‹ Histoire de la colonie française au CanadaChapitre 60 sur 182 · CHAPITRE II · texte numérisé non relu

CHAPITRE II

DESTRUCTION DES BOURGADES DES ACNIERS PAR LES TROLl ES FRANÇAISES. LES MATIONS IROQUOISES DEMANDENT ET OBTIENNENT LA PAIX

M. M TRAcr SE PRÉ- M. de Tracy résolut, le 6 du mois de septembre, de

lirAWjttîr*'^^" porter enfin la guerre chez les Agniers, & composa son armée de six cents soldats tirés de toutes les compagnies vi; Journal de» du régiment de Cariî^nan , de six cents habitants du p:î vs i ),

'"'rHilinîroiuMont- ^'^^^ ^^^^ ^'^ Viliemaric (2), et de cent sauvages i lurons iréai.parM. iJoilicr, OU Ali;(mquins ; & quoique âç^é de soixante-deux ans '3 ;. de i6>.6 A 1667. ji YQijiyj mettre Kii-mcmc à leur tëtc. Pour montrer

i.L'tlresiIcMarn;

Ue riiKarnaùon, ict- qu'on entreprenait cette guerre à la gloire de Jcsus-Chrili, tr«7o«,.t«juii.p.fioi. ij gjjg |g jo^j. départ au 14 de septembre, jour de

rExakation de la Sainte Croix^ & voulut qu'on s'y pré* parât par des exercices de piété; Presque tous les soldais

ràudk* ' icurc ,To ^^^> ^ occasîon, leur confession générale (4). « Us p, it^. ' ' « sont si fervents, écrivait la Mère de Tlncarnation, qu'ils

V ne craignent aucun danger, & il n'y a rien qu'ils ne « fassent 8: qu'ils n'entreprennent. Il semble à toute cette

a milice qu'elle va assiéger le Paradis, & qu'elle espère le « prendre & y entrer, parce que c eft le bien de la foi & ,5, Lettres hitior., „ Je In reli'^iou qu'elle va coinbatire (5). >» M. de Tracy

iett. 73', p. 609, 5io. . , . , . , , ^ .

vuului, en outre, que l armcc eut avec elle quatre prêtres, dont deux Jésuites : le P. Albannel & le P. Raffeix, & (♦»; Greiië de Ville- deux Ecclésîalliques séculiers : M. du Bois d'Esgriselles (6), tu» dé scpuiturc. aumônier du régiment de Carignan, prêtre vertueux, qui, le mois précédent, avait fait, pour se renouveler dans l'esprit de son état, les exercices de la retraite spirituelle 7 j.iuniai des Je- cHez Ics Jésuitcs de Québec (7; ; enfin, M. DoUicr de Cassuitcs. ... loùt p^^jj.^ Séminaire de Saint-Sulpice, que M. de Bre-

3* EXPÉDITION CONTRE LES AGNtERS. 1666. t3g

tonvillicrs \ cnait d'envoyer avec trois autres Ecclésiaftiques de la même communauté arrivés à Québec, le 7 de septembre, par le vaisseau dit le Moulm-dtOr (i). * "* ' **

îi.

Lorsque l'armée fut prête à partir de cette ville, M. de i>iî*ot-ATioN des ibo- Tracy appela le bâtard Flamand la lit défiler devant lui, en lui disant : * Voilà que nous allons dans ton pays. « Qu'en penscs-tu? ' V<n'ant celte troupe rangée en si bel ordre passer de\'ant lui, les larmes lui tombaient des yeux; il repartit néanmoins : « Je voi^; bien que nous « sommes perdus, mais notre perte coulera cher. Je « t'a\ crtis que notre jeunesse se défendra jusqu'à Textrét mité, 8< qu'une bonne partie de la tienne demewera sur « la place; seulement, je te prie de sauver ma femme & « mes enfants. » M. de Tracy lui promit de leur conserver la vie si Ton pouvait les reconnaître, & même de les lui amener avec tout le relie de ses parents. Par honneur pour ce capitaine Iroquois, il lui avait donné un bel habit;

après le départ de l'armée, M. Talon le faisait mani;cr à sa table. Si I on avait pour lui tous ces égards, c ert qu'ayant pris un des proches parents de M. de Tracy, dont nous avons parlé, avec quelques autres gentilshommes, il ne leur avait fait aucun mauvais traitement, & les avait ramenés à Québec. Aussi avait-il la liberté de se promener, gardé seulement à vue par plusieurs soldats qui ne le quittaient jamais, au lieu que tous les autres Iroquois étaient en prison h aux fers. Plusieurs de ceux-d ne cessaient de répandre des larmes, voyant qu^m était allé détruire leur nation ; 8; ce qui augmentait encore leur chagrin, c elt qu'on leur faisait l'aire un erand nombre de raquettes pour pouvoir marcher contre leurs pcns. les obligeant de travailler ainsi à ces ouvrages coinre leur gré, sans les molefter pourtant, ce qui leur faisait admirer la bonté des Français.

M de Tracy partit de Québec, avec le gros de Tar- '"«^^^'j^ ^»mée, le jour de l'Exaltation de la Sainte Croix, laissam ^S^T^iH^"

140 lU' PARTIE. LOUIS XIV.

cette ville daiUs Tincertitude sur le succès de ses araies. « Nous ne savons rien encore de cette entreprise, écrivait « la Mère Marie de rincamation le 2 novembre suivant; K DieUy qui eft le Dieu des armées, le sait; s ïi a combattu

« pour nous, nous avons la victoire; mais que sa trèsfl sainte volonté soit faite, parce que, dans Tordre de cette < volonté, il ell glorifié par nos pertes aussi bien que par

(i> Uu. hiftoriqucs, «r nos prospérités (i). Cependant toute cette nouvelle 74*» p- 6r«. ^ Église ell en prière, & Ton fait l'oraison de quarante « heures depuis le 1" odobre, qui continue dans les tt quatre églises tour à tour, parce que du bon ou du 9 mauvais succès de cette guerre dépend le bien ou le H mal de tout le pays. Voici la troisième fois que nos « Français sont allés chez ces barbares depuis le mois de « février, au grand étonnement des Anglais & des Iro- « quois eux-mêmes, qui ne peuvent comprendre comment ils ont seulement osé entreprendre un voyage si diffiiji)JbUi., ictL 73% « cile (2). » Cependant M. de La\al écrivait au Souverain

P'^*'"' Pontife, le i5 octobre de cette année : « Les poftes des

« Français 8{ divers Forts qu on a conÛruits s'étendent . ). ' j^qu'au pays des Iroquois, dont ils sont la teneur, en

Propaga'nàl!,IuL!i,«r' • mêmc tcmps qu'Us fout la sûreté des nôtres; &, au mo-

riea, 3, Canada, 2 '»;. « mcnt OÙ j'écris Cette lettre, le Vice-Roi eft en campagne

ÏÏ**,S6'r:«t " « pour attaquer rennemi (3). •

Le Fort Sainte-Anne, dont on a parlé, avait été asû- T tmZ^wn' P^"*^ "'^^ rendez- vous, fixé au 28 septembre ; îiéKBVTROBcoRM. qucIqucs détachements de troupes n'y étant pas arrivés assez tôt, M. de 'i'racy ne put partir de là, avec le gros de Tarmée, que le 3 o<î^obre. Toutefois M. de (>ourcelles, par un ellet de son impatience ordinaire de se trouver aux occasions, était parti quelques jours auparavant un ce quatre cents hommes, tandis que M. de Chambly & M. Berthier, commandants des Forts Saint-Louis & de 0)ReiAtiondej666, TAssomption, ne devaient partir que quatre jours après jv«.Le.t dcMiricde M. de Tracv pour former l'arrière-earde (4) M. de Rép. A 10. pentigny commandait les habitants Français de Québec

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