CARTE DRESSEE IH)L 1^ LA (.A^VRA(.^E
Ou .'ont représentée le Lac Clutmplain.
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Fort Sî Louis
jUil fUir .V lie Chaiiihlji fur la riiièrf t/m- IroqitoU
Echeiir dnr f'arU
Fort S'r Thérèse
J\iU fuir Mr, le Snlièiw sur la rivière drt Iroquour
l 'r^fltrtr^thautde i.i i/iedf. auee double pittùiftiàie tfui (/ itne batufueile en dejuiis i-leuéedaii fniti et d.-riii iiii de^^iAdusal
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Boston,
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CONSTRUCTION DE FORTS. l665.
Saut de Richelieu, 8: le troisième en\iroii trois lieues plus haut que ce courant. Le premier Fort fut conltruit par M. de Sorel, à Taide de cinq compagnies du régiment de Carignan que M. de Tracy lui avait envoyées; on Tappela de Richelieu, du nom de la rivière, & ensuite de Sorel, lorsque le roi en eut fait don à ce capitaine, qui en avait alors le commandement. C'ell: le plus ancien des Forts du Canada dont le plan détaillé soit parvenu jusqu'à nous. M. Talon joignit ce plan à sa dépêche du 1 1 novembre i663, & nous le placerons ici comme Tun des monuments les plus authentiques de l'hilloire militaire de ce pays.
Le second fut bâti au pied du rapide de la rivière de Richelieu. On appelle rapide en Canada, non pas un simple courant deau, mais un courant causé par une pente si considérable que Teau forme des bouillons qui tombent quelquefois de trois ou quatre pieds de haut (i), & davantage encore. On conlfruisit ce Fort en face même
l ORÏS SAINT-I.OUl S, SAINTE-THÉRÈSE, SAINT-Ji:.\N, SAINTE-
(i) Récit du vo)agc
(.le M. do Courccllcs,
, ... par M. Dollier. Biblio-
du rapide, ahn de pouvoir de là tirer impunément sur les thôque imper, sup- Iroquois qui navigueraient sur la rivière, & qui, au milieu ^'''^'"■' de ces bouillons, seraient incapables de se défendre, obligés de donner toute leur application à la conduite de leurs canots. Ce Fort fut commencé dans la semaine où on célébrait la fête de saint Louis, ce qui le fit appeler d'abord du nom de ce saint; mais comme ilavaitétéconftruitparM. de Chambly, à l'aide de cinq autres compagnies du régiment de Carignan (*), & que ce capitaine, qui en avait ensuite été établi Gouverneur (2), le reçut en don, il fut nommé de Chambly. M. de Salières, colonel du régiment, voulut
^'2, Journal des Jésuites, i 5 nov. i665.
(*) Le P. Le Mercier, dans la Relation de i665, attribue la construction du Fort Richelieu à M. de Chambly, & celle du Fort Saint- Louis à M. de Sorel. C'eft une confusion qu'il a faite entre le nom de l'un & de l'autre; car sur la carte du pays des Iroquois, jointe à cette même Relation, & où l'on a gravé les plans de ces deux Forts, on lit, au contraire, que le Fort de Richelieu a été' refait par M. de Sorel, & que celui de Saint-Louis a été fait par M. de Chambly.
126 m* PARTIE. LOUIS XIV.
prendre pour lui-même le Fort le plus avancé vers les ennemis, comme devant être conftruit dans le plus dangereux de tous ces polies. On n'espérait guère qu'il pût être terminé avant la chute des neiges, n'ayant été commencé que bien tard ; mais le colonel, qui avait blanchi sous les armes, & à qui le nombre des années n'avait rien ôté de sa vigueur ni de son courage, mit le premier la main à l'œuvre, & anima tellement les soldats par son exemple que le Fort fut heureusement achevé le 1 5 odobre de cette année i665. On l'appela de Sainte-Thérèse, du nom de la (i)Reiationdei6G5, saiutc dout OU faisait la fête ce jour-là (ij; & comme il p. 10. Journal des Je- ^ygj|- ^^^ conftruit auprès d'uu autre rapide de la rivière de
suites, i5 oct. i(jD5. a a
Richelieu, ce rapide eff aussi appelé du nom de Sainte- (2) Relation de 1 663, Thérèse sur les anciennes cartes (2). Bien plus, après P- '°- avoir fait conftruire un baftion à ce dernier Fort, M. de
Salières envoya dix-huit ou vingt hommes qui s'avancèrent sur le lac Champlain, où l'on avait dessein de construire, dès le printemps sui^'ant, un quatrième Fort pour faire de là des sorties sur les Iroquois s'ils ne se rendaient Ci) ibid., ^. 10. à la raison (3). On en conlfruisit un devant un autre rapide de cette rivière^ & on le nomma de Saint- Jean , nom que, sur les anciennes cartes, on voit donné aussi au rapide lui-même; & c'eft apparemment ce Fort qu'on trouve appelé aussi de l'Assomption, dont M. de Berthier était commandant Tannée suivante. Enfin on établit un cinquième Fort dans une île du lac Champlain, à quatre lieues de son embouchure : il fut nommé de Sainte-Anne 8c conftruit par M. de Lamotte, capitaine du régiment de (4) Journal des Je'- Carignan (4). Ces deux derniers Forts, ainsi que celui de suites, 20 juin. 1^66. Sainte-Thérèse, où Ton tint d'abord garnison, furent
Relation de 1666, p. 8. . , , , n /- . i > ^
ensuite abandonnes & enfin tombèrent en ruines.
VH. ^ , •„
LKs TROUPES EN (juAR • Pour eucourager les travailleurs par sa présence ,
TiER d'hiver. ^\ de Courcelles, lieutenant général, alla visiter ceux des trois premiers Forts. De retour à Québec, il assigna des quartiers d'hiver aux troupes; & M. de Salières, déjà revenu dans cette ville, reçut ordre d'aller hiverner à Ville-
CONSTIUCTION DE FORTS. 1 665 . 1 27
marie, pour laquelle il s embarqua le 4 novembre de cette année i\ « Les compagnies du régiment de Carignan, (o Joumni çies jci< dont plusieurs sont composées de soixante-six hommes, ^"'^'^^' -" °^^"'^^'^ *'^ écri\ait à ce sujet M. Talon à Colbert, vont être distribuées dans les forts commencés pour y passer Thiver, 8c aussi dans les trois habitations : Québec, les Trois- Rivicres & Montréal. Les denrées manquent dans les 0 magasins de la Compagnie; j'ai envoyé à Montréal des « marchandises, &:, de Tavis de M. de Tracy, j'y ai joint . quelques munitions tirées du magasin du Roi pour être « dillribuées aux habitants. Mais, en retour, je prétends « recevoir d'eux du blé ou des légumes pour la subsis- (' tance des soldats, & même des peaux d'orignaux pour « faire de grands canots, bien plus sûrs pour la naviga- « tion que ne le sont ceux d'écorce (2). » C'efl que déjà, {2) Archives do la avant l'arrivée de M. Talon, M. de Tracy avait commencé, "^f "'^;^'^,f ^'^'^ ^-î' dès le mois de juillet, de faire conflruire un grand nombre iG65. de bateaux plats pour le transport de Tarmée (*).
Il était naturel que l arrivée des troupes, la conftruc- garacontié en AsmAstion des Forts 8c tous ces préparatifs de guerre inspirassent S'^°^- préparatifs de la crainte aux nations Iroquoises, dont, en effet, plusieurs s'empressèrent d'envoyer des ambassadeurs à M. de Tracy pour détourner l'orage qui allait fondre sur elles. Les premiers qui vinrent dans ce dessein lui furent présentés au mois doclobre i665, entre autres, comme nous l'avons dit, Garacontié, ce fameux capitaine Onnontagué qui avait toujours signalé son zèle pour les Français, & employé le crédit qu'il avait parmi les siens pour tirer de leurs mains ceux des nôtres tombés en esclavage. Après que M. de Tracy lui eut témoigné, par les présents ordinaires, qu'il lui donnerait une favorable audience, Garacontié lui fit une harangue pleine de bon sens 8c d'une
{\ « On fait ici un grand appareil de petits & de grands bateaux « plats, écrivait Marie de l'Incarnation, pour passer les bouillons qui (3,i Lettre 70% 2S « se rencontrent dans les Sauts {3). v . juillet i6G5, p. Goo.
DE gui:rri:.
éloquence qui n'avait rien de barbare. Mais cette harangue n'exprimait que des civilités^, des offres de services &. d'amitié de la part de sa nation, & des vœux pour un nouvel établissement de missionnaires à Onnontagué. Il conclut en faisant voir avec modeflie tout ce qu'il avait fait en faveur des Français, & leur demanda, pour toute récompense, leurs bonnes grâces & la liberté de trois prisonniers de sa nation. Sa harangue fut interrompue par la cérémonie ordinaire des présents : à chaque point de son discours, il mettait un présent aux pieds de M. de Tracy. De son côté, M. de Tracy répondit à ses demandes avec toute la bonté que l'autre pouvait souhaiter. Non-seulement il lui accorda les trois prisonniers & lui promit la paix & la protedion du Roi de France pour sa nation, il lui fit encore espérer la même grâce pour les autres tribus iroquoises, si elles aimaient mieux se porter d'elles-mêmes à leur devoir que de s'y laisser contraindre par la force des armes. Cependant, comme Ton ne devait rien attendre de ces nations qu'autant qu'on paraîtrait en état de pouvoir leur nuire, comme l'expérience du passé l'avait prouvé tant de fois, on ne laissa pas, malgré ces ambassades, de continuer les préparatifs pour une expédition militaire contre celles de ces nations avec qui il n'y avait pas de
'r, RcLilion de 1666, • i /- \ .
; 3 ^ ' paix conclue (i).
LES oNNEiouTs ATTA- Plusicurs dc cclIcs-ci, loin de partager les sentiments de
•iUENT DES FRANÇAIS Garacoutlé, étaient alors armées contre nous, & pendant
l-.T DES SAUVAGES ri • • I T-i 1 1 »
niRÉTiENR. que nos troupes conitruisaient les rorts dont on a parle,
des sauvages d'Onneiout osaient bien recommencer leurs hoflilîtés, & contre les Français de Villemarie, & contre les sauvages alliés de la France. Car ce fut alors même qu'ils prirent à Villemarie & emmenèrent prisonnier dans leur pays ce jeune colon, âgé de dix-huit ans, nommé Michel (juibert, qu'ils brûlèrent cruellement l'année sui-
(2) Rcgifirc de la vantc daus leur village (2), & que pareillement ils défirent, paroisse de viiicma- ^.^^^ j^ ^^^^ appelé la Petîte-NatioJi, au-dessus de l'île de
ne, 29 juin iCG'). ^ ^ '
Montréal, des Algonquins, au nombre de vingt, avec leurs
PRÉPARATIFS DE GUERRE. l665. 1 29
femmes & leurs enfants (i). La crainte de tomber entre ;i) Journal des jeles mains des Iroquois porta alors les chrétiens Algon- suites, 28 oét. iô(j5. quins à aller se camper, avec leurs familles, auprès des nouveaux Forts pour se mettre sous la protedion des soldats qui en faisaient la garde, 8c là ils se livraient en toute assurance à de grandes chasses dans ces endroits mêmes où les Iroquois avaient coutume de trouver auparavant quantité de pelleteries. La chasse y était si abondante que chaque jour ces Algonquins prenaient, dit-on, plus de cent calfors, sans parler des orignaux & d'autres bètes fauves. C'était une grande ressource pour les Français des Forts; car si ces derniers défendaient les Algonquins, ceux-ci, à leur tour, nourrissaient les Français de la chair des bêtes qu'ils prenaient, après en avoir enlevé les peaux, qu'ils portaient ensuite aux magasins du pays. « M. de Tracy, rapporte la Mère Marie de Tlncarnation, « me dit, il y a peu de jours, qu'il avait mandé tout cela « au Roi avec les autres avantages que Ton a pour faire v< la guerre à Tennemi juré de notre foi (2). » Si cette Reli- (2) Leu. de la Mère gieuse s'exprime de la sorte en v^arlant des Iroquois, c'efl '^~ ''^'^'^■'''■"^^'^n, let-
" . . \ ^ . ^ ' tre 72% 2(| 061. \f>bb,
qu'on faisait entendre aux soldats Français que la guerre p. 6oS. qu'on allait entreprendre était une guerre sainte, où il ne s'agissait que de la gloire de Dieu & du salut des âmes; 8c pour cela on tâchait de leur inspirer de véritables sentiments de piété & de faire régner la dévotion parmi eux. M Ce qui les anime tous, ajoute-t-elle, c'efi: qu'ils vont « combattre pour la Foi. Il y a bien cinq cents soldats qui .3^ ^^^^ ^g,^ ^j^.^.^ « ont pris le scapulaire ; c'eif nous qui les faisons, à quoi Je rincamation, <i nous travaillons avec bien du plaisir rS). » ^'"^ ^°'' ^''' '^^
i^ \ / p. (joo, 004, 007.
M. DIîOOURCELl. ES FOR- ME UN PARTI DE GUERRE POUR ATIA- Q.UER LES A'iNIERS-
On résolut donc d'aller en guerre contre celles des nations Iroquoises avec lesquelles il n'y avait point de paix conclue, & comme parmi celles-ci les Agniers se montraient les plus audacieux, on arrêta d'aller les attaquer dans leurs propres villages. M. de Courcelles, qui fut chef (4) Hiftoiredu Mande cette expédition, se donna des peines incroyables (4) f'^'d', parM.Doiiierde afin d'en assurer le succès, & iit toutes les diligences pos- iTôg"'