FRANCHISE DES ARTS LIBÉRAUX
avait maîtrise en Canada^ il en procurerait des lettres à
Sicard, qui s'était si fort diQingué dans cet ouvrage. Celui-ci fut si satisfait de ce témoignage, qu'il le fit conflater dans un atle public qu'il déposa au prcfîe de Villcmarie, afin que cet acte lui tînt lieu, en quelque sorte, de lettres de maîtrise (\). Il eft vrai qu'en i658 Jean Madry, chi- (o Greffe de vuicrurgien à Québec, se trouvant en France, obtint du sieur ASeChiumoni*^ François Ikirnoin, premier chirurgien ordinaire du Roi & prévôt du collège royal de Saint- Corne dans l'Université de Pam> aoa-seulement des lettres de chirurgien pour lui-même, mais aussi le pouvoir d'^ablir en Canada la mattrise de chirurgie dans toutes las villes & bouiigades^ afin, dit ce prévôt, « que, dans leurs besoins, les passants 1 & les habitants puissent être mieux & sûrement servis, « pansés & médicamentés (a). » Mais ces lettres, quoi" [i) Rci^iftre iks inque enregiftrées au Conseil souverain de Québec, n'ont eu »inu««on»duConsca
. . , , . . . j, souverain de Québec,
aucune suite a 1 égard de ceux qui désiraient d exercer de loô^ * 16s., a.
la chirurgie, h nous ne voyons pas que Madry en ait n* », foi. 7, verso, jamais tiré aucun avantage contre eux.
Jean Martinet, sieur de Fonblanche, né au Mous- FRANCHISE PMIlL'nBlI'
tiers-Saint-Jean, en Bourgogne, paroisse de Saint-Paul, |^^e^»w«ww^' diocèse de Langres, exerçait la cbirur^e à Villemarie, où il épousa Marguerite Prudhomme, fille de Louis (3); & <3)Grafe de viiienous lisons que, quelques années après son mariage, il «wrie. t3juiii« i67<»> reçut pour son apprenti Paul Prudhomme, son beaufrère, promettant de lui enseigner, dans Tespace de trois ans & demi qu'il le retiendrait auprès de soi, son art de chirurgien & tout ce dont il s'occupait 6* entremettait dans cette profession Ces dernières expressions se rappor- . ibid^ iS janvier tent non-seulement à la chirurgie proprement dite, mais 'm- A«e dcBssscr. encore à la médecine ëc à la pharmacie; car les premiers officiers de santé, en Canada, étaient médecins, pharmaciens êt chirurgiens tout à la fois : ils traitaient les malades, préparaient les remèdes ët opéraient les blessés. Si, cependant, dans les a€tes publics, on les qualifie simplement du titre de chirurgiens, ainsi que sur les vaisseaux
on donnait ce nom à Tofficier de santé qui accompagnait l'équipage, c'eft que, dans un pays où l'on avait été sans cesse exposé à en venir aux mains avec les Iroquois, comme à Villemarie, dont même presque tous les premiers colons avaient péri par les armes, Tart de la chirurgie ciait J une nécessité plus pressante 6. d un Ui>agc . plus fréquent. Il eft même à remarquer que ces chirurgiens se trouvaient en assez grand nombre & Villemarie; du moins du 8 juillet 1669 jusqu'à la fin de Tannée suivante» nous en voyons cinq : Etienne Bouchard, Fores-
(1) Gfdiè de Ville, tier (i), René Sauvageau de Maisonneuve, Jean Rouxel marie, 24 ianv. ,67 .. Je la RoussiUièrc (2) & Jean Martinet de Fonblanche (3).
(2) 8 juillet ^ , ^, ...
,G6(j. On a peine a comprendre comment dans une ville si peu
(3> i3 jauiet populeuse, & alors que les premières paroisses se forniaient à peine dans les cn\'irons, cinq chirurgiens aient pu subsiûer de leurs honoraires.
A68oci»TioN»D*ou- Aussï voyons-HOus que plusieurs s associaient cnsem- TxiERs cHiRUMism j^jg g^^jj trouver dans leurs clientèles réunies assez
ASSOCIÉS. • a •
d^occupation pour fournir à leur entretien, comme nous avons vu que plusieurs ouvriers s'associaient entre eux pour ce même motif. Ainsi Bouchard s'était associé avec Foreflier, & Sauvageau de Maisonneuve avec le sieur de la Roussiilière. Pour faire connaître ici les moeurs de ces remps anciens, nous ajouterons que, par leur contrat d'association, ces deux derniers avaient mis en commun, pour Tespace de quatre années, tous leurs biens, meubles, vivres, marchandises, pelleteries, tous les fruits qu'ils avaient recueillis de la terre, leurs inllruments de chirurgie, leurs médicaments, enlin tout le revenu . qu'ils tiraient de leur labeur & de leur induitrie. Us convinrent que, pendant ces quatre années, chacun d'eux s'emploierait au profit de la société autant qu'il serait en son pouvoir, sans faire, à l'insu l'un de Tautre, aucune dette excédant la somme de cinq sous, si ce n'itaît dans une nécessité pressante, & pour empêcher la perte de quelqu'un des biens des deux associés ou quelque dom-