EXPKDITION CONTRE LES AGNIERS
dure par un commun (Conseil de toutes ces nations, qui, en etiet, avaient leurs députés réunis dans cette ville, 8c on ne doutait pas que les Agniers ne fussent véritablement disposés eux-mêmes à y donner les mains. Mais un jour que M. de Tracy avait invité le bâtard Flamand & un autre capitaine Agnier à sa table, le discours étant tombé sur la mort de M. de Chasy, le chef Agnier, levant le bras, dit que c'était ce bras qui avait cassé la tête à ce jeune officier. On peut juger quelle fut Tindignation de tous ceux qui étaient présents. Al. de Tracy, prenant la parole, dit à cet insolent sauvage que désormais il ne tuerait plus personne, & sur-le-champ le lit étrangler par le bourreau en présence du bâtard Flamand, qu'il retint prisonnier (*) . Ainsi cette seconde expédition n'eut aucun résultat, non plus que la première, & fit juger qu'il fallait employer la force des armes pour réduire enfin les Agniers.
(*) M. de la Potherie, dans le récit fort inexact qu'il fait de cette affaire, a mêlé des circonflances qui pourraient n'étrç pas dénuées de fondement. Il rapporte que les Iroquois, au nombre du quarante, arrivant à Québec, criaient depuis la basse ville Jusqu'au Fort, & pendant un quart de lieue de chemin, répétaient avec clameur ces paroles : Onontio, Onontio, ho, ho, Squenon, Squenon, qui veulent dire, ajoute-t-il, notre père, donne-nous la paix. Qu'enfin, celui qui fut pendu s'appelait Agariata (i). (i^ Hiftoire de l'Amé-
rique septentrionale, t. II, p. 85.
l38 m'' TARTIE. LOUIS XIV.