I.ES AGKIERS s'É
TAiENT-iLs ENFUIS? flauquée, par les amas prodigieux de vivres qu ils avaient faits, & par la grande provision d'eau renfermée dans des caisses décorées pour éteindre le feu quand ils en auraient besoin , que leur première résolution était toute autre que la fuite, qu'ils avaient prise subitement par la terreur de ^2)Reiationde iô6t3, iios armes (2). Ce vieillard ajouta que, quand ils eurent F-^; 9- vu cette grosse armée, car ils s'imaginaient qu'elle se com-
posait de plus de quatre mille hommes, ils furent si effrayés que le capitaine se leva & dit aux autres : « Mes « frères, sauvons-nous, nous avons contre nous tout le « monde. » Disant cela, il prit la fuite le premier, & tous les autres le suivirent. Cette fausse persuasion touchant le noiTibre de nos soldats , qui fut la cause de leur retraite précipitée, décida du sort de la guerre, & fut regardée comme un effet de la protection du Ciel sur les Français. <i M. de Répentigny, qui commandait nos habitants, dit à « ce sujet la Mère Marie de llncarnation, m'a assuré « qu'étant sur la montagne pour découvrir de là s'il n'y « avait point d'ennemis dans les environs, il jeta la vue « sur notre armée, & elle lui parut si nombreuse qu'il crut « que les anges s'y étaient joints, ce qui le mit tout hors « de lui-même. Quoi qu'il en soit, ajoute cette Religieuse, « Dieu a fait en notre faveur ce qu'il fit autrefois pour le « peuple hébreu, qui jetait l'épouvante dans l'esprit de ses a ennemis, en sorte qu'il en demeurait vidlorieux sans « combattre. Il cil certain qu'il y a eu du prodige dans « toute cette affaire, car si les Iroquois, fortifiés & munis «( comme ils Pétaient, avaient tenu ferme, ils auraient
3* EXPÉDITION CONTRE LES AGNIERS. l66(3. I47
« donné bien de la peine & fait un grand déchet à notre
« armée, hardis 8: orgueilleux comme ils le sont. Nous
X savons par expérience que les Agniers dont nous par-
« Ions ici ne le cédaient à aucune des nations h^oquoises;
« au contraire, elles n'osaient les contredire 8c étaient
« obligées de se soumettre à leurs conseils, les Agniers
« venant à bout de toutes leurs entreprises par la malice
a 8: la cruauté; mais cette déroute les a couverts de la
« dernière des humiliations où une nation peut être ré-
« duite. »
La première chose que fit Tarmée française fut de te deum; crojxarbochanter le Te Deiim pour louer Dieu d'avoir lui-même ^^e avec les armes surmonte ces ennemis par la îrayeur. Les quatre Lcclesiaûiques qui accompagnaient les troupes dirent la Sainte Messe; après quoi Ton planta partout la croix, avec les armes de France, pour prendre possession de toutes ces contrées au nom du Roi. Enfin, pour feu de joie, on livra aux flammes, dans les quatre bourgs, toutes les cabanes, petites & grandes, ces dernières étant au nombre de cent environ (i), tous les Forts, tous les grains, tant ceux qui i joumai des Je étaient amassés que ceux qui étaient encore sur pied dans suites, 5nov. i66(). les campagnes, à la réserve de ce qui était nécessaire pour la subsifiance de l'armée (2). Les cabanes & les lieux de (21 Lettres de Marie réserve étaient même si remplis de vivres, qu'on tient '^^ rincamation, let-
... . . 1 /^ 11 , tre 7 5", p. 614. 61 3.
qu il y en avait pour nourrir tout le Canada deux années Relation de 1 666, p. g.
entières. On conserva cependant & Ton emporta les outils
de menuiserie 8c d autres dont les cabanes étaient garnies, ;3j Lett.de laMLM,:
„:„ • 1 • ^ ^ 1 j- ^ /o\ de lincïirnation, lettre
ainsi qu environ quatre cents chaiidieres (J). 75- p. 617
L'expédition contre les Agniers étant par là terminée retoitr de i.'armée. heureusement, M. de Tracy aurait désiré d'aller à Onneiout pour faire aux bourgades de cette nation le même traitement, mais la saison était trop avancée; il craignit que les rivières ne vinssent à se geler 8: que Tarmée n'eût trop à souffrir dans .sa marche. Quoiqu'elle eût beaucoup souffert des difficultés du chemin en allant, le retour fut
148 m'' PARTIE. LOUIS XIV.
plus fâcheux encore, par suite des pluies abondantes, qui (i) Relation de 1666, avaient enflé les rivières de sept ou huit pieds (i). Dans p" ^* un de ces passages, les Français trouvèrent une si grande
quantité d'eau, qu'il leur était impossible de passer à l'autre bord sans un secours extraordinaire. Comme on ne savait quel parti prendre & qu'on allait de côté & d'autre pour chercher quelque endroit plus praticable. Ton aperçut fort à propos, dans les herbes, de grands arbres creusés en forme de bateaux, que l'on jugea avoir été cachés ainsi par les Iroquois. On les tira de là, &, comme ils étaient propres pour la navigation, on y fit embarquer successivement tous les soldats, qui passèrent ainsi cette rivière, & enfin on mit le feu à tous ces bateaux. Malgré cette assiflance providentielle, l'armée essuya sur le lac Champlain une violente tempête, qui fit périr deux canots & huit personnes, parmi lesquelles on regretta surtout le sieur de Luques, lieutenant d"une compagnie, qui avait signalé souvent sa valeur en France aussi bien qu'en C2}Reiationdciô66, Canada (2^.
M. DE TRAcv RENTRE A Ou ignora à Québec le résultat de cette expédition
QUÉBEC; PROCESSION jusqu'au sccoud jour de novembre, où Ton apprit enfin cKs.*""^"*^^ '''' '^''^' des nouvelles de M. de Tracy & de l'armée. Depuis le premier d'ocfobre, on avait continué l'oraison des quarante heures, &, dans chaque famille, on n'avait cessé de faire des, prières en particulier; mais, dès qu'on eut connaissance de la déroute des Agniers, on changea toutes ces prières en adions de grâces, & on chanta le Te 3) Lettres de Marie Dciim avcc bcaucoup de pompc & de solennité (3). Le 5 cTincarnation, lot- ^^ môme mois, au soir, M. de Tracy rentra à Québec, ' " ' ' ayant avec lui environ treize cents hommes, & enfin, neuf
jours après, on fit une procession solennelle d'âdions de (4j Journal des Je- grâces, OÙ l'on chanta de nouveau le Te Deiim (4). Il y suites, i & .4 nov. ^^^-^ ^j^^,^ ^ Québcc, commc on l'a dit, plusieurs captifs des nations Iroquoises; comme l'un d'eux avait donné de mauvais conseils aux Agniers, M. de Tracy le fit pendre, en donnant à entendre aux autres que, s'il le traitait de la
3** EXPÉDITION CONTRE LES AGNIERS. l6C6. 149
sorte, c'elt qu'il avait été infradeur de la paix & la cause du malheur arrivé aux ennemis qu'on venait de détruire. Ce traitement les jeta tous dans une crainte étrange, par Tapprélicnsion où ils étaient qu'on ne leur en fît autant à chacun, surtout le bâtard Flamand, Tun des plus considérables parmi les Iroquois. M. de Tracy lui donna néanmoins la vie & le renvoya, pour qu'il cherchât ses gens fugitifs, avec ordre de leur dire que, s'ils remuaient de nouveau, il irait les voir derechef, mais qu'ils n'en seraient pas quittes à si bon marché. Il renvoya aussi trois ou quatre sauvages de chaque nation, pour porter aux leurs la nouvelle de la défaite des Agniers, & leur dire qu'ils eussent à faire connaître leurs intentions, avec menace, s'ils n'obéissaient, de faire pendre tous ceux de leurs gens (0 Lettres de Manc
■^ 1 • / N de l'Incarnation, lettre
qui étaient prisonniers dans la colonie (i). 75,^ p. 617,618.
Tel fut le résultat de ces trois expéditions, qui firent conduite des (olons périr un grand nombre de soldats, les uns par le froid, les autres par la famine, par les hasards de la guerre ou par d'autres accidents, sans occasionner aux Iroquois d'autre perte que celle de leurs cabanes d'écorces, qu'ils pouvaient reconflruire aisément. Si M. de Maisonneuve eût eu à sa disposition ces treize cents hommes d'élite, avec trois cents bateaux, les munitions de guerre & les autres avances qu'avait M. de Tracy, on peut présumer qu'il aurait mieux pris ses mesures & fait autre chose que de brûler des cabanes, lui qui, avec une poignée d'hommes, avait fait éprouver tant de pertes aux Iroquois. Ce qui peut donner quelque fondement à ces conjectures, c'eft l'opinion avantageuse que M. deTracy &M. de Courcelles avaient conçue eux-mêmes des braves colons formés par M. de Maisonneuve au métier des armes; car l'un & l'autre regardaient les volontaires de 'Villemarie comme plus propres à cette guerre que ne l'étaient les soldats de Carignan. « M. de " Courcelles, sachant qu'ils étaient les mieux aguerris, « rapporte à ce sujet M. Dollicr de Casson, leur fit l'hon- " neur de leur donner la tête de l'armée en allant, & la
DE VILLEMARIE DANS CETTE EXPHDITiON.
m® PARTIE. LOUrS XIV.
(i) Hiftoire du Montréal, par M. Dollier, de i665 à i66û.
;.i-:s TROUPES des forts
DKSOLKES PAR I.A MAl.ADIR.
« queue au retour, y en ayant peu d'autres à qui il pût « confier alors ces marches périlleuses au milieu des bois, « dont nos troupes avaient si peu d'expérience. Aussi se « reposait-il beaucoup sur le courage de ces braves colons « & leur témoignait-il une confiance toute particulière, les « comblant de caresses & les appelant ses capots bleus « (de la couleur de leurs habits), comm.e s'il eût voulu « dire par là quils étaient ses enfants bien-aimés & son « bras droit; & si tout son monde eût été de pareille « trempe, il eût été en état d'entreprendre autre chose « que ce qu'il fit. Au refte, dans cette circonfiance & dans « toutes les autres occasions, M. le Gouverneur a toujours « trouvé le peuple de Villemarie plus prompt & plus prêt « à marcher qu'aucun autre, ce qui lui a inspiré une « afïedion toute particulière & unique pour le Montréal. « Cette prédiledion (propre à exciter de la jalousie) ayant « été blâmée par une personne, il lui répondit : « Que « voulez-vous? je n'ai pas trouvé de gens qui m'aient « mieux servi pendant les guerres ni mieux obéi. » M. de (( Tracy, qui eut avec lui cent d!x habitants de Villema- « rie, leur accorda, de son côté, le mênie honneur en « allant chez les Agniers, les faisant marcher assez loin « devant Tarmée jusqu'à la vue des villages ennemis, & « les exposant aux plus grands périls qu'on pût courir <( dans cette campagne (i). »
Après l'expédition term.inée, on cantonna une partie des soldats aans les nouveaux Forts; mais, ce qu'on a peine à comprendre, plusieurs officiers de ces garnisons conçurent alors une sorte de terreur panique des Iroquois, jusque-là qu'ils n'osaient sortir de leurs retranchements, par la crainte que ces barbares ne fussent cachés tout auprès pour tirer vengeance de la defirudion de leurs cabanes. 11 efl vrai que l'état des troupes, désolées par la maladie, n'eût pas permis de fa'ire tète aux Iroquois, & qu'en vue de leur inspirer de la crainte on recourut à divers ftratagèmes, comme d'allumer quantité de feux,
POUR ASSISTER LES SOLDATS Dr FORT SAINTE-ANNK.
CONTAGION DANS l.KS FORTS. l()66. l5l
pour leur donner à entendre qu'on était fort en nombre &
en parfaite sécurité. Dans cette extrémité si affligeante,
M. du Bois, dont on a parlé, assiftait spirituellement les
soldats malades du Fort de Chambly (i), tandis que ceux (o Lettres de Mane
du Fort de Sainte-Anne, le plus avancé vers le pays des 'c!';;^";"f ""'''""
Iroquois, se trouvaient dépourvus de tout secours. M. de
Tracy, en ayant été informé, écrivit à M. Souart, qui dit (ajHiftoircdLiMont-
à Kun de ses prêtres de se tenir prêt à partir (*) (2) dtlr.rrà^Gôj"'""'
C'était M. Dollier de Casson, bien digne assurément m. dollœr se dévoue de servir les troupes en qualité d'aumônier. Avant d'entrer dans l'état ecclésiaûique, il aA^ait été capitaine de cavalerie sous le maréchal de Turenne, & s'était même acquis, par sa bravoure, retlimxe de ce général d'armée, s'étant trouvé au feu comme le dernier de ses soldats. Si ayant été plusieurs fois en danger im.minent de perdre la vie. Il était d'ailleurs d'une taille avantageuse & d'une force physique si extraordinaire, qu'il portait deux hom.n-:es assis sur ses deux mains (3), Quoiqu'il eût rapporté de la campagne contre les Agniers une grosse loupe au genou, & qu'il se (3)ViedeM.Doiiier trouvât alors très-affa'.bli par suite d'une saignée trop abondante, il voulut néanm.oins partir sans délai, & sur ces entrefaites, deux soldats du Fort de Chambly étant arrivés à 'Villemarie, il résolut de partir avec eux, leur demandant seulem>ent un jour pour se remettre. C'était
(') A la réception de cette lettre, M. Souart .se trouva tort cmbarra-^^c : M. de Tracy n'ayant point envoyé d'escorte pour accompagner le missionnaire. Il paraissait cep-'ndant nécessaire qu'il n'allât point sans ce «ecours, de peur d'être pris & d'être e.nmené en captivité par les Iroquois. M. Souart s'adressa donc aux officiers des troupes en garnison ù Villemarie, eomjmanJées alors par le sieur de la Frédiêre; mais ceux-ci, craignant apparemment qu'il y eût sur le chemin des Iroquois cachés, refusèrent de donner une escorte, sous le frivole & spécieux pritexte qu'ils n'avaient point reçu dordre de M. de Tracy. Comme néanmoins le commandjment de ce dernier était absolu & qu'il y allait d'ailleurs du bien des âmes, M. Souart se mit en devoir de l'exécuter.
de Casson. Manuscrit de Grandet.
l52 III^ PARTIE. LOUIS XÎV.
une bien faible escorte; aussi trois braves & intrépides colons^ animés par Tardeur du courageux missionnaire^ voulurent partager les périls qu'il allait courir & s'offrirent spontanément pour l'accompagner : ce furent MM. Charles Le Moyne^ Migeon de Branssat 8: Jacques Le Ber. Il partit en leur compagnie, avec des raquettes aux pieds & un lourd fardeau sur ses épaules, malgré son extrême faiblesse, Tétat de son genou & la fatigue d'une telle marche sur les neiges. Il arriva ainsi au Fort Chambly pour se rendre de là au Fort Sainte-Anne; mais la crainte des Iroquois avait inspiré une si grande frayeur aux officiers que, pendant vingt-quatre heures, ils refusèrent absolument de lui donner une escorte. Ce délai lui fut utile, en ce qu'il lui procura la facilité de se reposer; car il n'aurait pu, à cause de l'état de son genou, continuer le jour même sa route en raquettes. Cependant, comme on le vit tout résolu à partir, & qu'il y avait quelque honte pour des officiers de faire paraître moins de courage que n'en montrait un missionnaire, on se décida le lendemain à lui donner dix soldats pour l'escorter.
DOLLiER SAUVE LA Daus Ic trajct même & avant qu'il fût arrivé au Fort
VIE A UN SOLDAT Salntc-Aune, il eut encore occasion de faire admirer,
TOMBEDANSLES ^ ^
GLACES. outre l'ardeur de son courage, la générosité & la sainte
audace de sa charité. Lui & tous ces soldats, obligés de marcher sur le lac Champlain, alors gelé, se voyaient exposés fréquemment à des chutes ou à d'autres accidents plus fâcheux encore, & il arriva qu'un des soldats venant à marcher sur un endroit où la glace était trop mince, elle se rompit soudain sous ses pieds. Toute la troupe jugea aussitôt qu'il était perdu. Heureusement ce soldat, qui avait son fusil en mains, l'ayant appuyé des deux côtés sur la glace, évita d'abord, par ce moyen, de couler tout à fait au fond; mais la difficulté pour lui était de remonter sur la glace, les raquettes qu'il avait aux pieds rendant inutiles tous les mouvements qu'il faisait pour échapper ainsi à la mort. Parmi ses camarades, personne
CONTAGION DANS I.i:S FORTS. 1666. l53
n'osait cependant s'exposer au péril d'aller Taider à sortir de Teau. M. Dollier, le voyant dans ce danger^, crut qu'il était de son devoir de risquer sa vie pour le sauver^ &, après s'être armé du signe de la croix^ il s'avance vers lui en assurance, 8: se met à le prendre par les bras & à s'efforcer de le retirer de Teau; mais, cet homme étant d'une grande taille 8c fort pesant, M. Dollier ne pouvait l'en retirer qu'à demi, les raquettes de celui-là s'engageant toujours sous les glaces & l'y retenant, malgré tous les efforts de l'un & de l'autre. M. Dollier demande alors du secours à son escorte, & personne n'a le courage d'aller partager avec lui un si imminent péril, quoiqu'il les assure que la glace el^ très-solide sur le bord du trou. M. Darienne, qui commandait le détachement en qualité d'enseigne, n'ose pas ordonner à quelqu'un des soldats de .. ,,.,,,
. , . . . , ... ., , . (i) \ ledeM. Dollier
S avancer; mais, sur 1 mvitation de M. Dollier, il va lui- de Casson. Manuscrit, même hardiment le joindre, &, réunissant alors leurs p^^ Grandet. HHtoirc
,-, ., . > . . , , ,, , . du Montréal, de 166G
efrorts, us parviennent a tirer cet homme hors de 1 eau ( i). .-^ K^g^,
XVI î.
Au Fort Sainte-Anne, où s'acheminait cette troupe, m. dollier prkskrvk on attendait avec anxiété l'arrivée du missionnaire, dont on sentait plus que jamais le besoin, dans l'extrémité cruelle où l'on se voyait réduit. Sur soixante soldats qui composaient cette garnison, quarante se trouvaient atteints du scorbut ou du mal de terre; deux étaient déjà morts sans sacrements, & plusieurs autres semblaient toucher au terme de leur vie; aussi M. de Lamotte, commandant du Fort, M. de la Durantaye 8: les autres officiers n'eurent pas plus tôt aperçu de loin M. Dollier, qu'ils allèrent avec empressement à sa rencontre 8: l'embrassèrent avec les plus vives démonftrations de joie. Ce qui avait occasionné cette épidémie au Fort Sainte-Anne, c'eft que, jusque vers la fin de l'automne. Al. de Tracy, d'abord résolu d'abandonner ce Fort, ne pensa à y tenir garnison que lorsque l'approche de l'hiver eut rendu impossible à M. Talon, nonobfiant tous ses soins &, son adivité, de ravitailler cette place; en sorte qu'on n'y avait d'autre nourriture que des