‹ Histoire de la colonie française au CanadaChapitre 42 sur 182 · SULFICX SUCCEDE A MM. DE MCWTRÈAJL · texte numérisé non relu

SULFICX SUCCEDE A MM. DE MCWTRÈAJL

revenu net des terres défrichées akirs ne s'élevait pas au delà de cent écus par an (i) : celle» de Saint-Gabriel & de Sainte-Marie appartenant en propre aux Ecdésiaûiques de Saint-Sulpice, qui, par Tentrctien des hommes qu'ils y a^'Bient placés pour garder le pays, dépensaient chaque année beaucoup pius que ces terres ne pouvaient produire (*).

Mais il peine le Séminaire cut-il accepté cette donation, qu^il mit sérieusement en qoefiioa s'il continuerait ou s'il n'abandonnerait pas tout à fait Pœuvre de Montréal,

(i) Mémoire de M.

Coufturier sur Mont* r6d.

I.E SÉMINAIRE MET KN D^UB^nATtO!* li^L N'ABAMDOimilU PM l'OUTIB I» KOMT-

(*) Par cette donatioa, M. de Maisonncuvc devait se trouver dépossédé de tout droit de propriété sur Pile; aussi mit-on dans cet anie tine d vi-^c en sa faveur. » Le ^eur de Maisonneuve, y eft-il dit, « l'un des associés^ & qui a très-utilement servi Tœuvre, demeurera, c sa vie dorant, Gouverneur & capitaine de Pile & de la maison sei* « gneuriaîede Montréal, où il cil présentement ctabll par les as«K:i(5s ; « néanmoins, sous le bon plaisir 6i les ordres de Messieurs du c Séminaire, comme propriétaires de lUe. Il aura donc son logement < dans la maison seigneuriale; &, en outre, il jouira de la moitié de a la métairie & des revenus du moulin, sa vie durant, à la charge de « les entretenir en bon état, pendant le temps de la jouissance. Il sera « toujours considéré comme a^nt été de la Compagnie, & ayant « rendu de très-i^rands services pour rétablissement de la colonie de « Montréal. Le logement & le revenu dont on vient de parler lui « tiendront lieu d'appointements; & néanmoins les Messieurs du ■ Séminaire aumnt droit, dûs à présent, de loger dans la maison sci- « gncuriale, comme seigneurs & propriétaires du pays, en laissant « toutefois pour le Gouverneur le logement convenable. •

II fut Hipulé, comme on le voit ici, que M. Je Maisonneuve Jemeurcrait Gouverneur sa vie durant, sous le bon plaisir & les ordres de Messieurs du Séminaire; c'était une conséquence nécessaire de la cession que la Compagnie leur fiusait de tous les droits qu'elle avait elle-même reçus. Aussi, en explication de cette clause, dcclara-t-elle, le même jour 9 mars : « Que le Séminaire pourrait changer le Gou- « vemeur pour de juftes raisons, » quoiqu'il n'y eût aucune appft> rence que jamais il fût queftion d'ôter le gouvernement de l'ile à un homme si capable &. si digne de l'exercer. C'eft pourquoi M. de / a .k- Bretonvilliers, comme représentant les nouveaux seigneurs, en sa ^iJine lettre de m! qu lit'j de Supérieurdu Séminaire, cnvoya-t-ii à M. de Maisonneuve Talon à Colberi *iô des lettres pour le confirmer dans la charge de Gouverneur {2), uw, iC^q, '

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quelque zèle qull eût fait paraître jusqu'alors pour en procurer le succès. Cette œuvre devait occasionner de grandes dépenses, 8c il semblait que le Séminaire ne pût y suffire sans le concours de M. de Queylus, toujours exilé du Canada. D ailleurs, M. Olier l'ayant choisi pour Supérieur de rétablissement des Ecclésialliques de Villemarie, on jugeait que sa présence était nécessaire dans ce pays. On tenta donc toutes sortes de moyens pour qu'il pût y retourner &. y reprendre l exci lilc de ses fondions. Comme les difficultés venaient uniquement de M. de Laval, qui se trouvait alors à Paris^ FÉvêque d^Ai^uléme lui fit les plus vives inflances, mais inutilement. M. de Bretonvilliers alla aussi le trouver pour le fléchir : tout fut inutile; non-seulement M. de Laval ne voulut point consentir au retour de M. de Queylus au Canada cette année i663, il refusa même de donner aucune espérance pour les années suivantes. Là-dessus, les prêtres du Séminaire crurent devoir examiner entre eux si ks oppositions persévérantes du prélat n'étaient pas une marque d'improbation que Dieu donnait à leurs travaux à Villemarie, s'il ne serait pas à propos de rappeler ceux de leurs confrères qui s'y (1) Archives dâ sé- trouvaieut alors (1). Dans ces circonftances, le désiftement minairc de Paris, av Séminaire eût dû entraîner tout à la fois la ruine de la Tier <t du t5 nom communauté des Hospitalières, celle de la Congrégation de Notre-Dame & même de toute la Colonie, qui, au défaut de la Compagnie de Montréal déjà dissoute, se serait vue deftituée de tout soutien. Aussi M. de Fancamp écrivit-il aux Hospitalières qu'elles eussent à repasser en France, si les Kcclcsialliques du Séminaire \ enaient à quit- (2j Annales de i Hô- ter Villemarie ''2' . Il parait même que M- de Queylus, tel-Dktt, par ia Sœur oppositions de M. de Laval, si fermement

résolu a lui uiierdire le Canada, envoya alors sa procuration à M. de Béleftre pour qu il procédât à la vente des biens qu'il possédait dans ce pays. Il s^agissait apparemment des maisons & des terres de Sainte-Marie & de Saint-Gabriel; mais cette vente n'eut pas lieu, par suite de l'opposition que M. Souart y mit le 2t août de cette

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année (i), en conformité aux ordres qu'il reçut de M. de (0 ('rorc jc v.itc BrctonviUiers, comme nous aUons le dire. m«ic.Aacdu.i août

L'assemblée du Séminaire de Paris se réunit donc le i.Ksé»iwAi«E»EDÉTEi>i5 mars i66:^, 8c, considérant les suites de !a délibération ""'J. qu'elle allait prendre, fut unanimement d avis qii'aupara- ual. vant chacun de ses membres vaquerait pendant trois jours à la prière, pour qu il plût à Notre Seigneur de iaire connaître sa volonté sur une affaire si importante, & qu^ensuite on se réunirait de nouveau, pour la conclure à la pluralité des voix (2). Mais, ce terme ne paraissant pas sans doute suffisant, on s'assembla enfin le 3i mars, qui da iTtaaÀ fut le jour de la conclusion. Tous convinrent que, puisque i<>ô3* Toeuvre de Villeraarie avait été entreprise suivant les desseins de M. Olier, & après beaucoup de prières pour connaître la volonté de Dieu, le Séminaire ne devait la détruire que dans la dernière extrémité, 8c lorsqu'il serait évident que Dieu en demandait la suppression. Ils conclurent donc que, n'ayant pas encoru des marques assez ^ manifelles de sa volonté pour la rompre, il fallait la conserver en attendant, & qu'ainsi on écrirait aux Ecclésiafliques qui réâdaient à Villemarie de continuer leurs tra • vaux comme par le passé (3), au moins pendant Tannée ai ^^^^vcs da sù

* « X minairc de Paris. A»

courante. «emUéedu 3t ma».

M. de Laval était d'autant plus ferme dans son refus, FAvwRMM.oBtAVAt.

qu'il se sentait alors plus appuyé dans toutes ses demandes * »^

à la (lour, où la réputation de sa sainteté le rendait considérable (4). Déjà même avant son passage en France, la (4) Hirtoiredcniô-

Ueine Marie-Thérèse, dans une lettre quelle lui avait 'J^'ffl"

écrite le i5 avril précédent, s était renHimiandée a ses ^ ^. ,

pières, en ajoutant qu'elle voulait s'occuper de son solide nun.uic de ^(lùcbca-, établissement à Québec (5). Le Roi, de son côté, après waric-i hc-

l'arrivée de M. de Laval à Paris, avait réitéré ses inflances ''^') A^r'hn^rlu mipour l'ére^on du siège du Canada, & nommé ce prélat à n>^^rc de» arraires Sa Sainteté pour être fait premier évèque (6). Dans ce des- JSîKS, iôîjÎSÎ^ sein, il l'avait pourvu de Fabbaye de Maubiec, au diocèse aai8'juiii i6C4. Towiî IJI. s

66 II*" PARTIE, LOViH Xl\, CHEF DE LA COLONIE. l663.

(I) Archives de l ar- clc Bourgcs, qui vaquaît alors (i); & quoique réredion du chevêche de Qixébcc, futur siéî»e rencontrât de nouveaux obÛacles 8c reftàt encore Me. 1862» p. »s. suspendue bien des années, le déplaisir que le Roi en ressentit ne diminua en rien son ellime ensers M. de I.aval, qu'il s empressa, au contraire, de satisfaire dans toutes ses demandes.

vut.

Pour contenter ce prélat, & \yowr se rendre en même cou«;M.DRKto. temps aux représentations des PP. Jésuites^ qui avaient aussi de juftes moti& de se plaindre de M. d'Avaugour, («) Archive» de la le Roî révoqua ce Gouverneur (2) avant même que le RÔrîouriw.*'T^^^^ ^'^^ ^ commission fût expiré; car il ne l'exerça Rcgifhcdcs ordres ju que dcux ans au lieu de trois que marquaient ses lettres,

Koi, fol. 77. Leuie à ^ quitta même le Canada avant l'arrivée de son succes- M.deTFiuy, i5 rov. ,v 1-. • ^ 1 -,

,664. seur {3) ( '. hn reprenant le Canada, ce prince avait dé-

(.<) Marie Je i inc.ir- clafé qu il nommerait kii -même aux principaux emplois

nation, lettre i'>7', • , , ■ ■ ■ • . t

p. i^ij, 1»;?. pays; K, pour le mettre sur un bon pied, 1! avait résolu

d'y envoyer un Gouverneur qui aurait le commandement des troupes, & un intendant qui serait chargé de la jul^ce, de ta police & des finances. Le 31 mars i663, il nomma intendant M. Robert, qui pourtant n'alla point en Canada. Quant au Gouverneur, comme déjà M. de Laval avait eu de vifs démêlés avec M. d'Argenson & qull s'était cru obligé de demander le rappel de M. d Avaugour, « le Roi, M dit la mère Juchereau, voulut qu'il nommât le Gouvcr- « neur qui devait être envoyé. l e prélat s'en excusa « longtemps: mais les inftances du Roi lurent si pres- <i santés c]u eniin. vaincu, il choisit le chevalier de Mézy, ;4 Hiiioiie ati'Mo- « duquel il espérait avoir toute sorte de satisfaction ^4). »

tebo^u de Qu«bc.. y^^^^.^ yl^^^ 1^ ^111^ ^ ciiaieau de

Caen, avait été intimement lié avec le chef de TErmitage de cette ville, M. de Bernières, qui n'avait pas peu servi à

(5) McmoirM du 'l'Avaugour, de retour eu France, alla combattre le«

Roî pour M, Tdon Turcs, & fut tué en défendant avec beaucoup de valeur contre eux le fol. 77. fort de Serein, sur la fironuére de Croatie (5).

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