‹ Histoire de la colonie française en CanadaChapitre 107 sur 326 · TOME III. g · texte numérisé non relu

TOME III. g

l3o III^ PARTIE. LOUIS XIV.

(i ) Relation de KiGG, sibles pour hàtcr le départ (i). Il devait être accompagné

p- ''• de M. du Gas, qu'il prit pour son lieutenant; de M. de

Salampar, gentilhomme volontaire; du P. Pierre Raf-

feix, jésuite, & de trois cents hommes du régiment de

(2) lùu. Carignan (2), avec environ une centaine de Français du

(3) Journal des Je- pays (3). D'autrcs sc joignirent à lui sur la route; car la suites, () janv. 1ÔG6. relation de cette année rapporte qu'il avait deux cents

(4) Relation de 16G6, volontaircs, habitants des colonies Françaises (4), & il eu P' ^'' certain que, dans cette première expédition, il eut avec lui

soixante & dix hommes de Montréal, commandés par Charles Le Moyne. Mais, quoiqu'on eût de bons soldats & des officiers exercés au métier des armes, la campagne ne fut pas heureuse, & nous y perdîmes bien des hommes; ces officiers, tous encore sans expérience du pays, ayant ^ Af . voulu faire la guerre à la manière d'Europe, malgré tout

(5j HiltoireduMont- ^ ^ r ^ o

réai, par M. Doiiierde cc qu'oii put leur dire pour Ics détoumcr de cette taéfique casson. de i6o5 à très-désavantatieuse en Canada (5).

MM.GRi': i.uivER M. DE Ce uiauvais succès mit à découvert la faute irrépa-

couRCELi.ESPART rg^le qu'avait faite M. de Tracy quelques mois aupara-

POUR LE l-AYS DES . , -JA/ïJA/r-

^^.^.,j,^5 vant, en se privant, par le renvoi de M. deMaisonneuve en

France, des sages conseils & de Texpérience de cet habile Gouverneur. On a vu déjà que M. d'Argenson, dans son mémoire à la Cour, touchant les moyens de faire la guerre aux h-oquois, avait marqué qu'on ne devait pas l'entreprendre l'hiver, & si M. de Tracy eût passé seulement une année en Canada, il aurait renoncé à une si téméraire entreprise. Mais à peine débarqués, & sans avoir encore expérimenté la rigueur des frimas du pays, ce général, aussi bien que M. de Courcelles & les autres, crurent en triompher par leur courage, &. jugeant qu'il était trèsimportant de donner aux Iroquois une haute idée des

(G;iiiii„ircdu.Mont- troupcs Françaises, ils résolurent d'aller les attaquer dans '■'-••';. ^^'' ^'; ^^°"'" leur pays aussitôt que les glaces seraient assez solides

lie Casson, de iGoo a -i -' ^ '-'

16G6. pour porter la petite armée (6). M. de Courcelles partit

(7)ReiationdciGGG, ^-,^1^,^ (jg Québcc le Q de janvier iC66 h), c'eft-à-dire dans

p. G. Journal des Je- , , ,, , ' y ^■> ^• • i r • j /x i i

suites, o janv. 1666. le temps de 1 année où, d ordinaire, le troid elt le plus

i""'" ExrKDiTiON contrl: Li:s a(".nil:hs. iGGô. i3i .

piquant dans la Nouvelle-France. D'ailleurs la marche ne pouvait être que très-lente, chacun ayant des raquettes aux pieds pour pouvoir marcher sur la neige, & tous, sans en excepter les chefs, ni même M. de Courcelles, portant sur leur dos vingt-cinq ou trente livres, en biscuits, couvertures & autres provisions nécessaires, & ayant enfin trois cents lieues de chemin à faire, dans cet équipage, sur les neiges & sur les lacs. A peine pourrait-on trouver, dans toutes les hiltoires militaires, une marche plus difficile & plus longue que ne le fut celle de cette petite armée ; & il fallait assurément un très-grand courage & toute la constance de M. de Courcelles pour oser l'entreprendre. Outre l'embarras des raquettes, qui sont des espèces d'entraves fort incommodes, surtout à ceux qui n'ont pas l'habitude de s'en servir, 8c outre l'incommodité des fardeaux que chacun portait, il fallait traverser continuellement des lacs &: des rivières gelés, avec danger de faire autant de chutes que de pas, ne coucher que sur la neige au milieu des forêts, & souffrir un froid qui passe de beaucoup la rigueur des plus rudes hivers de l'Europe.

Aussi, la troupe étant partie le 9 janvier de Québec effets désastreux de & de Sillery le lendemain, plusieurs, dès le troisième jour, eurent le nez, les oreilles gelés, comme aussi les genoux, les doigts ou d'autres parties du corps, & le refte couvert de plaies. Quelques autres, entièrement engourdis par le froid, seraient même morts sur la neige si on ne les avait portés, quoique avec beaucoup de peine, jusqu'au lieu où on devait passer la nuit. Les sieurs de la Fouille, Maximin &L Lobiac, capitaines au régiment de Carignan, ayant joint, le 24 de janvier, cette petite armée aux Trois- Rivières, avec chacun vingt soldats de leurs compagnies & quelques habitants du lieu, le froid les éprouva, dès le lendemain , plus rudement encore qu'il n'avait traité les autres les jours précédents; & l'on fut contraint d'en rapporter plusieurs aux Trois-Rivières, dont les uns avaient les jambes coupées par les glaces, & d'autres les mains,

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