‹ Histoire de la colonie française au CanadaChapitre 55 sur 182 · LIVRE PREMIER · texte numérisé non relu

LIVRE PREMIER

DEPUIS l'année 1664 jusqu'à LA FIN DU GOUVERNBKIENT DE M. DE COURCELLES, EN 1673.

Pour procurer le solide établissement de la colonie, Louis XIV commença par la faire jouir du bieniiBÛt de la paix» êc porta pour cela ses armes chez les Agnrers, ce qui obligea toutes les autres nations troquoises à demander son alliance. Avec la paix au dehors, il assura la liberté au dedans, en faisant régner la juflice & l ordre public, augmenta le nombre des missionnaires, envoya à ses propres dépens de nouveaux colons, favorisa avec générosité la formation d'un grand nombre de familles, &, convaincu qu'un pays ne peut se soutenir s'il ne nourrit ses habitants de son propre fonds, il ezdta puissamment les colons au défrichement êc à la culture des terres. L'expérience du passé avait appris que les Iroquois, peuple inquiet & inconfiant, pouvaient rompre la paix à la première occasion, & troubler encore la colonie ; & en sage politique il eut soin, tout en procurant le défrichement des terres, de mettre les colons en état de les repousser. Dans cette vue.

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il créa un grand nombre de fiefV nobles, dont il gratiria les officiers de ses troupes, invita efficacement les soldats à s'y établir, ordonnant, de plus, que tou^ ces soldats, ainsi devenus agriculteurs, fussent réunis tn paroisses dislincles, 8t soumis à des otiiciers civils Se militaires pour les régir. Enfin, voulant faire de Québec, des 1 rois-Rivières & de VilteiDarie autant de centres de comtnunîcation pour le relie de k colonie, il donna tles soins particuliers à Taugmentation de ces trois polies : de Québec, comme étant la capitale du pays & le siège du gouvernement; des Trois- Rivières» comme chef-lieu du gouvernement particuUer de ce nom , & de Villemarie, comme le }>ofte le plus avancé vers les frontières des barbares & le plus important pour le relie de la colonie. Dans ce même dessein, il s'imposa de .grands sacrilices pour établir le commerce, surtout dans CCS trois portes, y introduire les branches d industrie les plu:i nécessaires alors; comme i>a sollicitude s'^ndaic à tout, il porta aussi ses scMns sur Téducation & rinllruâion des enfants, comme étant Tespérance de l'avenir de la colonie. Voilà, en peu de mots, ce que le zèle inteilîgent & généreux de Louis XIV sut entreprendre & cacécuter pour le bien solide du pays.

Mais, comme la fin principale qu'il se proposait était la sanclitication des sauvages du Canada, il ne négligea aucun des moyens qui étaient en son pou\oir pour leur ménager cet inappréciable avantage. nécessité d adoucir 1 humeur féroce de ces barbares, pour les amener ensnite A k foi, lui fit déâMr de oommencer leur dvifisation par celle des enâmts sauvages, à plusieurs desquels il s'efforça de procurer le bieitfait de réduoitioii & de Tinstniâioii chrétienne, sans négliger pourtant les adultes, sutout les Iroquoîs, dans les cinq nations desquels des missions fixes lurent alors établies. Enfin il favorisa 8: entreprit lui-même la découverte de pavs encore inconnus, dont il priî posscssinn pour fnire porter ensuite la toi càrétieoae aux. peuples de ces contrées. C clt ce que nous

RÉGIMENT DE CAMGNAM. l663. IIQ

aurons à raconter au livre Buhrantj êt, pour ne rien omettre de ce qui peut faire ooonattre les diverses phases morales que présente la suite de Thilloire de la colonie, nous signalerons les influences regrettables qu'exerça sur

elle la présence & l'établissement des troupes; enfin, après avoir rnppelé les pertes de plusieurs personnes notables que fit alors la colonie, nous terminerons ce livre par le récit de i crcclion du siège épiscopal de Québec, procurée aux indanccs de Louis XIV.

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