‹ Histoire de la colonie française en CanadaChapitre 132 sur 326 · MISSION DE KI:NTE · texte numérisé non relu

MISSION DE KI:NTE

« année M. Talon; ils ont la cure 8c prennent soin des « sauvages, ayant commencé d'envoyer en mission (i ) (*). » Au mois de juin 1668, des Iroquois arrivèrent en embassade dans cette ville, au nom de ceux de leur bourgade, &: demandèrent au supérieur du Séminaire de leur donner des robes noires pour les inllruire de la religion (2). C'était une peuplade de sauvages d'Oïqgouens, retirée depuis peu ri[ sur les rives du lac Ontario (3), par la crainte de ses en- * nemis, & établie dans une baie appelée Kenté. M. de Fénelon & M. Trouvé venaient alors d'être ordonnés prêtres; ravis de cette proposition, ils s'offrirent pour aller commencer une mission dans ce pays; & M. de Queylus, qui approuva leur dessein, les envoya à Québec, tant pour obtenir de M. de Courcelles & de M. Talon une concession de terre où ils pussent s'établir, si cette mission avait lieu, que pour en exposer le dessein à M. de Laval, & recevoir de lui l'approbation nécessaire (4). Quoiqu'on ait beaucoup écrit sur les Missionnaires du Canada, ceux de Kenté sont reftés inconnus jusqu'ici, par un effet du soin qu'ils eurent toujours de tenir leurs travaux cachés sous le voile du silence. Nous suppléerons ici à cette lacune en donnant quelques détails relatifs aux deux fondateurs de cette Mission.

(1) Archives de la marine. Mémoires généraux sur le Canada.

Mémoire de M. Talon, 16Ô7.

(2) Hiftoire du Montréal, par M. Dollier. -^^

Abrégé de la mission de Kenté.

(j) Relation de 166H, p. 20.

(4) Hiltoire du Montréal, par M. Dollier.

Abrégé de la mission de Kenté.

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M. de Laval, s'eftimant heureux de fournir ainsi aux Iroquois de nouveaux moyens de salut, accueillit avec joie les deux nouveaux Missionnaires, &, le i5 septembre 1668, leur donna pour cette mission des lettres qu'il

(*) L'un de ces Missionnaires était, selon toutes les apparences, M. Barthélémy, qui déjà, dès l'année précédente, avait une assez grande pratique delà langue Algonquine & de l'Outaoise pour converser avec les sauvages de ces nations (5); & qui, dix ans après, sen-ait quelquefois d'interprète en langue Algonquine, dans les pourparlers avec les sauvages & dans les audiences du juge de Villemarie, quand il en était besoin (6j, comme, de son côté, Jacques Lamarque servait d'interprète pour ceux de la nation des Loups (7),

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