‹ Histoire de la colonie française en CanadaChapitre 131 sur 326 · XXI V · texte numérisé non relu

XXI V

M. de Quevlus avait amené avec lui trois Ecclésias- >*• de gali.vée et m. tiques du Séminaire de Saint-Sulpice, M. Antoine d'Allet, I^^^dk.^^^"^^ dont on a parlé précédemment, M. René de Bréhant de Galinée, 8: M. François-Saturnin Lascari s dX'rfé. Ces deux derniers, ayant fait preuve d'un grand dévouement pour le bien de la colonie , il eft à propos de les faire connaître ici en peu de mots, afin de préparer e ecleur à ce que nous aurons à dire de l'un & de l'autre dans la suite. René de Bréhant de Galinée, du diocèse de Rennes, auteur d'un voyage curieux dans le Canada &: de la carte d'une partie de ce pays, la plus ancienne que nous connaissions & la plus remarquable pour cette époque , était diacre , prieur de Saint-Maur de Xazar, au diocèse de Saint-Brieuc j}, (o catalogue d'en- & licencié de Sorbonne. Il avait su allier avec l'étude de ^" "^^f-^^i"^:

naire de Saint- bulpice

la théologie celle des mathématiques & de l'aftronomie, &: à Paris, p. 7?. l'un de ses contemporains, qui l'avait connu particulièrement, ajoute qu'il était très-eftimable, non-seulement « pour son esprit, ses mœurs 8: ses grandes connaissances t ecclésiaftiques, mais aussi pour son adresse singulière « dans les arts mécaniques '2 ; n ce qui devait le rendre (2} Archives du

.. ^-ij ' T-^Af* • rovaume à Paris. Ma-

tres-utile dans un pays nouveau. L autre Missionnaire a q^^. j^ ,,35^ p, ^^ donné son nom à cette partie du haut de l'ile de Montréal, 5o, 57. appelée encore aujourd'hui de son nom, la baie d'Urféj où il réunit des sauvages qu'il desser\'it en qualité de Missionnaire. Il était fils de Charles-Emmanuel Lascaris, marquis d'Urfé &: de Baugé, 8cde Marguerite d'Alègre, de l'une des premières familles d'Auvergne ; & cette circonftance, qui le rendit assez proche parent de Colbert, ne sera pas sans quelque intérêt dans la suite de cette histoire (*;.

(•) La Mère de l'Incarnation, parlant de M. de Galinée & de M. d'Lné, dit qu'ils étaient de qualité & de naissance ; & quoique en général cette remarque ne doive pas tirer à conséquence pour la plupart de ceux dont nous avons à parler, il ne sera pas hors de propos de donner ici quelques éclaircissements sur l'extraclion de l'un & de l'autre & sur l'origine de leurs noms.

La famille de Bréhant, qualibée par la Chesnaye des Bois, vraie

igO Iir PARTIE. LOUIS XIV.

MISSION DE KENTÉ. M. Apfès la paix coiiclue avec les Iroquois, M. de Laval,

TROUVE ET M. DE FE- gachaiit combicii le Roi avait à cœur de leur procurer le

NELON DESIGNES POIR .... '■

l'établiu. bienfait de la Foi^, s'était relâché de la pratique qu'il avait

gardée jusqu'alors de réserver aux Jésuites seuls le soin 'des Missions sauvages, & trouva bon, en 1667, que deux X prêtres de Villemarie allassent aussi les évangéliser. « 11 y « a onze prêtres de Saint Sulpice à Montréal, écrivait cette

race d'ancienne noblesse de chevalerie qui, dans le onzième & le douzième siècle tenait rang parmi les anciens barons de Bretagne (i), (1) Dictionnaire de avait suivi saint Louis à la croisade, dans la personne du chevalier la noblesse, par la ^/^/ew/ze (fe i?7"e7(^«f, décédé en 1 270; & l'on doit ajouter que la devise Chesnaye des Bois, singulière des armes de cette famille : Foi de Bréhant vaut mieux art. Bréhant. — Ar- qu'argent^ eil une preuve de la loyauté chevaleresque de ceux qui la monal de Breiagne. n.iéritèrent les premiers (2). Au retour de la croisade, un seigneur parA.-P. Guénn de la t> * ■ . -^ 1 ^ r^ i-i - ' • j » j

,^ . „ Breton, qui portait le nom de Galilée, en mémoire sans doute de

V iTcisscncs» rvcnncs .

184.5-1848 2 vol in- ^uslq^fi ti'^it de valeur oti il s'était diftingué dans cette contrée de f,^jjo, ' Paleltine, fit bâtir, en Bretagne, un château qui, de son nom, fut

f 2) Nobiliaire de ^^Ppelée Galilée, ensuite, par corruption, Galinée (3) ; &, plus tard, Bretagne, par M. Po- SOUS François L'', le chevalier Mathurin de Bréhant, capitaine de thierdeCourcy,in-4'', cinq cents hommes, ayant épousé la fille unique du seigneur de Ga- Saint-Paul de Le'on, linée, ce nom passa à la famille des Bréhant, qui le portèrent de- 1846, art. Bréhant. puis.

(3) Armoriai de M. d'Urfé était issu, par Renée de Savoie Lascaris, sa bisaïeule,

Bretagne, par Guenn. jg j^ maison de Lascaris, l'une des plus anciennes & des plus illustres de la Grèce, qui avait même occupé le trône impérial d'Orient. Cette princesse, ayant épousé Jacques d'Urfé, gouverneur du Forez en France, d'une des plus grandes maisons de ce royaume, céda, en iSyS, aux princes de Savoie, ses parents, les terres qu'elle avait dans ce duché. Ce fut alors, & à cette occasion, que le duc de Savoie lui donna, en échange, le comté de Baugé, en France, que sa famille possédait depuis trois sièles. Il Térigea en marquisat, pour elle & sa poftérité; & la marquise Renée de Savoie retint encore, pour ses descendants, le nom de Lascaris, qui fut toujours porté depuis par les seigneurs d'Urfé.

Si nous entrons ici dans ces détails, c'ell: qu'il n'ell pas indifférent pour la Nouvelle-France de savoir que des hommes de cette qualité, à qui une naissance illuftre donnait un si grand relief dans le monde, soient allés, pour les motifs les plus purs du zèle apoftolique, se consacrer à l'établissement de cette colonie, malgré les privations qu'ils eurent à y endurer, & les dangers sans nombre qu'ils coururent; ni que Louis XIV ait favorisé leur envoi dans un pays où il avait résolu de former une colonie modèle dont il tenait à honneur d'être regardé comme le père & le fondateur.

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