IX CANADA
minidre de Villemarie,
4 avril iCCS. Tv;)n'»ailion entre MM. du •éimoaire et M. de Maisonneuve. Arcliî-
qu'il lui avait faite, le pria de recevoir en compensation une pension .
viagère de cinq cents livres par an, qui lui serait toujours pavée, q'^^" "^£"^'100!
quelque cataftrophe qui pût arriver à la colonie Par acte du 4 avril ceratnV rHôiel-D*6u
i$68, passé au séminaire de Saînt-Sulpice, à Paris, M. de Maison- 4tTril 1668. ' neuve apréa cet arrangement (i), non pour se faire des épargnes, mais # » »
pour être plus à même d'aider ceux qui avaient recours à sa charité : r^^Z, il* *!
car II tranipoita cette lente A une personne à qui le séminaire la vukmarU; ifin
paya, jusqu*A la mon du bienfaiteur (a). p. «4. ' TOMB m. 8
1 14 H** PARUE. LOUIS XIV, CHKF DF ï.\ COLONIE. l665.
lorsque quelqu'un d'eux allait le visiter à Paris dans sa
modefte retraite. « Le lendemain de mon arrivée, » raccmie la Sœur Bourgeoys, parlant de son voyage, en 1670, pour solliciter des lettres patentes en faveur de son inlVitiit.
j'allai au Séminaire de Saint-Sulpice pour savoir où je « pourrais trouver M. de Maisonneuvc. 11 était loi^é au « Fossé-Saint-Victor, proche des PP. de la Doctrine chréei tienne, 8v j arrivai chez lui assez tard. Il n'y avait que « quelques jours qu'il avait fait garnir une petite chambre K & conllrùire une cabane à la façon du Canada, afin d y « loger quelques personnes qui viendraient de Montréal. « Je ft'appai à la porte, & lui-même descendit pour m'ouït yrir; car il était log'ô au deuxième étage, avec Louis ' ,1: fcwriw aut..i;r.v « Pnn, son scrviteur, & il m'ouvrit la porte avec une trèsstKns. • grande pie (i) (*). »
xxxvir.
BMi.AHxiiox OE M. ai; M. de Maisoniieu\ e employa à se préparer à la mort M.«rsoNMci:vRsi:itsr»x [^^^ onze années qu il vécut encore depuis bon départ de
la Nouvelle-France, & Dieu, qui l avait toujours visiblement protégé dans toute sa vie publique, se plut à le bénir surtout à la fin de ses jours. Non-seulement il lui fit ense-
(■j Ravi d'avoir fait préparer, comme tout expies, cette cabane pour que la Sœur Bourgeoys y logeât ainsi la première, M. de Maisonneuve s*eropressa de loi donner à souper; Sl désirant qu*îl ne manquât rien au repas, il alla en personne, comme le fait remarquer la Sa-ur Morin. chea'her une bouteille de vin che;^ un marchand du voisinaj;c, car, ajoute-t-elie, «quoiqu'il u\ùt i|ii'un seul domellique, 2' Annales «le IW- « il le servait plus qu'il n'en était servi (j i. » Cette hospitalité si i,.l-r>ieuS.iint .io<;crii. cordiale & si prévenante ne fur p:is le seul service que M . Je NTaisony.M la S«tur Morin. neuve rendit à la Sœur Bourgeoys. Lorsqu'elle eut obtenu ses lettres patentes, comme elle était ft Rouen avec dix ou onze filles, dont aix pour sii comnuiniiuté, & les autres destinées à Villemaric, il lui envoya Louis Frin, chargé pour chacune d'elles d'un mandat de deux B.i^i- 't livres, & d'une rétribution journalière de onze sous six deniers
•targcoy», . jusqu'à leur arrivée à Québec; secours qui, selon toutes les appa- ^* l'aï Greffe de Ville ^^''"^ procuré par le miniflre Coîbert, tnJs-dévoué à r(cu-
nwric. InTcnmire'dci "^^^ Villemarie (3). Enfin, à Paris, M. de Maisonncuye était titres Je maJcmoiseiie comme l'agent officieux de ceux des habitants de cette colonie à qui Munce. il pouvait rendre quelque service (4).
Di
M. DE MAiSONNEUVE REHVOYÊ EH FRANCE. |665. Il5
Tetir, dans Tobscnrité d'une vie cachée & d*une retraite
inconnue, toute sa gbire militaire, iL daigna encore loi 6ter à lui-même la joie du succès de ses entreprises précédentes & des grands services qu'il avait rendus au Canada. ] '\m des plus signalés avait été sans doute d'y conduire, en i63.^, la recrue de cent hommes : ce qui, en 1687, faisait dire à M. de Denonville, Gouverneur £»énéral, À: à M. de Champit^ny, intendant, dans une lettre à la Cour : « Ces cent hommes ont sauve 1 île de Montréal & « tout le Canada aussi (i). » Néanmoins, M. de Laval ( I ) Archives Je la ayant appris que, dans la somme de soixante-quinze 'j'^xvi mille livres que ces hommes avaient coûté à la Compa^ î^'^do $687 wr gnie de Montréal « M. <fe Maisonneuve avait fait entrer l'^p^tai de Montrai, vingt- deux mille livres de la fondation de rHôtel-Dieu;que mademoiselle Mance échangea alors pour cent arpents de terres défrichées du domaine des seigneurs, ce prélat voulut alarmer la conscience de M. de Maisonneuve sur remploi de ces vingt-dciix mille livres, re\ int une multitude de fois sur ce sinet. Comme il exigeait même que mademoiselle .Mance rciUtuai la somme, ou qu'a son défaut le Séminaire de Saint-Sulpice la rendit à l'HôteU ' Dieu, M. de Maisonneuve fut trés-sensiblement affligé de ces poursuites, qu*il ji^eait contraires à Téquité; jusquelà que, sur son lit de mort, il fit un écrit pour déclarer que ni le Séminaire ni mademoiselle Mance n'étaient tenus à aucune reûitution. Il eft à remarquer qu'il donna cette déclaration de son propre mouvement, sans y avoir été i-ett^^»-'^ m.
' ' - T 10 n son uu Se m maire
invité par personne, uniquement pour l acquit de sa con- de vuiemaric. Lettre science, au moment où il allait paraître devant Dieu (2;. * ^
XXXN'Ml.
Nous ne connaissons pas les autres ciri.oiillaace.>. qui uuhi ptw. ot hais»»»précédèrent & accompagnèrent son trépas ; ouais ce dernier trait montre assez que M. de Maisonneuve porta jusque dans les bras de la mort cette droiture confiante êc invariable qui avait été le caradlère de toute sa vie. Nous pouvons ajouter qu'il s'endormit dans le Seigneur avec une confiance d'autant plus parfaite que, n'ayant point reçu
Il6 11* PARTIE. LOUIS TOy, CHEF DE LA COLONIB.
sur la terre la récompense de ses immenses services, il était plus assuré de la recevoir tout entière dans le Ciel, il mourut à Paris, dans son domicile ordinaire, situé sur
la paroisse de Saint-Étienne-du-Mont, entre les portes Saint-Marcei & Saint-Viflor, le 9 du mois de septembre 1676. Du moins le lendemain, qui était un jeudi, son corps fut transporté dans réglise des PP. de la Dodrine
(1) Ëtat dvu d« chrétienne, où Ton fit ses obsèques (1) Parti, Mraiaw Saini-
sept. 1676. Lettres
de M. Tronson au (•) En quittant Villemarie) il mt histé dans l'appartement du
nuiMiredeVilIeniaric, foit. qu'il occupait divers objetsmobiliers, entre autres une tapisserie, aTTi 1677, p. 72. dojii M. Tronson demanda de faire reltiniation, ainsi que celle des i-i ) ibid. Lettre à sommes qui pouvaient lui être ducs à Villemarie (2), sans doute pour
M. Ranuyer, i3 mai en donner le prix aux pauvres, dans les intentioas du défunt. Sa
i<6â9. mort fut vivement sentie par tous ceux qui avalent eu le bonheur de
vivre sous son gouvernement ou de le connaître. En 1679, b Sœur Bouiigeoys étant sur le point de repasser en France pour les affaires de sa communauté, toutes ses Sœurs, qui avaient déjA connu I-ouis Frin i Villemarie, désirèrent de l'attacher â leur maison, & dans ce dessein firent une déclaration par écrit, pour autoriser leur Supérieure ( <) Écrit» autogM- à passeravec lui un contrat d'engagement (3). C'était sans doute pour
phesde laSwur Bour- témoigner dans la personne du serviteur leur reconnaissance envers son charitable maître, leur bienfaiteur insigne, dont la mémoire a toujours été & eft encore aujourd'hui en singulière vénération dans leur communauté de Villemarie & dans toutes les autres maisons de rinftitut.