‹ Histoire de la colonie française au CanadaChapitre 91 sur 182 · PRIX DES DENRÉES · texte numérisé non relu

PRIX DES DENRÉES

dillin^ion d'argent de France ou du pays, on était censé prendre alors le numéraire au taux qu'il avait en Canada.

Xltl.

Pour ne rien négliger de ce qui peut faire connaître m» « rhilloire commerciale de la colonie, nous ajouterons ici quel était le prix des denrées les pîus usuelles dans ces anciens temps. Avant Tarrivée des troupes du Roi, ^ dans les circonllances diiliciies où I on s était vu exposé tant de fois, par exemple sous M. d'Argenson, le minot de blé pesant soixante livres, mesure de Paris, Bt contenant trois boisseaux de France ( i), s'était vendu alors jusqu*à huit (O ^^^^ '^'^ ^arie livres; & pareillement le minot de pois & le minot de blé te lo'^^' dinde (2) . Mais ce prix variait, selon les circonflances (^j Bibliothèque du des temps & de la guerre. Aussi, M. Boucher, dans son i^"J5igSZl?V.! Hijloire naturelle de la Nouvelle- France, écrivait qu'en pw«crit m<folio,n*3*> i663 le minot de froment valait cent sous & quelquefois six francs (3). Après l'arrivée des troupes, ce prix fut (^^ HUtoirc naturéduit encore par M. de Tracy. « Il a établi la police sur France* J*r ^ Sa « le prix du blé, écrivait alors la Mère de l'Incarnation; cher, p. 1 36, 137. « de cinq ou six livres que valait le minot, il ne se vend « plus que trois livres (4). » Enfin, en 1669, des créan- i-eu«i de la

' f ^ A J • \ 1 1.1* J Mère de l incarnarion,

aers furent obligés de recevoir en payement le blé de kttre 70, p. 600. leurs débiteurs, à raison de quatre livres le minot, ce qui pourtant était alors inférieur au prix onfinaire (5). Sous ^"^1^ & rigic- M. d'Aiigenson, une barrique de cinq cents anguilles se rieur. QixSbtç, isss.

vendait de vingt-cinq à trente francs. Le cent de planches >9«»"» «fi^p> 47» ayant chacune dix pieds de long, dix pouces de lai^e &

un pouce d'épaisseur, valait cinquante livres. Le beurre se vendait de douze à seize sous la livre ; un bœuf de sept à huit ans, bon pour la boucherie, deux cents livres; une truie ordinaire, trente' livres ; un porc bon à être tué, de quarante-cinq à cinquante livres.

La journée d*un maçon, d'un charpentier, d^un me-

antérieurs â Tannée 1673, & même à l'année 1668, oli Ton fait la diftinfUon de l'argent de Fnnoe d^tovec celui du Canada.

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m" PARTIE. LOUIS XIV.

nuisier, était pavée à raison de quarante sous ; celle d'un bon manœuvre, trente sous. Les engagés ou domelliques, après leur temps Je service accompli, se louaient à raison de trente à quarante-cinq écus par an, quoique leur nourriture coûtât aux maîtres deux cents livres. 8e dans les années difficiles trois cents. Nous voyons cependant qu en i663 les journées d'hommes, pendant llûver» lorsqu'on les nourrissait, étaient payées à raison de vingt sous, & de (i) Hifloirc natu- trente sous pendant l'été (i). Mais après Tarrivéc des

relie de la Nouvelle* ^ ■ t^*

France, par M.Bou» troupes, & à mesure que la population augmenta, le pnx dMTip. 137. des journées sembla croître en proportion. Ainsi, le 17 odobre 1667, le Juge de Montréal déclara, par un

(a) Archive* du Se- at\c pubHc, sur Tattcftation de plusieurs particuliers notaminairc de Montrai; |^]^^ ^^^^ joumées des manccuvrcs valaient alors dans

inventaire de Pans, ' ' '

17 octobn «667. cette île quarante sous, 6c celles des artisans trois livres (2).

nuMCHtmvovKb^MK- Ceux-ci. pour travailler de leurs mcticr>, n'étaient point obligés, en Canada, d avoir obtenu auparavant des lettres de maîtrise. On sait qu'en France, ceux, au contraire^ qui avaient été reçus maîtres dans quelque profession étaient seuls autorisés à travailler de leur métier, non plus simplement comme ouvriers ou manœuvres, mais comme chefs de maison, & d'étaler publiquement des marchan» dises en vente dans le lieu de leur résidence ^ ailleurs.* En Canada, il suffisait à un ouvrier, pour jouir de tous ces avanto/^'cs, Je s'établir dans le pavs. Si Ton en excepte quelques branches d induftrie particulières, réservées pour un temps à quelques-uns en vue du bien public, toutes les vacations étaient libres, & chacun pouvait les exercer sans lettres de maîtrise quand il s'en jugeait capable. Il eft même a remarquer que, longtemps après cette époque, les seigneurs de Montréal ayant fait conflruire par Simon Sicard, charpentier, demeurant ordinairement à Longueuil, l'un des premiers moulins à scie qu*on ait vus en Canada, un prêtre de cette communauté, charmé d*en voir marcher le mécanisme avec tant de régularité & d'accord, dit, en exprimant sa satisfadtion, que sll jr

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