EXPÉDITION CONTRE LES AGNIERS. 1666. I4I
& des environs (i). Ceux de Yillemarie étaient commandés (o thîd., ;5«, p. 6i a. par M. Le Moyne, leur cafHtaine, & par M. de Bélellre,
qui avait le titre de lieutenant. Trois autres gentilshommes de Villemarie se joignirent à Tarmée :.M. Charles d'Aille-
bouft des Musseaux, qui, en cette occasion, changea Toffice de juge en celui de militaire; M, de Hautmesnil, qui avait été des deux expéditions précédentes. 8i avait pensé périr dans celle du mois de janvier; & enfin M. de Saint- André. Pourtant M. d'Aillebouft ne put aller jusqu'au pays des Iroquois, ayant été mordu en chemin par un ours, ce ;i)Hifto{rcduM<»niqui Tobligca de retourner à Villemarie (2). r'^S'à' goù."'"'''
De Québec jusqu^aux Forts conflruits sur la rivière FATKSVIâ ncuM \ I s i>r. des Iroquois le chemin avait été assez facile» quoique en- J^*^" *** *** viron de cent cinquante lieues, parce que Parmée put le faire en canots ou en chaloupes, & qu'il y avait peu de portages ^T). On appelle ainsi, en Canada, ces endroits (A i.curcs ik- la
des rivières qui, à cause des rochers qui les obftruent, ne ^^'^'^'^^ rin^manon,
^ » ' icii, y5», o, 6t3.
sont plus navigables par manque d'eau, & où l'on eQ contraint de porter les bateaux, ainsi que tout le bagage, jusqu'à ce qu'on soit arrivé à des endroits plus profonds. Mais, au delà des Forts, il reliait plus de soixante lieues à faire avant d'arriver aux premières boiu'gades des Iroquois; & comme on avait beaucoup de grands lacs & des rivières à passer, on s'était muni des coitamodités qu'on avait jugées nécessaires tant pour la terre que pour l'eau, entre autres de trois cents bateaux, tolis très-légers, dont une partie était faite d'écorces d'arbres. Quand on avait passé un lac ou une rivière, il fallait porter les canots h les bateaux à force de brasr4), ainsi que les Mvres, les (4> Relation de ioôô, armes & le relie des bagages. « M. le chevalier de Chau- « mont, rapporte la Mère Marie de l'Incarnation, m'a « assuré que , pour avoir porté son sac où il y avait un tt peu de biscuit, il lui vînt au dos une grosse tumeur] i car il faut que les chefs se chargent aussi bien que les « autres, aucune bête de somme ne pouvant aller par des « lieux si étroits & si dangereux. Ils se sont vus en des
m'' PARTI t. LOUIS A.1V,
« périls extrêmes, dans des rivières & des rapides, où, à « cause de la profondeur de Peau & de rincertitudc du « fond , ils ont été obligés de se faire porter par des sau- <i vagcs. Un Suisse ayant voulu se charger, dans un mau- ' vais pas, de M. de Tracy, qui eft un des plus grands . hommes que j'aie vus, quand il fut au miUeu, il était <i sur le point de tomber en dcfaillance, lorsque, trouvant « heureusement une roche ^ il se jeta dessus. Alors un « Huron fort & courageux, se jetant à Teau, le retira du « danger & le porta à l'autre bord. Dieu les favorisa « beaucoup dans le passage d*une autre rivière où il y « avait de l'eau jusqu^à la ceinture ; toute Tarmée la tra- « versa en deux heures de temps, & dès qu'on Teut passée, a la rivière haussa incontinent de neuf pieds. Si cette crue i< fût arrivée deux heures plus tôt, tous les desseins « eussent été renversés, <^ toute 1 armée eut été contrainte « de retourner sans rien faire. (let accident étant évité*, il fallut faire beaucoup de chcunu par des vallées & des « montagnes , & ensuite passer un grand lac à la faveur ' I ) Lettre . de Marie « de plusieurs radeaux que Ton fit (1). » Ils ont marché
te !.5"'"'"'g''3"' '**■ * P**" des chemins des plus difficiles qu*oa puisse ima- / '1 p- t • ^ & par des sentiers qui n*ontpas plus d'une planche «t de large, pleins de racines, de souches & de cavités « tr^dangereuses. » Enfin, coma» on savait que les Iroquois avaient confîruit dans leur pays des i'oits munis de canons, on jugea à propos de transporter pour cette expédition deux petites pièces de campaj^ne; ^ dans tous les portages il fallait que les soldats les chargeassent sur (i) it>ij., ictt. 7;^. leur dos & les transportassent ainsi avec des fatigues ac-
Î666?p.î!^**" câblantes & excessives (2).