‹ Histoire de la colonie française en CanadaChapitre 127 sur 326 · TOME ni · texte numérisé non relu

TOME ni

lir PARTIE. LOUIS XIV

pour les bénédictions que Dieu donnait à leurs travaux dans la formation du clergé^ ce qui inspirait aux plus saints Evèques une sorte d'émulation pour en obtenir quelquesuns, & s'en servir dans la réformation de leurs diocèses ou (O Vie de M. oiier, daus Téducatiou de leurs clercs (i). Le légat Chigi, envoyé 3- partie, hv. IV. ^^^j-g ç,q temps cu Fraucc par Alexandre VII, & qui approuva Téredion duSéminaire de Saint-Sulpice au mois d'août 1 664, parlait lui-même de cette maison, dans ses lettres patentes, comme d'une source publique d'esprit apoftolique, ouverte par la divine Providence non-seulement à l'Église de France, mais encore à des royaumes étrangers qui allaient l'y puiser au grand avantage de la religion. « On y voit « accourir des clercs non-seulement des provinces voi- (( sines, dit-il, mais de plusieurs points de l'Europe, qui, « de retour dans leur patrie, se montrent autant d'ouvriers « très-fervents & très-habiles pour les Missions & les « autres fondions du miniflère ecclésiaitique; d'où il '( résulte que la vigne du Seigneur répand une plus suave (?.) Littcrœ card. " odcur & douuc dcs fruits en plus grande abondance (2). » Chigi, archives de Comment pouvait-il donc se faire que M. de Laval ne vît 1 Empire section his- ^^^^ ^^^ membres de cette même Communauté que des

torique, M. 421. .... .

prêtres insubordonnés, ambitieux, intrigants, des ouvriers

de mensonge, prêts à se révolter contre l'autorité du Saint-

,,, „,,.,, Siéee, quoique dans le même temps des magiffrats en

(3) Hibliothcque im- a :> 1 1 r -jj

pénale. Manusc. Col- Francc leur rcprochasseut d'être de ce même Siège des débert, i55, ann. i6C3, fenscurs intrépides (3), ainsi qu'on l'a déjà rapporté?

p. 47, ? 1. 70, io5. X \ /

scn LES SENTIMENTS OE S'il était pcmiis dc rechercher la cause des impres-

M. Di: LAVAL A i.'k- slons sl défavorablcs du Prélat qui donnaient lieu à cet étrange contraife, peut-être pourrait-on la trouver dans la position toujours précaire où il se voyait comme Vicaire apoftolique en Canada; & lui-même semble nous autoriser à faire cette conjedure. D'une part, n'ayant pu obtenir jusqu'alors d'être fait évêque titulaire de Québec, il ne se considérait pas en effet, ainsi que lui-même nous l'apprend, comme bien assuré, tant dans sa dignitér de Vicaire apostolique, toujours révocable, que dans l'autorité qu'il excr-

OARD DES PRETRES DE SAINT- Sn.PICE.

M. DE LAVAL, PRÉVENU CONTRE S. SULPICE. iGbj. 1 79

çait comme tel : lesofliciers du Roi lui objedant, quoique à tort, qu'elle était douteuse 8c devait être reltreinte dans de certaines limites (i) (*). D'un autre côté, s'il ne crai- i'} Archives do la gnait pas que les Ecclésiaftiques de Saint-Sulpice remuas- î^^^'^aux^'^^catiinnux, sent pour faire nommer M. de Queylus Évèque de Québec, 1672. au moins préîendait-il que, depuis qu'ils étaient déçus de l'espérance de le voir Évéque, ils avaient usé de fraude 8c de ruse pour se faire attribuer les cures de Québec, de Montréal, peut-être même d'autres, & aussi pour rechercher tous les moyens d'affaiblir ou même de ruiner tout à fait la dépendance due à son autorité (**), tels qu'était ce Bref d approbation accordé à son insu en faveur des Hospitalières (2). Ce qui pourrait autoriser à penser que ^2) Archives de la telle était en effet la source de ses préoccupations, c'eff f;;rj,tto!'du que, après plus de dix ans dinflances pour être fait Évêque 29 août 1667. titulaire, voyant que toutes ses démarches refiaient sans succès, & désespérant de procurer le bien du Canada tant qu'il ne serait que simple Vicaire apoftolique, il partit de lui-même pour la France, comme nous le dirons en son lieu, & résolut de ne plus retourner à Québec, s'il n'en était inftitué Évêque titulaire (3) (***). Aussi lorsque, après (3) Archives de la un séjour de plusieurs années en France, il eut enfin ob- ^^^I^^^q^I',' tenu ce titre, il tint à l'égard des Ecclésiaftiques de Saint-

(*") Longoexperimento cdoclus sum,quam partim tuta sit Vicarii Apoftolici condiîio, advcrsus miniUros aulicos, quibus id familiare efi: objicere : dubiam esse Vicarii Apostolici aucloritatem certisque limitibus coercendam, {Archives de la Propagande, ibid.)

(*') Aliunde etiam nobis apparuit multa alia molitos esse per fraudem & subreptionem; inter alia ut sibi parochias Quebecensis & Montis Regalis & forte aliœ sibi attribuerentur; ea denique omnia quas dependentiam Episcopo debitam infringerent ant dcbilitarent, poftquam a spc Episcopatûs deciderunt. (Archives de la Propagande^ ibid.)

C**) Quapropter, rcbus mature expcnsis, in animum induxi meumabdicare me Vicariatus Apoftolici officio, nec ad Novam Franciam redire, nisi erecto Episcopatu Bullis Ordinarii munitum atque provisum. Hic navigationis meac votorumque meorum finis eft. {Archives de la Propagande, ibid.)

l8o III*^ PARTIE. LOUIS XIV.

Sulpice un tout autre langage, donnant même dans ses ades publics mille éloges à la pureté de leur foi;, au désintéressement de leur zèle, les représentant comme des prêtres qui auraient pu être proposés pour modèles à tout le refte du clergé, & leur attribuant pour toujours les cures de rîle de Montréal, avec pouvoir aux Supérieurs du Séminaire d y nommer ceux de leurs Ecclésiaftiques qu'ils jugeraient propres à les gouverner. « Les prêtres du Sémi- « naire appelé de Saint-Sulpice, dit-il, ayant, par leurs soins & leurs travaux, produit déjà depuis tant d'années dans la Nouvelle-France, principalement dans l'île de Montréal, de très-grands fruits à la gloire de Dieu & à l'avantage de cette Eglise naissante, comme étant trèsirréprochables dans la foi, la dodrine, la piété, la conduite, nous leur avons donné à perpétuité, & leur donnons en vertu de ces présentes, les cures de Tîle de Montréal, afin qu'elles soient parfaitement cultivées, comme jusqu'à présent elles l'ont été le mieux qu'il se « pouvait par leurs prédications & leurs exemples (i) (*). » Propagande. Mémoi- ^^^^^ j^ ^^ Laval les eut cu si grande eftime lorsqu'ilfut

rcs pour le séminaire . ... . .

de Montre'ai, années devenu Evêque titulaire de Québec, qu'il leur offrit la i83i et i865. direction de son Séminaire diocésain, que la Société des

prêtres des Missions étrangères, à laquelle il l'avait uni, semblait ne pouvoir plus soutenir par défaut de sujets, conduite que cependant les prêtres de Saint-Sulpice n'acceptèrent pas, comme nous le dirons dans la suite.

(■) Concessio parochiarum insulœ Montis Rcgalis, Scminariu Sancti Sulpitii,nn 1678. « Cum autem sacerdotes Seminarii aSan61o « Sulpitio nuncupati,in Nova Francia, ac proL'cipuc in insula Montis « Regii, suis curis ac laboribus, Jani tôt ab hinc annis maximos edi- « dcrint fru6lus ad Dei gloriam, & nascentis hujus Ecclesi;p bonum, (( utpotc qui sint fide, doclrina, pietate ac moribus probatissimi : « lis ut dicXx parochiic omni ftudio per verba & exempla cxcolantur, (( uti hadenus exculta; sunt quani optime, eas ipsas in perpetuum <c concessimus, & vi pnusentium adhuc concedimus; ita ut qui ex « dictis presbvtcris electi & conftituti ibi fuerint ad munia parochi « exerccnda, per superiores didi Seminarii amovcri possint, atque « mutari. »

(1) Archives de la

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