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DE LA MORT PLUSIEURS SOLDATA MALADES

l54 III*^ PARTIE. LOUIS XIV.

viandes salées & du pain fait avec des farines gâtées en mer, dans la traversée des troupes pour qui on les avait deftinées. Aussi tous les soldats du Fort Sainte- Anne y seraient morts de faim & de misère, si M. de Lamotte, pour sauver la vie à un de ses cadets, ne Teût envoyé à Villemarie avec quelques hommes. M. Souart &: mademoiselle Mance, les voyant arriver, profitèrent de leur retour pour envoyer à M. DoUier, exposé, com.me ils le pensaient, au péril de mourir de faim, plusieurs traîneaux chargés d'excellentes provision", qui, par la généreuse & intelligente charité du missionnaire, sauvèrent la vie à un grand nombre de ces soldats. A l'arrivée des traîneaux, il eut la précaution de renferm.er toutes ces provisions dans sa chambre & voulut bien se charger du soin de les distribuer aux malades, selon les besoins de chacun. De plus, comme Tair était infedé au Fort Sainte-Anne, dès qu'un malade avait repris assez de force pour supporter la fatigue de son transport à Villemarie, il ly faisait porter 8c l'envoyait à l'hôpital ; & tous ces voyages, qui lui procuraient de nouvelles provisions par le retour des traîneaux, le mirent à même d'assiller tous les soldats atteints de la contagion & de sauver la vie à ceux qui purent ê:re transportés à 'Villem.arie, ce qui dura l'espace de trois mois. Plusieurs, pour être assiffés dans leurs besoins, eurent recours à des fraudes ingénieuses que peut rendre excusables l'extrémité où ils étaient réduits : ce fut de faire des teflaments, dans lesquels ils se disaient possesseurs de beaucoup de biens en France, & qu'ils la'ssaient à ceux qui voudraient bien prendre soin d'eux. C'eft qu'ils répandaient une infection si insupportable, que personne n'osait s'en approcher, à l'exception de M. Dollier-& du sieur Foreftier, chirurgien envoyé de 'Villemarie.

PIÉTÉ DES SOLDATS DU Au rcftc, M. Dollicr ajoute qu'il régnait une grande

i-oRT SAINTE ANNE, piété daus Ic Fort, la crainte de la mort inspirant de la dévotion à ceux qui étaient bien portants aussi bien qu'aux malades ; qu'on y recevait fréquemment les Sacrements,

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