la conversion des (i sauvages 8: l'édification des Français, par les soins de « MM. Olier, de Renty & autres, depuis vingt années; « & combien, dans ces derniers temps, Messieurs du « Séminaire de Saint-Sulpice ont travaillé, par leurs soins « & par leur zèle, pour soutenir cette bonne œuvre : ayant « exposé leurs personnes & fait de fortes contributions « pour le bien de la Colonie & Taccroissement de la gloire R de Dieu : \ti associés désirant, d'ailleurs, contribuer de « leur part pour seconder les pieux desseins de Messieurs « du Séminaire & honorant la mémoire de l'abbé Olier, « leur inilituteur & l'un des promoteurs & des bienfai-
62 II* FAKTIE. LOUIS \1V, CHEF DE LA COLONIE. l663.
« teurs de l'œuvre de Montréal, ils ont, après plusieurs • conférences sur ce sujet, & pour la plus grande gloire « de Dieu, donné à ces messieurs tout le droit de pro- ■ priété qu'iU ont en Tîle de Montréal, comme aussi « la maison seigneuriale, dite le 1 ort, la inctatue, les « terres défrichées, & tous les droits qu'ils ont dans ce
nanccs, il^'d.
cuMiifnamaavqpKUM
Vt siMlKAntB MT
Les condidons imposées au Séminaire furent : i* Que le domaine & la propriété de 111e seraient inséparablement im^wiiwtntAi.. unis à Cette GommunAUté, sans pouvoir en être séparés pour quelque cause ou occasion que ce fût ("•). 2" Comme subrogé parla aiL\ associés de Montréal, le Séminaire fut chargé d'acquitter toutes leurs dettes, tant en France qu en Canada. 11 parait qu'elles étaient alors trcs-considerahles; du moins, c'ell une iraJilioa conflaïUc que, par leur acquittement, le Séminaire paya la seigneurie deux fois ce qu^elle valait au moment de la donation. 3" 11 fut llipulé que s», après toutes ces charges acquittées èf, après les dépenses nécessaires pour la conservation de Tile, il restait du revenant bon provenant des terres alors dcfrichées, il serait employé pour le bien de Tœuvre, selon le zèle et la prudence des prêtres du Séminaire; mais que, quant aux terres qui n'étaient point défrichées encore, éc que le Séminaire pourrait mettre en valeur par la suite, comme aussi quant aux améliorations, augmentations & acquisitions qu'il ferait, il pourrait en disposer selon son bon plaisir. Le Séminaire n*a cependant jamais tiré aucun avantage de cette dernière clause, qui aurait tourné à la ruine de Tœuvre & à Tabandon de la Colonie ; car le
II) .\u'hiVL'& du ivininaiie de Montréal.
Mcmi.irc rcçaeiii7ii Quoique^ dans cette énumération, il ne soit pas fait mention
'^V i cjprcssede la seîgncuriedc Saini-Sulpice, elle a été néanmoins com-
3 Lettres de M. r , , ^ . . ' ' ,, . , . . w \
Leschas»ier. Archives P"** contrat comme laisaiU un luut avec 1 île de Montréal (2).
Ju s^inairc de Ville- O L*on a toujours conclu de là que le S-iminaire ne pouvait ni
marie: rc'ponie» faites vendre, ni donner, ni échanger la seigneurie de Saint'Sulptce, non
tn 17 ly. plus que l'ile de Montréal (3).