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DES AMBASSADEURS POUR TRAITER DE LA PAIX

l34 111^' PARTIK. LOUIS XIV.

.ES iROûLois ENVOIENT Malgfé Tinutilité de cette tentative^ dans laquelle nous

perdîmes le sieur d'Ai£,Temont, sans compter les soldats tués & ceux qui furent emportés par le froid ou par la famine, les Iroquois ne laissèrent pas de concevoir une grande crainte des armes Françaises; &, dès le mois de mai suivant, on vit arriver à Québec des ambassadeurs Sonnontouans demandant pour leur nation la protection du Roi de France & la continuation de la paix, qu'ils prétendaient n'avoir jamais violée par aucun acle d'hoftilité contre nous. M. de Tracy refusa d'abord trente-quatre présents qu'ils lui otîrirent. Voyant ensuite que ce refus leur était extrêmement sensible & qu'ils le prenaient pour la dernière injure qu'on pût leur faire, il les accepta enfin en leur répétant que ce n'était pas leurs présents, ni leurs biens, que désirait le Roi de France, mais leur véritable bonheur & leur salut; qu'ils recevraient toutes sortes d'avantages en se confiant à sa bonté; & que pareillement les autres nations en ressentiraient les effets les plus favobles, si elles avaient le même soin de l'implorer en envoyant au plus tôt leurs ambassadeurs. En elfet, on vit bientôt arriver ceux des autres nations Iroquoises, spécialement d'Onneiout & même d'Agnié; en sorte que les députés des cinq nations se trouvèrent presque en même temps à Québec, comme pour contracter & affermir, d'un commun consentement, une paix durable avec la France. Dans le dessein d'y mieux parvenir, on députa alors avec les ambassadeurs d'Onneiout quelques Français qui avaient ordre de s'informer soigneusement sur les lieux des dispositions de ces peuples, & de voir s'il y aurait sûreté de se fier encore une fois à eux, afin que les armes du Roi ne fussent pas suspendues par une fausse espérance de la paix.

LES IROQ.U01S REcoM- Mals, à pcluc Ics ambassadcurs furent-ils éloignés de

MENCENT I.EI Rs iios- ^^^^ q^ ^^q^^ jouméesCO, Quc , le 4 juin, M. Jacques Le

Tll.ITES. ' 11111

(i) Relation dciû66 , Bcr apporta à Québec la nouvelle de deux meurtres comr- 7- mis depuis trois semaines par les Iroquois à Villemarie 8c

NOUVELLF.S HOSTILITI-S DES IROQIOIS. 1666. l35

-iiu Fort de Chambly (i). Nous lisons, en clfet, dans le (o Journal des Jcregiftre mortuaire de la paroisse de Montréal, que, le suites, 4 juin nx.o. 23 mai, on y enterra un soldat, dit la Jeunesse, de la compagnie de M. de la Frédière, qui y était en garnison, âgé de trente ans, tué par les Iroquois (2). Le 8 juin, des Iro- (2) Rcgiiire de la

^.x--ii • ij^jt 'J paroisse de Villcma-

quois tuèrent a Villemarie un soldat de la compagnie de [..^^^.^ ^^^^^j j^-^^^,^

M. de Varenne, nommé Claude Duparc, âgé d environ

vingt ans, ainsi qu'un autre de la même compagnie, âgé

de vingt-cinq ans, nommé Lavau. Ce dernier, quoique tué

le 8 avec le précédent, ne fut cependant inhumé qu'après

douze jours (3), ce qui peut donner à penser qu'il avait (■''. ^i'''-^-, ^ ^ ^'>

été tué à l'écart, dans les lieux où la prudence n'avait pas '""^ ^^^

permis aux colons daller plus tôt enlever son corps. Bien

plus, le mois suivant, lorsqu'on venait de terminer la

conftruclion du Fort Sainte- Anne dans une île du lac

Champlain, quelques Français de ce porte, étant allés à

la chasse, tombèrent dans une embuscade de sauvages

Agniers qui en prirent quatre, du nombre desquels était

M. de Rôles, cousin de M. de Tracy, & en tuèrent trois :

M. de Chasy, M. de Traversy, capitaines au régiment de

. / ^ / X /*N -4) Journcd des Je-

Carignan, & un autre (4) (*). suites, 20 juillet 1660.

Cette nouvelle & les meurtres précédents firent aus- cierre contri: lks sitôt rappeler les députés Français, & retenir prisonniers vingt-quatre ambassadeurs d'Onneiout arrivés à Québec,

\GNIERS. M DE SOREL VA LES ATTAQIF.R.

(') Le P. de Charlevoix, ass?z peu exacl dans tout ce qu'il dit sur cette i^uerre, assure que les trois officiers tués furent MM. de Chasy, Cliamat & Marin, & il ajoute : Le premier des trois était neveu de M. de Tracy (5). Dans la Relation de 1666, on a écrit par (5) Hiftoire de la erreur C/îM5;^, au lieu de Chasy. — M. de la Pothcrie, dans son Nouvelle-France, li- Histoire de l' Amérique septentrionale, où il suppose par erreur que ^"^'^ ^^' ^- '' r- ^^4ces meurtres auraient eu lieu après l'incendie des villages des Agniers, ne parle que des trois officiers Français pris ou tués par ces barbares & les désigne sous les noms de : MM. de Chasi,de Lerole, de Montagny. Ilajoute (il y a ici quelque omission dans son texte), dont les deux étaient parents de M. de Tracy. Agariata tua MM. de Chasi (G) Histoire d^r\me- & Montagni, quelques autres Français & (les Agniers) emmenèrent lique septentrionale, M. de Lerole dans leur pays (6). t. H, n. 85.

i36 III^ PARTIE. LOUIS XIV.

dans la barque de M. Le Ber, le 6 juillet, avec des lettres (i) Journal des Je- d'Orauge (i). D'après la coutume des sauvages, on aurait

suites, 2 . .uiiet. ^^ fendre la tête à coups de hache à ces derniers; mais, sans suivre cette loi barbare, on jugea que le moyen de

(2) Relation de i6'36, tirer micux raison d'une si noire perfidie (2), c'était d'aller

■'■ ''■ dans le pays des Iroquois pour venger la mort des officiers

tués, & délivrer ceux qui avaient été conduits en esclavage. En attendant, comme on avait tout à craindre à ^'illemarie de la part de ces barbares, on donna ordre d y confiruire de nouvelles redoutes. Le 22 juillet, fête de sainte Madeleine, les chefs de la troupe qui y était en garnison allèrent donc au-dessus de la pointe Saint-Charles & de la rivière Saint-Pierre, comme aussi vers le Saut Saint-Louis, afin de désigner les emplacements où Ton établirait ces redoutes; & peu après on reçut de M. de Tracy un ordre qui obligeait tous les habitants à fournir chacun trois journées pour aider à ces conftrudipns, ce (3) Greffe de \iiie- qui fut exécuté(3). M. de Sorel, qui eut le commandement

marie. Information ^^ ^^^^^ secoudc entreprise, partit avcc trois cents hommes,

contre La hredierc, . .

iHscpt. 1067. dont environ deux cents Français, & parmi eux un bon

nombre de Montréaliftes, & les conduisit à grandes journées dans le pays des Iroquois, avec résolution d y faire main basse partout.

xvni.

M. DE soREi. REVIENT Mals à vlngt llcues de leurs bourgades, ayant ren-

contré de ces barbares, il se disposait à les charger, lorsque le bâtard Flamand qui était à leur tête l'aborde, lui dit qu'il va à Québec traiter de la paix avec M. de Tracy, en lui ramenant les prisonniers Français pris près du Fort Sainte-Anne, & lui offre toutes sortes de satisfadion pour le meurtre de ceux qui avaient été tués. M. de Sorel le crut, &, sans poursuivre son expédition, le conduisit à M. de Tracy, en ramenant avec lui les prisonniers, qui furent en effet rendus. Un autre chef Agnier arriva peu de jours après à Québec, & se donna encore pour député de son canton. La petite armée étant donc retournée à Québec, on ne parla plus que de la paix qu'on espérait con-

S^NS AVOIR RIEN F.AlT

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