MARCHÉS PUBLICS ÉTABLIS
(i) Greffe de Villc-
conllruisit alors un moulin à eau sur le fleuve Saint-Lau-
• ri i^j^f • 1 a j iw8. Jugeaient d«
rent, qui fut la propriété d Olivier Charbonneau & de m. d'Aiiicbouft. Pierre Dagenets (i), & ensuite un autre que le Séminaire (a)Greife^ vuieiit établir au pied du courant Sainte-Marie (2). ^ttmy^iGjo! '
Pour la commodité des particuliers, qui avaient à se Ér^Bu&sEntwTutiiA»pourvoir des choses nécessaires à la vie, & aussi pour ^*îïî'îf"^ÎI 1 avantage des gens de la campagne, qui désiraient de mc. vendre leurs denrées ou s produits de leur indulhie, C6lbert voulut qu*on tint chaque semaine des marchés publics(3): &, en conséquence, le Conseil souverain avait ( ^ Ar bUcs la statué qu*à Québec un marché aurait ueu les mardis & tapiihw, » oc. vendredis de chaque semaine. A Villemarie, on n'avait «obre 1670. point établi cet usage ; ëc il arrivait de là que les marchands de Québec, ceux des Trois-Rivières 8i d'ailleurs, qui ve- a naient y trafiquer, étant obligés d'acheter des vivres dans les maisons des revendeurs, les payaient au delà de leur valeur ordinaire. Pour mettre fin aux plaintes de ces marchands, les seigneurs de Montréal résolurent d'établir un marclic qui devenait surtout nécessaire l'été & le printemps, où les étrangers affluaient en plus grand nombre ; & comme ceux-ci, qui se rendaient ainsi à VUlemaric pour le commerce^ se logeaient dans les maisons bâties le k>8g. de la commune, ou dans des boutiques 6c des cabanes, volantes établies sur le bord de Teau, le Séminaire, qui avait principalement en vue k commodité & la satisla^on de ces marchands, deftina pour le Heu du marché un terrain situé devant la maison seigneuriale, en face du hangar, d'environ cent pieds de front, sur toute la profondeur qui se trouverait jusqu'au fleuve, en se réservant néanmoins la libre disposition de cet emplacement lorsque le marché aurait été transporté a la haute ville. C'eft le ter- JjJi^'ïlv.uei'ariî rain qu^occupe aujourd'hui Thôtel de la douane. Ce projet énbHtMmentdumir' fut soumis à Tintendant du Canada, qui l'approuva & le confirma de son autorité en ordonnant aux juges des neni, 5 août 1676. seigneurs de veiller à son exécution (4), En consé- °a "^^^Vœb^e quence, il fat établi à Villemarie un marché public (5) qui
devait avoir lieu tous les mardis et vendredis de Tannée, avec défense aux habitants de la campagne de porter de la volaille, des œufs, du beurre d autres denrées dans les maibons, avaui de les un on exposées au marché jusqu'à une heure déterminée; &, pour que ceux-ci pussent s'y rendre commodément, le marché devait commencer à ' huit heures en été, A neuf heures en hiver, & finir à onze ^ heures avant midi. Enfin, comme il n'y avait point encore
d'horloge publique dans le pays, il fut convenu qu'on mettrait la cloche de la paroisse en branle, afin d'avertir du commencement & de la clôture du marché. Nous entrons ici dans tous ces détails, pour faire connaître I origine & le progrès des i^ges & des inflitutions de la colonie.
AMurr HomiATiMas Nous ajouterons que, \ argent monnayé étant alors cia,*^ii£«w mrvL' ^""^ Canada, les ventes se faisaient quelquefois en rugjn. tout ou en partie par des échanges : ce qui fût la première
manière de trafiquer dans l'origine de chaque nation. Ainsi, la Sœur Bourgeoys, achetant une terre, donne en payement au vendeur deux bœufs, une vache, une paire (1) Gictte de Ville- de bas & le refte de la somme en argent (i). M. Souart, Xt^AO^ ^^^'^^ planches, donne à Urbain Tessicr cent •
Baiaet. Cinquante livres en or, que M. Jacques Le Ber devait
employer à l'achat d'un bœuf pour le profit de Teissier; & celui-ci s'engage à donner à M. Souart deux cents planches de pins à la Saint-Michel & cent à la Saint- Ci) Jtu., 9 aviii Martin (2). On comprend assez que le numéraire, consi- ****** déré en lui-même, ne pouvait fournir aux particuliers
leurs besoins, dans un pays qui ne produisait rien encore, & que bien des particuliers préfénuent pour cela les denrées A l'argent. Aussi M. Talon, qui en fit bientôt lui* même l'expérience en arrivant en Canada, écrivait A Colbert, le 4 oAobre 1 665 : a J'ai envoyé à Montréal une « partie des marchandises que j'avais achetées en France « pour mon compte, afin d*en faire ici des échanges, < parce que l'argent n'y fait pas pour la subsiftance des